Bahreïn

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Royaume de Bahreïn

مملكة البحرين (ar) Prononciation du titre dans sa version originale Écouter

Drapeau
Drapeau de Bahreïn
Blason
Armoiries de Bahreïn
Description de l'image  Map of Bahrain.svg.
Hymne national Bahrainouna
Administration
Forme de l'État Monarchie constitutionnelle
Roi Hamed ben Issa al-Khalifa
Premier ministre Khalifa ben Salmane al-Khalifa
Langues officielles Arabe
Capitale Manama

26° 13′ N 50° 35′ E / 26.217, 50.583 ()

Géographie
Plus grande ville Manama
Superficie totale 765 km2
(classé 187e)
Superficie en eau 0 %
Fuseau horaire UTC + 3
Histoire
Indépendance Perse (1783)
Royaume-Uni (1971)
État de Bahreïn 14 août 1971
Royaume de Bahreïn 14 février 2002
Démographie
Gentilé Bahreïnien, -ne
Population totale (2010) 1 234 571 hab.
(classé 157e)
Densité 1 626 hab./km2
Économie
PIB nominal (2012) 27 milliards de $ (97)
PIB (PPA) (2012) 33,6 milliards de $ (110)
PIB (PPA) par hab. (2012) 29 200 $ (52)
IDH (2012) 0,796 (élevé) (48)
Monnaie Dinar bahreïni (BHD​)
Divers
Code ISO 3166-1 BHR, BH​
Domaine Internet .bh
Indicatif téléphonique +973
Organisations internationales ONU, OMC, Ligue arabe, Mouvement des non-alignés, OCI, CCG

Bahreïn (bɑːˈreɪn ; arabe : البحرين al-Baḥrayn, littéralement « les deux mers »), en forme longue le Royaume de Bahreïn (arabe : مملكة البحرين Mamlakat al-Baḥrayn), est un petit pays insulaire d'Arabie situé près de la côte ouest du golfe Persique au Moyen-Orient. Composant un archipel, l'essentiel du territoire est constitué par l'île de Bahreïn. Celle-ci est reliée à l'Arabie saoudite par la chaussée du roi Fahd vers l'ouest ; l'Iran se situe à environ 200 kilomètres au nord et le golfe de Bahreïn sépare l'île de la péninsule du Qatar au sud-est. En 2010, la population bahreïnienne est estimée à 1 234 571 personnes, dont plus de 660 000 expatriés (soit 54 % de la population)[1],[2].

Bahreïn est l'un des lieux emblématiques de la civilisation Dilmun, avant de tomber sous les dominations successives des empires Parthe et Sassanide. La région est convertie à l'islam en 628, ce qui en fait l'un des premier pays musulman. Après une période de domination par les Arabes, Bahreïn est occupé par les Portugais en 1521, avant d'être conquis par le Chah Abbas I de l'empire perse des Safavide en 1602. En 1783, la tribu arabe Bani Utbah, venue du centre de la péninsule arabique, s'empare de l'île et le pays est depuis dirigé par la famille royale Al Khalifa. À la fin des années 1800, Bahreïn devient un protectorat britannique, et ce n'est qu'en 1971, à la suite du retrait britannique de la région à la fin des années 1960, que Bahreïn déclare son indépendance. Initialement créé comme un État, le pays se constitue en royaume sous l'impulsion de l'émir Hamed ben Issa al-Khalifa, qui devient le roi Hamed II. Le système politique est une monarchie. Depuis le début de l'année 2011, le pays a connu des protestations soutenues et répétées inspirées par les mouvements du Printemps arabe, principalement menées par la population de confession chiite, et très vite par toutes les couches de la population : chiites, sunnites, riches, pauvres, hommes, femmes, adolescents. Tous ont le désir de voir les massacres de la population cesser, que les droits de l'homme et leur dignité cessent d'être bafoués.

