Tshiluba

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Tshiluba ou ciluba
Cilubà, Cena Kasai ou Kikasai
Parlée en République démocratique du Congo
Région deux provinces du Kasaï
Nombre de locuteurs environ 6 millions
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-2 lua
ISO 639-3 (en) lua
IETF lua
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Kanungu ka 1.

Bantu bonsu badi baledibwa badikadile ne badi ne makokeshi amwe. Badi ne lungenyi lwa bumuntu ne kondo ka moyo, badi ne bwa kwenzelangana malu mu buwetu.

Le tshiluba, ou ciluba selon l'orthographe standardisée, est une langue bantoue du Congo-Kinshasa ayant le statut de langue nationale dans le Kasai. Elle est parlée dans plus de quatre provinces (Katanga, Kasai Oriental, Kasai Occidental, Maniema, en partie dans le Sud-Kivu) et dans les pays voisins comme l'Angola, la Zambie et la Tanzanie. Elle est parlée par plus de 30 millions d'habitants (30 000 000). Il est la langue par excellence de l'Afrique centrale.

Mubabinge Bilolo estime dans son livre Vers un dictionnaire CiKam - CiLuba que la zone lubaphone comprendrait 100 000 000 de locuteurs, répandus en Angola, Zambie, Malawi, Tanzanie, Rwanda, Mozambique, Burundi, Ouganda et Kenya. Cette extension régionale a créé au cours des siècles plusieurs variantes régionales qui ne portent pas toujours explicitement la mention Luba. C'est le cas de Bemba, Cipemba, Kihemba, Kisonge, Kanyok, Rund, Kete, Bindji, Sanga, Kiholoholo, Ambaka, Luluwa, Luntu, Cikwa-Kalonji, etc. Aujourd'hui, après la dislocation des anciens Royaumes Luba, la linguistique néo-coloniale tente de prendre les divisions provinciales et sous-régionales (Katanga, Maniema, Kasai-Occidental et Kasai-oriental) comme critères de classification. C'est ainsi qu'on parle de Luba-Kasai, Luba-Katanga, Luba-Maniema, etc. Le ciluba, appelé aussi sous le nom de kikasai surtout au Katanga comprend les variantes du Kasayi. La variante ciluba ou tshiluba (avec Ci-/Tshi-) est aussi désignée « Cena-Kasai » pour dire la variante luba du Kasai. Cette variante est parlée dans la partie centrale de la République démocratique du Congo dans les deux provinces du Kasaï (occidental et oriental). C'est la langue des Baluba du Kasaï. Les critères de classification demeurent problématiques, car le Ki- au lieu de Tshi-/Ci- se rencontre aussi dans le Kasai, dans la variante dite Songye (Kisongye, Cisonge).

Quant à l'importance scientifico-historique de la langue luba au sens large, Bilolo note : « Le vocabulaire copte et surtout le vocabulaire ciKam, cités par Obenga dans les chapitres II-III de son ouvrage Origine commune de l'égyptien ancien, du copte et des langues négro-africaines modernes. Introduction à la linguistique historique africaine (Paris, 1993), et par Homburger, dans le chapitre XII « De l'Origine égyptienne des langues négro-africaines » de son livre intitulé Les Langues négro-africaines et les peuples qui les parlent (Paris, 1941), sont, à presque 98 %, attestés dans le ciluba. Le ciluba est la langue principale de la Haute-Éthiopie et plus précisément des Royaumes de Matamba et de Kasanga-Kasanje. Elle est aujourd'hui parlée par plus de 25 000 000 des Congolais et comprises à plus de 70 % en Zambie, Malawi, Tanzanie, Rwanda, Burundi, Uganda, Mozambike, une partie du Kenya, de Zimbabwe, de Botswana, de la Namibie et de l'Angola. » (Mubabinge Bilolo, Vers un dictionnaire cikam-copte-luba : Bantuïté du vocabulaire égyptien-copte dans les essais de Homburger et d'Obenga, Publications universitaires africaines, Munich-Paris-Kinshasa, 2011, notice sur la couverture).

Sommaire

Classification [modifier]

Le tshiluba est une langue de la grande-famille des langues bantu, de la sous-famille LUBA, à laquelle appartiennent d'autres langues lubas tel que kiluba (luba-katanga), luba-sanga (Kisanga), du Luba-hemba (Kihemba), Kibemba, Kisongye, Lunda, Kanyoka, etc.

