Tycho Brahe

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Tycho Brahe écouter, né Tyge Ottesen Brahe (il latinise jeune homme son prénom en Tycho), (14 décembre 154624 octobre 1601), est un astronome danois, issu d'une grande famille associée de longue date aux affaires du royaume. Sa région natale, la Scanie, fait maintenant partie de la Suède.

Tycho Brahe marque une rupture dans l'histoire de l'astronomie, et plus généralement dans l'histoire des sciences. À une époque où prévaut encore le respect de la tradition et des anciens, il donne la priorité à l'observation, avec le souci constant de valider ses hypothèses au regard de celles-ci. Il prend grand soin de la fabrication et de la mise au point de ses instruments qui lui permettent de recueillir un nombre considérable de données. Bien qu'effectuées à l'œil nu, ces mesures sont, à leur meilleur, au moins 10 fois plus précises que celles de ses prédécesseurs en Europe. Ainsi, ses observations de la supernova de 1572, le conduisent à remettre en cause l'immuabilité du monde supra-lunaire énoncée par Aristote, remise en cause confirmée par ses observations de la grande comète de 1577, dont il met en évidence qu'elle ne peut être un phénomène atmosphérique (sub-lunaire).

Ses observations très précises des positions de la planète Mars jouent un rôle décisif dans la découverte par Johannes Kepler de la trajectoire des planètes et plus généralement des trois lois qui régissent le mouvement de celles-ci.

Bien que grand admirateur de Nicolas Copernic, il ne se résout pas à abandonner le géocentrisme, et préfère mettre au point un système mixte, dit géo-héliocentrique : la terre reste immobile au centre de l'univers, les autres planètes tournent autour du soleil, entraînées également par le mouvement de celui-ci autour de la terre. Bien que ruiné conceptuellement par les découvertes de Kepler puis de Newton, le système sera soutenu tout au long du XVIIe siècle par les jésuites, qui y verront la seule façon de sauver l'immobilité de la terre, conforme à la lettre des Écritures. Il sera définitivement éliminé par la découverte de l'aberration de la lumière qui met en évidence expérimentalement le mouvement annuel terrestre.

Jeune homme, il bénéficie d'une éducation ouverte aux sciences dans un système universitaire protestant, encore très influencé par les idées de Philipp Melanchthon. Il étudie d'abord à Copenhague, où il découvre en particulier l'astronomie, puis fréquente de longues années les universités protestantes allemandes.

Grâce au soutien du roi Frédéric II de Danemark, Tycho Brahe bénéficie pendant une vingtaine d'année de l'usage de l’île de Ven et de confortables revenus pour mener à bien ses travaux. Il y fait construire le palais d'Uraniborg, qui est sa demeure, mais surtout un lieu d'études et un véritable centre de recherche avant l'heure, muni d'un observatoire, mais aussi d'un centre artisanal pour la confection des instruments, et d'une imprimerie pour diffuser ses travaux. Il y forme de nombreux étudiants et reçoit des visiteurs, en particulier scientifiques, de l'Europe entière.

Àprès la mort de son protecteur et l'interrègne qui suit, Tycho finit par perdre le soutien du successeur de celui-ci, Christian IV, et choisit d'émigrer. Il est accueilli par l'empereur Rodolphe II, qui en fait son mathématicien impérial, et s'installe près de Prague. C'est là que Kepler le rejoint pour devenir près d'une année son assistant, et hériter, à la mort de l'astronome Danois en 1601, des exceptionnelles observations de celui-ci.

En français, le nom de l'astronome a été beaucoup orthographié Tycho-Brahé ou Tycho Brahé (phonétiquement plus conforme), cette dernière écriture est d'ailleurs toujours utilisée.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'importance de Tycho Brahe dans l'histoire de l'astronomie a été longtemps diversement appréciée. À sa mort en 1601, il était le scientifique le plus célèbre d'Europe[1]. À la fin du XVIIIe siècle, Jean Sylvain Bailly ne voyait, depuis l'Antiquité, que Hipparque qui puisse lui être comparé[2], sans méconnaître l'importance de Copernic que Bailly juge « plus grand comme philosophe que comme astronome ». Cependant Tycho a parfois été considéré comme un simple observateur, certes sans rival, mais n'exploitant pas lui-même ses observations, ses apports théoriques étaient souvent réduits à son système géo-héliocentrique, vu comme trop complaisant pour les préjugés religieux de l'époque[3]. Bien que le XIXe siècle ne l'ait pas oublié, ce n'est que dans la seconde moitié du XXe siècle que ce tableau a été largement complété et corrigé, et que Tycho a trouvé sa place, au premier rang, dans l'histoire de l'astronomie et dans l'histoire des sciences [4]. Ainsi il ouvre le second volume de l'histoire générale de l'astronomie de René Taton et Curtis Wilson, comme étant celui qui, par le primat qu'il donne aux observations, inaugure l'astronomie moderne, à l'égal au moins de Copernic, dont l'héliocentrisme était révolutionnaire, mais dont la pratique était restée celle de l'astronomie ancienne[5].

En ce qui concerne sa vie, les historiens bénéficient, outre leurs sources habituelles, de la biographie de Pierre Gassendi[6], une des premières du genre, écrite moins de cinquante ans après la mort de l'astronome. On doit à Tycho lui-même une courte autobiographie, mais Gassendi put la compléter par d'autres sources, interrogeant entre autres des membres de sa famille[7]. En 1890 l'astronome et historien de l'astronomie John Louis Emil Dreyer publie une biographie[8] qui a longtemps fait autorité, même si elle ne prend pas en compte une partie de ses propres travaux, publiés ultérieurement[7]. Dreyer est également le principal éditeur des œuvres complètes de Tycho Brahe publiées entre 1913 et 1929. Plus récemment la biographie de Victor Thoren publiée en 1990 est une somme tant sur la vie que sur l'œuvre de Tycho qui tient compte des derniers travaux publiés au moment de sa parution, y compris ceux en langues scandinaves[9].

De haute naissance[modifier | modifier le code]

Tycho Brahe naît en 1546 au château familial de Knudstrup, en Scanie, alors province danoise[10]. Il est le second des douze enfants (dont huit dépasseront la prime enfance) d’Otte Brahe (en) et de Beate Bille (en) et leur premier fils[11]. Son frère jumeau, auquel il écrira une ode plus tard, ne survit pas. Sa sœur Sophia, qui sera sa collaboratrice, naîtra dix ans plus tard. La famille Brahe comme la famille Bille sont toutes deux de haute et ancienne noblesse, et associées de près aux affaires du royaume. Ses deux grand-pères, ses quatre arrières grand-pères sont ou ont tous été membres du Rigsraad (ou Riksråd), le conseil du royaume, qui, fort d'une vingtaine de membres, assiste le roi, voire le supplée à l'occasion[12]. Son père et ses oncles en font ou feront partie à leur tour, puis deux de ses frères cadets, Steen et Axel. Les Brahe sont propriétaires terriens et gens d'épée. Tôt convertis au protestantisme, ils ont participé à la prise de pouvoir du roi Christian III[12], qui impose le luthérianisme au Danemark en 1536. Les Bille sont plutôt financiers et gens d'église. La quasi-totalité des évêques du Danemark sont liés à leur famille, mais ils ont aussi fourni des hommes de guerre pour la défense du catholicisme[11]. Leur influence reste grande, malgré l'avènement de la Réforme, et l'alliance matrimoniale avec les Brahe est aussi, pour le père de Beate, une façon de maintenir celle-ci[11].