En 2012, le pays a un indice de développement humain élevé (alors classé 48e du monde)[3] et est reconnu par la Banque mondiale pour son économie à haut rendement (high-income economy)[4],[2]. Bahreïn est membre de l'Organisation des Nations unies, de l'Organisation mondiale du commerce, de la Ligue arabe, du Mouvement des non-alignés, de l'Organisation de la coopération islamique et est l'un des membres-fondateurs du Conseil de coopération des États arabes du Golfe.

Le pétrole a été découvert à Bahreïn en 1932, pour la première fois sur la côte ouest du golfe. Depuis la fin du 20e siècle, le pays cherche à diversifier son économie en investissant dans les secteurs bancaires et touristiques. La capitale, Manama, accueille de nombreuses structures financières, comme le Bahrain World Trade Center et le Bahrain Financial Harbour. The Qal'at al-Bahrain (l'ancienne capitale de la civilisation antique de Dilmun) et le patrimoine perlier de Bahreïn ont été classés parmi les sites du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2005 et 2012 respectivement. Le Grand Prix automobile de Bahreïn se déroule sur le circuit international de Sakhir, au centre du pays.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Une carte dessinée par Jacques-Nicolas Bellin en 1745 représentant la région historique de Bahreïn.

En arabe, bahrayn est la forme double de bahr (« mer ») ; ainsi, al-Bahrayn signifie « les deux mers », bien que les deux mers dont il est question sont encore à ce jour sujettes à controverse. Le terme apparaît cinq fois dans le Coran, mais il ne fait pas référence à l'île actuelle (à l'origine connue des Arabes sous le nom d’Awal) : il désigne plutôt les oasis d'Al-Qatif et de Hadjar, en actuelle Arabie saoudite. L'époque de l'utilisation de ce terme pour parler des îles d’Awal reste incertaine, mais ce serait probablement après le 15e siècle[5].

Aujourd'hui, les « deux mers » de Bahreïn peuvent faire référence :

  • aux baies situées à l'est et à l'ouest de l'île[6]
  • aux mers du nord et du sud de l'île[7]
  • à l'eau salée de la mer et à l'eau douce des sources souterraines du territoire[8] (en plus des puits dispersés dans le pays, la mer du nord compte de quelques endroits où l'eau douce émerge sur les plages d'eau salée, phénomène remarqué par les visiteurs du pays depuis l'Antiquité[9]).

Jusqu'à la fin du Moyen Âge, « Bahreïn » (Bahrain en anglais) faisait référence à une région historique beaucoup plus importante que le territoire national actuel, incluant Al-Ahsa, Al-Qatif (aujourd'hui rattachées à la province orientale de l'Arabie saoudite) et les îles d’Awal (le Bahreïn actuel). La région s'étirait depuis Bassora en Irak jusqu'au détroit d'Ormuz à Oman et s'appelait alors province de Bahreïn (Iqlīm al-Bahrayn)[10].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de Bahreïn.
Carte de Bahreïn

Bahreïn est un archipel de trente-trois îles généralement plat et aride du golfe Persique, à l'est de l'Arabie saoudite. Il consiste en une large plaine désertique[2] qui compte en son centre le point le plus élevé du pays, culminant à 134 mètres : Jabal ad Dukhan (جبل الدخان ; littéralement « la montagne de fumée »)[11],[12]. Le pays totalise 665 km2, mais en raison d'une volonté humaine d'expansion sur la mer (toujours en développement), le territoire compte aujourd'hui un peu plus de 765 km2[12]. L'archipel est composé de trente-trois îles[13], mais le programme intensif visant à créer des terre-pleins habitables sur la mer a considérablement modifié le nombre originel d'îles : en 2008, le pays en comptait plus de 84[14].

