true Catholic Church

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La true Catholic Church (tCC), en français « véritable Église Catholique », est un petit groupe catholique conclaviste dirigé par Lucian Pulvermacher (1918-2009[1]), un ancien moine capucin traditionaliste. Il semble s'être éteint avec son fondateur. Les disciples de Pulvermacher affirmaient que la papauté est restée sans titulaire entre la mort du Pape Pie XII (en octobre 1958) et l’élection comme « pape » de leur dirigeant au cours d’une élection par téléphone en octobre 1998. Ce dernier a adopté le nom de Pie XIII. La tCC emploie la minuscule, « t » dans son nom parce que ses adhérents croient qu’ils constituent le reste de l'Église catholique, dont ils disent qu’elle « a erré dans le désert » pendant 40 ans, de la mort de Pie XII à l'élection de Pie XIII.

La tCC revendiquait des adhérents dans le monde entier. Leur nombre exact était inconnu, mais il est manifeste qu’ils étaient peu nombreux. En février 2005, la tCC avait deux prêtres : Pie XIII et un homme marié américain nommé Robert Lyons qu'il a ordonné en juin 2000, en contradiction avec les lois disciplinaires des catholiques de rite latin. Le nombre des personnes ayant participé à l'élection papale de 1998 n'a jamais été révélé.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sédévacantisme.

La tCC soutient l'illégitimité de Jean XXIII et de ses successeurs. Elle leur attribue pour cela diverses attitudes permettant de mettre en doute leur catholicité (Jean XXIII se voit ainsi accusé d'appartenance cachée à la franc-maçonnerie) et par suite, la validité de leur élection. En 2002, on a découvert que Pulvermacher-Pie XIII avait pratiqué la divination quand il était au séminaire et qu'il avait ainsi encouru l'excommunication. Selon sa propre logique, lui aussi était inéligible. Un de ses « cardinaux », Gordon Bateman, son ancien principal collaborateur, a donc quitté la tCC.

La tCC dénonce énergiquement les changements que le Deuxième Concile du Vatican a introduits dans le catholicisme et le qualifie de Latrocinium, de brigandage sans valeur. Elle n'accepte que la messe en rite tridentin même si Pulvermacher a célébré selon le rite Paul VI jusqu'en 1976.

Une succession apostolique douteuse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Évêque errant.

Les adversaires de la tCC font remarquer que ce groupe n'a aucun évêque valide et de là aucun lien avec la succession apostolique historique. Un non-évêque comme le P. Pulvermacher peut être élu au pontificat d’après le droit canon, et normalement, dans de tels cas, « il doit être ordonné aussitôt évêque » (canon 332-1 du Code de droit canonique). Aucun évêque n’ayant accepté de sacrer Pulvermacher évêque, c’est ce dernier qui s’est accordé à lui-même le pouvoir de sacrer Gordon Bateman, lequel a ensuite sacré Pulvermacher. Cependant, selon la doctrine catholique, seul un évêque peut effectuer une consécration épiscopale.

Pour tenter de lever l'objection, la tCC a mis en avant deux situations historiques particulières[2], au XVe siècle, qui ont vu un pape régnant conférer à un abbé le privilège d'effectuer lui-même l'ordination presbytérale pour un temps limité. Effectivement, Boniface VIII, dans la bulle Sacrae Religio (1er février 1400) avait donné la permission à l’abbé de Saint-Osyth de conférer tous les ordres, jusques et y compris le sacerdoce. Cette autorisation fut révoquée trois ans plus tard, non pour des raisons dogmatiques mais à la requête de l’archevêque de Londres qui y voyait une atteinte à sa juridiction[3] Par la bulle Gerentes ad vos, Martin V, le 16 novembre 1427, donnait la même permission à l’abbé du monastère de Altzell en Saxe[4] Étendant cet exemple historique au sacre des évêques, les partisans de Pulvermacher considèrent qu'une fois élu pape, celui-ci pouvait ordonner validement Bateman. Évidemment une telle succession apostolique « en boucle » n'a été admise nulle part ailleurs que dans la « true Catholic Church ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Death of a pope, sur le blog d'un autre capucin
  2. Selon le site de la tCC, s'appuyant sur des passages de l'ouvrage Grundriss der Katholischen Dogmatik (Fondements des dogmes catholiques) du théologien Ludwig Ott
  3. Karl Rahner, Encyclopedia of Theology: A Concise Sacramentum Mundi, p. 1136, Encyclopedia of Theology, Herder KG, Fribourg-en-Brisgau, 1975. À la même page, l’auteur cite des cas difficiles à interpréter vu leur ancienneté et celui de Charlemagne qui a donné l’ordre aux prêtres Willehald (mort en 799) et Ludger (mort en 785) d’ordonner d’autres prêtres dans les territoires missionnaires de Frise et de Saxe.
  4. Denzinger (latin) Enchiridion Symbolorum, Denzinger. In lingua latina. INDEX Enchiridion Symbolorum.

Dans sa première version, cet article reposait sur une traduction de l'article correspondant du Wikipédia anglophone

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens[modifier | modifier le code]