Tunnel routier du Somport

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Tunnel du Somport
Entrée du tunnel depuis le côté français.
Entrée du tunnel depuis le côté français.

Type Tunnel routier
Exploitant L'État
Itinéraire RN134
Traversée Col du Somport (Pyrénées)
Altitude 1180 m (Espagne) / 1116 m (France)
Mode de transport tout sauf transport de matières dangereuses (sous conditions)
Trafic Prévision 2003 : 1417 véh/jour dont 255 PL/jour
Gabarit 4,3 m max autorisé
Diamètre 9 m
Pays France-Espagne
Longueur du tunnel 8602 m
Nombre de tubes 1 tube bidirectionnel
Nombre de voies par tube 2 (double sens)
Ouverture à la circulation 2003
Péage Gratuit
Coordonnées 42° 48′ 21″ N 0° 33′ 28″ O / 42.8058, -0.55777842° 48′ 21″ Nord 0° 33′ 28″ Ouest / 42.8058, -0.557778  

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Tunnel du Somport
Intérieur du tunnel du Somport, les témoins bleus sur les côtés sont les distances de sécurité à respecter (100 m)

Le tunnel du Somport est un tunnel routier qui relie la France et l'Espagne à l'ouest de la chaîne pyrénéenne. Il est l'aboutissement de la RN 134, élément de l'itinéraire européen E07 Pau - Saragosse (Espagne).

Présentation[modifier | modifier le code]

La RN 134 franchit les Pyrénées au col du Somport à 1 632 mètres d'altitude. La sécurité du trafic et la viabilité hivernale sont difficilement assurées. De plus le transit routier traverse le Parc national des Pyrénées. Le tunnel, situé à l'altitude moyenne de 1 150 m, permet de résoudre ces difficultés. Son accès du côté français se situe sur la commune d'Urdos (Pyrénées-Atlantiques), au lieu-dit Les Forges d'Abel (1 116 mètres d'altitude) en vallée d'Aspe ; la sortie du côté espagnol se situe au sud de la commune de Canfranc (1 180 mètres d'altitude). Son tracé longe le tunnel ferroviaire existant. La ligne ferroviaire Pau - Canfranc n'est plus en exploitation depuis l'effondrement d'un pont sur son tracé en 1970, sa réouverture étant prévue à l'horizon 2020.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 25 avril 1991 est signée la convention franco-espagnole pour la construction de cet ouvrage. Les travaux ont été déclarés d'utilité publique par décret en Conseil d'État du 18 octobre 1993. Les travaux se réalisent à partir de 1994. En 1999, certains équipements restaient à réaliser de sorte que la mise en service du tunnel ne pouvait intervenir avant 2001.

Ce planning a été remis en cause par les incendies survenus en mai 1999 dans les tunnels du Mont-Blanc et du Tauern. Ils ont conduit à examiner les mesures de sécurité prises dans les tunnels et leurs modalités d'exploitation. Pour le tunnel du Somport cette réflexion a entraîné plusieurs mesures de sécurité supplémentaires, notamment la création de trois liaisons entre les tunnels ferroviaire et routier au droit des refuges piétons, permettant ainsi l'intervention des secours en cas d'accès difficile par le tunnel routier. Le tunnel est surveillé en permanence par des équipes de secours de chaque pays. Un camion pompier spécialement confectionné est prêt à intervenir, il est équipé de nombreux capteurs et de caméras permettant une intervention si le tunnel est enfumé, de nombreux autres véhicules pour la maintenance sont présents[1]. Le principal centre de gestion est situé du côté espagnol.

Il a été inauguré le 17 janvier 2003.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Plan des installations du tunnel

Sa longueur est de 8 602 mètres, dont 2 848 en France et 5 754 en Espagne. La frontière est signalé par un logo de l'Europe peint sur les parois du tunnel[2].

Sa largeur de 9 mètres comprend deux voies de 3,50 mètres séparées par une bande de 1 mètre, et 2 bandes latérales de 0,50 mètre.

