Trophée des Alpes
| Trophée des Alpes | ||||
La Turbie et le trophée des Alpes |
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| Présentation | ||||
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| Propriétaire | État | |||
| Protection | ||||
| Géographie | ||||
| Pays | ||||
| Région | Provence-Alpes-Côte d'Azur | |||
| Département | Alpes-Maritimes | |||
| Commune | La Turbie | |||
| Coordonnées | ||||
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Géolocalisation sur la carte : Alpes-Maritimes Géolocalisation sur la carte : France |
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Le trophée des Alpes, élevé en l'honneur de l'empereur romain Auguste au point haut de la via Aurelia, célèbre la victoire définitive sur quarante-quatre tribus qui entravaient auparavant les multiples passages alpins. Plus qu'une attaque pour accaparer des marchandises, ces peuples imposaient alors à ceux qui empruntaient leurs cols un contrôle des relations commerciales et des mouvements militaires inacceptables pour l’Empire qu'était Rome. Mentionnant d'autres peuples rhètes et alpins, il relate en particulier indirectement la soumission de 23 à 13 av. J.-C. des derniers peuples celto-ligures indépendants qui peuplent les massifs alpins entre Narbonnaise et Gaule cisalpine. Ici la soumission a permis la continuation de la voie aurélienne et les vaincus bénéficiant de la clémence impériale ont reçu en 10 av. J.-C. la cité des Alpes maritimes, dont la capitale construite en face de Nikaia est Cemenelum, aujourd'hui Cimiez un simple quartier de Nice.
Ce monument atrophié en hauteur sur ordre de Louis XIV est situé sur la commune de La Turbie (Alpes-Maritimes), surplombant la principauté de Monaco.
Sommaire |
Historique [modifier]
Ce trophée n'avait aucune vocation militaire et ne pouvait jouer aucun rôle de refuge ou de fortification. Il marquait la frontière entre l'Italie et la Narbonnaise, plus tard repoussée au fleuve Var. Cependant, entre le XIIe siècle et le XVe siècle, le trophée devient forteresse et les maisons sont rattachées au mur d’enceinte. En 1705, quand la guerre entre la France et la Savoie a repris, Louis XIV ordonna la destruction de toutes les forteresses de la région, et le fit ainsi partiellement exploser. Le trophée devient alors une véritable carrière, et ses pierres servent entre autres à la construction de l'église Saint Michel du vieux village. Sa reconstruction partielle fut entamée par des archéologues au début du XXe siècle.
Il est maintenant le principal attrait touristique de la commune de La Turbie.
Le bimillénaire du trophée[1], [2] a été commémoré du 10 juillet au 28 août 1994 par le Centre des monuments nationaux avec une composition de trois jeunes artistes proposant des approches différentes du trophée et la réalisation d’un film vidéo de Vincent Gareng sur l’histoire du monument et un spectacle lumière de Louis Clair, concepteur lumière.
Description [modifier]
La pierre calcaire nécessaire pour ériger le Trophée d'Auguste a été extraite de la « carrière romaine », située à environ 500 mètres de là, où l'on peut encore voir les traces des sections de colonnes découpées dans la pierre.
L'environnement immédiat du Trophée est riche en vestiges de l'Empire romain, dont des voies romaines. Il se trouve sur la via Julia Augusta (du nom de l'empereur Auguste), continuation de la via Aurelia qui reliait Vintimille à Cimiez (Nice). Diverses fontaines sur les territoires des communes de Beausoleil et de Roquebrune-Cap-Martin sont réputées romaines.
À l’origine (d’après les architectes Formigé père et fils) la base principale faisait 35 m de longueur, la 1re plate-forme 12 m de haut, la rotonde comptait 24 colonnes et la statue d’Auguste trônait à 49 m de hauteur. Le trophée restauré mesure actuellement 35 mètres de hauteur.
D'après la date de sa dédicace, sa construction fut achevée en -6 / -7.
Inscription latine [modifier]
Sur la façade ouest du Trophée de La Turbie, à l’arrivée de la Via Julia, est gravée la dédicace du Sénat en l’honneur de l’Empereur suivie du nom des 44 peuples pacifiés (notamment celtes, ligures, vénètes, germains entre autres peuples) qui s'étendaient sur l'ensemble de la chaîne alpine, de l'Adriatique à la Méditerranée, énumérés dans l’ordre géographique, de l’Orient à l’Occident. Pline l'Ancien en a donné une transcription[3] :
« IMP · CAESARI DIVI FILIO AVG · PONT · MAX · IMP · XIIII · TR · POT · XVII · S · P · Q · R · QVOD EIVS DVCTV AVSPICIISQVE GENTES ALPINAE OMNES QVAE A MARI SVPERO AD INFERVM PERTINEBANT SVB IMPERIVM P · R · SVNT REDACTAE · GENTES ALPINAE DEVICTAE TRVMPILINI · CAMVNNI · VENOSTES · VENNONETES · ISARCI · BREVNI · GENAVNES · FOCVNATES · VINDELICORVM GENTES QVATTVOR · COSVANETES · RVCINATES · LICATES · CATENATES · AMBISONTES · RVGVSCI · SVANETES · CALVCONES · BRIXENETES · LEPONTI · VBERI · NANTVATES · SEDVNI · VARAGRI · SALASSI · ACITAVONES · MEDVLLI · CENNI · CATVRIGES · BRIGIANI · SOGIONTI · BRODIONTI · NEMALONI · EDENATES · VESVBIANI · VEAMINI · GALLITAE · TRIVLLATI · ECDINI · VERGVNNI · EGVITVRI · NEMATVRI · ORATELLI · NERVSI · VELAVNI · SVETRI »[4]
Traduction :
« À l'empereur César Auguste, fils du divin Jules, Grand pontife, Imperator pour la XIVe fois, investi de la puissance tribunitienne pour la XVIIe fois, le Sénat et le peuple romain ont fait ce monument, en mémoire de ce que, sous ses ordres et ses auspices, tous les peuples alpins, qui s'étendaient de la mer Supérieure jusqu'à la mer l'Inférieure[5], ont été soumis à l'Empire romain. Peuples alpins vaincus : les Triumpilins, les Camunes, les Vénostes, les Vennonètes, les Isarciens, les Breunes, les Génaunes, les Focunates, quatre nations vindéliciennes, les Consuanètes, les Rucinates, les Licates, les Caténates, les Ambisuntes, les Rugusces, les Suanètes, les Calucons, les Brixentes, les Lépontiens, les Vibères, les Nantuates, les Sédunes, les Véragres, les Salasses, les Acitavons, les Médulles, les Ucènes, les Caturiges, les Brigians, les Sogiontiens, les Brodiontiens, les Némalones, les Édénates, les Ésubians, les Véamins, les Gallites, les Triulattes, les Ectins, les Vergunnes, les Éguitures, les Némentures, les Oratelles, les Néruses, les Vélaunes, les Suètres. »[6]
La localisation géographique des peuples cités n’est pas connue avec exactitude et fait l’objet de recherches, mais l'inscription sur le trophée, comme l'a rappelé Philippe Casimir[7], permet de dégager une reconstitution de la situation des Alpes dans l'antiquité[8].
