Tyrnavos

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Tyrnavos
(el) Τύρναβος
Administration
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Périphérie Thessalie
District régional Larissa
Démographie
Population 16 900 hab. (2001[1])
Géographie
Coordonnées 39° 44′ 16″ N 22° 17′ 21″ E / 39.7378, 22.289239° 44′ 16″ Nord 22° 17′ 21″ Est / 39.7378, 22.2892  
Localisation

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Tyrnavos

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Tyrnavos ou Tirnavos (en grec moderne Τύρναβος) est une municipalité grecque du nome de Larissa, en Thessalie. Sa population est de 16 900 habitants (2001). Seconde ville du nome de Larissa, elle est arrosée par le Titarésios, un affluent du Pénée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Tyrnavos aurait été fondée aux VIIe et VIIIe siècles ap. J.-C. par des Slaves comme une agglomération pastorale. En 1423, le général turc Tourachan bey conquiert Tirnavos. Dès le début, il montre de la sympathie pour ses habitants et convainc le sultan Murat II d'accorder des privilèges à la ville. Tourachan bey y fait bâtir deux mosquées. La ville connait alors une augmentation considérable de sa population et une grande prospérité économique. En 1770, il y avait 16 églises et 6 mosquées dans la ville. Le hamman est aujourd'hui le monument turc le mieux conservé de la ville, témoin de cette époque. Le 1er septembre 1881, la ville est libérée de l'empire ottoman et est annexé à la Grèce selon la résolution du Congrès de Berlin[2].

Économie[modifier | modifier le code]

Tyrnavos est située dans une région agricole. Elle est connue pour ses bons vins, son ouzo, son tsipouro et ses fromages.

Le carnaval et le "bourani"[modifier | modifier le code]

Le carnaval de Tirnavos est aujourd'hui l'un des plus célèbres de Grèce. constitue une coutume qui remonte à l’ antiquité. Son histoire a au moins 100 ans. Mais certaines de ses coutumes remontent à l'antiquité. Au XXe siècle, il a cependant connu des attaques successives de la part des gouvernements qui considéraient qu'il s'agissait d'une atteinte aux bonnes mœurs de l'époque. Mais les habitants de Tirnavos ne se sont pas laissés intimider et ont même fêté le carnaval clandestinement quand il était interdit. Après la guerre et à partir des années 50, les déguisements sont apparus dans le carnaval. Du temps de la dictature, le carnaval a été à nouveau interdit. En 1980, les habitants de Tirnavos ont renoué avec la tradition du carnaval. Aujourd'hui, il est considéré comme le meilleur carnaval de la Grèce centrale et il attire des milliers de personnes de la région et de toute la Grèce. Les manifestations carnavalesques durent près d’un mois et culminent le dernier dimanche du carnaval avec le défilé des chars, inspirés de la tradition et de l’actualité[2].

Le "bourani" constitue une des coutumes du "Lundi Pur", qui marque le début du carême. C'est un jour de gaieté et de liberté morale où les tabous et règles de bienséances sont provisoirement levés. A Tirnavos, cela se marque par l’utilisation de symboles sexuels et érotiques et particulièrement des phallus en bois, en terre cuite, en pain même. Des propos libertins, des chansons grivoises et des histoires cochonnes sont échangés dans la ville, au grand dam des institutions religieuses orthodoxes, qui condament l'événement. Le "bourani" est d'une certaine façon une fête du phallus qui symbolise la reproduction et la fécondité. Cette fête remonterait aux fêtes antiques, les Dionisia, les Thesmoforia, les Afrodisia, les Thargilia et surtout l’"aloé", une fête champêtre et religieuse de l’antiquité. Selon une autre version, la coutume du "bourani" viendrait des Albanais installés à Tirnavos en 1770, qui auraient établi cette coutume. Les festivités du "bourani" se déroulent comme suit. Le matin du "Lundi Pur", les habitants de la ville se rendent à la chapelle du Prophète Elie sur une colline du nord de la ville. Ils y installent un grand pique-nique, arrosé de vin, de ouzo ou de tsipouro mélé d'eau. Au même moment, au centre de la ville, un groupe allume un feu sur lequel est préparé le "bourani", une soupe d'herbes sauvages. Le "bourani" est ensuite servi aux initiés, puis la fête peut commencer. Les habitants se mettent à danser, chanter, plaisanter. Beaucoup d'hommes tiennent des phallus de bois, d'argile ou de pain comme des sceptres. Ils constituent le symbole rituel le plus important. Dans le passé, seuls les hommes avaient le droit de participer à ce rite. Dès la fin des années 70, les femmes ont commencé à participer activement aux rituels, surtout après la création de l'association du "bourani" en 1979[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (el) (en) « Résultats du recensement de la population en 2001 », 793 ko [PDF]
  2. a, b et c Tirnavos, préfecture de Larissa