Sécurité[3]
  • 86 niches de sécurité équipées de téléphones d'urgence, d'extincteurs et d'une bouche incendie tous les 200 mètres ;
  • 19 refuges pressurisés à une distance d'environ 400 mètres (10 m X 6,60 m)[4]. Ils sont reliés à l'ancien tunnel ferroviaire par des galeries d'évacuation ;
  • 9 zones permettent aux opérateurs d'urgence d'inverser la direction du trafic de véhicules (15 m par 8,60 m)[5]'[6] ;
  • 5 zones d'arrêt d'urgence équipées de téléphones d'urgence ;
  • 3 unités de ventilation, dont 2 situées aux portails et une souterraine. L'unité de ventilation souterraine est reliée à un puits vertical de 213 mètres, et au tunnel routier par une galerie de 555 mètres ;
  • des centres de contrôle et de sauvetage existent des deux côtés (le principal est du côté espagnol) ;
  • alimentation redondante avec deux lignes indépendantes tant du côté français que du côté espagnol ;
  • éclairage sur les deux côtés permanent avec des lampes de 100 w au sodium ;
  • ventilation semi-transversale réversible, avec 14 ventilateurs d'une puissance totale de 2 900 kW. Un clapet d'aspiration pour le gaz tous les 100 mètres ;
  • aqueduc grâce à la galerie principale avec une bouche d'incendie tous les 200 mètres ;
  • caméras tous les 100 mètres, avec détection automatique des incidents ;
  • câble rayonnant pour la communication entre les services d'urgence des deux pays et pour la diffusion de la radio et communiqués aux utilisateurs ;
  • les détecteurs de CO, opacité-mètres et radars pour la vitesse (limitée à 80 km/h avec un minimal fixé à 50 km/h) ;
  • câble détecteur d'incendie ;
  • les panneaux de signalisation à messages variables (en espagnol et français)[7] ;
  • témoins bleu des deux côtés indiquant les distances de sécurité (100 mètres) ;
  • une rampe longe tout le côté gauche du tunnel permettant aux équipes de sécurité de se repérer dans la fumée et aux usagers de se tenir hors des voies de circulation lors d'une évacuation ;
  • système de signalement des issues de secours avec de puissants feux incorporés dans la paroi du tunnel et phosphorescent ainsi que des flèches vertes de chaque côté de l'issue indiquant le sens vers où se situe la sortie (permet de les localiser même en cas de panne d'électricité)[8] ;
  • panneaux indiquant les refuges, espaces pressurisés et issues de secours de chaque côté du tunnel de façon régulière ;
  • feux de signalisation avant et dans le tunnel indiquant un arrêt de la circulation ainsi que des barrières à chaque entrée ;
  • 3 plates-formes pour hélicoptères côté français ;
  • contrôle automatique de la vitesse ;
  • bandes rugueuses au milieu de la route pour éviter l'endormissement des conducteurs.

Exercices en cas d'urgence[modifier | modifier le code]

Des exercices franco-espagnols se déroulent régulièrement pour tester les procédures d'urgence.

Financement[modifier | modifier le code]

Le financement de ce tunnel a été partagé entre la France et l'Espagne en proportion de l'occupation du territoire par ce tunnel. Le coût atteint les 254 millions d'euros: 160 millions pour l'Espagne et 94 millions pour la France.

