Troisième dynastie d'Ur

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Ruines de la cité d'Ur, avec la ziggurat en arrière-plan.

La troisième dynastie d’Ur (sous forme abrégée : Ur III) est, comme son nom l'indique, la troisième dynastie de la ville sumérienne d’Ur, selon la tradition historiographique mésopotamienne. Mais il s'agit surtout d’un grand empire fondé par les souverains de cette dynastie, qui domina toute la Mésopotamie d’environ 2112 à 2004 av. J.-C.[n 1]

Dans l'histoire mésopotamienne, cette expérience impériale se situe dans la continuité de celle des rois d'Akkad qui l'a précédée de deux siècles environ. La dynastie d'Ur III est toutefois d'origine sumérienne et non akkadienne contrairement à celle du premier empire. Ses rois, administrateurs et lettrés, ayant essentiellement fait usage du sumérien, cette période est parfois appelée « période néo-sumérienne », à laquelle on inclut également la dynastie de Gudea de Lagash qui s'achève avec le début de la domination d'Ur III, et qui constituerait une « renaissance sumérienne » après la domination des Akkadiens, même si cette vision est très discutable.

Quoi qu'il en soit, la période d'Ur III est remarquable par la quantité de documentation écrite qui nous est parvenue, en grande majorité de nature administrative, et qui nous donne une connaissance importante du fonctionnement du royaume, de certains aspects de sa société et de son économie. Cette abondance documentaire et l'analyse des pratiques des administrateurs de l'époque ont pu donner l'impression d'un État « bureaucratique ». Il est au moins sûr que cet empire a vu l'administration des institutions officielles (temples et palais) prendre une importance sans précédent et rarement égalée par la suite dans l'histoire mésopotamienne, et a donné lieu à des expériences administratives originales.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'extension approximative de l'empire de la troisième dynastie d'Ur sous le règne de Shulgi, et son organisation centre/périphérie.

Au milieu du XXIIe siècle, l'empire d'Akkad est détruit dans des circonstances mal connues : les Gutis semblent être des acteurs importants de ces événements, mais on remarque également que la Basse-Mésopotamie éclate en plusieurs royaumes qui se constituent autour de certaines cités (Uruk et Lagash notamment). Vers 2120 ou 2055, le roi Utu-hegal d'Uruk défait Tiriqan le roi des Gutis. Il peut alors exercer sa souveraineté sur le Sud mésopotamien. Mais son règne est de courte durée. Après environ huit ans de règne, il est détrôné par des notables de la cour à la tête desquels se trouve Ur-Nammu, le gouverneur d'Ur qui est sans doute son propre frère. La tradition mésopotamienne l'a reconnu comme le fondateur de la troisième dynastie d'Ur[1].

L'histoire politique de la troisième dynastie d'Ur est reconstituée en premier lieu grâce aux noms d'années des rois qui sont connus de façon complète à partir du règne de Shulgi. Ils fournissent la durée des règnes, mais aussi leurs événements les plus remarquables (souvent militaires ou cultuels). Par exemple, la sixième année de règne de Shu-Sîn s'intitule « Shu-Sîn, roi d'Ur, a érigé une magnifique stèle pour Enlil et Ninlil » et la septième « Shu-Sîn, roi d'Ur, roi des quatre rives, a détruit le pays de Zabshali »[2]. C'est l'événement considéré comme majeur parmi ceux ayant eu lieu l'année précédente qui est retenu : donc la prise de Zabshali a eu lieu la sixième année du règne de Shu-Sîn. Ces informations peuvent être complétées par plusieurs inscriptions royales[3], les plus développées sur des événements historiques datant du règne d'Ur-Nammu, tandis que des hymnes dédiés à des rois ou des textes administratifs fournissent des informations complémentaires. Il faut enfin mentionner des textes à caractère historiographique rédigés après la chute du royaume, comme des lettres se présentant comme la correspondance de rois d'Ur et de leurs administrateurs, dont on débat pour savoir dans quelle mesure elles rapportent des informations fiables[4].

Finalement, la chronologie relative générale de la dynastie peut être établie, mais il reste beaucoup de lacunes. La chronologie absolue est bien plus incertaine : il n'y a pas d'accord pour la datation absolue des règnes, les spécialistes hésitant entre une « chronologie moyenne » et une « chronologie basse », en sachant que les deux restent très approximatives pour une période aussi reculée dans le temps.

Ur-Nammu : le fondateur[modifier | modifier le code]

Dès son intronisation, Ur-Nammu (c. 2112-2095 av. J.-C. selon la chronologie moyenne, 2047-2030 selon la chronologie basse) affirme sa domination sur le territoire dirigé auparavant par Utu-hegal, centré sur Uruk et Ur, puis étend ses possessions sur toute la Basse Mésopotamie. Il prend alors le titre de « roi de Sumer et d'Akkad » symbolisant l'unification des cités-États de la Basse-Mésopotamie comme l'ont fait les rois d'Akkad avant lui. Sa domination en direction du nord-est vers la Diyala passe sans doute par une victoire sur les troupes élamites. Ur-Nammu a procédé par la suite à une réorganisation des territoires dominés : restaurations des grandes villes et de leurs sanctuaires, des canaux d'irrigation, sans doute aussi une réorganisation administrative, tandis que son « Code » symbolise sa volonté de se montrer comme un roi juste. Il est mort au cours d'un combat si on se fie à une tradition postérieure, après environ 18 ans de règne[5].

Shulgi : l'empire d'Ur[modifier | modifier le code]

C'est alors son fils Shulgi (c. 2094-2047 ou 2029-1982) qui lui succède, dans des conditions difficiles si son père est effectivement mort dans une expédition militaire. De la première vingtaine d'années de son règne ne sont connues que des activités cultuelles, notamment à Ur et Nippur. Les 18 années qui suivent placent ce roi parmi les plus brillants de l'histoire mésopotamienne. Il étend son royaume à la suite de plusieurs conquêtes en direction du nord et surtout vers le nord-est : ses campagnes militaires ont abouti à des victoires dans la région du Haut-Tigre et du Zagros occidental (Arbelès, Simurrum, Lullubum, Kimash, etc.), et l'Élam (Anshan). Des alliances matrimoniales sont arrangées avec des royaumes du plateau Iranien dont le puissant Marhashi, pour trouver des solutions pacifiques aux conflits. Les régions conquises sont constituées en provinces-tampons face aux royaumes restés indépendants. Une muraille est construite dans le Nord du pays d'Akkad pour faire face aux incursions des populations du Nord-Ouest, les MAR.TU/Amorrites. Shulgi procède aussi à de nombreuses réformes qui réorganisent profondément les provinces centrales. Une partie de celles-ci a pu être initiée par son père, car il est parfois difficile de démêler l'œuvre de l'un de celle de l'autre. Cela concerne notamment le système de taxation (mise en place du BALA), l'organisation des domaines des temples, la formation des scribes et l'écriture, le calendrier royal, la construction d'un important centre administratif (et peut-être résidence royale) à Puzrish-Dagan. Il en a résulté une bureaucratisation de l'administration, expliquant l'inflation documentaire qui a alors lieu. Le règne de Shulgi a également vu le roi être divinisé et la rédaction de toute une littérature le glorifiant. Plusieurs de ses fils et filles ont été placés à la tête de grands sanctuaires. Shulgi est mort après 48 ans d'un règne bien accompli. Les causes de son décès sont aussi peu claires que celles de son père, et il est possible que ses dernières années aient été tourmentées[6].

