Tsaparang

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Tsaparang
Le Bodhisattva Avalokiteśvara, statue tibétaine en alliage de laiton, royaume de Gugé de l'an 1050.
Le Bodhisattva Avalokiteśvara, statue tibétaine en alliage de laiton, royaume de Gugé de l'an 1050.
Localisation
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Coordonnées 31° 07′ 00″ N 80° 39′ 00″ E / 31.116667, 80.6531° 07′ 00″ Nord 80° 39′ 00″ Est / 31.116667, 80.65  

Géolocalisation sur la carte : Chine

(Voir situation sur carte : Chine)
Tsaparang
Tsaparang

Géolocalisation sur la carte : Région autonome du Tibet

(Voir situation sur carte : Région autonome du Tibet)
Tsaparang
Tsaparang

Tsaparang était la capitale de l'ancien royaume de Gugé dans la vallée de Garuda, où coule la haute Sutlej, dans la Province de Ngari au Tibet occidental, près de la frontière du Ladakh. Elle se situe 278 km à l'ouest de Ali (Shiquanhe (en)) et 26 km à l'ouest du monastère de Tholing du XIe siècle et à proximité à l'ouest du mont Kailash et du lac Manasarovar.

Elle est proche du monastère de Gurugem (Bön)[1].

Tsaparang est une immense forteresse perchée sur un rocher en forme de pyramide d'une hauteur de 150 à 200 m en haut d'un long et étroit éperon. Il comprend de nombreux tunnels et grottes qui ont été taillés dans le rocher. À sa base, se trouvait une petite ville. Au-dessus d'eux, se trouvaient 2 temples publics - le Lhakhang Marpo (la chapelle rouge) et le Lhakhang Karpo (la chapelle blanche), et les quartiers monastiques. Plus haut, montant par un escalier en pierre en spirale dans un tunnel, se trouvaient les quartiers royaux, et tout en haut, le palais d'été[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon certaines sources, Tsaparang fut transformé en la capitale d'un royaume de Gugé par Namde Wosung, un des fils de Langdharma (838-841), un roi anti-bouddhiste du Tibet, après qu'il fut assassiné. Le Tibet était fait de plusieurs royaumes indépendants souvent en guerre les uns contre les autres[3]. D'autres sources affirment que deux petits-fils de Langdharma se sont enfuis au Tibet occidental vers l'an 919. L'aîné, Nyima Gon, s'est établi à Purang et a conquis un grand secteur y compris le Ladakh et des parties du Spiti. Après sa mort, son royaume a été divisé entre ses 3 fils en 3 royaumes de Gugé, Purang, et de Maryul (= Ladakh).

Gugé contrôlait une route de commerce ancienne entre l'Inde et le Tibet. Il a émergé dans la région connu auparavant sous le nom de Zhangzhung et est devenu un pouvoir régional important au Xe siècle[3].

au XIe siècle, le roi Yeshe-Ö (en), en collaboration avec le fameux traducteur de Sanskrit, Rinchen Zangpo (Le Grand Traducteur"), et le maître indien Atisha, réintroduit le bouddisme au Tibet occidental. Rapidement Tsaparang, et Tholing, construits en terre cuite, y furent édifiés, avec des temples et des monastères. L'influence du Royaume de Gugé, plus particulièrement du centre monastique de Tholing, se fit sentir du Cachemire jusqu'en Assam[4].

En août 1624, un prêtre et un frère jésuites, Antonio de Andrada et Manuel Marques, cherchant le pays où, disait-on, se trouvaient d'anciennes communautés chrétiennes, arrivent à Tsaparang[5]. Ils obtinrent la permission du roi de Gugé de prêcher dans son royaume. Revenus à Tsaparang l'été suivant ils construisirent une église au pied de la citadelle. Une autre mission fut ouverte à Rudok à 200 km de là. Nommé supérieur à Goa Antonio de Andrade quitta Tsaparang en 1630, peu avant que le roi ne soit renversé. Des troubles s'ensuivirent qui mirent fin à la mission.

En 1640, Manuel Marques tenta de revenir à Tsaparang mais il fut fait prisonnier. Jusqu'en 1641 un père jésuite resta à Srinagar (Garhwal) pour négocier sa libération, mais sans succès[6]. On n'en eut plus de nouvelles[7].

En 1685, Tsaparang fut conquis par des mercenaires musulmans engagés par le roi bouddhiste du Ladakh.

En dépit des graves dommages causés par les gardes rouges durant la révolution culturelle, dont la destruction de la plupart des statues et peintures murales dans les deux chapelles, de nombreuses fresques magnifiques ont survécu[7].

Références[modifier | modifier le code]

Références spécifiques :

  1. Charles Allen, (1999) The Search for Shangri-La: A Journey into Tibetan History, pp. 265-6. Little, Brown and Company. Reprint: 2000 Abacus Books, London. ISBN 0-349-11142-1.
  2. Charles Allen, (1999) The Search for Shangri-La: A Journey into Tibetan History, p. 243. Little, Brown and Company. Reprint: 2000 Abacus Books, London. ISBN 0-349-11142-1.
  3. a et b Tibet, p. 200. (2005) Bradley Mayhew and Michael Kohn. 6th Edition. Lonely Planet. ISBN 1-74059-523-8.
  4. "In the 11th century, King Yeshe-Ö (en), working with the famous Sanskrit translator, Rinchen Zangpo ('The Great Translator"), and the Indian master Atisha, reintroduced Buddhism to western Tibet. Soon Tsaparang, and Tholing, also made of mud brick, were built, along with other temples and monasteries. The influence of the Guge Kingdom, particularly the monastic center of Tholing, was felt from Kashmir to Assam." Echoes of a Fallen Kingdom - NYTimes.com
  5. C. Wessels, Early Jesuit travellers in Central Asia, The Hague, 1926, pp.43-89
  6. C.Wessels, op.cit., p.88
  7. a et b Charles Allen. (1999) The Search for Shangri-La: A Journey into Tibetan History, pp. 243-245. Little, Brown and Company. Reprint: 2000 Abacus Books, London. ISBN 0-349-11142-1.

Références générales :

  • Allen, Charles. (1999) The Search for Shangri-La: A Journey into Tibetan History. Little, Brown and Company. Reprint: 2000 Abacus Books, London. ISBN 0-349-11142-1.
  • Hugues Didier: Les portugais au Tibet, Ed. Chandeigne, Paris, 1996.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]