Bahreïn ne partage aucune frontière terrestre avec un autre pays, mais possède une côte littorale de 161 kilomètres[2]. Il revendique également les eaux territoriales sur 22 km (12 M) ainsi que 44 km (24 M) de zone contigüe. L'île principale est reliée au continent arabique (Arabie saoudite) par la chaussée du roi Fahd (جسر الملك فهد (Jisr al-Malik Fahd)). Un projet de construction d'un autre pont reliant le pays au Qatar est également en projet sous le nom pont de l'Amitié (جسر المحبة). Les îles les plus importantes de Bahreïn sont l'île de Bahreïn, l'île de Muharraq, Umm an Nasan et Sitra. Le pays bénéficie d'hivers doux, mais subit des étés très chauds et particulièrement humides[2]. Les ressources naturelles de Bahreïn sont principalement énergétiques avec le pétrole et le gaz naturel, mais la pêche est également une activité majeure, ainsi que la récolte des perles.

Le désert représente 92 % du territoire, et les terres arables sont en voie de disparition avec moins de 2,8 %. La désertification est en enjeu environnemental majeur à Bahreïn en raison de la dégradation des zones cultivables déjà limitées et des zones côtières (urbanisation des littoraux, dégâts sur les récifs de coraux, pollution de la flore aquatique et nombreux rejets pétroliers). Le pays est également touché par des périodes de sécheresse ainsi que des tempêtes de sable[2] et doit faire face au problème de la salinisation de l'eau de source du territoire due à l'utilisation de techniques agricoles intensives[15].

Climat[modifier | modifier le code]

Bahreïn possède un climat aride et enregistre deux saisons : un été extrêmement chaud, et un hiver relativement doux[11]. Pendant les mois d'été, d'avril à octobre, les températures avoisinent en moyenne 40 °C l'après-midi ; l'hiver, de novembre à mars, elles descendent entre 10 et 20 °C. Les mers autour de Bahreïn sont peu profondes et chauffent rapidement en été, produisant une grande humidité, principalement la nuit. Les températures estivales peuvent parfois atteindre 50 °C[16], et l'humidité ambiante rend la saison très inconfortable sans climatisation. De plus, un vent chaud et sec venu du sud, appelé qaws, souffle périodiquement à travers le sud du pays jusqu'à Manama en été. Les pluies sont rares et se produisent l'hiver, avec un maximum enregistré à 71,8 mm[17], et, en présence de pluie ou non, l'humidité dépasse souvent les 90 %. Le shamal (شمال)est un vent hivernal venu du nord-ouest amenant de l'air humide sur les îles. Quelle que soit la saison, les températures sont globalement uniformes sur l'ensemble de l'archipel[11].

Relevé météorologique de Manama
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 14,1 14,9 17,8 21,5 26 28,8 30,4 30,5 28,6 25,5 21,2 16,2 23
Température maximale moyenne (°C) 20 21,2 24,7 29,2 34,1 36,4 37,9 38 36,5 33,1 27,8 22,3 30,1
Précipitations (mm) 14,6 16 13,9 10 1,1 0 0 0 0 0,5 3,8 10,9 70,8
Nombre de jours avec précipitations 2 1,9 1,9 1,4 0,2 0 0 0 0 0,1 0,7 1,7 9,9
Source : Organisation météorologique mondiale (ONU)[18] (août 2010)


Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Bahreïn.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique à Bahreïn.

Monarchie[modifier | modifier le code]

500 fils de Bahreïn à l'effigie du roi Isa Bin Salman, en 1968.

Bahreïn est une monarchie, dirigée par le roi Hamad ben Issa el-Khalifa. L'« émirat » de Bahreïn a modifié son nom en « royaume » en 2002, mais sans changement concret. Le parlement est composé de deux chambres, Majlis al-Nuwwab (en) (chambre des députés) et Majlis ach-Choura, de 40 sièges chacun, depuis la proclamation de la nouvelle Constitution par le roi Hamad Al Khalifa le 14 février 2002.

La découverte du pétrole dans l'entre-deux-guerres apporta la modernisation à Bahreïn et augmenta son influence politique mondiale, doublant l'intérêt qu'avait la Grande-Bretagne pour l'île[19].