Amar-Sîn, Shu-Sîn et Ibbi-Sîn : la lente désagrégation du royaume[modifier | modifier le code]

Amar-Sîn (c. 2046-2038 ou 1981-1973) succède à son père Shulgi et règne neuf années. Ses troupes combattent à plusieurs reprises dans les périphéries du Nord et de l'Est (Arbèles, Kimash, Huhnur, etc.) où la domination du royaume d'Ur doit être régulièrement affirmée, tandis que les relations diplomatiques avec les rois du plateau Iranien se poursuivent[7]. Le système administratif mis en place par son prédécesseur fonctionne toujours bien[8].

Shu-Sîn (c. 2037-2029 ou 1974-1962), frère ou fils du précédent et régnant lui aussi neuf années, doit à nouveau affirmer son autorité dans les périphéries du nord et de l'est. Le tribut perçu depuis celles-ci semble arriver moins régulièrement, signe d'un affaiblissement de l'emprise du roi d'Ur. Le danger le plus menaçant vient du nord-ouest, du fait des incursions des groupes amorrites. Pour y faire face, Shu-Sîn renforce le système défensif mis en place par Shulgi en construisant un nouveau mur[9].

Ibbi-Sîn (c. 2028-2004 ou 1963-1940), sans doute le fils du précédent, règne vingt-quatre années durant lesquelles la désagrégation du royaume se poursuit inexorablement. Les archives des grands centres administratifs des régions centrales se sont taries dès le début de son règne. Plusieurs campagnes sont menées contre les entités politiques situées aux marges orientales du royaume (Anshan, Huhnur, Suse) qui ont pris leur autonomie. Par la suite, les provinces proches du centre se rendent à leur tour indépendantes : c'est bien connu pour Eshnunna et surtout Isin sous la direction d'Ishbi-Erra, gouverneur renégat d'origine amorrite. Les incursions des tribus amorrites sont de plus en plus violentes, tandis qu'une situation de disette éclate[10].

La chute d'Ur[modifier | modifier le code]

Tablette portant le texte de la Lamentation sur la destruction d'Ur, musée du Louvre.

La chute de la troisième dynastie d'Ur a lieu une quarantaine d'années après la mort de son plus grand roi, sous le règne de son petit-fils. Plusieurs causes ont été avancées pour expliquer cet effondrement : l'organisation bureaucratique complexe de l'empire semble lourde et fragile car difficile à maintenir dans la durée, tandis que les gouverneurs provinciaux ne sont bien tenus que quand le pouvoir du souverain est fort, pouvant prendre leur autonomie dès que celui-ci s'affaiblit, à commencer par ceux de la périphérie. De plus, les relations avec les régions voisines n'ont jamais été pacifiées malgré de nombreuses tentatives, notamment avec les royaumes élamites et les tribus des Martu/Amorrites[11]. Plus récemment, un autre type d'explication a été proposé : un réchauffement climatique qui aurait entraîné la disette des dernières années du royaume[12].

Le déroulement exact de la chute d'Ur est mal connu, car il est reconstruit avant tout par des sources postérieures dont la fiabilité est mal établie, notamment les lettres apocryphes évoquées plus haut qui donnent des éléments sur les conditions de la sécession d'Ishbi-Erra d'Isin, qui a lieu sur fond de crise de subsistance[13]. Le coup de grâce semble avoir été porté à Ur par une expédition menée par le roi élamite Kindattu de Simashki, dirigeant une coalition constituée de troupes venant aussi du Zagros. Ibbi-Sîn aurait alors été emmené en Élam avec la statue du dieu Nanna, patron d'Ur, symbolisant sa défaite totale. Néanmoins, les troupes élamites sont ensuite chassées par Ishbi-Erra qui récupère les bénéfices de la chute d'Ur, puisqu'il exerce par la suite l'hégémonie sur les cités de Sumer, sans pour autant être en mesure d'établir un royaume de la taille de celui d'Ur III[14].

Le royaume d'Ur III a posé les bases des grands royaumes qui lui succèdent. Tandis que les Sumériens disparaissaient en tant que peuple, une nouvelle ère s'ouvrait dans l'histoire mésopotamienne, la période paléo-babylonienne ou amorrite. Les premiers rois amorrites (surtout Isin et Larsa) ont assumé l'héritage d'Ur III : leur titulature reprend celle des rois d'Ur, ils continuent un temps à se faire diviniser et patronnent un art et une littérature dans la continuité de ceux de la période néo-sumérienne. Sous les rois d'Isin sont rédigés des textes de « lamentations » commémorant la chute du royaume d'Ur et de ses grandes villes (Ur, Uruk, Nippur et Eridu)[15]. Elles ont en fait pour but de justifier la chute d'Ur et de légitimer la domination des nouveaux maîtres du sud mésopotamien en les présentant comme des décisions divines. Des hymnes et récits relatifs aux rois d'Ur III, surtout Ur-Nammu et Shulgi, sont encore recopiés et perpétuent le souvenir de leurs brillants règnes, de même que les lettres apocryphes des rois d'Ur qui sont recopiées dans le milieu scolaire.

L'organisation du royaume d'Ur III[modifier | modifier le code]

L'organisation du royaume d'Ur III est bien connue grâce à la très abondante documentation cunéiforme de cette période, provenant avant tout de cinq sites, les anciennes villes de Girsu (Tello), d'Umma (Tell Jokhar)[16], de Puzrish-Dagan (Drehem)[17], de Nippur[18] et d'Ur[19]. Une estimation du nombre de tablettes de cette période exhumées s'élève à environ 90 000 tablettes, dont 12 000 non publiées[20]. Il s'agit pour l'immense majorité de documents administratifs provenant des temples, et datés des règnes de Shulgi, Amar-Sîn et Shu-Sîn.

Le roi et son entourage[modifier | modifier le code]

Détail d'une reconstitution possible de la Stèle d'Ur-Nammu : le roi effectue des libations face au dieu Nanna assis sur son trône.

La troisième dynastie d'Ur est une monarchie héréditaire suivant le modèle mésopotamien, dans lequel le roi (LUGAL[n 2]) doit son intronisation au soutien divin, en premier lieu celui du grand dieu Enlil résidant à Nippur, qui est aussi le siège de la cour royale la plupart du temps. Ur-Nammu se nomme simplement « Roi d'Ur » au début de son règne, avant de prendre le titre de « Roi de Sumer et d'Akkad » une fois qu'il a étendu sa domination à toute la Basse-Mésopotamie[21]. Son fils Shulgi, reprenant l'exemple de Naram-Sin d'Akkad, y ajoute le titre de « Roi des quatre rives (de la terre) » (c'est-à-dire de tout le monde connu)[22]. Des hymnes à sa gloire sont écrits, mettant en avant ses qualités et faisant de lui un souverain idéal. Il atteint un rang qui l'élève au-dessus des hommes vers le statut de divinité : le déterminatif de la divinité est placé avant son nom, il reçoit un culte et des temples lui sont dédiés. Ses successeurs suivent son exemple[23]. Les fonctions du roi sont de diriger l'administration, l'armée, de servir de juge suprême et du point de vue religieux d'assurer la bonne marche du culte des dieux, en participant si besoin à des rituels importants[24].