Très jeune, Tycho est enlevé à ses parents par son oncle Jorgen Brahe (en). L'évènement, dont les historiens jugent probable qu'il ait eu lieu dans sa deuxième année[13], est mentionné dans son autobiographie sans autre détail ni explication. Il reste difficile à interpréter. Promesse non tenue d'Otte à son frère Jorgen ? Il s'avère que ce dernier, dont la femme n'a pas plus de vingt ans au moment de l'enlèvement, n'aura jamais d'enfant. Otte et Beate, qui ont eu à nouveau un fils, Steen, un an après la naissance de Tycho, ne paraissent pas avoir tenu rigueur de l'enlèvement à Jorgen, et celui-ci et sa femme Inger Oxe élèvent Tycho comme s'il était leur propre fils[13], assurant son entretien et son éducation jusqu'à la disparition accidentelle de Jorgen en 1565. La famille Oxe est moins ancienne que celles des Brahe et des Bille, mais a déjà fourni plusieurs conseillers au Rigsraad. Inger est aussi la sœur de Peder Oxe (en), dont l'habileté en matière de finances et de diplomatie vont faire, en dehors d'une période de huit ans d'exil, l'homme d'État danois le plus influent de l'époque.

C'est sous l'influence d'Inger Oxe, que l'éducation du jeune Tycho Brahe va s'avérer très différente de celle de ses frères[14].

Enfance et études au Danemark[modifier | modifier le code]

On a peu de détails sur les années d'enfance du jeune Tyge Brahe. Son oncle est établi dans le manoir familial de Tostrup (en), à l'est de la Scanie, mais il administre aussi successivement diverses places-fortes, et il est probable que son neveu le suive lors de ses déplacements. En 1552, il est nommé gouverneur du château de Vordingborg et des terres qui en dépendent par le roi Christian III, puis la reine mère Sophie (veuve de Frédéric Ier et belle-mère du roi Christian III) le nomme en 1555 responsable du château de Nykøbing voisin, ce qui met Jorgen à la tête d'un ensemble de fiefs considérable. Le roi et sa belle-mère ne s'entendent pas et en 1558 Jorgen perd cependant la gouvernance de Vordingborg, un évènement également lié à la disgrâce de son beau-frère Peder Oxe, qui se voit confisquer ses biens et part en exil la même année pour huit ans[15].

Il est donc probable que la vie de cour seigneuriale, avec de fréquents déplacements, soit celle de Tycho jusqu'à ses sept ans, âge auquel on sait qu'il entame des études élémentaires[16]. Depuis au moins deux siècles, celles-ci ont lieu traditionnellement pour les jeunes nobles dans l'école attachée à la cathédrale d'une ville épiscopale, ceux-ci étant logés chez l'évêque ou un religieux important. La Réforme n'a guère changé cette tradition, à la différence que les théologiens luthériens, originaires des classes moyennes, ont pris la place des évêques qui étaient nobles, et qu'ils ont importé un autre mode de vie, inspiré de celui qu'ils ont connu lors de leurs études dans les universités allemandes en particulier Wittemberg. Tycho rejoint vraisemblablement l'école de la cathédrale de Vordingborg, à l'instar de ses deux frères puinés Steen et Axel (on sait qu'ils étaient inscrit à celle d'Aalborg, centre du fief gouverné par leur père Otto). Il y suit des enseignements de langue et grammaire latine, de religion, de chant, et probablement de mathématiques élémentaires[17]...

Le 19 avril 1559[18], Tycho rejoint l’université de Copenhague pour y parfaire son éducation classique, entre autres dans les trois arts du trivium médiéval, grammaire, logique et rhétorique, considérés à l'époque comme utiles pour une carrière politique. Il y suit également les enseignements du quadrivium, les quatre sciences mathématiques classiques, arithmétique, géométrie, musique et astronomie. Celles-ci ont été remises à l'honneur par le théologien protestant Philipp Melanchthon, disciple et ami de Martin Luther et son principal second. Ses idées ont eu une grande influence sur l'enseignement des universités luthériennes, et donc à Copenhague[19]. Dans ce contexte, l'intérêt particulier que va manifester Tycho pour l'astronomie n'est pas forcément encore exceptionnel. Tycho acquiert les livres que le professeur de mathématiques de l'université utilise pour son enseignement, d'abord le traité de la sphère (de sphaera mundi) de Johannes de Sacrobosco, puis l'année suivante la Cosmographie (Cosmographia) de Peter Apian, et la trigonométrie (De triangulis omnimodus) de Regiomontanus. Ces ouvrages portent l'inscription « Tycho Brahe, Anno 1561 », première occurrence connue de la forme latine de son prénom[20]. Tycho se procure aussi les éphémérides de Joannes Stadius fondées sur les Tables pruténiques[21] (qui elles-mêmes s'appuient sur les travaux de Copernic). Une éclipse partielle de soleil a lieu à Copenhague le 21 août 1560. Trop peu spectaculaire pour avoir été remarquée par le jeune Tycho sans qu'elle lui ait été indiquée, elle n'est pas forcément à l'origine de son intérêt pour l'astronomie, ainsi que le présente Gassendi[22]. Toujours est-il que c'est à Copenhague que Tycho apprend que les évènements astronomiques ont des régularités qui permettent de les prévoir, qu'il commence d'explorer la littérature astronomique, mais aussi astrologique, et plus généralement à s'ouvrir à un univers intellectuel bien différent de celui des Brahe[22].

Formation dans les universités allemandes[modifier | modifier le code]

À l'âge de quinze ans, Tycho doit parfaire son éducation à l'étranger. Pour ses frères cela signifiera servir comme écuyer dans des cours allemandes, mais Tycho va suivre la voie de Peder Oxe et fréquenter les universités germaniques, au cours de trois voyages successifs, qui vont s'étaler sur plus de neuf ans, de 1561 à 1570[23].

Pour sa famille il s'agit de lui donner la formation qui lui permettra de tenir son rang au service du royaume. Mais dès la fin du premier voyage, sa vocation pour les sciences s'affirme, et en particulier pour l'astronomie.

Ses voyages lui permettent également de rencontrer nombre d'humanistes scientifiques ou intéressés par les sciences. Il sympathise avec certains d'entre eux avec qui il restera en correspondance.

Leipzig et la naissance de sa vocation[modifier | modifier le code]

Diverses utilisations d'un bâton de Jacob (plus petit et moins perfectionné que celui qu'acquiert Tycho en 1564), dont un usage astronomique au premier plan ; gravure extraite de l'Introductio geographica de Petrus Apianus, 1532.

Tycho part en 1561 accompagné d'un tuteur de quatre ans plus âgé, le futur historien Anders Sørensen Vedel (en), qui est chargé de veiller à son éducation, et dont il conservera l'amitié tout au long de sa vie[24]. Leur destination est l'université de Leipzig, où ils vont rester trois ans. Tycho y suit les études classiques prévues par sa famille, mais se procure et étudie en secret livres, éphémérides et instruments d'astronomie.

Il commence à observer le mouvement des planètes, armé d'un globe céleste « pas plus gros que le poing » sur lequel il reporte les alignements entre la planète visée et deux étoiles qu'il a repérées à l'aide d'une simple ficelle tendue. Cet attirail rudimentaire suffit au jeune apprenti astronome de seize ans pour mettre en évidence des différences importantes avec les positions prévues par les éphémérides, qu'elles soient fondées sur les Tables alphonsines qui utilise le système de Ptolémée, ou sur les Tables pruténiques qui utilise le système de Copernic (même si ces dernières apparaissent légèrement supérieures)[25].

En 1563, il s'est procuré un nouvel instrument, un grand compas qui lui permet de mesurer par visée l'écart angulaire de deux astres, et inaugure en août de la même année son premier journal d'observations par le rapprochement des planètes Jupiter et Saturne dont la conjonction, un phénomène qui se produit tous les vingt ans[26], a lieu le 17 août 1563[27]. Là encore il ne peut que constater une erreur de près d'un mois pour les Tables alphonsines, et qui est encore de plusieurs jours pour les Tables pruténiques[28]. Selon ce que Tycho déclarera plus tard, c'est dès cette époque qu'il décide d'améliorer cet état de fait, en particulier en accumulant les observations[26].

Tycho s'est également procuré un livre d'astrologie de Johannes Garcaeus (de), et commence la même année à s'entraîner à la rédaction d'horoscopes.

