Tuba (musique)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Tubiste)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir tuba.
Deux tubas en fa

Le tuba est un instrument de musique appartenant à la famille des cuivres. Par la variété de ses tailles et de ses formes, il constitue une sous-famille[1] des cuivres.

Le mot « tuba » provient du latin et désignait à l'époque romaine une grande trompette incurvée (tuba curva) utilisée dans le contexte militaire[2].

Le terme générique « tuba » englobe aujourd'hui une grande diversité d'instruments distincts, dont les caractéristiques sont sensiblement différentes en fonction de paramètres liés à une facture instable depuis les débuts[2].

Historique[modifier | modifier le code]

L'invention du tuba découle de celle du piston, qui révolutionne la facture des instruments de la famille des cuivres au premier tiers du XIXe siècle. Vers 1835, Wieprecht, le directeur général des musiques militaires de Prusse, demande à l'ingénieur allemand Johann Gottfried Moritz[3] de travailler à l'élaboration d'un cuivre grave à pistons qui pourrait avoir un timbre plus homogène et puissant que celui des ophicléides et bassons russes. D'autre part, un autre facteur, W. Schuster élabore entre 1830 et 1835 un tuba à trois barillets. De nombreux facteurs contribueront ensuite à l'évolution de l'instrument.

Tuba de Wieprecht et Moritz

L'un des plus importants d'entre eux, Adolphe Sax, développe une gamme d'instruments appelés saxhorns, déclinée en sept tailles et tonalités différentes (du contrebasse en si\flat au sopranino en mi\flat).

Gustave-Auguste Besson[4] (1820-1874), autre facteur parisien important, délocalise son activité à Londres, à la suite de nombreux procès avec Sax. Outre-Manche, son entreprise prend une part majeure dans le développement des brass bands, où le saxhorn basse évolue vers l'euphonium.

Actuellement plusieurs dénominations s'entrecroisent. Cela génère une certaine confusion et une réelle difficulté à comprendre les différences entre les diverses formes d'instruments. De nombreuses variations de termes sont usitées selon l'origine géographique, historique ou le point de vue de l'utilisateur. Aucun système normalisé ne permet à ce jour de satisfaire le plus grand nombre.

Aujourd'hui, on fabrique des tubas en fa, mi\flat, ut et si\flat.

Production du son[modifier | modifier le code]

Le tuba est l'instrument le plus grave de la famille des cuivres, dont la tessiture varie en fonction de la longueur du tube. La sonorité varie en fonction de la géométrie globale, et notamment de la proportion de tube conique ou cylindrique par rapport à la longueur totale.

Pour modifier la hauteur des sons, comme sur les autres cuivres, le musicien (tubiste) fait vibrer ses lèvres en agissant sur divers paramètres : tension de l'appareil musculaire facial (zygomatique), quantité et vitesse de l'air expulsé, le tout en coordination avec les différentes combinaisons de doigtés. L'utilisation des 3, 4, 5, voire 6 pistons ou des systèmes rotatifs à palettes (de 3 à 6) permet de modifier la longueur du tube.

La tessiture dépend des possibilités de chaque tubiste.

La famille des tubas[modifier | modifier le code]

Il existe de nombreux modèles, notamment :

Contretuba et cornet
  • l'euphonium, tuba ténor en si\flat.
  • le tuba ténor en ut, à 6 pistons, dit « tuba français ».
  • les saxhorns.
  • le tuba en fa.
  • le tuba en mi\flat, très répandu dans les pays anglo-saxons, notamment dans le contexte des brass bands.
  • le tuba contrebasse en ut (ou contretuba en ut).
  • le tuba contrebasse en si\flat (ou contretuba en si\flat), plus grave, principalement employé dans les orchestres d'harmonies, brass bands et batteries-fanfares.
  • le soubassophone ou sousaphone, très employé en musique de rue et dans les batteries-fanfares. Il dispose d'un très large pavillon frontal qui oriente le son vers l'avant.
  • l'hélicon, très répandu en Europe de l'Est, mais aussi joué plus à l'ouest dans certaines fanfares (notamment la fanfare de cavalerie de la Garde républicaine).

Notation[modifier | modifier le code]

La notation en clef de fa et en sons réels est la plus courante pour les tubas basse et contrebasse (répertoire soliste, symphonique, lyrique et en ensembles restreints). Néanmoins, en Europe, l'utilisation de la clé de sol demeure répandue pour la plupart des tubas dits « transpositeurs », tels que l'euphonium en si\flat, le saxhorn baryton, (plus rarement le tuba contrebasse en si\flat), tradition héritée de la pratique en brass band et en orchestre d'harmonie. Dans ce cas, le matériel d'orchestre propose des parties séparées transposées en si\flat ou mi\flat et notées en clé de sol ou clé de fa, une ou deux octaves plus haut.