Les membres de la famille royale épaulent le roi dans la direction du royaume[25] : les princes ont des charges administratives, militaires ou religieuses. Ainsi Shu-Sîn a des attributions importantes du vivant de son père Shulgi, qui donne également une place importante à ses épouses, notamment dans le culte, et plusieurs princesses deviennent grandes prêtresses du dieu Nanna à Ur comme du temps des rois d'Akkad. Les rois élargissent aussi leur cercle familial en menant une politique matrimoniale en direction des élites administratives. Il y a donc une véritable patrimonialisation du royaume puisque les postes les plus élevés sont réservés aux membres de la famille royale ou à ceux qui sont liés à elle[26].

Après le roi, le second personnage de l'administration centrale est le SUKKAL.MAH, que l'on peut traduire par « grand vizir » ou « Premier ministre ». Il a un pouvoir très large et mal défini, aussi bien dans le domaine civil que militaire, et peut également être un gouverneur provincial. C'est le cas d'Arad-Nanna, le très influent Premier ministre de Shu-Sîn et gouverneur de la riche province de Lagash ainsi que de plusieurs marches frontalières. Le Premier ministre dirige les SUKKAL, des fonctionnaires itinérants qui ont eux aussi des charges diverses et sont dépêchés dans tout le royaume. Le roi dispose ainsi d'un réseau de contrôleurs fidèles qui lui permettent de savoir tout ce qu'il advient dans son pays. Grâce à un système de relais situés chacun à une journée de marche l'un de l'autre, ces fonctionnaires peuvent se déplacer aisément et quadriller tout le territoire. D'autres grands personnages de l'administration centrale sont connus, comme le grand échanson (ZABAR.DAB5) qui semble s'occuper d'affaires cultuelles[27]. Le degré de centralisation de l'empire est difficile à apprécier : certes dans leurs décisions les rois ont cherché à mettre en place un contrôle plus poussé de leur royaume, surtout dans le domaine économique, mais ils semblent s'être heurtés à des forces centrifuges qui ont limité leur influence et en fin de compte causé la désagrégation de leur royaume. Celui-ci est en effet très dépendant de la force de la figure royale et il perd de sa cohésion une fois le prestige et l'influence de celle-ci affaiblis[28].

Les provinces centrales[modifier | modifier le code]

Localisation des sites principaux de Mésopotamie méridionale à la période d'Ur III.

Le territoire dominé par l'empire d'Ur peut être séparé en deux entités distinctes, un centre et une périphérie, comme l'a mis en avant une étude fondamentale de P. Steinkeller[29].

Le centre était constitué des pays de Sumer et d'Akkad ainsi que de la vallée de la Diyala. Il s'agissait des régions où s'étaient épanouies auparavant les « cités-États » de Mésopotamie méridionale, unifiées une première fois par les rois d'Akkad puis à nouveau par Ur-Nammu et Shulgi. Elles étaient divisées en une vingtaine de provinces correspondant à ces anciennes cités-États. Les plus importantes étaient situées au sud, autour des grandes cités sumériennes, celles-là même qui recevaient le plus d'attentions de la part des rois d'Ur qui y avaient construit de grands complexes cultuels qu'ils pourvoyaient régulièrement en offrandes. La cité d'Ur occupait évidemment une place importante, aux côtés de sa voisine Uruk qui était la cité d'origine de la dynastie et peut-être bien le lieu où ses rois se faisaient enterrer[30]. La province de Nippur avait un rôle central, puisqu'il semble que ce soit là que les rois d'Ur préféraient résider, autour du plus important sanctuaire mésopotamien, siège d'Enlil le roi des dieux, donc la véritable capitale religieuse[31]. C'est dans ses faubourgs que Shulgi a fait construire Puzrish-Dagan, important centre administratif qui a pu en fait aussi servir de résidence royale. Parmi les autres provinces importantes il faut signaler celles de Lagash (dont le centre administratif était Girsu) et d'Umma, deux riches régions agricoles. On oppose classiquement ces cités du sud à celles situées plus au nord (Kish, Sippar mais aussi Babylone qui se développe alors) car les premières avaient un peuplement majoritairement sumérien alors que les secondes étaient en majorité akkadiennes (donc sémites), comme l'indiquent les noms de personnes qui y vivaient. Cette distinction était néanmoins en train de s'atténuer puisque la période de la soi-disant « renaissance sumérienne » est paradoxalement celle où l'akkadien supplante définitivement le sumérien en tant que langue vivante (voir plus bas)[32].

Les provinces centrales avaient à leur tête un gouverneur civil, chargé de diriger l'administration civile et de rendre la justice, l'ENSÍ (titre issu de la période des Dynasties archaïques où il désignait notamment le roi de Lagash). Il était souvent associé à un gouverneur militaire, le ŠAGIN (en sumérien)/šakkanakkum (en akkadien)[n 2],[33]. Les gouverneurs civils étaient souvent issus de la province qu'ils dirigeaient, et il était courant que ce titre soit transmis de façon héréditaire au sein d'une même famille[34]. Cela a abouti à la constitution de véritables dynasties locales potentiellement menaçantes pour la cohésion du royaume. Malgré ses velléités centralisatrices, le pouvoir central n'a jamais pu éliminer les particularismes provinciaux, comme l'existence de calendriers et de pratiques administratives locales. Les gouverneurs civils reprenaient au niveau local certaines fonctions des rois d'avant la domination d'Ur III, aussi bien dans l'administration, l'économie, que la religion[35]. Ces gouverneurs supervisaient les grands domaines qui étaient les unités économiques majeures du royaume, en premier lieu les temples qui disposaient de leur propre administration, encadraient une grande partie de la population au quotidien en dirigeant la plupart des activités économique et avaient donc un rôle central au sein des communautés locales[36],[37]. Du point de vue fiscal, toutes ces régions devaient participer au système du BALA (voir plus bas)[38].

Les provinces périphériques[modifier | modifier le code]

Les provinces périphériques étaient gardées par des colonies militaires destinées à y maintenir la domination d'Ur et à défendre les frontières : c'étaient donc des sortes de marches frontalières. Elles étaient situées à l'est en Susiane et au nord-est vers le Zagros ainsi que le long la vallée du Tigre jusqu'à au moins Assur et Arbelès, les limites septentrionales de l'influence d'Ur étant débattues[39]. Il est en tout cas évident que les régions du Moyen-Euphrate et du Triangle du Khabur n'ont pas été dominées alors qu'elles avaient été contrôlées par les rois d'Akkad, peut-être parce qu'elles étaient alors en crise à cause d'un réchauffement climatique ou plus probablement car il s'agit des zones d'où sont originaires les Amorrites qui sont alors très turbulents[40].