  • Classification de Guthrie : L.31a/L31b, groupe L.30
  • Classification Bastin/Coupé/Mann : L.30

Ces classifications sont très problématiques, car en les utilisant pour les langues européennes, on aboutirait à plusieurs milliers de langues allemandes, françaises, anglaises, etc. Elles relèvent du registre de la dialectologie et non de la linguistique. Les linguistes africains sont tombés dans le piège de la dialectologie. Au lieu de parler de deutsch, ils se consacrent à l'inventaire des variantes comme le « bavarois », le fränkisch, le schwäbisch, le steirisch, le preußisch, le kölsch, etc. Le nom de la langue luba et de l'ethnie Luba prêtent souvent à confusion :

  • Tshiluba ou Ciluba ou Cyena-Kasai est la variante luba parlée dans le Kasai (Kananga, Mbuji-Mayi, Mwene-Ditu, Tshikapa, Mweka, Luebo, KaZumba, Tshimbulu, Dimbelenge, etc.)
  • Kiluba ou Cyena-katanga est la variante sœur parlée dans le Katanga (territoires de Kamina, Bukama, Mitwaba, Kaniama, Kabalo, Manolno, et Kabongo ; et dans une partie des territoires Kongolo, Nyunzu, Moba, et Kalemie)
  • La variante de Maniema est appelée kisongye. Cette variante est très importante, car elle révèle la parenté entre le luba est les langues de l'Ouganda, Rwanda. Burundi, Kenya et Tanzanie.
  • Les locuteurs de ces variantes sont un peuple et avait un double-royaumes ou double-pays jusqu'au XVIIIe siècle. Il s'agit du royaume de Matamba et de Kasanga-Kasanji. Ils se reconnaissent tous d'une même origine historique, comme des enfants de Nkole et surtout de Ilunga-Mbidi et de Nkongolo-Mwamba. Ils auraient pris stratégiquement des routes différentes à Nsanga-Lubangu. Les nations dominantes de la grande famille Luba sont :
    • les Baluba du Kasai dont la langue est Tshiluba (variantes : Songye, Kanyoka, Luluwa, Lubilash)
    • Les Baluba du Katanga dont la langue est Kiluba

Il ne faut pas oublier les Songye, les Bemba et les Lunda. A Kinshasa, quand on parle des Baluba, on fait allusion à tous les Baluba, y compris ces derniers groupes et ceux du Sud-Kivu.

Au Katanga, quand on parle actuellement de Baluba, on fait allusion à ceux du Katanga, alors que ceux du Kasai on ne les connaît pas sous l'ethnique Baluba mais plutôt sous le terme de la division administrative Bakasai. Appellation très correcte, car le Kasai comprend aussi les Kuba, les Tetela, les Twa ou Batwa, etc.

Une autre confusion entre le Baluba du Kasai eux-meme est que, au Kasai les Baluba sont les locuteurs du Ciluba du Kasai Oriental alors que les locuteurs du Ciluba du Kasai Occidental sont les Lulua (Bena-Lulua) ou Bashilange, ceux du Territoire de Dimbelenge au Kasai Occidental sont les Bakwa-Luntu et Bena-Konji et et ceux du Territoire de Kabinda sont les Basonge/Basongye.

La majorité du peuple congolais ne sait pas distinguer entre ces peuples et ces langues. Suivant les régions, on a la connaissance de l'un(e) tout en ignorant l'existence de l'autre.


Désignation [modifier]

  • Muluba : une personne Luba
  • Baluba : le peuple Luba (pluriel de muluba)
  • Tshiluba/ Ciluba : langue de Baluba
  • Buluba : espace Luba. C'est un ensemble qui comprend : la terre, la langue, la culture, la coutume, la tradition, la société, la fierté, le fait d'appartenir à l'ethnie Luba, etc. Bref tout élément permettant de distinguer les Baluba des autres peuples ou ethnies.

Ces mêmes désignations s'appliquent chez les Baluba du Katanga à l'exception de la langue qui s'appelle « Kiluba ».

En ce qui concerne l'orthographe dite "standardisée", qui consiste à remplacer le "tsh" du Tshiluba par "c", elle est loin de faire l'unanimité. A preuve, les faits suivants: -la version en Tshiluba de la Constitution de la RDC, promulguée en 2008, continue à recourir à l'orthographe avec "tsh"; -la mention "Mille", sur le billet de banque de Mille Francs congolais, a été traduite par "Tshinunu" et non "Cinunu"; - certaines personnalités du Kasaï continuent à écrire leurs noms de famille avec "tsh": Mgr Tshibangu Tshishiku, ancien Recteur de l'Université de Kinshasa et archévêque émérite de Mbujimayi; Etienne Tshisekedi, leader de l'UDPS; Raymond Tshibanda, Ministre des Affaires Etrangères; la célèbre chanteuse Tshala Muana; etc... -le dictionnaire bilingue Français-Tshiluba et Tshiluba-Français, publié par Mathieu K. Mudingay en 2011.

