Turritopsis nutricula

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Turritopsis nutricula est une méduse de la classe des hydrozoaires.

Elle mesure à peine 4 ou 5 mm et est originaire de la mer des Caraïbes. Les immatures possèdent 8 tentacules tandis que les adultes en ont entre 80 et 90.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Elle serait immortelle mais uniquement biologiquement[2].

L'immortalité biologique a dans un premier temps été décrite sur les cellules cancéreuses, dont les mécanismes d'apoptose (mort cellulaire naturelle) sont bloqués, cela rendant ainsi la cellule cancéreuse exempte de vieillissement, mais la méduse, elle, peut « vieillir » et « rajeunir ». En effet, cette méduse serait capable d’inverser son processus de vieillissement, et ainsi de retourner à sa forme juvénile après avoir atteint sa maturité sexuelle, et ce indéfiniment (théoriquement) grâce au processus de transdifférenciation. Cette immortalité concerne seulement son développement, qui aboutit, chez la plupart des êtres vivants, à la vieillesse et à la mort. Du fait de ses caractéristiques exceptionnelles, elle fait l’objet d’études par les biologistes et les généticiens.

Mais cette immortalité potentielle inquiète les scientifiques, car elle serait responsable de la prolifération de ces méduses à travers toutes les eaux du globe. Il est certain que l’aire de répartition de Turritopsis nutricula s’étend un peu plus chaque année[3]. Cependant, elle n'est pas immortelle au sens strict : elle n'est ni indestructible, ni exempte de maladies, de prédations ou d'accidents. On ne sait pas non plus si elle peut d'elle-même décider d’inverser son processus de vieillissement ou si c'est un environnement spécifique qui le déclenche.

Selon V. Battaglia, son immortalité potentielle n'est pas la vraie raison de sa prolifération. On sait que de nombreuses autres espèces de méduses se multiplient un peu partout dans le monde à cause du réchauffement du climat et de l’activité humaine. La surpêche des principaux prédateurs des méduses est une possibilité, une autre hypothèse est que les navires et sous-marins ramènent involontairement dans tous les ports ces minuscules méduses qui se répandent quand on vide l’eau des ballasts[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. World Register of Marine Species, consulté le 2 décembre 2012
  2. Stefano Piraino, Ferdinando Boero, Brigitte Aeschbach et Volker Schmid, « Reversing the Life Cycle: Medusae Transforming into Polyps and Cell Transdifferentiation in Turritopsis nutricula (Cnidaria, Hydrozoa) », Biological Bulletin, vol. 190, no 3,‎ juin 1996, p. 302 (DOI 10.2307/1543022)
  3. « Une méduse immortelle sème la panique ! », sur www.lalibre.be,‎ 12 décembre 2011.
  4. V. Battaglia, « Invasion d’une méduse immortelle », sur www.dinosauria.com,‎ 1er février 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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