La plupart des zones périphériques orientales a une fonction de zone-tampon entre le cœur du royaume et les royaumes menaçants du plateau iranien. À la différence des provinces intérieures, elles sont placées sous la seule juridiction d'autorités militaires, à savoir le gouverneur militaire (ŠAGIN), assisté de plusieurs « capitaines » (NU.BANDA3). Les gouverneurs dirigent des garnisons importantes dans les cités principales comme Suse, tandis que des capitaines s'occupent d'établissements de moindre taille qui sont des sortes de colonies militaires. Les gouverneurs des périphéries se distinguent par plusieurs aspects de leur homologues des provinces intérieures : il s'agit en général d'hommes nouveaux promus par le souverain (qui souvent les mariait à des princesses), dans de nombreux cas d'extraction étrangère (Élamites, Amorrites, Hourrites, etc.) et ne restant pas en fonction longtemps dans la même province. Leurs soldats semblent également être recrutés parmi les peuples non mésopotamiens. Enfin, les autorités frontalières ne participent pas au système du BALA, mais doivent s'acquitter d'un tribut annuel (GÚN.MADA), généralement constitué de bêtes (surtout ovins, aussi des bovins) qui étaient élevées dans ces régions disposant de nombreuses terres de pâture. Les soldats participent d'ailleurs à ces activités d'élevage. Les marches sont les territoires qui échappent en premier au contrôle du pouvoir central, puisque le tribut n'est plus versé régulièrement à partir du règne de Shu-Sîn[41].

L'armée[modifier | modifier le code]

En dépit de la quantité de documentation disponible sur le fonctionnement du royaume d'Ur III, force est de constater que son armée reste très mal connue. Il s'agit pourtant d'une composante essentielle de la puissance de cet État, qui a mené de nombreuses guerres, souvent victorieuses, dans les contrées voisines. Le système des « marches » du royaume repose d'ailleurs sur des garnisons de soldats, dirigées par les gouverneurs militaires. L'armée de la troisième dynastie d'Ur semble disposer de troupes professionnelles permanentes, les AGA3.US2 (rēdû en akkadien). Ils sont rémunérés comme le reste des fonctionnaires par le système des rations ou des terres de subsistance. En temps de paix, ces soldats sont employés pour la sécurité intérieure du royaume, comme une police donc, mais aussi comme messagers, escortes. Une troupe d'élite forme la garde personnelle du roi. En période de conflit, l'armée est renforcée par des troupes levées parmi les sujets mâles corvéables, les « troupes » (ERÍN/ṣābum). L'arme offensive de base du soldat est la lance (plutôt pour les conscrits), aux côtés de la masse d'armes et de l'arc (pour les soldats de métier entraînés à son maniement). L'équipement et l'armement défensifs ne sont pas connus. Le nombre de soldats mobilisés en campagne est inconnu. Au-dessus du soldat de base, l'armée est organisée hiérarchiquement autour d'officiers ayant en charge un nombre d'hommes qui nous est mal connu. Un « lieutenant » (UGULA) commande les unités de base : on en trouve qui sont chargés d'unités de dix hommes, d'autres d'unités de soixante hommes. Au niveau supérieur, le « capitaine » (NU.BANDA3) commande quelques centaines d'hommes. Le plus haut grade de l'armée est celui de gouverneur militaire d'une province (ŠAGIN/šakkanakkum), sorte de « général ». Il dirige seul les marches du royaume, tandis que dans les provinces intérieures il laisse les fonctions civiles à l'ENSÍ comme vu précédemment. Les autorités suprêmes de l'armée, au-dessus du général, sont ceux qui dirigent le royaume en dernier lieu, à savoir le Premier ministre et le roi en personne. Ce dernier ne dirige pas forcément lui-même ses troupes[42].

Diplomatie[modifier | modifier le code]

Les relations du royaume d'Ur avec les royaumes situés au-delà des provinces périphériques reposent également sur des pratiques diplomatiques visant à trouver des solutions pacifiques à leurs problèmes frontaliers. Elles sont surtout attestées du côté des royaumes du plateau Iranien (Anshan, Zabshali, Marhashi), mais on en connaît également vers la Haute Mésopotamie ou la Syrie (Ninive, Urshu, Simanum, Mari). Des relations régulières passent par des messagers-ambassadeurs (il n'y a alors pas d'ambassades permanentes) venant des royaumes étrangers et reçus à la cour royale comme cela est attesté par des textes de Puzrish-Dagan. Ces textes mentionnent la nourriture et les boissons qui leur sont distribuées lorsqu'ils résident en Basse Mésopotamie (mais on ne sait pas si c'était au palais), où ils sont pris en charge par des fonctionnaires locaux (SUKKAL) qui peuvent parfois jouer le rôle d'interprètes. Quand ils repartent, ils reçoivent ce qui est nécessaire pour leur trajet de retour ainsi que des présents destinés à leur maître suivant les habitudes diplomatiques de l'époque. Le roi d'Ur disposait de ses propres messagers-ambassadeurs (« messagers royaux », LÚ.KIN.GI4.A LUGAL), supervisés par le Premier ministre qui gère une sorte de service diplomatique en plus de ses autres attributions. De façon plus exceptionnelle, les rois d'Ur mariaient certaines de leurs filles à des rois étrangers, surtout ceux du plateau Iranien comme cela est mentionné dans plusieurs de leurs noms d'années. Cette politique est cependant loin d'être concluante puisqu'il arrive que des rois d'Ur doivent faire la guerre à un de leurs gendres[43].

Structures judiciaires[modifier | modifier le code]

« § 1 : Si quelqu'un a commis un meurtre, on mettra cet homme à mort. §2 : Si quelqu'un a fait du brigandage, on le mettra à mort. §3 : Si quelqu'un a détenu arbitrairement (quelqu'un d'autre), cet homme ira en détention (et) il payera 15 sicles d'argent.

§6 : Si quelqu'un a fait violence à l'épouse d'un homme non (encore) déflorée d'un jeune homme et l'a déflorée, on mettra cet homme à mort. §7 : Si l'épouse d'un jeune homme a suivi quelqu'un de sa propre initiative et l'a fait coucher en son sein, on mettra cette femme à mort (mais) on rendra sa liberté à cet homme. §8 : Si quelqu'un a fait violence à la servante non déflorée de quelqu'un (d'autres) et l'a déflorée, cet homme payera 5 sicles d'argent.

§28 : Si quelqu'un s'est présenté comme témoin et a été identifié comme malfaiteur (parjure), il payera 15 sicles d'argent. §29 : Si quelqu'un s'est présenté comme témoin (mais) a refusé de prêter serment, il versera, autant qu'il y en a, ce qui est (en jeu) dans ce procès. »

Exemples d'articles du Code d'Ur-Nammu[44].

Des dizaines de sources donnent des informations sur l'organisation juridique du royaume d'Ur, qui est un élément essentiel dans le bon fonctionnement et la légitimité de celui-ci. Les anciens Mésopotamiens ont en effet porté dès des époques très anciennes une grande attention à l'idéal de justice et ont développé un système juridique empirique. Cela se voit notamment dans un des documents juridiques les plus importants de la période, le Code d'Ur-Nammu[45], connu par des copies tardives fragmentaires qui ne préservent qu'une partie de son prologue et près de 40 sentences de justices, les soi-disant « lois » qui ne devaient sans doute pas être appliquées de façon rigoureuse. Ce texte est plutôt un recueil de nature jurisprudentielle et un texte de glorification qui a pour fonction de mettre en avant la figure du roi juste. L'essentiel des sources juridiques est constitué de documents de la pratique : environ 250 comptes rendus de procès rédigés une fois les affaires terminées. Ils traitent de sujets divers : héritages, mariages, affaires, crimes et délits, problèmes liés à des esclaves, etc.[46] D'autres informations proviennent de contrats et de textes administratifs[47].