Répartition géographique [modifier]

Distribution géographique des langues nationales parlées au Congo-Kinshasa.

Les populations qui parlent cette langue sont appelées les Baluba du Kasai désignés aussi sous le nom de Bena-Kasai (Ceux du kasai/ gens du Kasai. La terre qu'ils occupent s'appelait Matamba et s'appelle aujourd'hui le Kasai ou Kasai wa Balengela. Le premier terme pré-colonial Matamba englobait jadis le Katanga, le Maniema et le Sud-Kivu. Souvent quand l'on parle du Kasai, on a tendance à faire référence au Buluba-Kasai, donc au territoire occupé par les cilubaphones du Kasai. Ils sont composés de plusieurs tribus (Bisamba en tshiluba) singulier cisamba. Un cisamba est ensuite divisé en plusieurs clans (bifuku) singulier « cifuku » nommée aussi groupement, dans d'autres cas le clan est divisé en lignée <Mbelo/Mbelu>. Les Baluba du Kasai occupent le centre de la région du Kasai, la rivière Kasai marque exactement la limite ouest, le territoire de Mweka au nord, celui de Kole, et de Lusambo. À l'ouest le territoire de Kabinda, au sud celui de Luilu, et de Luiza. Voici quelques tribus Luba-kasai :

Bajila-Kasanga Bakwa-Beya Bakwa-Biayi Bakwa-Bowa Bakwa-Dishi (Disho)
Bakwa-Hooyi Bakwa-Nyambi Bakwa-Kandu Bakwa-Kasanzu Bakwa-Katawa
Bakwa-Konji Bakwa-Lonji Bakwa-Lukoka Bakwa-Luntu Bakwa-Mulumba
Bakwa-Mushilu Bakwa-Ndaba Bakwa-Ndolo Bakwanga Bakwa-Nsumpi
Bakwa-Nyambi Bakwa-Nyanga Bakwa-Sumba Bakwa-Tembwe Bakwa-Tshilunda
Basangana Bashingala Bena(mwa)Tshimenga Bena-Kabindi Bena-Kalambayi
Bena-Kanyiki Mutembwa Bena-Kapuya Bena-Lulamba Bena-Lusala Bena-Mayi
Bena-Mulenga Bena-Mutshipayi Bena-Ngandajika Bena-Ngoshi Bena-Nomba
Bena-Nshimba Bena-Tshitolo Bena-Mpuka Bena-Kamwanga Bakwa-Tshinene
Bena-Tshiyamba Bena-Kanyiki Kapangu Bena-Kanyiki Mbamba tshula Bena-Mbulanga Bakwa-Tshisamba
Bena-Tshizubu Bena-Tshonga Bena-Kabeya Bena-Musenga Bakwa-Kandu
Bajila-Mpiampia Bena-Tshinyangu Bakwa-Mukuna Bakwa-Ndayi Bakwa-Nkoyi
Bakwa-Mfunya Bakwa-Tshipanga Bena-Ndayi Bakwa-Tshilomba Bena-Muamba
Bena-Ngandu Bena-Mudianga Bakwa-Mashi Bashila-Lungu Bakwa-Ndaye
Bena-Tshinema Bakwa-Ndolo Bena-Kabiye Bakwa-Mushilu Bena-Tshibondo a Bakalanga Etc...

Cette liste ne permet pas de distinguer les grandes lignées comme Bashila-Kasanga, Bena-Kashiye, Bena-Tshinema, Bakwa-Kalonji de Byota, de clans comme Bena-Tshimungu, Bena-Tshibondo, Bena-Kambulu, etc. Bakwa et Bena- signifient « descendance de ... », ou « originaire de... ».