En 1973, l'émir Sheikh Issa bin Salman Al Khalifa fonde ses réformes sur une constitution. Celle-ci soulignait le caractère héréditaire de la domination du clan et créait une assemblée nationale de 44 membres, dont 30 étaient élus et 14 nommés. Cette assemblée fut dissoute en 1975 après qu’un décret relatif à la sécurité nationale et violant les droits individuels fut la source d’intenses débats. Cette assemblée fut restaurée quand Sheikh Hamad bin Isa Al Khalifa prit le pouvoir après son père.

Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Les réformes politiques et les progrès sur les questions des droits de l'homme représentaient une avancée prudente pour le petit royaume de Bahreïn. Ceux-ci sont matérialisés par l'adoption d'une « charte nationale » en février 2001, prévoyant la restauration des institutions et en particulier, celle du parlement[13]. En outre, le 14 février 2002, un décret royal concrétise la création du parlement, qui est désormais bicaméral, grâce à un amendement de la constitution ; et permet dans le même temps, d'accorder le droit de vote et d'éligibilité aux femmes[13].

Cependant, Amnesty International a visité le pays fin octobre 2010 et entrepris des recherches sur place dans le but de « mettre à jour les informations dont elle dispose sur la situation des droits humains dans ce pays, mener des entretiens avec des responsables du gouvernement, rencontrer des militants de la société civile et enquêter sur les récentes atteintes aux droits humains »[20]. La délégation a rencontré des représentants du gouvernement ainsi que des détenus, leurs familles et leurs avocats[20]. Après des troubles en partie violents, en août et septembre 2010, des centaines de personnes ont été emprisonnées[21]. Parmi ces individus, 23 partisans de l’opposition politique ont été retenus dans une prison secrète et affirment avoir été torturés[21]. Bien que les prisonniers aient déposé plainte pour torture devant la justice, les autorités n’ont mené aucune enquête sur ces allégations. Les informations à ce sujet ont été restreintes, l’accès aux prévenus ainsi qu’à leurs avocats a été rendu difficile [22]. Les sites web, les lettres d'infos et autres médias d’opposition ont été interdits[23]. Le droit de réunion a été limité et les organisations des droits humains ont été muselées. Amnesty International exige du gouvernement de Bahreïn de mettre un terme immédiat à la torture et de ne faire recours en aucun cas à la force et à la violence à l’encontre des protestations pacifiques[24].

Printemps arabe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Soulèvement bahreïni.

Depuis le 14 février 2011, le pouvoir en place fait face à des manifestations populaires et politiques dans la lignée du printemps arabe[13]. Le royaume a alors décidé de recourir à la violence en usant la torture, les assassinats et les arrestations arbitraires à l'encontre des manifestants[25],[26].

Cela n’a pourtant pas empêché de nouvelles manifestations de l’opposition, même si le gouvernement aurait réprimé les manifestants avec l’aide de l’armée du pays ainsi que d'une aide militaire provenant de son alliée l'Arabie saoudite, causant la mort de plusieurs personnes[27],[26]. Il est à noter que le pays a toujours eu des forces de protections étrangères sur son sol, notamment saoudiennes et américaines[28].

En 2013, des manifestations de la majorité chiite contre le clan sunnite au pouvoir continueraient[26].

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernorat (Bahreïn).

Les premières élections « municipales » à Bahreïn se sont tenues en juillet 1919 ; les membres de la municipalité étaient alors élus annuellement[29]. Partant d'une seule « commune » en 1919, le nombre passe à quatre en 1960 (Manama, Hidd, Muharraq et Riffa), pour atteindre douze communes dans les années 1990[30]. Toutes ces communes étaient administrées depuis Manama sous le couvert d'un conseil municipal central, dont les membres étaient désignés par le roi[31].

Les premières élections municipales après l'indépendance en 1971 se sont tenues en 2002[32], avec une refonte des subdivisions communales pour créer des gouvernorats, chacune d'entre-aux étant administré par un gouverneur[33].

Carte Gouvernorats
Governorates of Bahrain.svg
1. Capitale
2. Centre
3. Muharraq
4. Nord
5. Sud

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de Bahreïn.

