Tunnel routier du col de Tende

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Tunnel du col de Tende
Entrée du tunnel côté italien
Entrée du tunnel côté italien

Type Tunnel routier
Géographie
Pays {{{pays}}}
Itinéraire RN204
Traversée Col de Tende
Altitude 1 321 m (Italie) / 1 280 m (France)
Coordonnées 44° 09′ 12″ N 7° 34′ 16″ E / 44.153333, 7.57111144° 09′ 12″ Nord 7° 34′ 16″ Est / 44.153333, 7.571111  
Caractéristiques techniques
Longueur du tunnel 3 182 m
Nombre de tubes 1 tube bidirectionnel
Construction
Début des travaux 1878
Ouverture à la circulation 1882

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Tunnel du col de Tende

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Tunnel du col de Tende

Géolocalisation sur la carte : Alpes-Maritimes

(Voir situation sur carte : Alpes-Maritimes)
Tunnel du col de Tende

Le tunnel routier du col de Tende est un tunnel franco-italien situé sous le col de Tende.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières tentatives de percement[modifier | modifier le code]

Le col de Tende devient le principal passage routier des Alpes occidentales entre les ports méditerranéens de Nice, Villefranche-sur-Mer et Menton avec le Piémont après l'acquisition du comté de Tende par le duc de Savoie en 1581, jusqu'à ce que roi de Sardaigne s'empare de la république de Gênes et de son port, en janvier 1815.

La topographie du site est favorable au percement d'un tunnel. En effet, vers l'altitude de 1 300 m, soit 570 mètres en dessous du col, la longueur entre les deux têtes d'un tunnel serait de 3 000 m,[1]

Plusieurs tentatives de creusement d’un tunnel pour faciliter son passage en toutes saisons sont décidées par les ducs de Savoie après leur prise de possession du comté de Tende. En 1592, Charles-Emmanuel Ier de Savoie entreprend de rendre « charriable » la route par le col, puis décide en 1614 de la première tentative de creusement d'un tunnel en commençant le percement par Limone. D'autres essais ont lieu en 1624 et 1672[2]. Ces travaux auraient été abandonnés, d'après Gioffredo [Qui ?], à cause du peu de consistance du terrain qui aurait entraîné des coûts de soutènement excessifs. Cette première galerie aurait été plus proche du sommet[3]

Puis en 1714, Victor-Amédée II de Savoie relance les travaux qui échouent à cause de difficultés techniques ou financières, ou les deux[4].

En 1780, la route Royale Nice-Turin est rendue carrossable entre Breil et Tende, comme l'indique une plaque gravée dans les gorges de Saorge : « Le roi Victor-Amédée de Sardaigne a élargi de 18 pieds le chemin créé au siècle précédent par Charles-Emmanuel Ier dans les gorges de Saorge ». La route entre Nice et le Piémont va voir son trafic de marchandises augmenter au détriment de la route par le col de Fenestre.

En 1784, une autre tentative de percement du tunnel est lancée, mais les travaux sont abandonnés à la suite d'un éboulement meurtrier.

De nouvelles études sont faites entre 1800 et 1850.

La construction du tunnel[modifier | modifier le code]

En 1860, lors de l'annexion du comté de Nice à la France, Cavour peut garder « comme territoires de chasse du roi de Sardaigne », les versants sud des Alpes avec les communes de Tende et la Brigue, bien que leurs populations ont voté pour devenir françaises.

Sous l'égide du nouveau royaume d'Italie, le percement du tunnel commence en 1878 à partir du versant sud, probablement pour permettre l'évacuation de l'eau en cas d'interception d'une rivière souterraine. La tête sud est placée à l'altitude de 1 280 m, et la tête nord à l'altitude de 1 321 m, La pente du tunnel est ascendant du sud vers le nord, sauf dans les dernières centaines de mètres.

Lors de son inauguration en 1882, il est le plus long tunnel routier de son temps, avec une longueur de 3 182 m, pour une largeur de 6 m.

L'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le 10 février 1947, le traité de paix de Paris entérine le passage sous souveraineté française des territoires qui étaient restés italiens en 1860, en particulier Tende et une grande partie du territoire de la commune de La Brigue qui sont annexés en septembre de la même année. Désormais, sur les 3 182 mètres du tunnel, 1 485 sont situés en France.

Il est de loin le moyen de franchissement le plus utilisé, hormis par les vététistes, et surtout permet l'accès d'un pays à l'autre tout au long de l'année.

L'agrandissement de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

En 2008, le tunnel fait l'objet de travaux destinés à le conforter. Un projet de doublement de ce dangereux tunnel semble voir le jour, avec un début des travaux prévus en octobre 2013 et une mise en service à l'horizon 2020[5]. Les travaux débutent finalement en juillet 2014[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CG06 : R. Utry, Les tunnels e Tende
  2. Sénat : Compte rendu analytique officiel du 25 septembre 2007
  3. Édouard Béri, Les ports de Nice et de Villefranche en 1770, p. 227-228, Nice-Historique, année 1913, no 55 Texte
  4. Michelangelo Bruno, Cols des Alpes de Provence, Prouvenço Presso, 2001 (année d’édition italienne), p. 57
  5. RD 6204 - Tunnel de Tende sur le site de la DREAL de Provence-Alpes-Côte d'Azur
  6. « Les travaux du tunnel de Tende ont démarré », Nice-Matin, 17 juillet 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]