Troubles musculosquelettiques
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| Troubles musculosquelettiques | |
| Classification et ressources externes | |
| DiseasesDB | 11373 |
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| eMedicine | pmr/97 |
| MeSH | D012090 |
Les troubles musculosquelettiques (TMS ou LATR, lésions articulaires dues au travail répétitif, au Québec) regroupent de nombreuses pathologies des tissus mous (muscles, tendons, nerfs). C'est la maladie professionnelle la plus courante dans les pays développés à l'heure actuelle. En France, la plupart des TMS sont reconnus dans le tableau 57 des maladies professionnelles du régime général et dans le tableau 39 du régime agricole. D'autres termes incluent les affections périarticulaires ou encore les pathologies d'hypersollicitation.
Sommaire |
[modifier] Différentes pathologies
Ces troubles ne constituent pas une maladie déterminée mais un groupe hétéroclite de divers états spécifiques.
[modifier] Liste des pathologies concernées
- Pour le poignet, la main et les doigts:
- Pour le coude:
- Pour l'épaule:
- Pour le genou:
- Pour le pied et la cheville:
[modifier] Symptômes annonciateurs
Les signes avant coureurs, permettant de craindre les TMS, sont:
- Une fatigue musculaire localisée et persistante, se traduisant par:
- Des courbatures lors de la réalisation d'efforts
- La difficulté à réaliser des efforts réalisables auparavant
- Des picotements ou engourdissements lors d'atteintes nerveuses (canal carpien,...)
- Doigt replié, dans le cas d'atteintes tendineuses (Dupuytren,...)
Le trouble le plus connu est le syndrome du canal carpien. Le nerf commandant les trois premiers doigts de la main est comprimé à l’intérieur du canal carpien. Ceci entraîne des douleurs et des fourmillements la nuit, puis une gêne et des maladresses au travail. Chaque année, en France, il y a 200 000 syndromes du canal carpien dont l'origine professionnelle est reconnue pour 130000 opérés. Il existe un phénomène important de sous-déclaration.
[modifier] Facteurs de risque
Les facteurs de risque des TMS incluent les facteurs biomécaniques, les facteurs psychosociaux (le stress), ainsi que les caractéristiques de l'individu. Ce dernier facteur de risque individuel représente un risque assez faible.
Les facteurs bio-mécaniques incluent la « répétitivité » des gestes, les efforts excessifs, le travail statique de faible niveau maintenu dans le temps les positions articulaires extrêmes et les chocs et pressions mécaniques. Le froid et les vibrations peuvent aggraver ces phénomènes. En 2003, 24,7 % des hommes exerçant une manutention manuelle de charges pendant plus de 20 heures ont un fort taux de risque d'être victime de TMS contre seulement 14.3 % des femmes. Mais les femmes ont plus de risque d'être victimes de TMS en exerçant un travail avec des contraintes visuelles (écran) pendant plus de 20 heures et ce, à hauteur de 58 % contre seulement 36.7 % chez les hommes[1].
Les risques psychosociaux incluent notamment le manque d’autonomie, le niveau d’exigence, le soutien social (le collectif de travail), et le sentiment de ne pas être reconnu à sa juste valeur. Le stress joue un rôle important dans l’apparition des TMS car il peut provoquer des douleurs musculaires, une baisse de la vitesse de réparation des tissus musculaires, l’apparition d’œdèmes, l’inflammation des tendons, etc. Il existe également d’autres effets du stress à long terme comme par exemple les infarctus, les ulcères, les constipations, l’épaississement et le bouchage des artères, etc. Le stress apparaît lorsque les personnes n’ont pas la possibilité d’agir sur une situation qu’ils jugent agressive. S’ils peuvent modifier leur environnement, cela aura un impact bénéfique sur leur état de santé.
[modifier] Prévention
Les TMS ne sont pas une fatalité en entreprise. Il est possible de prévenir leur apparition avec notamment une intervention ergonomique. Un ergonome pourra dans une situation de travail mettre à jour les facteurs de risque et les déterminants à l'apparition des TMS au travail.
En France, du 11 au 15 mai 2009, l‘assurance maladie a produit sa deuxième édition de la Semaine nationale de prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS). Le thème de l'année 2009 est « l’engagement des filières professionnelles »[2] (Pour en savoir plus). Le 17 juin 2010, le réseau ANACT organise à Paris un Forum national consacré à la prévention des troubles musculosquelletiques[3]. La prise en charge en maladie professionnelle est subordonnée à des critères médicaux et administratifs stricts. Le système de reconnaissance sur tableau dégage le salarié de l'obligation d'apporter la preuve des gestes répétés au travail.
