Turenne (Corrèze)

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45° 03′ 15″ N 1° 34′ 57″ E / 45.0541666667, 1.5825

Turenne
Turenne
Turenne
Administration
Pays France
Région Limousin
Département Corrèze
Arrondissement Brive-la-Gaillarde
Canton Meyssac
Code commune 19273
Code postal 19500
Maire
Mandat en cours
Yves Gary
2008-2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Brive
Démographie
Population 794 hab. (2008)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 03′ 15″ Nord
       1° 34′ 57″ Est
/ 45.0541666667, 1.5825
Altitudes mini. 140 m — maxi. 408 m
Superficie 28,03 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Turenne (Torèna en occitan) est une commune française, située dans le département de la Corrèze et la région Limousin.

Les habitants s'appellent les Viscomtins, en souvenir de la Vicomté de Turenne, ou Turennois.

Sommaire

[modifier] Géographie

Le village, perché sur une butte du Jurassique, se situe aux confins de la Corrèze (région Limousin) au nord, à 3 km du Lot (région Midi-Pyrénées) au sud, et à quelques kilomètres du Périgord (région Aquitaine) à l'ouest.

La butte est entourée d'une vaste dépression, bordée à l'est par la Faille de Meyssac (la fin du Massif Central). Durant la 2e ère géologique, le territoire était recouvert par la mer, quelques témoins nous restent de cette période, un cimetière de fossiles de coquilles Saint Jacques au pied du village et de coquillages au pied du château.

Il semblerait que la 1re implantation du château se trouvait à quelques centaines de mètres à l'est, sur le Puy de Gondres.

La butte domine la vallée de la Tourmente et contrôlait l'ancienne voie Limoges-Brive-Cahors-Toulouse.

La commune est bordée au nord-est par la Loyre.

[modifier] Économie

[modifier] Histoire

Tour de César
par Séraphin-Médéric Mieusement
(septembre 1891)

C'est au IXe siècle (823) qu'apparaissent les premiers seigneurs de Turenne[1] . Devenue un véritable État féodal à la suite des croisades, puis un des plus grands fiefs de France au XIVe siècle, la vicomté de Turenne jouit du Moyen Âge au XVIIIe siècle d'une autonomie complète.
Jusqu'en 1738, les vicomtes, tenus à un simple hommage d'honneur envers le roi et exempts d'impôts à son égard, agissent en véritables souverains : ils réunissent des États généraux, lèvent les impôts, battent monnaie, anoblissent.
La vicomté forme un État dans l'État. Ainsi, lorsque le roi interdit dans le royaume la culture du tabac, introduite en Aquitaine en 1560, cette mesure ne s'applique pas à la vicomté, où, au contraire, elle s'intensifie.

La seigneurie de Turenne occupe un territoire limité par trois provinces et trois évêchés. Jouxtant le Périgord noir, elle prend appui dès l'origine sur le Bas Limousin et le Quercy.
Elle contrôle notamment les transhumances de bétail entre les plateaux du Limousin et ceux du Quercy.
Dans sa plus grande extension, au XVe siècle, elle s'étire des environs de Meymac ou de Lapleau (Corrèze), au nord-est, à ceux de Terrasson (Dordogne), à l'ouest, et de Gramat (Lot), au sud.
À cette époque, les principales villes fortifiées de la vicomté sont Argentat, Servières, Beaulieu, Gagnac, Martel, Saint-Céré et Turenne ; les remparts entourent également les bastides de Bretenoux et Puybrun, les cités de Carennac, Vayrac, Curemonte, Meyssac et Collonges. On dénombre alors environ 100 000 habitants, répartis en 18 500 feux, 111 paroisses, 1 200 villages et bon nombre d'abbayes.

Turenne a vu se succéder quatre familles de vicomtes.
Du IXe siècle au XIIIe siècle, les Comborn, originaires de la vallée de la Vézère, qui participent activement aux croisades et aux guerres franco-anglaises, obtiennent des privilèges exorbitants des rois de France.
Puis, durant la première moitié du XIVe siècle. la vicomté est reprise par les comtes de Comminges, grands féodaux pyrénéens, avant d'être cédée, pendant 94 ans, aux Roger de Beaufort, dont sont issus deux papes d'Avignon, Clément VI et Grégoire XI. Cette famille donna deux vicomtes : Guillaume III Roger de Beaufort, Raymond de Turenne, huitième du nom et deux vicomtesses Antoinette de Turenne et Éléonore de Beaujeu.
Ensuite, de 1444 à 1738, la vicomté devient la possession de la famille des La Tour d'Auvergne. À leur apogée, Henri de La Tour d'Auvergne, coreligionnaire et compagnon d'armes du roi Henri IV, devient duc de Bouillon et prince de Sedan. Son fils Henri, maréchal de France, reçoit le surnom de «grand Turenne».