L’économie de Bahreïn est fortement tributaire du pétrole qui représente 60 % des exportations du pays, 70 % des revenus du gouvernement et 30 % du PIB. Bahreïn est le troisième pays du golfe Persique à avoir foré du pétrole en 1932 (après l'Iran et l'Irak) mais est également le premier à avoir asséché ses réserves de pétrole[34], l’Arabie saoudite lui venant en aide en lui cédant les revenus du champ pétrolier off-shore d'Abou Safa à cheval sur les deux territoires[35].

La santé économique du pays fluctue avec la variation du prix de l’or noir : ainsi, pendant et après la crise du golfe Persique de 1990 à 1991. Une grande part des exportations se compose des produits pétroliers transformés à partir de brut importé. Avec des équipements de communication et de transport fortement développés, Bahreïn accueille de nombreuses multinationales ayant des activités dans la région, développant notamment les services financiers, Bahreïn possédant la réglementation fiscale la plus basse du golfe Persique[36]. Le secteur du bâtiment, avec de nombreux projets, est un autre moteur de l’activité.

Néanmoins le chômage, particulièrement chez les jeunes, et l'épuisement des réserves de pétrole et d’eau souterraine sont des problèmes économiques à long terme.

Le pays dispose d'une large liberté économique et d'une grande stabilité juridique, le Index of Economic Freedom de 2013 classe le pays 12e en liberté économique[37].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Bahreïn possède un aéroport : l'Aéroport international de Bahreïn (Muharraq International) (code AITA : BAH). Une des plus hautes tours se nomme la Trust Tower.

Télécommunications[modifier | modifier le code]

Le secteur des télécommunications à Bahreïn a officiellement débuté en 1981 avec la création de la première entreprise, Batelco, qui détient le monopole jusqu'en 2004. En 1981, le pays compte 45 000 téléphones et en 1999, Batelco annonce plus de 100 000 contrats de téléphonie mobile. En 2002, sous la pression des organismes internationaux, Bahreïn met en place des lois sur les télécommunications, ce qui implique la création d'un groupe indépendant de régulation : la Telecommunications Regulatory Authority (TRA). En 2004, Zain (une branche de Vodafone) commence ses opérations à Bahreïn et en 2010, VIVA (détenu par STC Group) devient la troisième entreprise à proposer ses services de téléphone mobile. En 2012, le pays compte 290 000 lignes de téléphones fixes et plus de 2,125 millions de lignes de téléphones mobile soit près d'un million de plus que le nombre d'habitants[2].

Bahreïn est connecté à Internet depuis 1995 avec le suffixe de domaine « .bh ». La connectivité du pays (une statistique mesurant à la fois l'accès à Internet et aux lignes de téléphone mobile) est de 210,4 % par personne, soit largement plus que la moyenne des pays du golfe (135,37 %)[38], soit un taux de pénétration de 77 % de la population[39]. Compte tenu de la population totale, Bahreïn possède l'une des meilleures couverture réseau de tout le Moyen-Orient, avec un grand nombre de fournisseurs d'accès à Internet (22 en 2012[40]). Le nombre de connectés à internet est exponentiel, passé de 40 000 en 2000[41] à 250 000 en 2008[42] puis à 960 000 en 2012[39]. Cependant, Bahreïn est classé en 2012 par Reporters sans frontières comme l'un des Ennemis d'Internet en raison de la censure et de la surveillance organisée par le gouvernement (le FAI Batelco est géré par la famille royale). RSF demande également la libération des journalistes et des cyber-activistes emprisonnés[43].

Les chaînes de radio et de télévision nationales sont gérées par le gouvernement[2].

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de Bahreïn.

