Forces des fusées stratégiques de la Fédération de Russie

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Forces des fusées stratégiques de la Fédération de Russie
Blason et drapeau des Forces des fusées stratégiques de Russie
Bandera SRF.png
Blason et drapeau des Forces des fusées stratégiques de Russie

Période
Pays Drapeau de l’URSS Union soviétique
Drapeau de la Russie Russie
Rôle Dissuasion nucléaire
Effectif 120 000 personnes
Fait partie de Armée rouge
Forces armées de la Fédération de Russie
Équipement Missile balistique intercontinental

Les Forces des fusées stratégiques de la Fédération de Russie (en russe : Ракетные войска стратегического назначения Российской Федерации, Raketnye voïska strateguitchesgoko naznatchenia Rossiïskoï federatsi), en abrégé RVSN (РВСН), sont la composante terre de la dissuasion nucléaire russe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte des bases d'ICBM en URSS dans les années 1980.
36 RT-23 (Code OTAN : SS-24) utilisèrent des trains comme bases de lancement jusqu'en 2008.
Silo à missile pour RT-23 Molodets dans une base d'Ukraine transformée en musée.

Elles ont été créées par l'Union des républiques socialistes soviétiques le avec l'arrivée des premiers missiles balistiques au sein de l'Armée rouge et englobe les missiles sol-sol ayant une portée supérieure à 1 000 km. Durant la guerre froide, cette force qui est le principal pilier de la triade nucléaire soviétique avec les SNLE de la marine soviétique et l'aviation à long rayon d'action se développa rapidement et surpassa à partir des années 1970 en nombres d'armes et de vecteurs la composante terrestre du Strategic Air Command des États-Unis avec 1 166 ICBM en 1974 et 1 398 ICBM au 1er janvier 1984, emportant un total d'environ 4 500 ogives d'une puissance globale d'environ 4 100 mégatonnes répartis sur plus de 300 sites de lancement dans 28 bases en Russie d'Europe, en Ukraine et le long du Transsibérien[1] et disposait d'un effectif de 300 000 militaires.

Malgré les traités de désarmement signés par Gorbatchev, elle comptait encore 1 054 missiles intercontinentaux et 4 278 têtes nucléaire en 1990[2] et comptait164 000 membres d'actives et 502 000 réservistes soit un potentiel de 668 000 hommes[3]. Au moment de la dislocation de l'Union soviétique, fin 1991, elle passa sous le contrôle des Forces armées de la Fédération de Russie. En 1996, elle ne disposait plus que de 100 000 hommes.

Constitution[modifier | modifier le code]

Organigramme en 2011[modifier | modifier le code]

Stations, bases[modifier | modifier le code]

Les Troupes de missiles stratégiques disposent de diverses bases en Russie et dans d'autres pays de la CEI, dont notamment :

Outre ses bases, les Troupes de missiles stratégiques détiennent également divers arsenaux, entrepôts et usines d'entretiens. Quelque 120 000 personnes servent dans cette force, dont les deux tiers sont des militaires.

Statut des missiles[modifier | modifier le code]

Le nombre de vecteur nucléaire est en réduction constante depuis la dissolution de l'URSS. Au delà du respect des traités de désarmement tel le Traité de réduction des arsenaux nucléaires stratégiques signé en 2002, le complexe militaro-industriel russe, malgré une hausse des crédits depuis le début des années 2000 n'a plus la même capacité de production que celui de l'ex-URSS.

Les SS-25, qui ont été réceptionnés par les unités entre 1985 et 1992, sont très vulnérables, dans l’absolu, face à la National missile defense américaine. Développés pour satisfaire aux clauses de START II, ils sont en effet monotêtes. Quant aux seconds, les SS-18 et SS-19, ils ont pour points faibles d’avoir atteint la fin de leur vie opérationnelle théorique entre 1998 et 2005 et d’avoir été construits avec l’aide d’usines et de bureaux d’études aujourd’hui ukrainiens et biélorusses (sous-ensembles moteurs et étages). Même si le stockage sec de ces missiles à carburant liquide est possible, leur maintenance est en conséquence, après l’indépendance de ces pays, de plus en plus problématique et contribue à placer entre les mains d’industriels étrangers une partie de la dissuasion nucléaire russe. Quant aux SS-18, dont le démantèlement aurait dû être achevé, ils resteront encore en service une quinzaine d’années grâce à un accord industriel passé avec les Ukrainiens fin 2006. Que les relations entre les deux pays viennent encore à se tendre et Moscou pourrait devoir démanteler ces missiles plus rapidement que prévu. En fait, le SS-27 est le premier ICBM russe à avoir été conçu sans l’aide des usines et des bureaux d’études ukrainiens et biélorusses.