Les structures judiciaires du royaume d'Ur reposent en premier lieu sur le roi, juge suprême, mais qui n'exerce pas souvent cette fonction en personne. Il délègue cette tâche à ses administrateurs, en premier lieu les gouverneurs provinciaux, mais aussi à des juges professionnels (DI.KUD) qui siègent de façon collégiale. Ils peuvent être assistés par un fonctionnaire occupant le rôle de MAŠKIM (qui n'est jamais une fonction permanente), qui instruit certaines affaires et surtout les enregistre pour éventuellement servir de témoin institutionnel plus tard[48]. Les autorités judiciaires peuvent être saisies par n'importe qui, homme ou femme, libre ou esclave. Elles statuent après l'étude de preuves (témoignages, documents écrits), ou demandent des prestations de serments par les dieux[49],[50].

Une économie étatisée[modifier | modifier le code]

Les dizaines de milliers de tablettes produites par l'administration d'Ur III et qui nous sont parvenues constituent une source de premier plan pour connaître l'économie et la société de la Mésopotamie antique. Il s'agit en grande partie de petites tablettes enregistrant des mouvements de biens, par exemple les « billets » ou les reçus en forme de coussinets carrés, mais aussi de documents de gestion plus élaborés et plus grands, souvent de forme rectangulaire, comme des inventaires, bilans récapitulatifs, documents de gestion du personnel ou de gestion prévisionnelle[51]. Cela est encore plus remarquable si on prend en compte l'aspect quantitatif, les tablettes datées et connues de la période de l'empire précédent, celui d'Akkad étant bien moins nombreuses. Cet écart n'est pas seulement lié au hasard des trouvailles, mais illustre bien le phénomène de bureaucratisation qui a lieu durant le siècle d'Ur III, qui est l'un de ceux qui ont produit le plus de tablettes de l'histoire mésopotamienne. Si les structures économiques et sociales n'ont pas fondamentalement été bouleversées, c'est ce phénomène de tentative d'encadrement plus poussé voire de planification de l'économie qui est le plus remarquable, même s'il ne dure qu'une trentaine d'années.

Une économie domaniale, dominée par les grands organismes[modifier | modifier le code]

Petite tablette (« billet ») enregistrant un déplacement de bétail pour le compte d'une institution, Girsu, c. 2060, musée des beaux-arts de Lyon.
Grande tablette d'inventaire d'une institution : bilan annuel d'une exploitation agricole, règne d'Amar-Sîn, musée du Louvre.
Revers d'une tablette de devis de hersage et de labour d'un champ avec le salaire des ouvriers, authentifiée par des empreintes de sceau d'un scribe de l'administration (scène « de présentation »), Umma, musée du Louvre.

L'économie de la Basse Mésopotamie du IIIe millénaire est organisée autour de trois types d'acteurs : le temple, le palais ou domaine royal (ces deux premiers étant parfois regroupés sous les termes d'institutions ou de « grands organismes ») et des acteurs privés (très peu présents dans les sources). Cette forme d'organisation peut être caractérisée de « domaniale », car son unité fondamentale quel que soit l'acteur et son poids économique est la « maison » (É), correspondant au niveau le plus élémentaire à une famille ou une maisonnée, dans les cas les plus complexes à des subdivisions des grands organismes, et à un niveau intermédiaire aux domaines dont disposent les notables[52].

Les limites entre les différents types d'acteurs sont souvent floues. Les temples sont les mieux connus par les sources et ceux disposant de la majorité des domaines agricoles[37]. Ils ont donc un poids prépondérant, mais la séparation entre eux et le secteur dépendant du roi est peu marquée puisqu'ils sont placés sous la coupe des gouverneurs civils, et que leurs ressources sont à la disposition de l'administration étatique dans laquelle ils se fondent[53]. Le domaine royal en tant que tel semble donc peu présent, et est surtout connu pour les ateliers royaux. Les grands organismes ont un personnel nombreux, hiérarchisé et spécialisé. Les temples ont ainsi des administrateurs en chef (ŠABRA et SANGA), assistés de comptables, archivistes, gestionnaires de différentes subdivisions du domaine, puis à un niveau inférieur des contremaîtres (NU.BANDÀ, terme qui désigne aussi les lieutenants) dirigeant les équipes de travailleurs, le tout sous la surveillance de nombreux scribes occupant divers échelons[54]. L'administration des grands organismes fonctionne avant tout autour d'une masse de dépendants (GURUŠ pour les hommes, GEMÉ pour les femmes) organisés en « troupes » (ERÍN, autre terme commun avec le vocabulaire de l'armée). Ceux-ci travaillent à plein temps directement pour le compte de l'institution et peuvent être mobilisés pour toutes sortes de travaux en plus de leur tâche principale si besoin : des tisserandes se retrouvent par exemple à travailler aux champs en période de moisson, à moudre de la farine, voire à haler des bateaux sur les canaux. Ils sont rémunérés en rations d'entretien, surtout en grain d'orge et en laine, mais parfois aussi en huile, en dattes, bière, etc. Il s'agit d'un personnel dépendant entièrement de l'institution. Les administrateurs sont rémunérés par l'attribution de champs de subsistance complétés par des rations, tandis que d'autres personnes non dépendantes des institutions peuvent y travailler quelques mois par an contre des salaires similaires aux rations[55]. Quant aux esclaves (ARÁD), bien documentés par les sources juridiques, ils ne semblent pas jouer un rôle important dans l'économie. Il s'agit en général de prisonniers de guerres attribués à un domaine ou bien de personnes ayant perdu leur liberté à la suite d'un endettement[56].

Le secteur privé est très peu documenté car il s'agit d'une partie de la population dont l'ampleur est difficile à évaluer qui ne concerne pas les scribes des grands organismes et reste donc dans l'ombre des sources disponibles. Seules quelques dizaines de tablettes documentent les activités privées de notables (contrats, prêts, etc.)[57]. Du reste, l'exercice d'activités à titre privé n'empêche pas de travailler pour une institution à côté. La gestion des grands organismes repose en bonne partie sur la cellule familiale (en général de type nucléaire[58]), et ce à tous les niveaux de l'économie, par exemple avec la famille d'Ur-Meme dans la gestion du temple d'Inanna à Nippur[18], ou chez les forestiers d'Umma[59], etc., où on travaille en famille et se succède de père en fils. Bien souvent les champs de subsistance (comme les fonctions des institutions et de l'administration) sont patrimonialisés au sein des mêmes familles qui se transmettent de façon héréditaire et les louent parfois[60].

Centralisation et bureaucratisation[modifier | modifier le code]

Tablette de type cadastral portant le plan d'un terrain en provenance d'Umma, musée du Louvre.