En 1564, il a dix-huit ans, et Vedel ne peut plus guère l'astreindre à se consacrer aux études prévues. Il a rencontré Bartholomäus Scultetus (de), auprès de qui il approfondit ses connaissances en astronomie, mais apprend aussi la cartographie et la géographie[29]… Il se procure son premier instrument astronomique professionnel, un radius astronomicus (ou bâton de Jacob) d'un mètre de long conçu selon les plans de Gemma Frisius par le neveu de celui-ci, Gualter Arscenius[29]. L'instrument de bois et de laiton est suffisamment encombrant et onéreux pour n'avoir pu passer inaperçu aux yeux de Vedel : Tycho s'affirme et ne dissimule plus son intention de se consacrer à l'astronomie[30].

Au printemps 1565, Tycho et son tuteur décident de rentrer au Danemark. La guerre avec la Suède, qui a éclaté en 1563 et va durer sept ans, ne semble pas les avoir gênés, mais elle ne sera pas sans conséquences pour Tycho. Son oncle et père adoptif Jorgen, après avoir capturé lors d'une bataille navale incertaine l'amiral de la flotte suédoise et son vaisseau, a été nommé vice-amiral de la flotte danoise. Mais en 1565, lors d'un retour au port, il décède des suites d'un plongeon dans les eaux de Copenhague, en compagnie de son roi (qui, lui, en réchappe). Il aurait tenté de repêcher Frédéric II tombé à l'eau alors qu'ils revenaient tous deux d'une taverne[31]. Jorgen n'a pas eu le temps, comme il le projetait, de faire de Tycho son unique héritier. La fortune et les terres de Jorgen seront gérées en usufruit par sa femme Inger Oxe qui vivra jusqu'en 1591, mais Tycho passe, jusqu'à sa majorité, sous la responsabilité de ses parents naturels[32]. Tycho perd également son grand-père maternel qui meurt alors qu'il commande la défense de la forteresse de Bahus[31]. Tycho reste près d'un an au Danemark, le temps qu'il lui faut pour convaincre son soldat de père de le laisser poursuivre ses études, alors que la guerre offre tant d'opportunités à quelqu'un de sa classe sociale[33].

Rostock et perte du nez[modifier | modifier le code]

En 1566, Tycho retourne sur le continent pour passer quelques mois à l'université de Wittenberg, berceau du Luthérianisme, où il retrouve Vedel et probablement Sculetus. Chassé de la ville par une épidémie, il se replie sur l'université de Rostock, fréquentée comme celle de Wittenberg par de nombreux danois. Là il observe le 28 octobre une éclipse de Lune, et rend publique son interprétation astrologique : l'événement annonce la mort du Sultan de Turquie Soliman le Magnifique. Malheureusement pour Tycho, il s'avère que, si Soliman est bien décédé, c'était quelques semaines avant l'éclipse[31]. Les moqueries n'ont pas dû manquer, et il est possible qu'elles soient la cause d'une dispute avec l'un de ses cousins, Manderup Parsberg – les historiens en sont réduits aux hypothèses sur l'origine de celle-ci. Toujours est-il que l'affaire se termine en duel. Ceux-ci sont courants à l'époque entre jeunes nobles et peuvent se terminer tragiquement. L'affaire ne sera pas aussi grave pour Tycho, mais il s'en faut de très peu : son cousin lui tranche l'arête du nez, et si Tycho survit à la blessure, il en reste défiguré à vie[34]. Il portera plus tard un nez postiche, que l'on distingue sur certains de ses portraits, et qui aurait été constitué d'or et d'argent, mais ce ne fut relaté qu'après sa mort (et rapporté par Gassendi).

Lors de l'exhumation du corps de Tycho en 1901, on a trouvé des traces de cuivre à l'emplacement du nez, ce qui n'est pas forcément incompatible avec la légende, Tycho ayant pu posséder plusieurs prothèses[35],[36].

Il est possible que sa blessure soit à l'origine de son intérêt ultérieur pour la médecine, et pour l'alchimie. À Rostock, il a pu suivre dès cette époque les enseignements de deux représentants de la nouvelle approche empiriste de la médecine, Heinrich Brucaeus (de) et Levinus Battus (de), d'autant que tous deux s'intéressent également à l'astronomie. Si Brucaeus, qui étudie l'anatomie, est très hostile à l'astrologie, ce n'est pas le cas de Battus, adepte de Paracelse et de sa vision globale de l'homme dans l'univers, qui va également beaucoup intéresser Tycho[37].

Augsbourg et premières constructions d'instruments[modifier | modifier le code]

À Augsbourg en 1569 Tycho conçoit et fait fabriquer pour la première fois un instrument astronomique, un grand compas, ou demi-sextant (ouverture de 30 degrés), dont les branches mesurent 1,5 mètre de long, et qui est reproduit vingt-cinq ans plus tard dans l'Astronomiae Instauratae Mechanica[38]. L'instrument de bois et cuivre (pour l'arc) est relativement léger. Il en fera cadeau à Paul Hainzel à son départ d'Augsbourg, mais fera construire un instrument similaire deux ans plus tard à Herrevad, avec cette fois deux arcs de cuivre interchangeables de 30 et 60 degrés, soit à la fois demi-sextant et sextant[39], qu'il adaptera pour observer la « nouvelle étoile » (supernova de 1572).

Courant 1567, Tycho retourne au Danemark. Peder Oxe est rentré en grâce l'année précédente. Il va améliorer de façon spectaculaire les finances du royaume et faire la paix (en 1570) avec la Suède. Mais à nouveau Tycho ne profite pas des opportunités que lui apporte le soutien de son oncle par adoption et, en dépit de ce qu'en pense sa famille, préfère retourner à la toute fin 1567 poursuivre ses études à Rostock[40] où il loge quelque temps chez Levinus Battus et se consacre (très probablement) à la médecine et l'alchimie[41]. Il n'y reste cependant que cinq mois, et mène alors quelque temps une vie itinérante. Il s'attarde un peu à Bâle où il rencontre le jeune Hugo Blotius (de) avec qui il tente la construction de quadrants, passe à Freiburg où il admire les modèles astronomiques de Erasmus Oswald Schreckenfuchs (en), est reçu chez Cyprianus Leovitius (en) (dont il a apprécié les éphémérides) à Lauingen, rencontre Philipp Apian (en) (le fils de Peter) à Ingolstadt… Mais c'est à Augsbourg qu'il finit par se fixer au printemps 1569, et va mettre au point ses premiers instruments astronomiques[42].

Le grand quadrant, d'un rayon de 5,5 mètres, construit chez Paul Hainzel (de) sur les plans de Tycho à Augsbourg en 1570 (reproduit dans l'Astronomiae Instauratae Mechanica) ; il attire l'attention de Pierre de La Ramée[43].

Comme toutes les villes de cette importance, Augsbourg possède son cercle d'humanistes qui accueille Tycho. Il sympathise et restera longtemps en correspondance avec certains d'entre eux comme l'érudit Hieronymus Wolf, le bourgmestre Paul Hainzel (de) qui finance la construction de son gigantesque quadrant, le professeur au lycée d'Augsbourg Johannes Major. Mais le jeune danois trouve aussi à Augsbourg un artisan extrêmement capable, Christoph Schissler, qui lui permet de réaliser les instruments qu'il conçoit[44].

Avec l'aide et le support financier de Paul Hainzel, Tycho fait construire à Augsbourg début 1570 un quadrant d'un rayon de 5,5 mètres, la taille qu'il estime alors nécessaire pour atteindre la précision d'une minute d'arc. Il l'utilise pour quelques observations reportées dans son journal. L'instrument restera le plus grand de sa production, et attire sur son créateur l'attention du plus célèbre philosophe de l'époque, Pierre de La Ramée, arrivé à Augsbourg en avril 1570. Celui-ci citera dans ses œuvres l'instrument du jeune danois « Bracheus ».

La Ramée est un empiriste convaincu, très hostile à l'aristotélicisme de ses contemporains, et qui promeut dans ses écrits une science sans aucune hypothèse, reposant uniquement sur l'observation[45]. Comme il l'a proposé à Rheticus, il « suffirait » d'établir des éphémérides sur la durée de la Grande Année, celle au bout de laquelle l'univers est censé retrouver la même configuration, et on pourrait alors oublier les hypothèses héliocentrique et géocentrique, les modèles mathématiques, leurs épicycles, excentriques et autres équants[46].