Les nouveaux Topol M2 SS-27, mobiles et en silo, ne remplacent qu’au compte-gouttes les vieux missiles. Qui plus est, les premiers SS-27, qui ont également été développés en prévision de l’entrée en vigueur de START II, sont eux aussi monotêtes. Ils seront peu à peu « remirvés », comme l’est déjà la version mobile, plus récente, mais cela est très coûteux et nécessite une longue manutention des missiles. Une version modifiée, dite RS-24 Iars, (code OTAN SS-X-29), missile à propergol solide et à trois étages, est en développement et le premier régiment opérationnel est entré en service en mars 2011[4]. Problème supplémentaire pour les Russes : la durée de vie de leurs têtes nucléaires est très inférieure à celle des têtes américaines, ce qui est d’autant plus pénalisant qu'un modèle de tête est étroitement associée à une version de vecteur et ne peut être utilisée sur une autre version. Or, les forces armées russe disposent de multiples versions et sous-versions de leurs missiles. C’est un facteur très handicapant au niveau logistique.

Sur les treize divisions que comptent les Forces de missiles stratégiques en 2009, neuf sont équipées de SS-25, 1 de SS-18 et peut-être deux de SS-19. Le SS-27 mobile n’équipe qu’une division, tout comme la version ensilée[5].

En octobre 2013, on annonce qu'en 2021, 98 % des missiles en service seront des RS-24 Iars et des RS-12M2 Topol-M[6].

Inventaire en 2008[modifier | modifier le code]

Un R-36, code SS-18 mod. 5, au musée de Pervomaïsk (oblast de Mykolaïv). Il s'agit du plus lourd missile jamais construit.
Un tracteur-érecteur-lanceur de Topol-M en 2008.

La Force possède en juillet 2008 en tout 415 ICBM opérationnels emportant 1 575 ogives, on y trouve[7] :

Inventaire en janvier 2014[modifier | modifier le code]

A cette date, on estime qu'elle possède 311 missiles et 1 078 ogives[8]:

  • 52 R-36M2 (SS-18) à 10 ogives
  • 40 UR-100NUTTH (SS-19) à 6 ogives
  • 105 Topol (SS-25) monotête
  • 60 Topol-M en silo (SS-27) monotête
  • 18 Topol-M mobile monotête
  • 33 RS-24 Iars mobile et en silo à 4 ogives[9]

Aviation[modifier | modifier le code]

Les Troupes de missiles stratégiques possèdent un parc d'avions et hélicoptères constitué de Mi-8, An-12, An-24, An-26 et An-72 destinés au transport et aux mesures, stationnés sur 7 aérodromes et 8 héliports.

Notes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  1. L'équilibre militaire des superpuissances, Bordas, 1985 (ISBN 2-04-012911-1)
  2. (en) Russia: ICBM Tables
  3. « La force mécanisée du Pacte », Ligne de Front, no 3H,‎ janvier-février 2008, p. 47
  4. « Le 1° régiment opérationnel RS-24 IArs est entré en service au sein des forces armées russes. », sur Army Recognition,‎ 5 mars 2011 (consulté le 2 février 2014)
  5. (en) La Russie et les défenses antimissiles, Institut Thomas-More, 24 février 2009
  6. « Missiles de 5e génération: l'armée russe rééquipée d'ici 2021 », sur RIA Novosti,‎ 23 octobre 2013 (consulté le 24 octobre 2013)
  7. (en)(ru) Strategic Rocket Forces, 17 octobre 2008, Russian strategic nuclear forces.
  8. (en) « Strategic Rocket Forces », sur Russian strategic nuclear forces,‎ 15 janvier 2014 (consulté le 2 février 2014)
  9. Ilia Kramnik, « Les « Stylets » remplacés par les « Iars » », sur La voix de la Russie,‎ 23 mars 2013 (consulté le 2 février 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]