Les structures de l'économie du royaume d'Ur III telles qu'elles ont été décrites ci-dessus ne diffèrent pas de celles des périodes précédentes, notamment de ce que l'on voit à l'époque de l'empire d'Akkad. Le vrai changement de cette période tient au degré de contrôle qu'exercent les institutions sur l'économie, bien plus poussé qu'aux périodes précédentes, notamment à partir du milieu du règne de Shulgi qui se traduit par une diversification et une inflation considérable de la documentation administrative (des dizaines de milliers de tablettes connues contre moins de 5 000 pour l'empire d'Akkad) et l'apparition de structures administratives de plus en plus complexes, divisées en de nombreux bureaux[61]. Cela explique l'effort dans la formation des scribes (DUB.SAR) qui a lieu à la même période avec la création d'écoles institutionnelles (É.DUB.BA) aboutissant à l'augmentation considérable du nombre de ces spécialistes[62]. Ce système, tel qu'on n'en verra plus dans l'histoire mésopotamienne, qui semble tenir jusque vers le début du règne d'Ibbi-Sîn, est couramment caractérisé comme « bureaucratique ». Dans les faits, on ne peut pas vraiment parler d'une bureaucratie au sens de Max Weber, c'est-à-dire un système dont les institutions fortement hiérarchisées existent indépendamment de ceux qui les font fonctionner : le royaume d'Ur III relèverait plutôt d'une domination « patrimoniale », reposant sur un ensemble de maisonnées contrôlées par des individus qui dépendent en dernier lieu du souverain. C'est le fort degré de centralisation de l'administration que révèle surtout l'explosion quantitative de la documentation de gestion[63].

Les nombreux scribes qui se retrouvent aux différents niveaux de l'administration des grands temples produisent alors une masse impressionnante de documentation de gestion et comptabilité. Dans les activités productives (agriculture, élevage et artisanat), on assigne des objectifs à un personnel qui reçoit les moyens de production souvent prélevés sur d'autres productions de l'institution (champs, semences, troupeaux, outils agricoles et artisanaux, matières premières, etc.) et se voit assigner sa tâche à réaliser avec ce qu'il devra verser. Une fois l'opération de production achevée, il y a un nouveau contrôle et le produit peut être orienté vers une autre activité de production où il sera utilisé ou bien vers un consommateur final, notamment dans le cadre de la redistribution interne à l'organisme (rations d'entretien, salaires, offrandes cultuelles). Les surplus peuvent être confiés à des marchands qui les écoulent sur le marché ou prêtés contre intérêt. Cela suppose la gestion d'entrepôts importants et nombreux, le contrôle des entrées et des sorties de produits qui y transitent, une forme de cadastrage des terres arables, la gestion des réseaux d'irrigation, etc. Les différents bureaux des institutions doivent procéder chaque année à une reddition des comptes en dressant un bilan, les administrateurs étant tenus responsables en cas de pertes injustifiées ou d'objectifs non remplis. Cela permet ensuite d'évaluer les productions à venir et de les planifier pour fixer les objectifs de production, et ainsi de suite[64].

Les quantités qui apparaissent dans certaines tablettes ou l'agrégation des données de plusieurs d'entre elles donnent le tournis par rapport aux pratiques des autres périodes de l'histoire mésopotamienne : les temples de Girsu supervisent environ 75 000 hectares de terres en cultures et 4 000 têtes de bétail pour les travailler, les troupeaux de moutons enregistrés chaque année à Puzrish-Dagan au maximum du système du BALA s'élèvent à environ 60 000 bêtes, les ateliers de tissage de la province de Lagash emploient plus de 6 000 ouvrières textiles en même temps, etc.[65]

On estime que cette inflation du contrôle et des exigences de l'administration a dû causer des problèmes fragilisant l'État d'Ur III. Il semble que bien souvent l'administration demande à ses dépendants de produire plus qu'ils ne peuvent[66]. Il est bien possible que la majorité des activités économiques soit contrôlée par ces institutions, et même que la majeure partie des terres soit sous leur contrôle direct. Le contrôle tatillon des productions gérées par le temple et confiées à ses travailleurs amène à un système de gestion très lourd : il a été remarqué que la mort d'un seul mouton des troupeaux d'un temple devait être enregistrée dans trois documents différents. Cela a pu conduire à un essoufflement et un blocage de l'administration en partie responsables de la désagrégation du royaume[67].

Taxation et redistribution des richesses : le système du BALA[modifier | modifier le code]

Le contrôle poussé de l'économie par l'État à partir du règne de Shulgi culmine dans la mise au point d'un système de redistribution et de taxation appelé BALA (« cycle » ou « tour de rôle »), documenté par les archives exhumées à Drehem, l'antique Puzrish-Dagan. Chacune des provinces centrales est chargée de payer à tour de rôle un tribut dont le montant est établi par avance avec des représentants du pouvoir central en fonction des spécialités et des capacités de la région. La documentation disponible montre souvent des animaux, mais cela varie selon les provinces, celles disposant par exemple de plus de bois en donnant une grande quantité. Il semble que ces prélèvements peuvent ensuite être stockés dans des centres, dont au moins Puzrish-Dagan qui aurait été spécialisé dans l'élevage si on en juge par la documentation qui en provient. Ils étaient ensuite redistribués vers des provinces selon leurs besoins en contrepartie aux contributions payées ; ainsi le bois ou les céréales vont de façon préférentielle là où ils manquent. Mais il se peut que dans certains cas la contribution soit dirigée directement vers une autre province sans passer par un centre de redistribution ou bien reste dans la province pour y être utilisée. Ce système original mais dont la reconstitution reste assez floue a été limité dans le temps puisqu'il n'a été en place que sous le règne de Shulgi et au début de celui d'Ibbi-Sîn. Il a assuré pour un temps un processus de redistribution des richesses à grande échelle dans le royaume, témoignage de la volonté d'organisation économique poussée des rois d'Ur[68].

Les grands domaines agricoles[modifier | modifier le code]

Croquis hypothétique d'un finage de la Basse-Mésopotamie antique montrant l'utilisation des différentes parties de l'environnement local.
Article connexe : Agriculture en Mésopotamie.

L'agriculture de la Basse-Mésopotamie antique repose traditionnellement sur la céréaliculture irriguée, avant tout la culture de l'orge qui est plus adaptée aux conditions naturelles de la région[69]. Il s'agit de la culture la plus importante pour l'administration, celle qui est la mieux documentée. Il y a sans doute dans ce cadre une volonté de maximiser la production à cette période, ce qui passe aussi bien par l'extension des surfaces en culture que l'augmentation des rendements. Ceux-ci sont débattus même si les estimations les placent toujours au-dessus de ceux de la plupart des autres agricultures antiques : entre 10/1 et 15/1 de moyenne pour les estimations les plus basses, 20/1 à 30/1 pour les plus optimistes, en sachant que les meilleures terres atteignaient des niveaux plus élevés encore[70]. Mais cela a pu entraîner une salinisation des terres due à leur surexploitation[71].

L'organisation des différentes unités de champs céréaliers (A.ŠÀ) des temples est bien connue pour ceux de Lagash et d'Umma qui ont livré de nombreuses tablettes administratives. Il s'agit d'une division tripartite des terres déjà attestée aux périodes antérieures. L'administration du temple dispose de la « propriété du seigneur » (GÁN.NIG.EN.NA), exploitée en régie directe sous la direction de chefs d'équipes (ENGAR) qui ont sous leurs ordres des laboureurs payés en rations d'entretien avec leurs bêtes de labours. Ces terres sont destinées à subvenir aux besoins courants du temple (alimentation et rémunération du personnel, offrandes cultuelles), et constituent apparemment la majeure partie des domaines de ces institutions. Une autre partie est constituée par les « champs de subsistance » (GÁN.ŠUKU.RA), concédés à des membres de l'administration du temple en guise de rétribution. Le roi concède de son côté des terres aux dignitaires de son royaume, en échange de leurs services. Enfin, des champs sont donnés en fermage à des exploitants devant verser une redevance en orge et en argent correspondant à environ 1/3 de la récolte (GÁN.URU4.LÀ, « champ affermé »)[72].

