Tumeur cardiaque

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Les tumeurs cardiaques sont des maladies rares. Elles peuvent être bénignes ou malignes.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

C'est une atteinte rare si elle est primitive (moins d'un cas sur 10 000)[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

Ses signes dépendent plus de la taille de la tumeur et de sa localisation que de son type.

La tumeur peut être totalement asymptomatique et se révéler lors d'un examen systématique fait pour une toute autre raison (scanner, échocardiographie...).

Elle peut former un obstacle au passage du sang, causant ainsi un essoufflement, une insuffisance cardiaque, un malaise, voire une syncope.
Elle peut se révéler également par une complication, la plus fréquente étant d'ordre embolique : un morceau de la tumeur se détache et suit le sens de la circulation sanguine jusqu'à ce qu'elle obstrue une artère, provoquant un défaut d'oxygénation de l'organe en aval.

L'examen clinique ne montre, en règle, rien de particulier, sauf s'il existe une perturbation du fonctionnement d'une valve, pouvant se manifester par un souffle cardiaque. De même, l'électrocardiogramme est sans particularité.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

L'échocardiographie est l'examen de première intention, permettant d'en apprécier la position, la taille, le caractère pédiculé ou non (attachée à une paroi par un pédicule), le retentissement sur le flux sanguin. Cet examen peut être complété par une échographie transœsophagienne qui permet de mieux voir les tumeurs situées dans les oreillettes.

Le scanner et l'IRM cardiaque permettent également de compléter le diagnostic[2].

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

Un gros thrombus (caillot de sang) peut prendre l'aspect d'une tumeur cardiaque. Il peut être libre, flottant dans l'une des cavités, ou attaché à l'une des parois. En cas de doute, la régression partielle ou totale sous traitement anticoagulant de plusieurs semaines est un argument fort en faveur d'un thrombus.

Une grosse végétation, dans le cadre d'une endocardite infectieuse, est plus rarement confondue avec une tumeur. La végétation est typiquement attachée à une valve cardiaque, elle est très mobile et retrouvée dans un contexte infectieux.

Les principaux types[modifier | modifier le code]

Tumeurs bénignes[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la forme la plus fréquente des tumeurs primitives cardiaques.

Myxome[modifier | modifier le code]

Article détaillé : myxome cardiaque.

C'est la plus fréquente des tumeurs cardiaques bénignes, situées essentiellement dans l'une des oreillettes.

Fibro-élastome[modifier | modifier le code]

Il dépend d'une valve cardiaque et se présente comme une formation arrondie et homogène, appendue par un pédicule à cette dernière, avec un bord un peu « vibratile »[3] et représente environ un cinquième des tumeurs cardiaques extirpées[4]. Il est possible que sa prévalence soit plus importante, voire supérieure à celle du myxome, l'anomalie étant souvent retrouvée lors d'une échographie systématique et étant suffisamment caractéristique pour ne pas nécessiter toujours d'intervention[5]. Il est le plus souvent de petite taille. Très souvent asymptomatique, le risque embolique semble être majoré s'il est de grande taille ou s'il est mobile[6].

Autres[modifier | modifier le code]

Elles représentent moins de 10 % des tumeurs primitives cardiaques[4] : fibrome, lipome, etc.
Les fibromes et les rhabdomyomes sont plus fréquents chez l'enfant. Certaines formes peuvent régresser spontanément[7].

Tumeurs malignes[modifier | modifier le code]

Elles sont divisées classiquement en tumeurs primitives et secondaires (métastase). À part est l'envahissement cardiaque (par contiguïté) d'une tumeur extra-cardiaque.

Tumeurs primitives[modifier | modifier le code]

Elles sont rares. Il s'agit alors essentiellement de sarcomes et, beaucoup plus rarement, des lymphomes et des mésothéliomes[5].

Métastases[modifier | modifier le code]

Les métastases cardiaques d'un autre cancer sont nettement plus fréquentes que les tumeurs primitives[1]. Elles peuvent être présentes dans près de 10% des cancers[8]. Le cancer primitif en cause est le plus souvent pulmonaire, hématologique ou du sein[9]. Le site de la métastase concerne dans 2/3 des cas le péricarde[8] se manifestant par un épanchement péricardique asymptomatique ou pouvant devenir compressif. Viennent ensuite les atteintes de l'épicarde et du myocarde, les formes endocardiques étant rares.

Principes de traitement[modifier | modifier le code]

Il repose sur l'exérèse chirurgicale de la tumeur, imposant une circulation extra-corporelle en raison de la nécessité d'ouverture de l'une des cavités cardiaques. Cette exérèse permet également l'analyse de la pièce opératoire pour en confirmer le genre (tumeur maligne ou bénigne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lam KY, Dickens P, Chan AC, Tumors of the heart. A 20-year experience with a review of 12,485 consecutive autopsies, Arch Pathol Lab Med, 1993;117:1027–31
  2. Araoz PA, Mulvagh SL, Tazelaar HD et Als. CT and MR imaging of benign primary cardiac neoplasms with echocardiographic correlation, Radiographics, 2000;20:1303–19
  3. Klarich KW, Enriquez-Sarano M, Gura GM et Als. Papillary fibroelastoma: echocardiographic characteristics for diagnosis and pathologic correlation, J Am Coll Cardiol, 1997;30:784–90
  4. a et b Elbardissi AW, Dearani JA, Daly RC et Als. Survival after resection of primary cardiac tumors: a 48-year experience, Circulation, 2008;118(Suppl 14):S7–15
  5. a et b Bruce CJ, Cardiac tumours: diagnosis and management, Heart, 2011;97:151-160
  6. Sun JP, Asher CR, Yang XS et Als. Clinical and echocardiographic characteristics of papillary fibroelastomas: a retrospective and prospective study in 162 patients, Circulation, 2001;103:2687–93
  7. Burke A, Virmani R, Pediatric heart tumors, Cardiovasc Pathol, 2008;17:193–8
  8. a et b Goldberg AD, Blankstein R, Padera RF, Tumors metastatic to the heart, Circulation, 2013;128:1790-1794
  9. Butany J, Leong SW, Carmichael K, Komeda M, A 30-year analysis of cardiac neoplasms at autopsy, Can J Cardiol, 2005;21:675–680