Emplois[modifier | modifier le code]

Les grands Orchestre symphoniques professionnels comptent généralement un seul tubiste titulaire dans leur effectif, jouant les tubas basse et contrebasse. Quelques œuvres requièrent un deuxième tubiste, comme Une symphonie alpestre (Eine Alpensinfonie) de Richard Strauss. Dans ce cas, l'orchestre a généralement recours à l'emploi d'un musicien supplémentaire contractuel. Certaines œuvres requièrent l'emploi d'un tuba ténor en ut, d'un saxhorn basse ou d'un euphonium, comme les Tableaux d'une exposition de Moussorgski/Ravel. Dans certaines partitions d'orchestre, l'utilisation du tuba a remplacé celle de l'ophicléide, comme la Symphonie fantastique de Berlioz et l'Ouverture du songe d'une nuit d'été de Mendelssohn.
La nomenclature instrumentale actuelle des orchestres d'harmonie tend à se standardiser sur le modèle du concert band américain. Le matériel édité pour ces formations propose la plupart du temps une partie séparée de tuba contrebasse (pouvant être doublée ou triplée), et une ou deux parties d'euphonium (pouvant être doublées également). Toutefois, la longue évolution des orchestres d'harmonies européens aux XIXe et XXe siècles a généré de nombreuses œuvres originales et transcriptions faisant largement appel aux saxhorns. Les formations traditionnelles du sud de l'Italie ont conservé cette diversité (bugles en mi\flat, en si\flat, saxhorns altos en mi\flat, saxhorns barytons en si\flat, tubas basses et contrebasses divers et variés).
  • Fanfares diverses :
    • Brass band ou fanfare à l'anglaise : cette formation regroupe plusieurs instruments de la famille des tubas (un bugle, trois saxhorns altos, deux saxhorns barytons, deux euphoniums, deux tubas basses, deux tubas contrebasse.)
    • Brass band de type « New Orleans » : dans ces formations de musique de rue à instrumentation variable, la basse est généralement tenue par un sousaphone.
    • Fanfares de type « Beaux arts » : ces formations regroupant des musiciens amateurs, souvent autodidactes, n'ont pas de nomenclature standardisée. Elles regroupes souvent plusieurs petits tubas (appelés basses dans ce contexte), hélicons ou sousaphones (appelés soubas dans ce contexte).
    • Fanfares d'Europe centrale : ces formations n'ont pas de nomenclature standardisée. Le rôle rythmico-harmonique est le plus souvent dévolu aux instruments de la famille des tubas, par un hélicon et trois ou quatre ténors ou barytons à la forme ovale caractéristique (exemples : Orchestre des mariages et des enterrements, Goran Bregovic ; Kočani Orkestar ; Boban Markovic Orkestar).
    • Bandas et peñas du sud de la France.
  • Ensembles de cuivres :
    • Quatuor de tubas : un large répertoire de transcriptions et d'œuvres originales est écrit pour deux euphoniums, un tuba basse, et un tuba contrebasse. Quelques œuvres originales requièrent quatre tubas basses et contrebasses.
    • Quintette de cuivres : La majorité des œuvres pour quintette de cuivres requièrent un tuba basse (rarement substitué par un trombone basse).
    • Dixtuor de cuivres : formation popularisée par le Philip Jones Brass Ensemble puis par London Brass et le German Brass qui devient un standard des ensembles de cuivres à la fin du XXe siècle. Le dixtuor de cuivres compte généralement un seul tuba (basse ou contrebasse), l'un des trombonistes peut en outre être occasionnellement amené à utiliser un euphonium.
    • Ensembles de cuivres divers : de nombreuses œuvres pour ensembles de cuivres non standardisés font appel un tuba basse ou contrebasse au moins, et quelques fois un saxhorn basse ou un euphonium.

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Tuba solo[modifier | modifier le code]

Tuba solo et orchestre[modifier | modifier le code]

Tuba et brass band (œuvres originales)[modifier | modifier le code]

  • Cappriccio (Rodney Newton)
  • Concerto (Edward Gregson - Novello)

Tuba et piano (œuvres originales)[modifier | modifier le code]

  • Escenas Latinas (Enrique Crespo - Lydke Musikverlag)
  • Konzert (Alexej Lebedjew)
  • Sonata Für Basstuba und Klavier (Paul Hindemith - Schott)
  • Suite n°1 for Tuba and Piano sous titrée Effie Suite (Alec Wilder)
  • Three Miniatures for Tuba and Piano (Anthony Plog - Éditions BIM)
  • Waltz for Mippy III (Leonard Bernstein - Boosey & Hawkes)

Tuba et piano (transcriptions)[modifier | modifier le code]

Quatuor de tubas (œuvres originales)[modifier | modifier le code]

  • Consequences (Mike Forbes)
  • Dances (John Stevens)
  • Go ! (Mike Forbes)
  • Manhattan Suite (John Stevens)
  • Music 4 Tubas (John Stevens)
  • Power (John Stevens)
  • Refractions (Patrick Schulz)
  • Viva Voce ! (John Stevens)

Tuba en ensemble restreint[modifier | modifier le code]

  • Capriccio da Camera (Crister Danielsson)
  • Concertante Suite (Crister Danielsson)

Tuba au sein du quintette de cuivres et du quatuor de cuivres[modifier | modifier le code]

Le répertoire original pour quintette de cuivres est très important.

