Troubles de l'identité sexuelle

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Troubles de l'identité sexuelle
Classification et ressources externes
CIM-10 F64.9, F64.8
CIM-9 302.85
MedlinePlus 001527
MeSH D005783
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Les troubles de l'identité sexuelle désignent un malaise et un sentiment d'inadéquation pouvant être ressentis par un individu vis-à-vis du genre qui lui est attribué d'après son sexe. En France, les troubles de l'identité sexuelle ne sont plus classés dans la nomenclature de la sécurité sociale dans le chapitre des troubles de la personnalité ouvrant droit a une prise en charge en ALD depuis février 2010. « En dépit de toute classification allant dans le sens contraire, l’orientation sexuelle et l’identité de genre d’une personne ne sont pas en soi des maladies et ne doivent pas être traitées, soignées ou supprimées[1] ». Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe est aussi de la même opinion contre toute classification psychiatrique pour les transgenre et la stérilisation forcée pour le changement légal du sexe[2]. « Le Guide des activistes » sur les Principes de Jogjakarta affirme aussi que « Il est important de savoir que malgré l'orientation sexuelle a été déclassifiée comme la maladie mentale dans les beaucoup des pays, « identité de genre » ou « troubles de l'identité sexuelle » quelquefois reste sur la considération[3] ».

Remise en question[modifier | modifier le code]

Du point de vue essentialiste[4], le genre est perçu comme naturellement associé au sexe, les deux notions se confondant dans une essence masculine ou féminine, qui régit tant le sexe biologique que la plupart des comportements sociaux[5]. De ce point de vue, les troubles de l'identité sexuelle sont considérés comme une maladie, la personne refusant de reconnaître sa véritable nature. Il s'agit alors de la soigner, en l'aidant à renoncer à des aspirations contre nature.

Selon l'analyse constructionniste développée par les queer studies et les gender studies (Études de genre) à partir de la French theory (les philosophes de la déconstruction, la plupart des comportements associés à l'un ou l'autre genre sont arbitraires et d'origine culturelle[6]. Les troubles de l'identité sexuelle sont perçus comme une volonté de « jouer le genre » (to perform gender) autrement et les circonstances doivent être adaptées autant que possible à cette volonté. En clair selon Butler on est une femme car on se comporte comme la société pense qu'une femme doit se comporter. C'est le fait de recommencer tous les jours les mêmes comportements féminins qu'on accède au status de femme. Le genre étant purement social et non quelque chose d'intérieur que l'on sent, il peut varier.

Transgenres et transsexuel(les)[modifier | modifier le code]

Transsexuel(le) = personne convaincue que son genre (le fait de se sentir, de s'identifier homme ou femme et assigné administrativement à la naissance) ne colle pas avec son sexe physique (mâle ou femelle) et désirant modifier sont corps de façon radicale (hormones, chirurgie) pour ressembler au genre ressenti

Transgenre (au sens strict) = personne dont le genre ne correspond pas au sexe mais qui ne désire pas modifier son corps ou du moins pas son sexe.

Transgenre (au sens large) = toute personne ayant un genre non conforme à son sexe

Quand le genre fait problème, le sexe biologique peut être remis en cause ou non : « Les transsexuels n’essaient pas de changer de genre, mais seulement de sexe[7] ». En effet, ils considèrent que leur genre est déjà celui attribué à l'autre sexe, et que c'est leur sexe qui ne leur correspond pas. En conséquence, ils souhaitent une opération qui leur attribuera le sexe voulu, et peuvent être essentialistes (expliquant qu'ils sont nés homme dans un corps de femme ou l'inverse) ou constructionnistes.

Pour d'autres personnes, leur sexe biologique leur convient, mais ils souhaitent le vivre différemment : soit selon les modalités de l'autre genre, soit simplement en dehors de ces canons qu'ils tiennent pour arbitraires, ce que la drag queen RuPaul formule ainsi : « We are born naked, everything else is drag ». (Nous naissons nus, tout le reste n'est que travestissement). Aucune opération n'est alors nécessaire, mais la personne appartient à la catégorie la moins bien acceptée par les essentialistes, car son vécu n'autorise aucune interprétation satisfaisante pour cette théorie.

Classifications[modifier | modifier le code]

Les dénominations officielles de ces troubles peuvent être :

  • Identité sexuelle ambiguë (Identité hermaphrodite)
  • Transsexualisme
  • Trouble de l’identité sexuelle de l’enfance (similaire, mais pré-puberté)
  • Trouble de l’identité sexuelle chez l’adolescent ou l’adulte
  • Trouble de l'identité de genre

Selon le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV), les symptômes incluent l'identification intense et persistante à l'autre sexe, le sentiment persistant d'inconfort par rapport à son sexe ou sentiment d'inadéquation par rapport à l'identité de rôle correspondante. L'affection n'est pas concomitante d'une affection responsable d'un phénotype hermaphrodite (pour les aspects biologiques : Syndrome de Klinefelter : XXY, Syndrome de Turner : X0). L'affection est à l'origine d'une souffrance cliniquement significative ou d'une altération du fonctionnement social, professionnel, ou dans d'autres domaines importants. Ces troubles sont indépendants de l'orientation sexuelle.

Dans le DSM-V, sorti en 2013, il n'existe plus de trouble de l'identité genre. La transidentité n'est plus une maladie. Cependant arrive un autre diagnostic lié à l'identité sexuelle = la dysphorie du genre.

Autrement dit, être mâle et vouloir être femme est une maladie si et seulement si la personne souffre de sa condition transidentitaire. Si elle vit bien sa situation, elle n'a aucun trouble mental.

Ceci revient à reconnaître l'existence de la transidentité et à désavouer de ce fait la théorie essentialiste

« Tous les diagnostics psychiatriques surviennent dans un contexte culturel », Jack Drescher, un psychiatre de New York et membre du sous-comité APA dit « Nous savons qu'il y a une communauté de gens qui ne cherchent pas des soins médicaux et vivent binairement entre les deux catégories. Nous voulions envoyer un message que le travail du thérapeute est de ne pas pathologiser ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Principe 18 des Principes de Jogjakarta sur l’application de la législation internationale des droits humains en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre, disponibles ici.
  2. Divorce et stérilisation forcée - a réalité pour de nombreuses personnes transgenders
  3. Un Guide des activistes sur les Principes de Jogjakarta, page 100
  4. C'est notamment celui des religions du livre.
  5. « pour les essentialistes, [...]les différences entre les femmes et les hommes sont le produit de leur essence même, il n'y a pas lieu de distinguer genre et sexe. » Georges-Claude Guilbert, in C'est pour un garçon ou pour une fille ?
  6. « Or, si les attributs de genre ne sont pas expressifs mais performatifs, ils constituent en effet l'identité qu'ils sont censés exprimer ou révéler. » Judith Butler in Troubles dans le genre.
  7. Stoller, L’Identification, 1978