Troubles en Région autonome ouïghoure du Xinjiang

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Région autonome ouïghoure du Xinjiang.
Carte du Xinjiang présentant la répartition des ethnies par préfecture. Le bleu correspond aux Ouïghours, le rouge aux Hans et le jaune aux Kazakhs.

La région autonome ouïghoure du Xinjiang est une région autonome de la République populaire de Chine qui fut créée par le gouvernement chinois le 1er octobre 1955 pour remplacer la province de Xinjiang. Après l'entrée de l'armée populaire de libération en 1949, la République du Turkestan oriental (1944-1949), qui occupait trois districts du nord de la province, fut supprimée. Depuis cette date, des organisations séparatistes ouïghoures se sont succédé au Xinjiang, réclamant l'indépendance de ce qu'elles nomment le Turkestan oriental ou Ouïghourstan. C'est ainsi que de nombreux troubles ont éclaté dans la région entre la population ouïghoure et le gouvernement chinois ; ce dernier refusant toute velléité indépendantiste et menant depuis 1955 une politique de sinisation du Xinjiang qui s'est accélérée dans les années 1990[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Xinjiang, ou Turkestan oriental, fut rattaché à l'empire chinois en 1759 mais deux régions de Xinjiang connurent au milieu du XXe siècle de courtes périodes de presque indépendance : l'ouest de Xinjiang de 1933 à 1934 et le nord de Xinjiang de 1944 à 1949. Après sa conquête par l'empire mandchou, et avant la création de la République populaire de Chine en 1949, la province manifesta un désir d'émancipation par l'intermédiaire de différents mouvements nationalistes issus principalement du panislamisme et du panturquisme[2]. En 1949 les Chinois Han représentaient 6 % de la population de la région[3].

Après 1949 et l'intégration du Xinjiang à la RPC, les cadres communistes associèrent les élites musulmanes de la Seconde République du Turkestan oriental au régime mais sans parvenir à enrayer le nationalisme ouïghour. Durant la Révolution culturelle, Mao opta pour des méthodes répressives et développa une véritable politique de sinisation avec l'implantation au Xinjiang de millions de Hans, l'ethnie majoritaire en Chine. La politique chinoise s'assouplit en 1978 avec l’arrivée de Deng Xiaoping mais les troubles s'intensifièrent en 1990 après le retrait de l'armée rouge d'Afghanistan et l'indépendance en 1991 de trois républiques musulmanes ex-soviétiques aux frontières orientales de la Chine. Avec les modèles tadjiks, kirghizes et kazakhs aux portes du Xinjiang, les aspirations séparatistes ouïghoures redoublèrent et les revendications prirent une dimension internationale avec l’accroissement du rôle joué par la diaspora.

Contentieux entre communauté ouïghoure et han[modifier | modifier le code]

Au recensement de 2000, le Xinjiang comptait 19,2 millions d'habitants. L'ethnie ouïghoure représentait 45 % de la population, les Hans 41 %, les Kazakhs 7 %, les Huis 5 %, les Kirghizes 0,9 % et les Mongols 0,8 %[4]. Les Hans vivent principalement dans les villes où ils sont souvent majoritaires, ainsi dans la capitale Urumqi ils représentent 70 % de la population[5].

Le sinologue Jean-Luc Domenach indique qu'il y a eu de nombreuses révoltes des Ouïghours du fait d'un sentiment identitaire fort : « En fait, il y a un esprit de résistance des Ouïgours depuis que les Hans colonisent le Xinjiang ». Aujourd'hui les Ouïghours considèrent « que la progression de l'économie chinoise se fait à leurs dépens et facilite une domination croissante des Chinois sur leur population » [6].

Faits marquants[modifier | modifier le code]

Entre 1987 et 1990, le Xinjiang connut plus de 200 attentats à la bombe, dirigés surtout contre des bâtiments officiels et des bureaux du contrôle des naissances[7]. En 1993, il y eut plus de 17 explosions dans la seule ville de Kachgar et en 1994 trois grosses explosions à Aksu[7]. En 1996, le gouvernement chinois lança une grande opération de lutte contre la criminalité qui se traduisit par une campagne de perquisitions et d'arrestations[7].

Événements récents[modifier | modifier le code]

Le 10 mars 2008, le gouverneur de la province chinoise du Xinjiang, peuplée de turcophones musulmans, a annoncé avoir déjoué, lors d'une opération de police menée le 27 janvier contre un groupe séparatiste Ouïgour à Ürümqi, une tentative d'attentat islamiste contre les Jeux Olympiques. Selon Wang Lequan, ce projet d'attentat aurait été commandité par le Mouvement islamique du Turkestan oriental, organisation terroriste basée en Afghanistan et au Pakistan. Le quotidien français Le Figaro précise que « la Chine n'a montré aucune preuve à charge » de cette affaire au cours de laquelle deux militants du groupe séparatiste furent tués et 15 arrêtés[9].

Plusieurs attentats ont été enregistrés dans cette région en 2008 dont celui du 4 août 2008 dans lequel 16 policiers Hans ont été tués. Les 23 et 24 mars, des manifestations d'indépendantistes ouïgours se sont déroulées dans la ville de Hetian, aussi appelé Khotan[10], rassemblant 1000 personnes, dont 600 ont été emprisonnées[11].

En novembre 2013 à Kachgar, l'agence de presse officielle Chine nouvelle rapporte la mort de 11 personnes dont 2 policiers lors de l'attaque d'un commissariat par des manifestants armés de haches[12].

Références[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]