Tycho discute avec La Ramée de la réforme radicale de l'astronomie que propose ce dernier. S'ils sont d'accord sur le primat à l'observation, Tycho n'accepte pas l'abandon des hypothèses, et compare l'astronomie à la géométrie où des axiomes sont nécessaires, même s'il accepte que ces hypothèses puissent évoluer (du temps de Tycho le dogme des astronomes magnifié par Copernic est celui du mouvement circulaire uniforme : le mouvement des corps célestes doit se décomposer à partir de celui-ci). Il juge aussi nécessaire la conception d'un cosmos harmonieux et ordonné, telle que l'a mise en avant Melanchthon. Tycho n'adoptera pas les conceptions de La Ramée, et reprochera au philosophe de ne pas connaître la pratique de l'astronomie[45].

Fin mai 1570, Tycho peut-être alerté par de mauvaises nouvelles à propos de la santé de son père, quitte Augsbourg pour retourner au Danemark. Il arrive probablement début décembre 1570 auprès d'Otte Brahe au château d'Helsingborg. Celui-ci meurt le 9 mai 1571[47]. Bien qu'il ait laissé ses affaires en bon ordre, les héritiers sont nombreux et la complexe succession ne sera réglée que courant 1574. Elle fait de Tycho un homme financièrement indépendant, même s'il ne dispose pas des revenus qu'il aurait pu espérer s'il avait été l'héritier de son oncle Jorge[48].

Le sextant avec lequel Tycho Brahe en 1572 observe la « nouvelle étoile », dans la constellation de Cassiopée. Tycho l'a fait construire à Herrevad sur le modèle de son demi-sextant d’Augsbourg. Il décrit dans cette gravure de l'Astronomiae Instauratae Mechanica la façon dont il l'a adapté et monté horizontalement, se servant d'une fenêtre orientée au nord[49].

Installation au Danemark[modifier | modifier le code]

Herrevad[modifier | modifier le code]

Peu après la mort de son père, Tycho s'installe chez son oncle maternel Steen Bille, avec lequel il a sympathisé, et qui l'accueille dans son domaine, l'ancienne abbaye de Herrevad, à quelques kilomètres du château familial[50]. Steen Bille est un érudit humaniste, très intéressé par l'alchimie[51], et Tycho va installer son propre laboratoire sur le domaine[52].

C'est également vers cette époque qu'il rencontre Kirsten Jørgensdatter, qui va devenir son épouse et la mère de ses enfants, et avec qui il a pu s'installer à Herrevad. Les historiens en sont réduit aux hypothèses sur les origines de Kirsten Jørgensdatter, peut-être fille d'un pasteur des environs de Knudstrup. Une chose certaine est qu'elle n'est pas noble, ce qui interdit un mariage officiel avec Tycho[53]. À l'époque cependant, Tycho peut invoquer l'ancien droit danois qui accorde un statut d'épouse à une femme qui vit maritalement suffisamment longtemps avec un homme. La chose n'est d'ailleurs pas exceptionnelle[53], cependant Tycho se prive ainsi de l'alliance entre grandes familles que représente un mariage dans son milieu, et se marginalise ostensiblement parmi les gens de son rang[54].

Selon ses propres dires, Tycho consacre alors la plupart de son temps à l'alchimie[55]. C'est cependant à Herrevad, le 11 novembre 1572, Tycho fait la première observation d'importance qui lance réellement sa carrière d'astronome : une « nouvelle étoile » (nova stella) — son éclat dépasse celui de Sirius, de Vega et même de Vénus — est apparue dans la constellation de Cassiopée[56]. Les astronomes du XXe siècle ont pu l'identifier à partir des observations de Tycho et conclure qu'il s'agissait de ce que l'on appelle aujourd'hui une supernova de type I[57], qu'ils nomment SN 1572. Elle restera observable jusque mars 1574.

Grâce aux instruments dont il dispose, Tycho établit rapidement que la « nouvelle étoile » est immobile vis-à-vis des étoiles qui l'environnent[56]. Il ne peut s'agir d'une planète, ni d'une comète, et l'absence de parallaxe diurne observable, montre que l'objet, est forcément au delà de la lune, ce qui détruit la conception aristotélicienne alors couramment admise d'une division des cieux en un monde sub-lunaire soumis aux changements et un monde supra-lunaire immuable[58].

Il fait publier l’année suivante De Nova Stella, un traité où il consigne ses conclusions et écrit entre autres que les novæ sont des étoiles qui deviennent visibles ou plus remarquables pour les observateurs de la Terre, suite à une augmentation de leur brillance[réf. nécessaire]. Le traité n'a probablement pas eu un grand écho public, vu sa faible diffusion, même si Tycho le fait parvenir à ses amis, lettrés et hommes de science, à travers toute l'Europe[59].

La consécration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Uraniborg.
Le grand quadrant mural d'Uraniborg, gravure, Astronomiae Instauratae Mechanica.

En 1574, il donna plusieurs cours et conférences à l’université de Copenhague. Dès cette époque, il était convaincu que les progrès de l’astronomie dépendraient de méticuleuses observations. Après un nouveau tour d’Allemagne pour rencontrer le plus grand nombre possible d’astronomes, Brahe accepta l’offre du roi Frédéric II, qui lui proposa de fonder un observatoire astronomique ainsi qu’une pension annuelle. On lui donna une petite île, Ven (ou Hven) en face de Copenhague, où il fit construire dans le courant de l’année 1576 Uraniborg (« palais d’Uranie » ou « palais des Cieux », Uranie étant la muse de l’Astronomie) qui devint le plus important observatoire d’Europe. Il détenait une autorité suprême sur le domaine et percevait des revenus provenant du travail des habitants de l’île. Il fit également construire un palais dont les travaux furent financés par le roi et durèrent quatre années, de 1576 à 1580. Il s’agissait d’un édifice luxueux qui comprenait un atelier de construction d’instruments pour l’astronomie, une imprimerie destinée à publier ses travaux, un laboratoire d’alchimie.

Uraniborg devint rapidement un centre scientifique important et réputé, qui attirait les étudiants et les astronomes de toute l’Europe. Tycho Brahe était très méticuleux et conservait toutes les données de ses observations, ce qui lui permit d’établir le catalogue d’étoiles le plus complet et le plus précis de l’époque. Il était considéré par ses collègues et contemporains comme le plus exact des observateurs. Il faut noter ici que toutes ses observations furent faites avant l’invention du télescope et de la lunette astronomique. Ce fut là aussi que Tycho Brahe imagina son système du monde qui porte son nom est qui est comme une sorte de conciliation entre le système de Ptolémée et celui de Copernic[60].

En 1577, il commença ses observations et le 13 novembre de la même année, il fit la découverte de la comète qui fut à la base de son second ouvrage sur les mouvements[61] De Mundi atherei recentioribus Phoenomenus Progymnasmatum publié en 1587[62]. Il fit construire en 1584 un observatoire astronomique enterré qu’il appela Stjerneborg (palais des étoiles). Celui-ci comportait des chambres souterraines dans lesquelles étaient installés des instruments et dont les toits, ou coupoles, dépassaient du sol.

La fin de sa vie[modifier | modifier le code]

Portrait de Tycho Brahe, gravure extraite de l'édition originale de son Astronomiae Instauratae Mechanica (1598)
Pierre tombale de Tycho Brahe

En 1588, Tycho Brahe, à la mort du roi Frédéric II, perd ses mécènes. Comme il était un piètre administrateur, plein de dureté (profitant du système de corvée) pour les habitants de l’île dont il monopolisait les ressources, il perd le soutien du roi Christian IV ainsi que la pension que le roi précédent lui avait octroyée. En 1597, à la suite de la destruction de son domaine par ses détracteurs, il prend tous ses biens et fait équiper un bateau pour lui, sa femme, ses enfants et ses quelques disciples fidèles, puis quitte l’île de Ven[63]. Il voyage pendant quelques années, puis, en 1599, s’installe dans le château de Beneteck près de Prague où il travaille en tant que mathématicien Impérial de la cour de l’empereur Rodolphe II. Il meurt dans la ville de Prague en 1601. Sur son lit de mort il délire, mais dans ses moments de répit dit à Kepler : « Ne frustra vixisse videar ! » (débrouille-toi pour que je ne paraisse pas avoir vécu en vain !), car il s'est rendu compte qu'il n'avait réalisé que des Progymnasmata (travaux préliminaires). Kepler répondra à ce dernier vœu en publiant Astronomiae instauratae progymnasmata dès 1602[64]. Ses instruments y furent conservés un long moment, mais seront finalement perdus.