Controverses[modifier | modifier le code]

  • Le tunnel du Somport, s'il facilite le passage des Pyrénées, encourage un important trafic routier qui doit se contenter côté français d'une route étroite victime d'éboulements[9] et mal adaptée à la circulation moderne, de nombreux accidents de camions se produisant[10]'[11].
  • En 1994, la vallée d'Aspe connait une manifestation d'opposition sans précédent avec 8 000 personnes menées par Éric Pétetin, qui a fait une gréve de la faim de 30 jours[12].
  • Côté espagnol, il est prévu que l'autoroute A-23 arrive jusqu'au tunnel, aussi la juxtaposition d'un réseau moderne et rapide au sud et d'une route étroite au nord risque-t-elle de poser des problèmes de gestion sur le long terme.
  • D'autre part, il n'a jamais été question de supprimer la ligne ferroviaire ; officiellement, elle doit être maintenue en état de fonctionnement conformément au traité franco-espagnol entre la France et l'Espagne[réf. nécessaire].
  • L'utilisation du tunnel ferroviaire du Somport en tant que tunnel de secours ne permet pas de l'utiliser pour faire circuler des trains (il n'y a plus les rails mais des enrobés pour pouvoir faire circuler les véhicules d'urgence et une rapide évacuation). Cependant, une convention avec le concessionnaire du tunnel fixe les conditions de cette conversion, elle prévoit la pose de rails à gorge encastrée dans la chaussée (comme on en trouve dans les réseaux de tramway urbain) en cas de réouverture de la ligne[13],[14].

Problème des salariés[modifier | modifier le code]

Sept des quinze salariés français du tunnel doivent payer les impôts espagnols, soit 24 % de retenue sur salaire, car ils n'habitent pas dans le périmètre des communes frontalières[15].

Galerie d'images et de vidéos[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://maps.google.com/?ie=UTF8&ll=42.744995,-0.517817&spn=0,0.120163&z=14&layer=c&cbll=42.744826,-0.517814&panoid=QkIxUsMe_sCWTFP80b53RA&cbp=12,51.35,,1,7.15
  2. http://maps.google.com/?ie=UTF8&layer=c&cbll=42.792434,-0.543353&panoid=EJjm_v-DlmsCvzBHu9FvRw&cbp=12,289.73,,0,8.9&t=h&ll=42.792755,-0.510864&spn=0.090697,0.168743&z=13
  3. Fiche signalétique
  4. http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sin%C3%B3ptico_TUNEL.jpg
  5. http://maps.google.com/?ie=UTF8&layer=c&cbll=42.806678,-0.557967&panoid=WbcroYO0k_d9k67Y7ifBgQ&cbp=12,211.62,,0,1.75&ll=42.807366,-0.558414&spn=0,0.240326&t=h&z=13
  6. http://maps.google.com/?ie=UTF8&layer=c&cbll=42.799922,-0.551977&panoid=43KL2nij4eki3F-uqOUK_w&cbp=12,166.66,,1,3.94&ll=42.800061,-0.552063&spn=0,0.240326&t=h&z=13
  7. http://maps.google.com/?ie=UTF8&layer=c&cbll=42.801252,-0.553279&panoid=jTZGSDFpaUf_u5uR1PNTSQ&cbp=12,142.98,,1,-5.03&ll=42.800352,-0.55239&spn=0,0.003755&t=h&z=19
  8. http://maps.google.com/?ie=UTF8&layer=c&cbll=42.752772,-0.518704&panoid=u0PM0f-Ofzrq_4kygakx0A&cbp=12,55.45,,0,7.19&ll=42.752921,-0.518739&spn=0,0.030041&t=h&z=16
  9. http://www.ladepeche.fr/article/2005/06/02/362357-Le-tunnel-du-Somport-ouvert-aux-poids-lourds.html
  10. http://www.ladepeche.fr/article/2003/09/29/192762-Le-Somport-seme-toujours-la-zizanie.html
  11. http://www.ladepeche.fr/article/2004/02/26/115879-Somport-le-tunnel-de-la-discorde.html
  12. http://www.ladepeche.fr/article/2000/04/14/90644-Petetin-cesse-sa-greve-de-la-faim.html
  13. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_de_Pau_à_Canfranc_(frontière)
  14. http://transpyreneen.free.fr/somport/route.htm
  15. « Les salariés du tunnel du Somport manifestent à Oloron », La République des Pyrénées, 22 avril 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]