Ces groupes forment l'ethnie Luba ou communément « les baluba » précisément les Luba-Kasaï parce qu'il y a aussi une autre branche Luba dans la province du Katanga, et parle la variante Kiluba ou Kibemba.Toutes ces tribus (Bisa) sont subdivisée en plusieurs clans (bifuku) et lignées (Mbelo) puis grandes familles (Meku a dilolo ou Cyota). Cependant les Baluba du Kasai sont groupés en plusieurs branches : Bena-Lubilanji ou Baluba Lubilanji dans le Kasai-Oriental; Bakwa-Luntu et Bakwa-Konji dans le territoire de Dimbelenge et Ndemba, Bakwa-Nyambi et divers dans les secteurs de Bakwa-Nyambi dans le Territoire de Kamonia; les Bena-Lulua ou Bashilanga au Kasai-Occidental dans les territoires de : Ndemba, Luebo, Kazumba, Dibaya, Kananga, Kamonia, et les Bena-Mayi (Mayi-Munene) dans le secteur de Kabambayi territoire de Kamonia.

Le Tshiluba est la langue parlée dans les villes de : Kananga, Mbuji-Mayi, Tshikapa, Mwene-Ditu, Lusambo, Mweka etc. et le Kiluba se parle dans les villes du Katanga. Le Tshiluba fait le pont entre le Kiluba du sud-ouest du Katanga (Dilolo, Kolwezi, Likasi, etc.) et celui de la sous-région de Tanganyika.

Variétés [modifier]

Dans ces deux provinces du Kasai, voire dans les quatre provinces du Congo (Kasai Occidental, Kasai Oriental, Katanga et Maniema), cette langue comporte quelques différences phonétiques et lexicales qui sont soit des synonymes soit de différences dues au système de transcription. La phonétique allemande, flammande, française ou wallone, anglaise et portugaise ont introduit de l'extérieur de différences que les élèves luba ont aujourd'hui intériorisées. Quelques exemples :

  • les sons p (lèvres rapprochées et non fermées) et - h dans les mots lupemba et luhemba (kaolin), ou encore la localité de Lupatapata / Luhatahata sans oublier Ci-/Tshi-luba' et Ki-luba (kaolin.
Mot Kasai Occidental Kasai Oriental Kiluba-Katanga
feuilles de manioc matamba kaleji
kaolin lupemba luhemba lupemba
le feu kapia mudilu kapia, mudilo
bidia nshima nshima, bidia
la palette mupanji mutengu mupanji
sel luepu mukele mwepu(o), mukele
Etc. ... ...

En RDC,il n'y a aucune institution chargée de réglementer la grammaire et l'orthographe de cette langue, raison pour laquelle le ciluba standard n'est pas véritablement définit. Le ciluba tel que officiellement parlé et écrit au Kasai oriental, au Kasai occidental, dans le Katanga ou dans le Manyema est régionalement différent. Voilà la raison pour laquelle il y a tendance à croire qu'il en existe plusieurs variantes régionales alors que cette hypothèse est fausse. Les différences sont très minimes, souvent elles sont phonétiques et grammaticales comme on en trouve partout dans le monde.

Mot Kasai Occidental Kasai Oriental Katanga
bien bimpe bimpa wiyambe, biyampe, wiya
moi meme mema ami, muami
son/sa wende, andi wenda andi
poule nzolo nzolu nzolo
tout onso onsu onso
grand/ainé mukulu mukulu mukulu
aiguille lushingi lusingi lushinge
Etc. ... ...

Il existe une prononciation classique et une prononciation traditionnelle ou rurale. Par exemple :

Mot Prononciation standard Prononciation traditionnelle
chèvre mbuji mbushi
Poule nzolo ou nzolu Nsolu
La nuit butuku bufuku
jour dituku difuku
femme mukaji mukashi
la pluie mvula mfula
maman mamu mawu
papa tatu tawu
Etc. ... ...

Il existe d'autres régionalismes tels que ceux des baketes et des bakwa-mfuyi, qui sont aussi à considérer comme des variantes du tshiluba, car tous ces luba-phones se comprennent toujours malgré les différents accents et les variations phonétiques et sémantiques.

Dans le langage courant, on désigne le parlé du Kasai Occidental sous le terme de « Cena-Lulua » et celui du Kasai oriental sous le terme de « Ciluba-Lubilashi». Mais il y a une autre réalité plus profonde, car dans chacune de ces variantes, il y a aussi une série d'autres variantes. « Cena-Lulua », « Ciluba-Lubilash», "Kiluba ou Cena-Katanga" n'excluent pas de variantes sous-régionales.