Il serait mort à la suite d’un calcul ou d’une septicémie, ce qui pourrait avoir été provoqué par le fait de s’être retenu trop longtemps d’uriner pendant un trajet de plusieurs heures en carrosse avec l’empereur Rodolphe II ou un long repas à la Cour impériale de Prague[65]. Sa mort inspira une expression tchèque : « Je ne veux pas mourir comme Tycho Brahe », en parlant d'une envie pressante. Il est aussi possible que Tycho Brahe ait été empoisonné, des rumeurs apparaissant à ce sujet dès sa mort[66] (voir plus bas). Après la mort de Tycho Brahe, Rodolphe II acheta ses instruments pour les faire enfermer à l’hôtel de Curzt à l’abri des convoitises.

Comme la plupart des astronomes avant lui, Tycho Brahe croyait en l’astrologie[67]. Il calcula d’ailleurs lui-même son propre thème astral : « Tycho Brahe, né le 14 décembre 1546 à 10 h 47 de Greenwich à Scania (Danemark). Soleil en 2°07 Capricorne, AS en 16°38 Verseau, Lune en 23°11 Vierge, MC en 15°19 Sagittaire. »

Il est enterré dans l’église de Notre-Dame de Týn, près de l’horloge astronomique à Prague.

L’astéroïde (1677) Tycho Brahe a été nommé en son honneur, de même qu'un cratère lunaire et qu'un cratère martien.

Principaux travaux[modifier | modifier le code]

Supernova[modifier | modifier le code]

Article détaillé : SN 1572.

SN 1572 (ou Nova de Tycho') est une supernova survenue dans la constellation de Cassiopée, et l’une des rares à avoir été visible à l’œil nu.

Elle fut observée le 11 novembre 1572 par Tycho Brahe, depuis l'Abbaye de Herrevad[68],[69], alors qu’elle était plus brillante que Vénus, avec une magnitude apparente de -4. Elle cessa d'être visible à partir de mars 1574[70].

En fait, il semble que Brahe ne soit pas réellement le premier à l’avoir observée, elle aurait été vue par Wolfgang Schuler dès le 6 novembre 1572, par John Dee et son disciple Thomas Digges, puis par l’astronome italien Francesco Maurolico. Mais Brahe est le premier à l’avoir décrite et étudiée en détail.

Dans un premier temps, Tycho Brahe a fait remarquer que l’objet n’a pas de parallaxe diurne dans le contexte des étoiles fixes d’arrière-plan. Ce qui implique qu’il se trouvait forcément plus loin que la Lune et les planètes, qui elles, affichent de telles parallaxes. Ensuite, il constate que, pendant plusieurs mois, l’objet n’a pas modifié sa position par rapport aux étoiles fixes, comme le font les planètes. Cela lui inspire la conclusion que le nouvel objet céleste n’était pas une planète, mais une étoile fixe dans le domaine stellaire, au-delà de toutes les planètes.

Il publia à ce sujet un petit livre appelé De Stella Nova, De la nouvelle étoile (1573). Nous savons aujourd'hui que cette supernova se trouve à 7 500 années-lumière de la Terre.

L’apparition de la supernova de 1572 est l’un des deux ou trois événements les plus importants de l’histoire de l’astronomie. La « nouvelle étoile » a contribué à briser les anciennes représentations du ciel, et à déclencher une révolution en astronomie. Cette découverte a permis de réaliser de meilleures classifications astrométriques cataloguées, et a rendu nécessaire l'utilisation d'instruments d'observation astronomique plus précis. La Supernova de 1572 est souvent appelée « la supernova Tycho », en raison du vaste travail que Tycho Brahe avait accompli à son sujet.

La grande comète de 1577[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grande comète de 1577.
Illustration de la Grande comète de 1577 vue de Prague

En 1577, Tycho ne dispose pas encore de ses meilleurs instruments, mais il acquiert en début d'année sa première horloge qui donne l'heure à la seconde, et, après un essai infructueux, fait construire un quadrant astronomique qui lui donne satisfaction[71],[72].

Un soir de novembre, il remarque pour la première fois une nouvelle étoile qui se révèle être la comète qu'il attendait de pouvoir observer depuis longtemps[71]. La grande comète de 1577 (C/1577 V1) passe près de la Terre cette année-là, et elle est remarquée dans l’Europe entière.

L'observation de celle-ci n'est pas simple. Elle est proche du Soleil et, à son apparition, n'est visible qu'une heure après le coucher de celui-ci[73]. Tycho va pouvoir l'observer jusqu'en janvier de l'année suivante. Il cherche à calculer sa parallaxe diurne, en reconstituant le mouvement apparent de la comète, et en le comparant avec celui de la Lune. Il finit par démontrer que la parallaxe diurne est insignifiante, et en donne une majoration qui la relègue forcément au-delà de la Lune, au moins quatre fois plus loin.

C'est un résultat essentiel : il fait de la comète un corps céleste contrairement à ce qu'Aristote[74],[75] avait théorisé dans Les Météorologiques. Pour celui-ci les comètes sont des phénomènes atmosphériques qui se forment en dessous de la Lune[76]. En observateur neutre, Tycho examina toutes les données recueillies ainsi que les siennes propres. Pour lui, le résultat était clair : la comète devait décrire une orbite autour du Soleil « bien au-delà de la Lune », recoupant celles des planètes. Il en tira la conséquence que les planètes ne reposaient pas sur des sphères solides transparentes (les fameuses « sphères de cristal » d'Aristote) que Georg von Purbach avait rétablies dans sa représentation de la sphère céleste[77]. Bien qu’il eût conservé le géocentrisme, il remit en question deux points importants de modèles antiques auxquels certains de ses contemporains étaient encore attachés : la « solidité » des sphères et l'immuabilité de l'espace supra-lunaire.

Les instruments[modifier | modifier le code]

Représentation de la sphère armillaire de Tycho Brahe

Lors de la conjonction de Jupiter et de Saturne en 1563, Tycho Brahe s'était rendu compte que la précision des tables astronomiques disponibles à son époque était insuffisante. Convaincu que celles-ci devaient être améliorées, il s’investit dans le perfectionnement et la création d’instruments de mesure. C’est avec l’arbalestrille qu’il fit ses premières mesures avec une précision limitée. Pour affiner celles-ci, il inventa une sorte de sextant, dont l’ouverture se fait sur soixante degrés (d’où son nom). Cette invention lui permit en 1572 de mesurer la position de la supernova située dans la constellation de Cassiopée. Plus tard, en 1581, il fit construire un sextant de un mètre cinquante monté sur un pivot sphérique[78].

Tycho améliora ou inventa une douzaine d’instruments différents dont certains, avant leur perfectionnement et leur usage en astronomie, furent d’abord utilisés dans la navigation maritime. L’un des plus connus était le quadrant mural d’un rayon de deux mètres avec lequel il était possible de mesurer une déclinaison à dix secondes d’arc près.

Il fit également construire des sphères armillaires dont l’une avait un diamètre de près de trois mètres. Celle-ci servait à mesurer les coordonnées des étoiles dans le ciel le plus précisément possible et à se faire une meilleure représentation du mouvement des corps célestes observés.

Tycho Brahe préfigura la fin de la recherche observationnelle du ciel sans l’aide de la lentille, qui lui permettra un peu plus tard de faire un bond en avant grâce à la lunette astronomique de Galilée et le télescope à miroir concave de Isaac Newton. Sa vigilance et sa persévérance lui permirent de réaliser des mesures précises au moyen de la mise au point d’instruments et de nombreuses conversions utilisant la trigonométrie sphérique. Il est reconnu comme un scientifique de premier plan suite à la précision de ses mesures astronomiques pour l’époque et son catalogue d’étoiles que Johannes Kepler reprendra plus tard pour le compléter.