Les autres productions agricoles caractéristiques de la Basse-Mésopotamie poussent dans les palmeraies-jardins plantées aux abords des cours d'eau[73] : les grands palmiers-dattiers sont essentiels car ils fournissent des dattes, leurs feuilles et troncs peuvent être utilisés par l'artisanat, tandis que sous leur ombrage les jardiniers font pousser divers fruits et légumes. Les marais sont exploités pour leurs roseaux et leurs poissons[74], tandis que les forêts fournissent du bois[59], et il faut également prendre en compte les terrains de chasse. Tout cela fait l'objet d'une exploitation contre versement de redevances pour les organismes qui en ont le contrôle. L'élevage est aussi une activité très importante, qui a laissé beaucoup de documentation écrite. Les archives de Puzrish-Dagan relatives au système du BALA montrent que les bêtes sorties des élevages des grands organismes peuvent transiter à travers tout le royaume. Il s'agit en grande majorité de moutons, mais également de chèvres et de bovins. Les entrées et sorties des bêtes des troupeaux sont comptabilisées scrupuleusement, ainsi que les éventuels accidents pouvant entraîner leur mort. Des personnes sont chargées de l'engraissement des jeunes bêtes, et des bergers s'occupent de faire paître les troupeaux[75].

Artisanat[modifier | modifier le code]

Reçu pour 13 costumes de laine de qualité ordinaire, c. 2038, musée des beaux-arts de Lyon.

Un artisanat domestique, consistant en des activités de transformation des produits aisément disponibles en Basse Mésopotamie, devait exister : travail de la laine et du lin, du roseau, de l'argile ou encore brassage de bière à partir de l'orge. Mais l'artisanat est surtout développé dans le cadre des grands organismes car ce sont ces institutions qui peuvent disposer d'une plus grande quantité de matières premières locales et surtout de celles non disponibles sur le sol mésopotamien, les métaux et les pierres. Elles sont aussi les seules capables d'investir dans des productions à grande échelle, utilisant des ouvriers très spécialisés et mobilisant des ressources importantes, par exemple la réalisation de grands bateaux ou d'outils en métal standardisés. En plus de cela, leurs domaines avaient besoin de nombreux artisans pour leur fonctionnement quotidien : des charpentiers, des potiers, des corroyeurs, des vanniers, etc. Les activités les mieux documentées sont donc celles qui ont lieu dans les ateliers d'État, qui sont gérés par des bureaux chargés de leur approvisionnement en matières premières, de l'organisation des tâches et la définition des objectifs de production, du contrôle et du stockage puis de la distribution des produits finis, ainsi que du recrutement et de la rémunération des artisans qui sont supervisés au jour le jour par des contremaîtres. Ces bureaux peuvent prendre en charge plusieurs groupes d'ateliers s'occupant d'activités diverses : un bureau de Girsu regroupe ainsi des sculpteurs, des orfèvres, des tailleurs de pierre, des menuisiers, des forgerons, des mégissiers, des tapissiers et des vanniers. Les artisans sont répartis en fonction du matériau qu'ils travaillent. Le textile est de loin l'activité la plus importante des ateliers institutionnels, comme en témoignent les 6 000 ouvriers de la province de Lagash gérés par un même bureau. Il s'agit surtout de femmes, travaillant en premier lieu la laine (le lin est également un tissu répandu). Les journées de travail, le type d'étoffes produites et le temps pris à les réaliser sont comptabilisés. Tous ces artisans sont rémunérés par des rations d'entretien, beaucoup étant des dépendants permanents des institutions[76].

Échanges et commerce[modifier | modifier le code]

Localisation des principaux sites et régions de la partie orientale du Moyen-Orient dans la seconde partie du IIIe millénaire av. J.‑C.
Poids en diorite de 5 mines tel qu'on en utilisait pour peser les moyens de paiement, inscrit au nom de Shu-Sîn, musée du Louvre.

Pour échanger des produits dont ils disposaient en surplus contre d'autres dont ils avaient besoin, les grands organismes avaient recours aux services d'intermédiaires, des marchands (DAM.GÀR). Ceux-ci étaient chargés de prendre en charge les surplus de l'institution pour les écouler contre d'autres produits, souvent des biens rares ou luxueux qu'il était impossible de se procurer autrement. Là encore, l'administration était très précise dans le contrôle des entrées et sorties de produits. La possibilité que les marchands de l'époque aient exercé des activités à leur propre compte a longtemps été débattue, dans le cadre des questionnements sur l'existence d'un secteur privé et en l'absence de sources explicites sur ce point. Il paraît désormais acquis que des activités commerciales privées ont bien eu lieu[57],[77]. Les marchands étaient même susceptibles d'agir en véritables « hommes d'affaires » pratiquant notamment le prêt à intérêt[78]. Le financement du commerce privé est très peu attesté : il semblait fonctionner avec des prêts commerciaux et des associations comme aux périodes suivantes.

Le commerce à longue distance vers les régions voisines était essentiel pour la Basse-Mésopotamie qui manquait de métaux, de pierres et de bois d'œuvre de qualité. La période d'Ur III comme toute la seconde moitié du IIIe millénaire a été marquée par l'épanouissement des routes maritimes du golfe Persique : les Mésopotamiens obtenaient par cette voie le cuivre et la diorite de Magan (Oman) et la cornaline, le lapis-lazuli, l'ivoire, l'or et l'argent de Meluhha (la vallée de l'Indus où se développe alors la civilisation harappéenne). Le pays de Dilmun (Bahreïn) servait de lieu de transit. Cela assura la prospérité des provinces littorales d'Ur[79] et de Lagash. Il est difficile de savoir ce que les marchands mésopotamiens échangeaient en retour : peut-être de l'orge et d'autres biens peu périssables comme de l'huile et de la laine, sans doute des étoffes. L'administration était capable de mobiliser des ressources importantes pour construire des bateaux de grande taille pour l'époque, certains atteignant une capacité d'environ 90 000 litres[80]. D'autres voies commerciales importantes étaient terrestres, passant par la Susiane ou la Diyala en direction du plateau Iranien et de ses richesses minérales, ou encore vers la Haute Mésopotamie et la Syrie d'où provenaient d'autres métaux et pierres ainsi que du bois de qualité[81].

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Comme souvent pour l'histoire mésopotamienne, les aspects culturels de la période de la troisième dynastie d'Ur sont limités au monde des élites, à savoir la cour royale, les temples et les cadres de l'administration. L'absence de fouilles de résidences pour cette époque empêche d'en savoir plus. D'une manière générale, les traces artistiques de cette époque sont ténues : l'art est très peu attesté en dehors de la glyptique, la littérature est surtout reconstituée par des textes copiés par la suite dont on suppose qu'ils ont été rédigés sous les rois d'Ur. Les connaissances sur l'archéologie et les pratiques religieuses sont un peu plus consistantes. Il en ressort le poids écrasant de la figure royale, de son lien avec le monde divin, et également des traditions sumériennes, même s'il faut rejeter l'idée d'une « renaissance sumérienne » à cette période. Les aspects culturels de la période d'Ur III ont servi de modèle durant les dynasties amorrites qui ont pris sa suite, assurant leur préservation.