Population[modifier | modifier le code]

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

Un recensement officiel en 2010 fait état de 1,2 millions d'habitants, dont 568 399 Bahreïniens et 666 172 non-nationaux. Les résultats d'un recensement équivalent en 2001 ne comptabilisaient que 650 604 habitants, dont 405 667 Bahreïniens et 244 937 non-nationaux, ce qui représente une augmentation de près de 90 % en une décennie[44]. Le pays passe la barre d'un million d'habitants en 2007[45]. La proportion d'expatriés s'est également inversée, passant de 38 à 54 %. Si la population locale est d'origine Arabe, un grand nombre de non-nationaux sont originaires d'Asie du Sud (Philippines, Inde, Pakistan, Sri Lanka) ou d'Iran[46]. Les Indiens forment la plus grande communauté expatriée à Bahreïn, avec plus de 290 000 personnes en 2008[47],[48]. La plupart des non-nationaux ayant immigré à Bahreïn sont des hommes[46].

Bahreïn est le quatrième État souverain le plus densément peuplé du monde (sans compter les cité-États), avec une densité de 1 646 personnes par km2 en 2010. La majorité de la population est concentrée au nord du pays, le Gouvernorat du sud étant le moins peuplé de Bahreïn. Le nord du pays est tellement urbanisé qu'il est parfois considéré comme une seule et même aire urbaine[49].

Religion[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Islam à Bahreïn et Christianisme à Bahreïn.

La religion d'État est l'islam et la plupart des Bahreïniens sont musulmans. Selon le recensement national officiel de 2001, la population est à 81,2 % musulmane. Les chrétiens, en majorité issus de l'immigration, totalisent 9 % des habitants. Les 9,8 % restants se répartissent entre les fidèles d'autres religions et les non-croyants[2]. Entre trente et cinquante juifs vivent également dans le pays[50],[51], ainsi qu'une petite communauté de foi bahá’íe[52].

Parmi les musulmans, la proportion de chiites dépasse les 65 %, probablement un héritage de deux siècles de domination perse[13], mais il n'existe pas de statistiques officielles sur ces chiffres[53],[54],[55].

En raison de l'influx massif d'immigrants venus de pays non-musulmans, comme l'Inde, les Philippines ou le Sri Lanka, le pourcentage de musulmans dans le pays a diminué ces dernières années. D'après le recensement de 2010, le pourcentage de musulmans est de 70,2 % (l'étude ne différenciait pas les autres religions entre-elles).

Éducation[modifier | modifier le code]

Le taux d'alphabétisation est de 88.80% (2007)

Santé[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

L'arabe est la langue officielle de Bahreïn, bien que l'anglais soit très largement utilisé[56]. L'arabe bahreïnien est le dialecte le plus parlé à Bahreïn parmi les multiples dialectes de la langue arabe. Parmi la population non-bahreïnienne, de nombreuses personnes parlent persan, la langue officielle de l'Iran, ou ourdou, celle du Pakistan. Les langues indiennes, le malayalam et l'hindi principalement, sont également largement parlées par la communauté expatriée[56],[2]. La plupart des entreprises et institutions commerciales, ainsi que les panneaux de signalisations, sont bilingues et proposent des indications à la fois en arabe et en anglais[57].

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de Bahreïn.

Arts[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinéma bahreïni.

L'île de Bahreïn pourrait être la Dilmun antique, un pays insulaire que l'on retrouve mentionné durant toute l'histoire de la Mésopotamie ancienne, depuis le IIIe millénaire av. J.-C. jusqu'au milieu du Ier millénaire av. J.-C., bien que l'île de Failaka au Koweït et, à un moindre titre, l’îlot de Tarut, sur les territoires côtiers du nord-est de la péninsule d'Arabie, soient également candidats.