Le modèle géo-héliocentrique[modifier | modifier le code]

Dans ce modèle géo-héliocentrique de Tycho Brahe, les objets célestes sur les orbites en bleu (Lune et Soleil) tournent autour de la Terre. Les objets sur les orbites en orange (Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne) tournent autour du Soleil. À la périphérie se trouvent les étoiles.

Tycho se donnait une discipline d’observation quotidienne ; il a formé toute une génération d’astronomes, leur inculquant l’art de l'observation et a déduit de celles qu'il effectua un système, dit « de Tycho Brahe », élaboré à partir de la théorie géocentrique de Ptolémée (vers 90 - vers 168), de la théorie mixte d'Héraclide du Pont[79] (IVe siècle av. J.-C.), pour qui le Soleil orbite autour de la Terre, tandis que les cinq planètes tournent autour du Soleil[80], et de la théorie héliocentrique de Copernic. Dans la théorie de Tycho Brahe, le Soleil et la Lune tournent autour de la Terre immobile, tandis que Mars, Mercure, Vénus, Jupiter et Saturne tournent autour du Soleil.

Le système de Copernic (1473 - 1543) est déclaré contraire à la Bible par l’Église en 1616. Le système de Tycho Brahe fut adopté par les jésuites.

Kepler ne parvint pas à convaincre Tycho d’adopter le modèle héliocentrique du système solaire. Brahe semble ne pas avoir eu d’objection de principe, mais s’y être opposé pour des raisons relatives aux observations. En effet, il considérait que si la Terre orbitait annuellement autour du Soleil, il devrait y avoir une parallaxe stellaire observable sur une période de six mois, au cours de laquelle l’angle d’orientation d’une étoile changerait, ce qui n’était pas perceptible. Cette parallaxe existe, mais est si faible qu’elle n’a pas été détectée avant les années 1830, 240 ans après son modèle, lorsque les instruments furent beaucoup plus précis.

Reprenant les thèses de Brahe lors du procès de Galilée, l’inquisiteur saint Robert Bellarmin objecta que, si la Terre se mouvait, on devait observer une parallaxe. Mais aucune parallaxe n’ayant été mesurée, ce fait devenait un argument contre l’héliocentrisme. Galilée répondit que les étoiles étaient trop lointaines pour que la parallaxe puisse être vue et mesurée avec les instruments d’alors. Dans les années qui ont suivi, Galilée, par son observation sur les phases de Vénus en 1610, invalida le système ptoléméen. Le système de Brahe devint alors le principal concurrent de celui de Copernic. L’Église catholique finit par abandonner le système géocentrique de Ptolémée, au profit de celui de Tycho Brahe, plus conforme aux observations.

C’est au cours de l’année 1729 que James Bradley réussit à prouver l’automouvement de la Terre par rapport aux étoiles fixes, selon sa démonstration expérimentale de l’aberration stellaire. Bradley obtint un déplacement maximal de l’aberration de l’ordre de vingt secondes d'arc, une valeur très petite qui ne pouvait être constatée par des instruments conçus avant le début du XVIIe siècle. Ces nouvelles observations conduisirent à l'élimination du système de Tycho Brahe. Quant aux parallaxes, elles ne furent observées qu'un siècle plus tard par Friedrich Wilhelm Bessel en 1828.

Malgré son erreur, Tycho se classe dans un mode de pensée basé sur l’observation et l’expérimentation du monde, comme ce sera le cas aussi pour Kepler ou Galilée. Il s’oppose de ce fait à un mode de pensée fondé sur le choix de systèmes seulement théoriques, comme celui d'Aristote, qui influença pourtant la recherche astronomique pendant des siècles ou comme celui de Copernic, qui, à plusieurs égards, resta fermement ancré dans la tradition des Anciens[81].

L'astronome[modifier | modifier le code]

Tycho Brahe et Johannes Kepler

Tycho a été le dernier des astronomes de l’ère précédant l’invention de la Lunette astronomique et du télescope. Alors qu’il avait dix-sept ans, lors d’une conjonction de Jupiter avec Saturne, Tycho se rendit compte que toutes les tables astronomiques ne concordaient pas et qu'il était quasiment impossible de faire une quelconque prévision. Ce fait eut une très grande influence sur le projet de sa vie. Il s’attacha sa vie durant à y remédier. Par ses observations, il recueillit une montagne de données qui le conduisirent à cartographier le ciel et produire des données fiables qui permirent à Kepler d'établir et de publier en 1627 les tables rudolphines[82]. Il forma dans son école à Uraniborg toute une génération d’astronomes, par ses méthodes d’observation et à l’aide de ses instruments. Il recruta les meilleurs, dont Peder Jakobsen Flemløse (1554-1598)[83], Kristen Sørensen Langberg (Longomontanus) et Johannes Kepler pour l’aider à réaliser ce projet colossal.

Durant sa carrière, il affina sans cesse ses instruments d’observation. Il publia en mai 1598 le catalogue stellaire avec les positions de 1 004 étoiles[84]. Pour l’époque, c’est la meilleure référence mondiale de précision astrale. C’est grâce à ce projet que, quelques années plus tard, toutes ces observations des trajectoires des planètes permirent à Johannes Kepler, son assistant, d’analyser le chemin des astres et d’en ressortir trois joyaux : les lois universelles de Kepler. Plus tard Isaac Newton en fit une démonstration mathématique et en déduisit la loi universelle de la gravitation.

Il fut le premier astronome à percevoir la réfraction de la lumière et à établir une table complète pour corriger les mesures astronomiques dues à cet effet. Il déduisit de ses observations un système planétaire, dit « système de Tycho Brahe ». Il s'agit d'un système hybride entre la théorie géocentrique et la théorie héliocentrique. Le système Tycho devint alors le principal concurrent du système de Copernic[85]. À propos de la paternité de son système, un conflit a surgi avec l’astronome Ursus, qui avait visité Uraniborg avec Heinrich Rantzau ami de Tycho Brahe. En définitive, il en ressort que ce dernier se serait inspiré du modèle de Paul Wittich (1546-1586)[86].

Tycho améliora ou inventa une douzaine d’instruments différents dont certains, avant leur perfectionnement et leur usage en astronomie, furent d’abord utilisés dans la navigation maritime. Par ses observations de la Grande comète de 1577, Tycho démontra qu’elle n’avait pas de parallaxe diurne mesurable, et que cet objet devait se situer bien au-delà de l’influence terrestre[75]. Il montra ainsi que les comètes ne sont pas des phénomènes de l'atmosphère terrestre.

Tycho était un organisateur, il savait utiliser tout ce que la science astronomique de l’époque possédait. Il se procura notamment les livres de Paul Wittich. Sa bibliothèque s'enrichit par des échanges de livres et des achats. Tycho envoya ses publications aux princes et aux écoles à travers le continent et reçut beaucoup de livres en cadeau. Lorsqu’il n’arrivait pas à se procurer un livre, il achetait toute la librairie[87]. C’est aussi par ses contacts et ses voyages qu’il recueillit une multitude d’informations liées à son projet. Pour traiter cette masse de données, Paul Wittich enseigna à Tycho sa nouvelle méthode (it) Algoritmo di prostaferesi (it), un algorithme précurseur des logarithmes, accélérant ainsi la production des calculs de son équipe.

Tycho Brahe demanda à Johannes Kepler de calculer l’orbite précise de Mars, pour laquelle il avait remarqué une excentricité de la trajectoire, considérée comme une anomalie à une époque où, sous l'influence d'Aristote, on pensait encore parfois que les mouvements des planètes décrivaient des cercles, figures parfaites. Tycho pensa donc à construire des excentriques pour les orbites planétaires. De tels cercles excentriques étaient admis depuis l'antiquité, par le biais des épicycles, pour la Lune et le Soleil[88].