Tuba au sein de l'orchestre symphonique[modifier | modifier le code]

Quelques tubistes[modifier | modifier le code]

Dessin d'un tuba

Tuba basse et contrebasse[modifier | modifier le code]

Euphonium[modifier | modifier le code]

  • Bastien Baumet, Drapeau de la France soliste international, Musique des Gardiens de la Paix de Paris
  • Anthony Caillet, Drapeau de la France soliste tous styles (Européan tuba trio - Oktopussy Tuba orchestra - Ensemble Impetuo - Soliste de la Musique de l'Air)
  • Patrick Couttet, Drapeau de la France Musique des Gardiens de la Paix de Paris, Miraphone Tuba Quartett, professeur CRD Mantes en Yvelines
  • Sylvain Mino, Drapeau de la France , Musique des Gardiens de la Paix de Paris, Orchestre "Les Siècles", Professeur au CRR de Cergy-Pontoise, Duo Wip, Ensemble de Sounpainting Amalgammes
  • Shirley Anne Hofmann, soliste et groupes tous genres
  • Shoishiro Hokazono, Drapeau du Japon soliste international
  • Michel Marre, Drapeau de la France jazzman de renommée internationale (Orchestre National de jazz)
  • Steven Mead, Drapeau du Royaume-Uni soliste international
  • Ivan Milhiet, Drapeau de la France (1973-2009) soliste international, Musique des Gardiens de la Paix de Paris, professeur assistant au CNSMD de Lyon
  • Cédric Rossero, Drapeau de la France soliste, Musique de l'air de Paris, membre de plusieurs brassbands français et ensembles de musique de chambre (quatuor Euphorie'hommes)
  • Marc Steckar, Drapeau de la France jazz soliste international (Ensemble Tubapack)
  • Demondrae Thurman, Drapeau des États-Unis Soliste international, Sotto Voce Tuba Quartet, University of Alabama
  • Philippe Wendling, Drapeau de la France professeur CRR Strasbourg, membre du Miraphone Tuba Quartet
  • David Childs, Drapeau du Pays de Galles Soliste international, soliste du Cory Band (Pays de Galles)
  • Pascal Losch, Drapeau du Luxembourg jazzman de la scène luxembourgeoise et reconnu pour ses concerts à Rodemack

Saxhorn basse[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Desvois, Drapeau de la France musique de l'air de Paris, Ensemble Impetuo
  • Philippe Fritsh, Drapeau de la France soliste (Garde Républicaine de Paris), professeur au CNSMD de Paris
  • David Maillot, Drapeau de la France soliste (Garde Républicaine de Paris), professeur au Conservatoire "Maurice Ravel" de Levallois-Perret
  • Jean-Luc Petitprez, Drapeau de la France soliste (Garde Républicaine de Paris), professeur au CRR de Douai, professeur-assistant au CNSMD de Paris, euphonium principal du Brass Band Nord Pas-de-Calais
  • Cédric Rossero, Drapeau de la France musique de l'air de Paris, Ensemble Euphorie'hommes
  • François Thuillier, Drapeau de la France Musique des Gardiens de la paix de Paris

Quelques ensembles comprenant un ou plusieurs tubas[modifier | modifier le code]

  • Acoustic Jazz Band
  • Duo FACT
  • Ensemble Epsilon
  • Ensemble Impetuo
  • Ensemble Patchwork
  • Européan Tuba Trio
  • European TV Brass Trio
  • Evolutiv Brass
  • Fantasy Brass 5
  • François Thuillier Brass Trio
  • Hexagone
  • Miraphone Tuba Quartett
  • Mnozil Brass
  • Gravity
  • La cola Antica
  • Modern Jazz Tuba Project
  • Musichorum
  • Oktopussy Tuba Orkestra
  • Or Notes Brass, quintette de cuivres
  • Pro Brass
  • Rabih Abou-Khalil
  • Septet à Voir
  • Steckar Tubapack
  • Sotto Voce Tuba Quartet
  • Thomas Leleu Sextet (tuba solo et quintette à cordes)
  • Vienna Art Orchestra
  • Youngblood Brass Band
  • European Tuba Power

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Clifford Bevan, The tuba family, Scriveners, 1978
  2. a et b Anthony Baines, Brass Instruments - Their History and Development,1976
  3. http://de.wikipedia.org/wiki/Johann_Gottfried_Moritz
  4. Besson[1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Bevan, The Tuba Family (2de édition), Piccolo Press, 2000, ISBN 1-872203-30-2
  • Brisse, Lelong, Liénard, Lutmann, 10 ans avec le Tuba, Cité de la Musique, Centre de ressources musique et danse, 1999, ISBN 2-906460-80-X, ISSN : 1144-7591
  • François Poullot, à propos du tuba, Gérard Billaudot, 1987
  • R. Winston Morris, Daniel Perantoni, Guide to the tuba repertoire: the new tuba source book, Indiana University Press

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]