Sous les La Tour d'Auvergne, la vicomté passe à la Réforme. Le calvinisme, propagé par les bateliers de la Dordogne, se diffuse dans la région. En 1575, après la Saint-Barthélemy, Henri de La Tour s'engage aux côtés d'Henri de Navarre ; Turenne devient un haut lieu des guerres de religion puis des troubles de la Fronde.

Le 8 mai 1738, Turenne est vendue à Louis XV, pour rembourser les dettes de jeu de Charles-Godefroy, le dernier des vicomtes de la famille La Tour d'Auvergne. Ainsi prend fin la quasi-indépendance du dernier fief français.
Les viscomtins, devenus sujets de Louis XV, sont alors contraints à l'impôt et le roi ordonne le démantèlement de la forteresse.
À la Révolution, Turenne n'est plus que le siège d'une prévôté royale.

Sous la Révolution française, pour suivre un décret de la Convention, la commune change de nom pour Mont-Franc.

De la Tour César (tour du suzerain) on aperçoit le village de Jugeals Nazareth. La Chapelle Notre Dame de Nazareth est mentionnée dans un livre belge, du XIIIe siècle, des pélerins de St Jacques de Compostelle comme un arrêt conseillé. Nazareth appartenait à Turenne jusqu'au XIXe siècle, date à laquelle le village fut rattaché à Jugeals.

[modifier] Héraldique

Blason Vicomté Limoges Comborn.svg

Armes de la commune : coticé d'or et de gueules de douze pièces (armes des Turenne). Le blason a été voté le 22 janvier 1978.

Dicton corrèzien célèbre:

VENTADOUR vente,
POMPADOUR pompe,
TURENNE règne,
Et CHATEAUNEUF ne les craint pas d'un œuf,
Des CARS richesse (grandeur),
BONNEVAL noblesse.

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 réélu en 2008[2] Yves Gary UMP  

[modifier] Démographie

Évolution démographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2009
743 705 699 718 740 742 795 794[3] 819[4]
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; à partir de 2006 : population municipale légale.
Source : INSEE [5]

[modifier] Patrimoine

[modifier] Patrimoine civil

Au XIVe siècle un second donjon, la « Tour du Trésor ou Tour de l'Horloge » est juxtaposé à l'ancien. De plan quadrangulaire elle est munis de contreforts plats comme les vieux donjons romans.

[modifier] Patrimoine religieux

  • La Collégiale de Turenne, baptisée Notre Dame-St Pantaléon a été construite de 1660 à 1680 dans un style roman très élevé(voute à 13.20m) et très sobre. Elle dispose d'un retable en bois doré à trois niveaux des frères Tounié de Gourdon (46).Sur les côtés du chœur, 18 stalles en bois permettaient à des chanoines d'apporter leurs chants et leur apparat à l'office (d'où l'appellation de Collégiale. En bas du vitrail de St Martial (créé en 1860), un médaillon décrit le château avant sa démolition après le rachat de 1738 par la couronne de France avec une précision étonnante : un lever topographique de 1998 fait ressortir les fondations des tours et gros murs, exactement comme sur le dessin.Une église Saint-Paul a existé à Turenne antérieurement, mais on n'en retrouve aucune trace. La Collégiale et son retable sont classés aux monuments historiques. Un son et lumière très documenté (peut être trop!) est accessible au fond de la collégiale qui n'est ouverte que des Rameaux à Toussaint, pendant les vacances scolaires de la Corrèze et les dimanches après midi


Selon les études récentes faites sur le patrimoine bâti roman en Vicomté de Turenne par Mr Paloumbas, il semblerait que la rue droite ait été doublée, retrécissant ainsi cette voie principale qui monte directement au château.

Turenne est classée parmi les plus beaux villages de France.

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[modifier] Sources

[modifier] Notes

  1. Christian Remy, Gilles Séraphin, en collaboration avec Nicolas Faucherre - Le castrum vicomtal de Turenne - pp.381-410 dans Congrès archéologique de France - 163e session - Corrèze - 2005 - Société Française d'Archéologie - Paris - 2007
  2. Site de la préfecture, consulté le 20 août 2008
  3. Recensement de la population au 1er janvier 2008 sur INSEE. Consulté le 18 mars 2011
  4. Recensement de la population au 1er janvier 2009 sur INSEE. Consulté le 13 février 2012
  5. Résultats du recensement de la population - 2006 - Turenne sur INSEE. Consulté le 14 mars 2010
  6. Maison Livet, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  7. Maison Duché, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  8. Maison Ceyroux, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  9. Château de Linoire, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  10. Vestiges du château, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
  11. Ancienne chapelle des Capucins, sur la base Mérimée, ministère de la Culture

[modifier] Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Bibliographie

  • Agnès Brahim-Giry, Dimitri Paloumbas, Turenne, Collonges-la-Rouge (Corrèze), Samogy éditions d'art (collection Parcours du patrimoine no 360), Paris, 2011 (ISBN 978-2-7572-0467-2) ; p. 96

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

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