C'est grâce aux observations méticuleuses de Tycho Brahe que Johannes Kepler put élaborer les bases scientifiques de la mécanique céleste reposant sur le système héliocentrique qu'Isaac Newton porta à son aboutissement. Déjà avec Tycho Brahe, les modèles antiques n'étaient plus adaptés et une refonte totale de la géométrie des orbites et des tables s'imposait. Cependant celui-ci, imprégné de scrupules religieux[89] et refusant le système théorique de Copernic[90], chercha à créer un modèle de représentation du monde qui était un compromis entre ce dernier et celui de Ptolémée. Son système qui s'avérait compliqué ne fut pas suivi par ses pairs. Toutefois, à l'époque même où Galilée sera contraint d'abjurer, Gassendi acceptera son système, quoique sans grande conviction[91], et le jésuite Riccioli en proposera une variante[92]. Il convient donc de remarquer qu'à partir du modèle de Brahe, il devient possible d'envisager l'héliocentrisme des planètes (à l'exclusion de la Terre) sans susciter de condamnation par l'Église. La foi ecclésiastique dans le modèle antique est ébranlée, prélude à son abandon de fait par le pape Benoît XIV vers 1750.

Controverse sur sa mort[modifier | modifier le code]

En 1901, à l'occasion du tricentenaire de sa mort, sa tombe est ouverte et une autopsie est réalisée pour vérifier qu'il s'agisse bien de son corps. Des poils de sa barbe et de ses cheveux sont prélevés et après la chute du mur de Berlin, la nouvelle République tchèque autorise les Danois à planter leur drapeau à côté de la tombe de l'astronome en 1991, offrant à l'ambassadeur danois au cours de cette cérémonie officielle des poils de la barbe de Brahe. Ces poils sont analysés en 1992 : on y trouve des taux de mercure anormalement élevés, mais qui peuvent s'expliquer par l'usage de ce métal lors des expériences d'alchimie de Brahe[66].

Pour élucider la raison de sa mort, une étude est constituée en 1996 par J. Pallon de l’institut de physique de l’université de Lund, en Suède. Elle étudie plus précisément les racines de ses cheveux où apparaissent des concentrations létales[réf. nécessaire] de mercure. Son rapport comporte la conclusion suivante[93] : « En observant le taux de croissance des poils, il a été conclu que Brahe a été empoisonné par le mercure un jour avant sa mort. Il est peu probable qu'il ait été assassiné, malgré une thèse suspectant l'implication de Kepler[94]. Il est plus probable, dans le cas de la thèse de l'empoisonnement au mercure, qu’il ait déclenché sa propre mort en prenant la veille de sa mort, pour se guérir, un remède fabriqué par lui, riche en mercure. Il voulait guérir de ses troubles du système urinaire (hypertrophie prostatique ou, moins probablement, pierre à la vessie). Selon les analyses, il n’y a pas eu explosion de la vessie, mais le mercure de ses propres préparations a conduit à l’urémie dont il est mort. »

Peter Andersen, professeur médiéviste à Strasbourg, évoque l'hypothèse d’un complot fomenté par le roi Christian[95]. Le professeur a retrouvé dans les Archives nationales suédoises à Stockholm le journal d’Erik Brahe, cousin éloigné de l'astronome, écrit en alphabet crypté et qui relate ses contacts avec le prince Johan, frère cadet de Christian IV. Erik Brahe aurait empoisonné Tycho sur l'ordre indirect du roi. Le mobile du crime serait la vengeance : soit le roi a été manipulé par son conseiller personnel Jon Jakobsen, copernicien convaincu et farouche ennemi de Tycho Brahe. Soit le roi voulait éliminer Brahe qui aurait été l’amant de sa mère, la reine Sophie de Mecklenburg-Güstrow et, peut-être, son père[96].

En 2010, le corps de Tycho est à nouveau exhumé afin de procéder à des analyses que les progrès de la technique permettent[97]. L'Université d'Aarhus publie en 2012 les résultats de l'examen des os et des dents, qui révèlent un taux de mercure normal dans les derniers jours de sa vie[98].

Tycho Brahe était aussi pharmacien. Son laboratoire au sous-sol de Uraniborg avait seize fours, certains connectés à des distillateurs. C’est sur ses recherches pour trouver des remèdes qu’il passa le plus de temps[99]. Il produisait des élixirs[100], dont certains étaient à base de sulfate mercurique pour traiter des maladies cutanées comme celles provoquées par la syphilis[66].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Tycho Brahe a également fait imprimer à Uraniborg des ouvrages de ses élèves qu'il supervise comme[101]

