Troisième guerre d'Indépendance italienne

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La troisième guerre d'indépendance italienne (1866) est une étape dans le processus d'unification de l'Italie entrepris depuis 1848. Cette guerre, la dernière pour achever l'unification, vise à rattacher au royaume d'Italie proclamée en 1861 la Vénétie encore sous domination autrichienne ainsi que la région autour de Rome, encore placée sous la souveraineté du Pape. Leur absence ne satisfaisait en effet pas les libéraux italiens. Ils ne partageaient pas l'attachement du gouvernement italien à ne pas compliquer les relations avec les autres puissances européennes.

En 1862, Giuseppe Garibaldi partit de Gênes avec des volontaires pour débarquer à Palerme et tenter de libérer Rome, confiant en la neutralité du Roi. Accompagné de 2 000 volontaires, il embarqua à Catane pour débarquer à Melito le 24 août et rejoindre l'Aspromonte. Le général Cialdini envoya cependant une division commandée par le colonel Pallavicino pour stopper l'armée des volontaires.

Lors du combat, Giuseppe Garibaldi fut blessé et fait prisonnier avec ses hommes. Une fois guéri, on lui permit de retourner à sa résidence de Caprera.

La Troisième Guerre d'Indépendance (1866) permit finalement à l'armée régulière italienne de se battre pour la libération des derniers territoires de la péninsule sous domination autrichienne. Elle se joignit à la déclaration de guerre, notamment grâce à la médiation de la France de Napoléon III, après que le Gouvernement italien, sous la conduite du général La Marmora, eut conclu une alliance militaire avec la Prusse du baron Otto von Bismarck.

Les deux nations, qui voyaient en l'Autriche un obstacle à leur projet d'unification nationale, avaient un objectif commun. Selon les plans prussiens, l'Italie devait affronter l'Autriche sur le front sud. En même temps, forte de sa supériorité navale, l'Italie devait menacer les côtes dalmates et occuper des îles de l'Adriatique, détournant ainsi une partie des forces autrichiennes du théâtre de la guerre en Europe centrale.

Bataille de Bezzecca

Dans les faits, la situation militaire italienne était fortement handicapée par les facteurs suivants:

  • le manque de cohésion entre l'Armée sarde et les troupes Royales venues des territoires récemment annexés, due à la forte résistance rencontrée après la prise de Gaeta et amorcée par la dureté excessive des combats dans leur phase finale (voir à ce propos Messine et Civitella del Tronto).
  • la grande rivalité entre les flottes réunies sous la Regia Marina (marine nationale italienne), les marines génoise et napolitaine étant rarement disposées à se considérer sous les ordres de quelqu'un.
  • le problème non résolu du commandement suprême, déjà source de conflit entre le Roi et Cavour en 1859, s'était aggravé à cause du manque d'envergure du successeur du comte. Le Roi, dont le courage ne souffre aucune discussion, n'était cependant pas apte au Commandement suprême qu'il voulait cependant exercer.

Dès lors, les défaites sur le front terrestre et maritime étaient presque inévitables. Les défaites lors des batailles de Custoza et Lissa marquèrent au fer rouge cette période ressentie comme extrêmement négative, au-delà même de la portée réelle des évènements.

Les seuls succès militaires (bataille de Bezzecca, combat de Primolano, combat de Versa...) furent obtenus sur les fronts secondaires ou par les troupes de volontaires, commandées par Garibaldi, qui s'étaient attachées à la conquête de la Venezia tridentina (correspondant à l'actuelle province autonome de Trente).

Malgré les défaites, l'armée italienne réussit à occuper les troupes autrichiennes sur le front alpin, permettant ainsi à la puissante armée prussienne de remporter des batailles importantes sur le front allemand. (La victoire de Sadowa le 3 juillet 1866, œuvre du général von Moltke se révéla déterminante). En six semaines, l'Autriche dut capituler. Sur le front italien, la guerre ne pouvait continuer qu'avec les manœuvres de Garibaldi dans le Trentin, mais sans le soutien essentiel de la Prusse, l'état-major italien préféra ordonner la retraite. À cet ordre, Garibaldi répondit avec le laconique et célèbre « J'obéis ».

En tant qu'alliée militaire de la France et de la Prusse, l'Italie fut comptée parmi les vainqueurs du conflit. Les traités de paix successifs imposèrent à l'Autriche de céder à l'alliance franco-prussienne la Vénétie (le territoire comprenant les actuelles régions italiennes de Vénétie et de Frioul-Vénétie julienne sans les provinces de Gorizia et de Trieste), qui fut immédiatement cédée au Royaume d'Italie.


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