Les noms des variantes régionales ou sous-régionales en « Ciluba » prennent souvent les préfixes « Cena » et « Cikwa » suivit d'un nom d'une tribu, clan ou du lieu ou il est parlé, ainsi donc nous avons :

  • Cena-Mfuamba (Ciluba Cia Bena-Mfuamba)
  • Cikwa-Luntu (Ciluba cia Bakwa-Luntu)
  • Cikwa-Nyambi (Ciluba cia Bakwa-Yambi)
  • Cikwa-Dishi ou Disho (Ciluba cia Bakwa-Dishi ou Disho)
  • Cikwa-Kalonji (Ciluba cia Bakwa-Kalonji)
  • Etc.

/Cikwa et Cyena signifient « le parlé de... » ou « Comme/tel que parlé par.. » ou tout simplement « parlé de ». Il existe aussi une différence entre les villes et les villages. Au village, le Ciluba est encore parlé dans ses formes les plus pures alors que les parlés de grandes villes sont moins pures avec beaucoup de mots d'emprunt surtout au français mais aussi à d'autre langues du Congo tel que le Swahili, le Kikongo et le Lingala. C'est ainsi on parle de « Ciluba Cia Kananga », « Ciluba Cia Mbuji-Mayi », « Ciluba Cia Tshikapa », "Ciluba cya Kolwezi" ou encore « Ciluba cia Mwene-Ditu », etc.

Statut officiel [modifier]

Le Tshiluba a le statut de langue nationale au Congo-Kinshasa au côté du kikongo, du swahili et du lingala. Le français est la langue officielle du pays.

Notions [modifier]

Il n'existe pas de masculin feminin en ciluba, mais néanmoins il existe certains mots et expressions pour designer un homme ou une femme dans une situation quelconque.

le pluriel se forme en modifiant le préfixe tout en gardant le suffixe. Exemple :

  • muntu = bantu; le mu est remplacé par ba mais le suffixe ntu est maintenu
  • di-tunga = ma-tunga / pays
  • lu-endu = ng-endu
  • ci-ntu = bi-tu
  • ka-saka = tu-saka
  • etc.

Il existe aussi de mots invariables comme : mfumu, lufu, nhima, bidia, bukula, etc.

Prononciation

Mot Traduction Prononciation standard
terre buloba /bu.lo.ba/
ciel dyulu /dju.lu/
eau mâyi /mâ.ji/
feu mudilu /mu.di.lu/
homme (être humain) muntu /
homme (sexe masculin) mulùme /mu.lù.me/
femme mukàjì /mu.kà.jì/
manger kudia /ku.dy.a/
boire kunuà /ku.nʷà/
grand mula, ... /mu.la/, etc.
petit -kesè, mukesè /mu.ke.sè/, etc.
nuit butuku /bu.tu.ku/
jour difùku /di.fù.ku/

Vocabulaire

Mot en Ciluba Traduction
umue un
ibidi deux
isatu trois
inayi quatre
itanu cinq
isambombo six
muanda-mutekete sept
muanda-mukulu huit
citema neuf
dikumi dix
dikumi ni umue onze
dikumi ni ibidi deuze
makumbi abidi vingt
makumi asatu trente
lukama cent
nkama ibidi deux cent
nkama isatu trois cent
cinunu mille
binunu bididi deux mille
betuabu bonjour/bonsoir
bishi? comment?
Etc... ...

Culture [modifier]

Le tshiluba est aussi la 2e langue musicale du Congo-Kinshasa après le lingala. Il est la langue du Kasala, du Cinkimbwa et du Mutuashi. Il existe aussi d'autres styles de culture comme le Tshanga.

Tshala Muana chante principalement en ciluba et elle est la plus grande vedette de l'expression Luba qu'on ait connu à ce jour, d'autres groupe sont aussi connus c'est les « Bayuda du Congo », etc. Le ciluba est aussi la deuxième langue préfèré des artistes de la musique populaire de kinshasa (la rumba congolaise)après le Lingala; souvent dans leurs chansons ils y insèrent des paroles et morceaux de musique en cette langue du Kasai.

Notes et références [modifier]

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • (fr) Émile Willems, Le Tshiluba du Kasayi pour débutants, Mission de Scheut, Luluabourg, 1955, 281 p.
  • (fr) Kanundowi Kabongo et Mubabinge Bilolo, Conception bantu de l'autorité. Suivie de Baluba : Bumfumu ne Bulongolodi, Publications universitaires africaines, Munich-Kinshasa, 1993, 320 p.
  • (fr) Mubabinge Bilolo, Vers un dictionnaire cikam-copte-luba : Bantuïté du vocabulaire égyptien-copte dans les essais de Homburger et d'Obenga, Publications universitaires africaines, Munich-Paris-Kinshasa, 2011, 238 p

Liens externes [modifier]