  • (la)Elias Olsen Morsing Diarium Astrologicum et Metheorologicum, Uraniborg 1586 (compilation éditée par Elias Olsen Morsing, élève de Tycho Brahe
  • (da)Peder Jacobsen Flemløse, En Elementisch oc Jordisch Astrologia. Uraniborg 1591.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christianson 2002, p. 231
  2. Bailly 1779, p. 378, cité par Christianson 2002, p. 228
  3. Christianson 2002, p. 240
  4. (Christianson 2002)
  5. Taton&Wilson 1989 préface de Wilson p. vii et article de Thoren p. 3.
  6. Gassendi 1654
  7. a et b Thoren 1990, p. vii, voir aussi p. 4.
  8. Dreyer 1890
  9. Christianson 2002, p. 235-239, Christianson a participé à la biographie de Thoren.
  10. Dreyer 1890, p. 11
  11. a, b et c Thoren 1990, p. 3
  12. a et b Thoren 1990, p. 1
  13. a et b Thoren 1990, p. 4-5
  14. Thoren 1990, p. 6
  15. Thoren 1990, p. 7
  16. selon son autobiographie, Thoren 1990, p. 8
  17. Thoren 1990, p. 9
  18. Cette date très précise, et d'autres sur divers événements importants de la vie de Tycho nous sont parvenues grâce à un document que le fils de l'un des étudiants de Tycho à Uraniborg, a établi à partir des notes de son père, sur la sollicitation indirecte de Gassendi. Il a très certainement pour origine un horoscope de Tycho que celui-ci avait lui-même établi et que Gassendi mentionne, voir Thoren 1990, p. 10 note 13, et l'article cité John Christianson, « Tycho Brahe's facts of life », Fund og Forskning, t. 21,‎ 1970 (lire en ligne).
  19. Thoren 1990, p. 10-11
  20. Thoren 1990, p. 10. Tycho signe Tijcho ou Tÿcho, et conservera cette forme pour l'écriture manuscrite. Selon Thoren, celle-ci, dans le danois de l'époque, marque le son « i » (tel que prononcé en français).
  21. Thoren 1990, p. 10 et Verdet 1990, p. 117.
  22. a et b Thoren 1990, p. 12
  23. Ce choix d'une formation universitaire est encore minoritaire parmi les jeunes gens de la même classe sociale que Tycho, mais n'est déjà plus exceptionnel, et deviendra majoritaire une génération plus tard (Thoren 1990, p. 40).
  24. Thoren 1990, p. 13-14
  25. Thoren 1990, p. 15-16
  26. a et b Thoren 1990, p. 17
  27. La Loi de la gravitation universelle - Newton, Euler et Laplace. Prosper Schroeder, page 14 (Springer - 2007) ((ISBN 2287720820))
  28. Verdet 1990, p. 118
  29. a et b Thoren 1990, p. 18
  30. Thoren 1990, p. 19
  31. a, b et c Thoren 1990, p. 20
  32. Thoren 1990, p. 20-21
  33. Thoren 1990, p. 21-22
  34. Thoren 1990, p. 22-24
  35. une prothèse d'or et d'argent serait de toute façon lourde et malcommode à utiliser quotidiennement, cf. Thoren 1990, p. 25-26
  36. Une analyse plus récente, après une nouvelle exhumation en 2010, confirme et précise la composition du faux nez : cuivre et zinc soit du laiton. L'auteur de l'analyse estime quant à lui que celle-ci invalide la tradition du nez d'or et d'argent, voir Anja Kjægard, Mercury poisoning ruled out as cause of Tycho Brahe's death, news de l'université d'Aahrus (nov. 2012)
  37. Thoren 1990, p. 24-5
  38. Thoren 1990, p. 32
  39. Thoren 1990, p. 50-51
  40. Thoren 1990, p. 28
  41. Thoren 1990, p. 29
  42. Thoren 1990, p. 30
  43. Thoren 1990, p. 34
  44. Thoren 1990, p. 31
  45. a et b Thoren 1990, p. 35
  46. Verdet 1990, p. 36.
  47. Thoren 1990, p. 36
  48. Thoren 1990, p. 37
  49. Thoren 1990, p. 58
  50. Thoren 1990, p. 45.
  51. Thoren 1990, p. 50.
  52. Thoren 1990, p. 51.
  53. a et b Thoren 1990, p. 46.
  54. Thoren 1990, p. 47.
  55. Thoren 1990, p. 50.
  56. a et b Thoren 1990, p. 55.
  57. Thoren 1990, p. 61.
  58. Thoren 1990, p. 56.
  59. Thoren 1990, p. 72-73
  60. Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Denis Diderot, Jean Le Rond d’Alembert, tome 36, page 27 (Pellet - 1779)
  61. Astronomie. Joseph Jérôme Le Français de Lalande, page 1161 (Dessaint et Saillant, Paris - 1764)
  62. Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres dans la république. Jean-Pierre Niceron, page 172 (Briasson - 1731)
  63. Encyclopédie méthodique. Tome III, page 488 (Panckoucke, Paris - 1788)
  64. (en) John Robert Christianson, Tycho Brahe and Prague : crossroads of European science, Harri Deutsch Verlag,‎ 2002, p. 95
  65. Johannes Kepler le mentionne dans une note en annexe du journal d'observation de Tycho Brahe et Milan Kundera popularise cette cause dans son roman L'Immortalité dans lequel il parle de Tycho Brahe comme de « l'immortel le plus ridicule de tous les temps ».
  66. a, b et c Marie-Hélène Delavaud-Roux, Anthropologie, mythologies et histoire de la chevelure et de la pilosité : Le sens du poil, Éditions L'Harmattan,‎ 2011, p. 320-321
  67. « Discours de l’astrologie du tems de Tycho »
  68. The Astronomer Tycho Brahe
  69. herrevadskloster
  70. Pierre Costabel. Brahe Tycho (1546-1601). Universalis, paragraphe 5
  71. a et b Thoren 1990, p. 123
  72. Les erreurs sur la plupart des observations de la comète de 1577 sont inférieures à 2 minutes d'arc, avec toute de même quelques erreurs de 6' (Thoren 1990, p. 136). À son meilleur Tycho observera à une demi-minute d'arc près (Christianson 2002, p. 238).
  73. Thoren 1990, p. 124
  74. Thoren 1990, p. 125
  75. a et b Voir également Œuvres complètes de François Arago. François Arago, tome III, page 197 (Gide et Beaudry, Paris - 1855)
  76. Tofigh 2008, p. 4, voir aussi p. 9-15.
  77. Histoire de l'astronomie moderne. Jean-Baptiste Delambre. Tome I, Librairie pour les Sciences, 1821 (page 395)
  78. Mécanique, une introduction par l’histoire de l’astronomie. Éric Lindemann, André Maeder, page 100 (De Boek Université - 2000) (ISBN 2804132595)
  79. Bruce Eastwood, « Heraclides and Heliocentrism: Texts, Diagrams, and Interpretations », Journal for the History of Astronomy 23 (1992) : 233-60.
  80. Voir les trois articles par Thoren, Jarell et Schofield & Wilson Taton « Planetary astronomy from the Renaissance to the rise of astrophysics », Part A: Tycho Brahe to Newton Cambridge University Press, 1989
  81. Prosper Schroeder, La Loi de gravitation universelle de Newton à Euler et Laplace, Springer, p. 13.
  82. Pierre Costabel Les « Tables rudolphines ». Chapitre 5 de l'article KEPLER JOHANNES (1571-1630) publié dans Universalis (voir aussi l'article TABLES RUDOLPHINES sur Universalis
  83. Peder Flemløse
  84. (en) Curriculum vitæ de Tycho Brahe
  85. image
  86. Allé Erich Owen, Robert S. Westman : The Wittich Connection: Conflict and Priority in Late Sixteenth-century Cosmology, Société philosophique américaine, 1988
  87. (en) TYCHO’S COMMUNITIES: ASTRONOMICAL LETTERS, BOOKS AND INSTRUMENTS[PDF]
  88. Cf Système des épicycles d'Hipparque, repris par Ptolémée
  89. Traité d'astronomie pour les gens du monde, avec des notes complémentaires. Frédéric Petit. Tome 2. Adamant media Corporation, page 213. (ISBN 9780543891815)
  90. La Loi De Gravitation Universelle De Newton a Euler Et Laplace. Prosper Schroeder. Springer, 2007, page 13. (ISBN 9782287720826)
  91. Friedrich Albert Lange, Histoire du matérialisme et critique de son importance à notre époque, tome 1, p. 237.
  92. Cesare Cantù, Histoire des Italiens, p. 462.
  93. Comment Tycho est mort. Il a été possible de réaliser cette analyse par la méthode PIXE.
  94. Joshua et Ann-Lee Gilder : Heavenly Intrigue, Doubleday, mai 2004.
  95. Peter Andersen, Kunstværket, Copenhague, 2009.
  96. Fabrice drouzy, « Être ou ne pas être empoisonné », sur Libération,‎ 15 novembre 2010
  97. (en)« Astronomer Brahe's moustache to be tested. Scientists aim to unravel mystery of 16th-century scientist's cause of death », sur The Canadian Press,‎ 19 novembre 2010
  98. Anja Kjægard, Mercury poisoning ruled out as cause of Tycho Brahe's death, news de l'université d'Aahrus (nov. 2012)
  99. (en) Sur le site www.tychobrahe.com
  100. (en) Sur le site www.tychobrahe.com
  101. http://www.tychobrahe.com/uk/boktryckeri.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages anciens[modifier | modifier le code]

Ouvrages plus récents[modifier | modifier le code]

  • (en) John Louis Emil Dreyer, Tycho Brahe: A Picture of Scientific Life and Work in the Sixteenth Century, Edinburgh : Adam & Charles Black,‎ 1890 (lire en ligne)
  • (en) John Robert Christianson, « The Legacy of Tycho Brahe », Centaurus,‎ décembre 2002, p. 228-247 (lire en ligne) (accès restreint)
  • (en) John Robert Christianson, « Tycho Brahe's German Treatise on the Comet of 1577: A Study in Science and Politics », Isis, vol. 70, no 1,‎ mars 1979, p. 110-140 (lire en ligne) (accès restreint), contient la traduction en anglais d'un manuscrit en allemand de Tycho Brahe écrit en 1578 sur la comète de 1577, très certainement adressé au roi de Danemark, mais qui ne fut publié qu'en 1922.
  • La loi de la gravitation universelle - Newton, Euler et Laplace. Prosper Schroeder (Springer - 2007) ((ISBN 2287720820))
  • (en) René Taton (éd.) et Curtis Wilson (éd.), The General history of astronomy. Vol. 2: Planetary astronomy from the Renaissance to the rise of astrophysics. Part A: Tycho Brahe to Newton, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1989 (ISBN 0-521-24254-1, lire en ligne) (accès partiel)
  • (en) Victor E. Thoren, The Lord of Uraniborg: a biography of Tycho Brahe, Cambridge University Press,‎ 1990 (ISBN 0-521-35158-8) avec des contributions de John Robert Christianson.
  • (en) Heidarzadeh Tofigh, A history of physical theories of comets, from Aristotle to Whipple, vol. 19, Springer, coll. « Archimedes Series »,‎ 2008 (ISBN 1-4020-8322-X)
  • Jean-Pierre Verdet, Une histoire de l’astronomie, éditions du Seuil, coll. « Points sciences »,‎ 1990, 384 p. (ISBN 2-02-011557-3)
  • (en) Albert Van Helden (1995) Tycho Brahe, The Galileo Project.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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