Types de gladiateurs

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Les types de gladiateurs, que les Romains appelaient armaturae apparaissent progressivement au cours de l'histoire de la gladiature romaine. Cette apparition correspond au souci des organisateurs de pimenter les affrontements en appariant deux panoplies et deux techniques de combat. L'évolution de certaines catégories donnant finalement naissance à d'autres reflète le souci d'équilibrer les combats en opposant des catégories différentes mais de même efficacité. Les premiers types à avoir vu le jour sont généralement qualifiés d'«ethniques», parce que leur nom et leur équipement correspondent à celui de peuples ayant combattu Rome[1]. Apparaissent ensuite des types «techniques», dont le nom évoque une technique de combat.

Représentation reconstituée d'un combat opposant un Mirmillon à un Thrace.

Armaturæ ethniques[modifier | modifier le code]

  • Le samnite était armé avec un bouclier longtemps rectangulaire (scutum), un casque surmonté d'un panache[2], une épée courte et une jambière sur la jambe gauche qui lui montait jusqu'au genou. Ce type de gladiateur qui rappelait le soldat de ce peuple italique combattu par Rome au cours de trois guerres, disparaît au début de la période impériale.
  • Le gaulois était un type contemporain du samnite : sans autre protection qu'un casque et un bouclier de type celtique long et étroit, il était armé d'une longue épée avec laquelle il frappait de taille. Lui aussi s'effaça au début de l'Empire.
  • Le thrace combattait avec une arme caractéristique, la falx supina, une dague courbe tranchante des deux côtés de la lame. Il était protégé par un petit bouclier, souvent de forme carrée (parma) et par deux jambières (ocreae) qui montaient jusqu'aux cuisses. Il portait un casque à rebord (galea).
    Ce casque de l'époque républicaine laissait le visage sans protection, puis, sous l'Empire, il fut muni d'une visière. Dans la seconde moitié du Ier siècle, la bordure s'élargit et sa courbure s'accentua. Les œilletons disparurent pour faire place à une grille, qui ne couvrit d'abord que la moitié supérieure, puis la totalité de la visière. Aux IIe et IIIe siècle, le casque devint plus étroit. L'armement défensif des gladiateurs était conçu à partir d'un principe simple: protéger les parties du corps où une blessure, même légère, pouvait gravement handicaper le combattant. Il fallait en effet que le duel dure !

Armaturæ techniques[modifier | modifier le code]

  • L'hoplomaque apparut à l'époque impériale, il combattait avec un petit bouclier rond ainsi qu'une lance.
  • Le provocator, comme son nom l'indique, est celui par lequel les gladiateurs entamaient leur cursus au ludus, c'est aussi ce type de gladiateur qui démarrait les après-midi de combats. Son bouclier est similaire à celui du légionnaire romain : c'est un scutum. Il semble que les provocators soient armés d'une dague courte et d'un grand bouclier dit cintré, qui était son arme principale. Le casque du provocator ne présente aucune crête comme le casque des légionnaires romains, pour équilibrer.
  • Le secutor est "celui qui poursuit", maniant le gladius, bouclier long, protègé par une jambière à la jambe gauche. Son casque remarquable, sans rebord, surmonté d'une crête sans arête, offrant donc moins de prise au filet que celui des autres gladiateurs. Le secutor était bien adapté à la lutte contre le rétiaire, son adversaire.
  • Le mirmillon, héritier direct du gaulois d'époque républicaine, était au début également opposé au rétiaire. Son adversaire privilégié n'était autre que le Thrace ou l'hoplomaque. Comme armement il possédait un grand scutum ainsi qu'une dague. Son casque à crête percussive lui servait aussi comme arme offensive, alors que ses larges bords lui protégeaient le cou.
  • Le contre-rétiaire (contra-retiarius, appelé aussi le Scissor), était exclusivement opposée au rétiaire. Une stèle trouvée à Tomis (Roumanie) a permis à Louis Robert de définir cette troisième armatura lourde. Le contre-rétiaire était pesamment équipé : casque, lourde cotte descendant jusqu'à mi-cuisse, ocreae (jambières), mais pas de bouclier. Son armement offensif consistait en une dague et une sorte de gaffe terminée par une lame en forme de croissant. Il la maniait de son bras gauche protégé par un manchon métallique au bout duquel était fixé l'arme.
Reconstitution d'un combat en Allemagne en 2005.
  • Le rétiaire, gladiateur léger, frappa les imaginations par son équipement offensif caractéristique. Sa panoplie rappelle en effet celle du pêcheur : filet (reta), trident (fuscina) et poignard (pugio). Son armement défensif, en revanche, est réduit au minimum : pas de casque, mais des chevillères (fas­ciae) et un brassard (manica) qui protégeait le bras gauche, le plus exposé par le maniement du filet ou du trident. Le galerus, une large épaulière, couvrait la base du cou et donnait au rétiaire une silhouette particulière. Le maniement du filet exigeait une grande dextérité. Le combat dépendait alors de son adresse et de sa rapidité. Il se retournait pour contenir la poursuite et lançait sa contre-attaque en tenant le trident des deux mains: la droite au bas de la hampe et la gauche serrant aussi le poignard, près de la fourche. Cette position s'observe fréquemment sur les monuments figurés (mosaïques de Cos, Reims, Bignor).

Types spécifiques[modifier | modifier le code]

  • Les sagittarii combattaient aussi à distance avec leurs arcs. Pour toute protection, ils n'avaient que la manica qu'ils portaient au bras droit.
  • Les equites combattaient à cheval, vêtus d'une tunique courte, protégés d'un casque à visière, d'un petit bouclier rond (parma), et armés d'une lance et d'une épée courte. Il arrivait en effet que le combat se poursuivît à pied!
  • L'essédaire apparut dans l'amphithéâtre sous les règnes de Claude et Néron, rappelant les soldats bretons (essedarii) montés sur des chars légers, que les légions de César, puis celles de Claude avaient dû combattre lors de la conquête de la Bretagne insulaire. Chaque char emportait deux hommes : le cocher, le plus honoré, qui tenait le rôle principal, et un guerrier, lanceur de javelots. Mais nous ignorons si, dans le cas de l'essédaire, l'équipage comptait un homme seul ou deux. Mais comme son ancêtre l'essedarius, il excellait au lancer du javelot.

Pour quelques types de gladiateurs connus, beaucoup restent mystérieux, notamment parmi les armaturae lourdes. Le scissor paraît devoir son nom à des techniques particulières d'attaque. Le crupellaire dont le poids de l'équipement l'empêchait de se relever en cas de chute. Le dimachère combattait avec une épée dans chaque main. Certains héros de l'arène, polyvalents, maniaient aussi bien la sica du thrace que le trident du rétiaire.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Teyssier et Brice Lopez, Gladiateurs. Des sources à l'expérimentation, Éditions Errance,‎ 2005
  • Eric Teyssier, La mort en face. Le dossier gladiateurs, Actes Sud,‎ 2009

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Teyssier et Lopez 2005, p. 18
  2. Tite-Live, Histoire de Rome, IX, 40

Voir aussi[modifier | modifier le code]