Tswanas

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le peuple tswana. Pour la langue tswana (ou setswana), voir tswana.

Tswanas

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Famille d'éleveurs tswanas près de Serowe (Botswana)

Populations significatives par région
Population totale >3 millions (1996)[1]
Autres
Régions d’origine

Transvaal

Langues

setswana

Religions

christianisme, religions traditionnelles

Ethnies liées

Basotho

Les Tswana sont un peuple bantou d'Afrique australe, surtout présent en Afrique du Sud, au Botswana – qui leur doit son nom et où ils sont largement majoritaires – ainsi qu'en Namibie. Ils constituent le rameau occidental des Sotho [1]. Leur nombre total était estimé à plus de 3 millions de personnes en 1996.

Ils vivent d'agriculture et surtout d'élevage[2]. D'importantes communautés sont établies autour des points d'eau en bordure du désert du Kalahari[1].

Les Tswanas sont subdivisés en de nombreux sous-groupes dont les plus importants sont les suivants : Bahurutshe, Bakaa, Bakgatla, Bakwena, Bamelete, Bangwaketse, Bangwato, Barolong, Barolong Sekela, Barolong Tshidi, Batawana, Batlhaping, Batlharo et Batlokwa[2].

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources on observe plusieurs variantes : Abetswana, Batswana, Bechuana, Beetjuan, Cauna, Chuana, Chwana, Coana, Cuana, Sotho de l'Ouest, Sotho occidentaux, Tawana, Tchwana, Tshwana, Tswanas[3].

En langue locale Motswana est le singulier de BaTswana.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il y a environ un millier d'années les ancêtres des Tswanas vivaient en grand nombre dans le sud-ouest du Transvaal[1].

Vers l'an 1600 les Tswanas s'installent au Botswana et au Bophuthatswana (en Afrique du Sud) où ils établissent de puissantes chefferies, fortement hiérarchisées[2].

Des missionnaires chrétiens abordent ces populations dans les années 1820 et le christianisme s'y propage[1].

Au XIXe siècle, installées entre le Transvaal et le désert du Kalahari, les tribus Tswanas subissent les assauts de Shaka, le fondateur de l'empire zoulou. Ils sont en outre décimés par les grandes famines de 1822 et 1837. Cette année-là ils tombent sous la coupe des États Boers[2].

En raison de leurs conditions de vie difficiles, beaucoup de Tswanas ont été contraints à l'émigration[1].

Langue[modifier | modifier le code]

Ils parlent une langue bantoue, le tswana (ou setswana).

Société[modifier | modifier le code]

Représentation d'un couple de Tswanas au début du XIXe siècle

La société tswana traditionnelle est une société de classes. Elle connaît une division du travail stricte, les hommes se consacrant à l'élevage et à la chasse, les femmes aux travaux agricoles et domestiques[2].

Les croyances traditionnelles et le culte des ancêtres coexistent avec le christianisme. En particulier le badimo – une sorte de divinité – faisait partie intégrante de la vie quotidienne dans la société précoloniale et toutes les activités sociales prenaient grand soin de ne pas offenser les dieux[4]. La polygamie y était autorisée[2]. Sous l'influence du christianisme et des autorités coloniales, ces croyances ont évolué, mais certaines pratiques subsistent.

Ethnographie[modifier | modifier le code]

Le missionnaire congrégationaliste écossais Robert Moffat vécut parmi les Tswanas pendant de longues années, entre 1820 et 1870, et communiqua le fruit de ses observations à la Société londonienne de géographie.

L'anthropologue britannique Isaac Schapera (1905-2003) leur consacra de nombreux travaux.

Personnalités d'origine tswana[modifier | modifier le code]

  • James Moroka (1891-1985), médecin et homme politique sud-africain

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) J. S. Olson, The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 567
  2. a, b, c, d, e et f (en) Mohamad Z. Yakan, Almanac of African Peoples & Nations, Transaction Publishers, New Brunswick, N.J., 1999, p. 676-677
  3. Source RAMEAU, BnF [1]
  4. (fr) Daniel Compagnon et Brian T. Mokopakgosi (dir.), Le Botswana contemporain, Karthala, Paris ; IFRA, Nairobi, 2001, p. 41 (ISBN 2-8458-6149-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Friedrich Gollbach, Leben und Tod bei den Tswana : das traditionelle Lebens- und Todesverständnis der Tswana im südlichen Afrika, D. Reimer, Berlin, 1992, 279 p. (ISBN 3-496-00414-2)
  • (en) Paul-Lenert Breutz, A history of the Batswana and origin of Bophuthatswana : a handbook of a survey of the tribes of the Batswana, S. Ndebele, QwaQwa, and Botswana, P.-L. Breutz, Ramsgate, R.S.A., 1989, 521 p. (ISBN 0-620-13969-2)
  • (en) Harvey Campion, Bophuthatswana, where the Tswanas meet, Valiant Publishers, Sandton, 1977, 133 p. (ISBN 9780868840222)
  • (en) Martin Hinrich Karl von Lichtenstein, Foundation of the Cape [and] About the Bechuanas. Being a history of the discovery and colonisation of Southern Africa-fragment of an unpublished manuscript written circa 1811 and a translation of 'Ueber der Beetjuanas' originally published in 1807. Translated, edited and with a biographical introd. By O. H. Spohr, A. A. Balkema, Le Cap, 1973, 113 p. (ISBN 0-86961-030-9)
  • (en) Paul Mmolotsi Rantao, Setswana culture and tradition, Pentagon Publishers, Gaborone (Botswana), 2006, VIII-88 p. (ISBN 978-99912-5779-2)
  • (en) Isaac Schapera et John L. Comaroff, The Tswana, Kegan Paul International in association with the International African Institute, Londres ; Wiley, New York, 1991 (nouvelle éd. révisée), 99 p. (ISBN 0-7103-0421-8)
  • (en) Isaac Schapera, A handbook of Tswana law and custom, J. Currey, Oxford, 2004, XIV-326 p. (ISBN 0-85255-294-7) (reproduction en fac-simile de l'édition de Münster-Hamburg, 1994)
  • (en) Stephen Volz, Chief of a heathen town : Kgosi Sechele and the arrival of Christianity among the Tswana, African Studies Program, University of Wisconsin-Madison, Madison, 2001, 55 p. (ISBN 0-942615-51-4)
  • (fr) Auguste Glardon, Robert Moffat apôtre des Béchuanas, G. Bridel, Lausanne, 1888, 110 p.
  • (fr) Brian T. Mokopakgosi, «  L'expansion des groupes tswana  », in Daniel Compagnon et Brian T. Mokopakgosi (dir.), Le Botswana contemporain, Karthala, Paris ; IFRA, Nairobi, 2001, p. 27-28 (ISBN 2-8458-6149-4)
  • (fr) Sol T. Plaatje, « Mhudi  », traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Jean Sévry, Actes Sud Littérature, Lettres africaines, Novembre, 1997 / 11,5 x 21,7 / 312 pages (ISBN 978-2-7427-1467-4)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Music of the Tswana people, ARC Music, East Grinstead, West Sussex ; Clearwater, 2000

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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