Galerie [modifier]
Notes et références [modifier]
- Danièle Mouchot, Le trophée de la Turbie : bimillénaire d'un monument, Dijon, Archéologia, 1995
n° 309 Page : 30-33
- Histoire du Trophée d'Auguste : La Turbie avec sa tour d'Auguste... (Guillaume Apollinaire-Anecdotiques)
- Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre III, 136-137.
- Pline 3, 136-137, site de Bill Thayer
- La mer Supérieure désignait la mer Tyrrhénienne et la mer Inférieure la mer Adriatique.
- Pline l'Ancien, 3, 24, 4, traduction d'Émile Littré, site de Philippe Remacle
- Philippe Casimir, Le Trophée d'Auguste à La Turbie, Paris, Le Livre d'Histoire-Lorisse éditeur, 2010, 168 p. (ISBN 978-2-7586-0412-9 issn=0993-7129).
page 64
- Selon le Docteur Michel Bourrier, écrivain, les Eguituri vivaient entre les Ectini de Puget et les Suetri de l’Estéron. Selon l’abbé Dapon, Histoire générale de Provence, Paris 1777, ils devaient habiter sur les bords du Var depuis la petite rivière du Chans (Cians) jusqu’à la Tinée. Alliés aux 21 autres peuplades ligures de la confédération alpine à l’est du Var, ils furent avec elles battus par Rome en -233 et victorieux au gué de Gattières (Alpes-Maritimes) en 189 avant J.C. (Dion Cassius). Les Eguituri, petits agressifs, âpres aux gains, « latroni et atroces », obligèrent Rome à incendier la forêt pour les réduire. Soumis en 13 avant J.C. par Auguste, leur nom est gravé à la dernière ligne du trophée de la Turbie (Pline, Livre III, chap. 20).
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Philippe Casimir, Guide historique du musée du trophée romain de La Turbie, Monaco, Imprimerie monégasque, 1910, 92 p.
- Philippe Casimir, Le Trophée d'Auguste à La Turbie, Paris, Le Livre d'Histoire-Lorisse éditeur, 2010, 168 p. (ISBN 978-2-7586-0412-9 issn=0993-7129).
Monographies des villes et villages de France, Collection dirigée par M.G. Micberth
- Jean-Camille Formigé, Le Trophée d'Auguste, note sur l'inscription qui était gravée sur le trophée, et sa reconstitution avec les fragments recueillis dans les fouilles exécutées à la Turbie, A. Picard, 1910, 8 p.
- Jules Formigé, Le Trophée des Alpes, La Turbie, 1949
- Sophie Binninger, Le trophée d'Auguste à la Turbie, Paris, Éditions du Patrimoine, 2009
- Nino Lamboglia, Le trophée d’Auguste à la Turbie, Institut international d’études ligures, 1983, 80 p.
5ème édition, Itinéraires ligures 4. la première édition avait été publiée en 1938 sous les auspices de Jules Formigé, architecte en chef des monuments historiques et de Giulio Quirino Giglioli, Directeur général de la « Mostra Augustea della Romanita », à l’occasion du Bimillénaire d’Auguste. La traduction française a été faite par André Cane et révisée par l’Auteur
- Collectif (Conservations régionales des monuments historiques, des antiquités préhistoriques, des antiquités historiques, avec la collaboration d'A. Roth-Congès, IRAA-CNRS), Coordination générale : René Dinkel conservateur régional des monuments historiques, E. Decugnière, H. Gauthier, Suivez le guide, Monuments historiques Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marseille, Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur (Office Régional de la culture) et Ministère de la Culture (Direction régionale des affaires culturelles Provence-Alpes-Côte d'Azur), 1986, 200 p.
Turbie (La), Trophée d’Auguste, pp. 78-79 et Cartes thématiques : I. Sites et monuments antiques ; 2. Architecture médiévale ; 4. Renaissance / Classique / Baroque
Article connexe [modifier]
Liens externes [modifier]
- (fr+en) Trophée d'Auguste à La Turbie, monuments nationaux
- (fr) Découvrir le trophée des Alpes, ville de La Turbie
- (fr) Histoire du Trophée d’Auguste à La Turbie, Traduction du texte de Casalis