[modifier] Déterminants
Les causes de l'apparition des TMS ne sont pas à rechercher dans les facteurs de risque qui ne sont que des facilitateurs à l'apparition des troubles mais bien dans des déterminants qui impactent la situation de travail. On va ainsi trouver :
- L'organisation de la production
- l'organisation du travail
- La conception des équipements
- La conception des produits
- Les outils
- La gestuelle (en termes de consigne et de procédure)
- La gestion des compétences, de l'évolution de carrière, la polyvalence
- L'ambiance de travail
- Les dépendances organisationnelles
- Les modes de rémunération
[modifier] Situations de travail
Pour éliminer les risques de TMS au poste de travail, il existe trois types de mesures :
- Les mesures techniques: qui doivent porter sur les facteurs de risque directs (biomécaniques) que sont les efforts, les positions angulaires extrêmes, la « répétitivité » des gestes.
- Adaptation du poste de travail après une analyse fine de l'activité des opérateurs
- Réduction des masses manipulées
- Réduction des tâches trop répétitives
- Ajout d'assistances physiques (bras antirotation pour visseuses, ...)
- Utilisation de matériaux absorbant les vibrations (poignées d'outils,...)
- Lorsque c'est possible, remplacer les outils vibrants par des outils non vibrants (clé à choc remplacée par une visseuse électrique,...)
Pour les mesures organisationnelles, une alternance des opérateurs sur le poste peut être faite afin de limiter le risque (moins de sollicitation par opérateur). Attention aux effets masqués qui peuvent conduire par cette technique à l'apparition d'une « épidémie ». Plusieurs opérateurs souffrant de pathologies similaires du fait d'une exposition aux facteurs de risque même limitée mais dont les effets peuvent être cumulatifs. Une organisation du travail peut être fait pour limiter les tâches répétitives (éviter la fabrication en juste à temps, favoriser les stock tampons).
Une information aux opérateurs sur les positions à risque et leurs conséquences, afin de les inciter à corriger leurs postures, en accompagnement des modifications techniques des postes de travail. En cas de sollicitations extrêmes (par exemple abattoirs), préparer les opérateurs avant leur prise de poste, par des exercices d'assouplissement et d'échauffement. Attention, cette solution n'est pas une mesure de prévention dans la mesure où les sollicitations extrêmes dépassent les capacités physiologiques des opérateurs. Ménager des pauses au cours du travail afin de permettre à l'organisme de récupérer et management du travail qui favorise la reconnaissance du travail.
- L'apprentissage de gestes et mouvements justes (ergomotricité) pour le soulever et le transport de charges par exemple.
- En faisant une fixation de la colonne vertébrale
- En superposant les centres de gravité (Homme - charge).
- En assurant des appuis stables et en recherche d'équilibre.
- En sollicitant les jambes (segments les plus puissants du corps).
- En orientant les pieds dans la direction de la marche pour éliminer toutes rotations du corps.
En aucun cas il ne faut toutefois appliquer des solutions toutes faites. Chaque situation de travail est unique et il est nécessaire de faire appel à une analyse ergonomique et ergomotrice du duo Homme-travail pour s'assurer de prendre les bonnes mesures de prévention.
[modifier] Références
- [PDF] [1]
- Prévention des risques professionnels Ameli/Assurance maladie
- Programme et inscription
[modifier] Annexes
[modifier] Articles connexes
[modifier] Bibliographie
- (en) Repetitive Strain Injury: A Computer User's Guide; Emil Pascarelli and Deborah Quilter (ISBN 0-471-59533-0)
- (en) It's Not Carpal Tunnel Syndrome! RSI Theory and Therapy for Computer Professionals; Suparna Damany, Jack Bellis (ISBN 0-9655109-9-9)
- (en) Conquering Carpal Tunnel Syndrome & Other Repetitive Strain Injuries, A Self-Care Program; Sharon J. Butler (ISBN 1-57224-039-3)
- Gestes et Mouvements justes - Guide de l'Ergomoticité ; Michel GENDRIER, (ISBN 2-86883 -729 - 8) E.D.P. Sciences 2004.
- TMS et évolutions des conditions de travail Editions ANACT, 1998.
[modifier] Liens externes
- L'Institut national de recherche et de sécurité (France) met à disposition de nombreuses publications sur les TMS.
- L'Institut de Santé sécurité au travail (Québec) met à disposition de nombreuses publications sur les LATR.
- (en) MIT Medical Department: REPETITIVE STRAIN INJURIES: What You Absolutely Need to Know (PDF)
- Inforisque - Fiches pratiques : Les TMS, origine d'un risque professionnel.
- Campagne d'information sur les TMS et travailler-mieux.gouv.fr - Informations et outils de prévention sur les TMS du ministère français du Travail
- TMS portail du risque - Annuaire de site sur les TMS par le portail du risque QHSE IUT HSE Université Bordeaux 1.