Turbulence de sillage

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Image de la NASA des tourbillons créés aux extrémités d'une voilure montrant la taille et la puissance de la turbulence de sillage.

La turbulence de sillage est une turbulence aérodynamique qui se forme derrière un aéronef. Elle comprend les phénomènes de jetwash et de tourbillon marginal. Le jetwash est dû aux gaz expulsés par les réacteurs. Il est extrêmement violent, mais de courte durée. À l'inverse, le tourbillon marginal correspond à des turbulences aux extrémités des ailes et sur leur surface supérieure. Elles sont moins violentes, mais comme elles peuvent perdurer jusqu'à trois minutes après le passage d'un avion, elles sont une cause sournoise d'accidents d'avions.

Effets[modifier | modifier le code]

La turbulence de sillage augmente la traînée de l'avion et nuit donc aux performances. Elle est particulièrement dangereuse dans les phases de décollage et atterrissage pour trois raisons :

  • Dans ces phases, la vitesse de l'avion est réduite et son angle d'attaque élevé, ce qui favorise l'apparition de ces turbulences.
  • L'avion est à vitesse réduite, proche du décrochage et proche du sol. Il dispose donc de peu de marge de manœuvre en cas d'incident.
  • Les trajectoires d'avion sont plus denses à proximité des aérodromes.

Turbulences sur les aérodromes[modifier | modifier le code]

Au décollage et à l'atterrissage, les turbulences de sillage s'étendent vers l'arrière de l'appareil, mais aussi autour de la piste quand il y a peu de vent. Quand le vent souffle, il déporte ces turbulences sur un côté de la piste. Elles peuvent atteindre une piste voisine ou parallèle et être dangereuses.

Avions à voilure fixe en vol horizontal[modifier | modifier le code]

Les turbulences se déplacent d'environ 90 à 150 mètres par minute ; elles peuvent s'écarter de 300 mètres environ avant de se dissoudre. Pour cette raison, une distance de 600 mètres est considérée comme un bon écart de sécurité.

Hélicoptères[modifier | modifier le code]

De par leur structure même, les hélicoptères génèrent des turbulences plus fortes qu'un avion de même poids, particulièrement à vitesse réduite. À masse égale, les hélicoptères bipales – le plus souvent sur des hélicoptères légers – occasionnent des turbulences plus fortes que les hélicoptères multipales.

Rencontres inopinées[modifier | modifier le code]

L'Organisation de l'aviation civile internationale a défini des normes de distances à respecter basées sur le poids maximum au décollage des appareils.

  • Avion léger : moins de 7 tonnes (exemple : Cessna 187)
  • Avion moyen : de 7 à 136 t (ex. : Boeing B737)
  • Avion lourd : plus de 136 t (ex. : Boeing B747)

Il y a des règles pour le décollage, l'atterrissage et le vol. Les contrôleurs aériens positionnent les avions en respectant ces règles. En cas de vol à vue, on rappelle au pilote qu'il doit respecter ces distances. Voici quelques exemples :

Décollage

Un avion léger suivant un avion lourd doit s'espacer de 2 NM (milles nautiques) et de 3 NM s'il ne suit pas la même trajectoire que ce dernier (risque de turbulences à l'intersection des trajectoires).

Atterrissage
Avion en tête Avion suiveur Distance
à respecter
(milles)
Lourd Léger 6 NM
Moyen 5 NM
Lourd 4 NM
Moyen Léger 5 NM
Moyen 3 NM
Lourd 3 NM
Léger Léger 3 NM
Moyen 3 NM
Lourd 3 NM


Les données récoltées après les accidents montrent que la configuration la plus dangereuse est celle d'un avion léger atterrissant en approche courte à la suite d'un avion lourd en approche longue.

Signes annonciateurs[modifier | modifier le code]

Tout mouvement de secousse (notamment les oscillations d'ailes) subi par un avion peut être dû à une turbulence de sillage. C'est pourquoi il est difficile de les détecter. Un pilote qui suppute une turbulence de sillage doit changer de trajectoire, reporter ou renoncer à l'atterrissage, ou si c'est impossible s'attendre à ce que cela empire. Il est arrivé qu'un pilote se détourne d'une turbulence de sillage pour tomber sur une autre beaucoup plus forte et parfois fatale.

Accidents dus à des turbulences de sillage[modifier | modifier le code]

L'accident fatal du XB-70 et d'un F-104
Article détaillé : North American XB-70 Valkyrie.
  •  : le vol Delta Airlines 9570 en approche finale derrière un DC-10 s'écrase sur l'aéroport Greater Southwest International de Fort Worth, Texas. C'est cet accident qui a occasionné l'élaboration par la FAA de nouvelles règles de distances pour les gros avions.
  •  : un avion léger avec 5 personnes à bord en approche finale derrière un Boeing 757 s'écrase sur l'aéroport John Wayne à Los Angeles.
  •  : un JAS 39 Gripen passe dans la turbulence de sillage d'un autre appareil lors de manœuvres militaires et s'écrase. Le pilote réussit à s'éjecter.
  •  : le vol American Airlines 587 s'écrase peu de temps après avoir décollé de l'aéroport John F. Kennedy à New-York. Il était passé dans la turbulence de sillage d'un Boeing 747 de la Japan Airlines qui avait entrainé une panne de ses gouvernes.
  •  : Un LearJet 45 du gouvernement mexicain en approche en virage s'écrase à l'aéroport international de Mexico. L'avion suivait un Boeing 767 de la Mexican Airlines sans en avoir été informé.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Dans le film Top Gun (1986), le héros joué par Tom Cruise subit deux fois une extinction de réacteur après être passé dans le jetwash d'un autre avion. La première fois, il perd son copilote qui se tue. La deuxième fois, ils arrivent à rallumer les réacteurs.

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]