Dilmun pourvoyait les royaumes mésopotamiens en bois, en pierres précieuses et en cuivre mais ces produits venaient en fait d'autres régions, comme Magan (Oman) pour le cuivre ou Meluhha (la vallée de l'Indus), et ne faisaient que transiter par l'île. Dilmun est mentionnée dans de nombreux textes mythologiques mésopotamiens, en particulier dans Enki et Ninhursag qui attribue la création de Dilmun au dieu sumérien Enki (qui en fit sa résidence et un Jardin d'Abondance présentant des similitudes avec le paradis terrestre ou le jardin d'ÉdenDieu aurait créé l'homme), dans le récit sumérien de la Création Enûma Elish (qui présente des parallèles marquées avec le récit de la Genèse), dans le Poème du Supersage où est décrit le mythe mésopotamien de la Création des hommes (créés, sur proposition du dieu Ea / Enki, à l’image des dieux, et façonnés dans de l’argile, argile auquel la déesse-mère Ninmah insuffla la vie), et dans le passage de l’Épopée de Gilgamesh où est décrit le Déluge : on y voit le héros de l'Arche, appelé Ziusudra / Atrahasis / Uta-Napishtim (alias Noé), aller s'établir dans le Jardin de Dilmun en compagnie d’Ea, après qu’Enlil le dieu suprême lui eut accordé l’immortalité.

Bahreïn est l'un des pays les plus actifs dans le domaine de l'art contemporain. Il compte 3 associations nationales pour les arts plastiques et un certain nombre de galeries. Le Centre d'art Riwaq est fondé en 1998 par Bayan Kanoo. Cet espace qui a commencé avec la structure d'une galerie présente la génération des jeunes artistes du pays (Waheeda Malullah, Anas Al-Cheikh). Un certain nombre d'entre eux ont participé à la Biennale de Charjah.

Sport[modifier | modifier le code]

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Le 1er septembre 2006, Bahreïn a modifié les dates de ses weekends, anciennement les jeudis et vendredis pour les vendredis et samedis, afin d'avoir un jour en commun avec les weekends des autres pays du monde.

Date Nom français Nom local (arabe) Description
1er janvier Jour de l'an رأس السنة الميلادية Premier jour de l'année du calendrier Grégorien, célébré dans la plupart des pays du monde
1er mai Fête du Travail يوم العمال Appelé localement Eid Al Oumal, « jour des travailleurs »
16 décembre Fête nationale اليوم الوطني
17 décembre Jour de l'accession يوم الجلوس Jour de l'accession au trône de l'ancien émir, le Cheik Issa ben Salmane al-Khalifa
1er Mouharram Jour de l'an islamique رأس السنة الهجرية Premier jour de l'année du calendrier musulman (Hijri)
9e et 10e Mouharram Achoura عاشوراء Célébration en la mémoire du martyr Hossein, petit-fils de Mahomet
12e Rabia al awal Mawlid المولد النبوي Commémoration l'anniversaire du prophète Mahomet
1er, 2e et 3e Chawwal Aïd al-Fitr عيد الفطر Célébration la fin du Ramadan (aussi appelée « petite fête »)
9e Dhou al-hijja Jour d'Arafat يوم عرفة Commémoration du dernier sermon de Mahomet sur le mont Arafat qui termine le message de l'Islam
10e, 11e et 12e Dhou al-hijja Aïd al-Adha عيد الأضحى Commémoration de la volonté d'Abraham de sacrifier son fils (aussi appelée la « grande fête » ou la « fête du sacrifice »)

Codes[modifier | modifier le code]

Bahreïn a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Census Summary Result 2010 », Central Informatics Organisation,‎ 18 septembre 2011 (consulté le 27 novembre 2013)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) « Bahrain », sur CIA, The World Factbook (consulté le 28 novembre 2013)
  3. « Bahreïn », Indicateurs de développement humain (consulté le 27 novembre 2013)
  4. (en) « High-income economies ($12,616 or more) », World Bank (consulté le 27 novembre 2013)
  5. Martijn Theodoor Houtsma, Baḥrayn, vol. I, Leiden, E.J. Brill, coll. « Encyclopedia of Islam »,‎ 1960, p. 941.
  6. (en) Adrian Room, Placenames of the World: Origins and Meanings of the Names for 6,600 Countries, Cities, Territories, Natural Features, and Historic Sites, McFarland,‎ 2006 (ISBN 978-0-7864-2248-7, lire en ligne)
  7. (en) First encyclopaedia of Islam 1913–1936, E.J. Brill,‎ 1993 (ISBN 978-90-04-09796-4, lire en ligne), p. 584
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]