Une « Renaissance sumérienne » ?[modifier | modifier le code]

La période néo-sumérienne (qui inclut, en plus de la troisième dynastie d'Ur, la seconde dynastie de Lagash, représentée avant tout par le règne de Gudea) a été caractérisée par le passé comme une période de « Renaissance sumérienne », sur la base d'une lecture nationaliste et ethnique de l'histoire antique : les Sumériens auraient perdu le pouvoir sous la dynastie d'Akkad, sémite (« akkadienne »), et les rois d'Ur III marquent leur retour au pouvoir avant leur disparition définitive. Cette grille de lecture a été abandonnée depuis longtemps, et il est couramment reconnu qu'on ne peut pas vraiment déceler de tensions entre Sumériens et Akkadiens dans les derniers siècles du IIIe millénaire[82],[32]. Les rois d'Ur III ont certes utilisé la langue sumérienne comme langue administrative et surtout littéraire, mais celle-ci tend alors à ne plus être une langue vernaculaire sous leur domination, comme l'illustre le fait que les trois derniers rois d'Ur III aient des noms en akkadien. La date de disparition du sumérien parlé est controversée : certains pensent qu'il a déjà disparu ou achève de disparaître à cette période, d'autres pensent qu'il existe encore et disparaît dans les premiers siècles du IIe millénaire[83]. Quoi qu'il en soit, le sumérien est alors consacré comme langue littéraire, ce qu'il reste durant les siècles suivants, comme le latin dans l'Europe médiévale. Cette affirmation peut à la rigueur être liée à la primauté qu'exercent les centres scribaux des cités sumériennes à cette période sous la protection des rois, en premier lieu leurs capitales Nippur et Ur[84]. Pour le reste, l'art, la littérature et l'idéologie des rois d'Ur III ne révèlent pas de rejet de l'héritage des rois d'Akkad, mais au contraire ils s'ancrent dans leur continuité en les intégrant dans leur tradition historiographique comme étant leurs prédécesseurs. Après un règne d'Ur-Nammu marqué par une reprise des traditions anciennes, sans doute par souci de légitimation du fait des conditions de sa prise de pouvoir, les rois suivants accomplissent des changements plus profonds dans l'idéologie royale, en se faisant diviniser (comme les rois d'Akkad avant eux) et mettre en avant dans plusieurs pièces littéraires et dans l'art, ce qui est la caractéristique la plus marquante de la culture des élites de cette période[85].

Culte religieux[modifier | modifier le code]

Inscription d'Ur-Nammu commémorant la reconstruction de l'Eanna d'Uruk, le grand temple de la déesse Inanna et un des principaux sanctuaires du pays de Sumer, British Museum.
Article connexe : Religion mésopotamienne.

Le centre du royaume d'Ur était dominé par de grandes villes qui étaient les lieux de culte majeurs des grands dieux du royaume : Enlil, le roi des dieux et dieu du vent, vénéré à Nippur dans son temple l'É.KUR ; son frère Enki, dieu des eaux souterraines abyssales, de la sagesse et de la magie, dans l'É.ABZU (« Maison de l'Abîme ») d'Eridu ; son fils le dieu-lune Nanna était la divinité tutélaire d'Ur où se trouvait son grand temple l'É.KIŠ.NU.GAL (« Maison de la grande lumière ») ; la fille de ce dernier, la grande déesse Inanna, l'étoile du matin et déesse de l'amour et de la guerre, avait son lieu de culte principal à Uruk, dans l'É.AN.NA (« Maison du Ciel »), ville où le père des dieux Anu était également vénéré ; le dieu-soleil Utu, autre rejeton du dieu-lune, avait deux centres cultuels majeurs, Larsa et Sippar, où ses temples étaient nommés É.BABBAR (« Maison brillante »). Une foule de divinités plus ou moins importantes était également vénérée en Basse Mésopotamie, notamment parmi les sortes de « cours » entourant les grands dieux et disposant de chapelles dans leurs temples. Certaines étaient originaires de régions étrangères, l'assimilation d'influences extérieures étant permanente : c'est le cas de certaines divinités d'origine hourrite à cette période[86]. Une des particularités de la période d'Ur est la divinisation des rois déjà évoquée, qui s'est faite à partir de Shulgi et dont les implications théologiques exactes sont discutées[23], mais qui a abouti en tout cas à l'existence d'un culte destiné aux souverains de leur vivant, avec la réalisation de statues de culte des rois divinisés, l'accomplissement de sacrifice et de fêtes en leur honneur et l'érection de plusieurs lieux de culte comme le temple de Shu-Sîn fouillé à Eshnunna[87]. Si on suit W. W. Hallo, c'est sous l'effet de ces changements que se produiraient alors une évolution importante des rituels de culte aux dieux, avec l'apparition des statues de culte, non attestées avec certitude pour les périodes précédentes. Alors que le roi reprend des attributs des dieux, les dieux sont encore plus humanisés, les statues étant considérées comme vivantes, manifestant leur présence réelle dans leur demeure terrestre qu'est leur temple[88].

Tablette listant les objets (mobilier et denrées) appartenant au trésor d'un temple. Musée du Louvre.

Les rois étaient les principaux acteurs du culte, puisqu'ils ont constamment construit et restauré de nombreux temples et les ont pourvus en offrandes somptueuses : mobilier divin comme des trônes, ou des moyens de transport comme des chariots ou des bateaux. Ces actes furent jugés dignes de figurer dans leurs noms d'années aux côtés de leurs exploits militaires[2]. Les monarques participaient également à certains rituels importants. Ils étaient assistés dans cette tâche par les membres de la famille royale, notamment leurs épouses et leurs fils et filles qui furent intronisés grands prêtres ou grandes prêtresses de plusieurs sanctuaires importants (Ur, Uruk, etc.)[25]. À l'échelle provinciale, les gouverneurs reprenaient également ces attributions : ils érigeaient des temples et organisaient le culte, participaient aux côtés de leur propre famille aux rituels majeurs[89]. Les biens nécessaires pour le culte courant et l'entretien du personnel du clergé prenant en charge le culte étaient financés sur les domaines des temples, qui étaient capables de produire eux-mêmes la majeure partie de ce dont ils avaient besoin sur leurs champs ou leurs ateliers et se procuraient le reste par le commerce ou des dons.

Le calendrier cultuel des différentes villes était émaillé de nombreuses fêtes (EZEN) dédiées aux dieux, qui se déroulaient généralement à des intervalles réguliers (tous les jours, plusieurs fois par mois ou une seule fois par an). Certaines fêtes suivaient le cycle des saisons, ou celui des astres, d'autres avaient une symbolique funéraire ou bien étaient liées à la royauté ou aux familles des gouverneurs provinciaux, etc. Parmi les plus importantes figurent des fêtes liées au cycle lunaire qui ont lieu trois fois par mois (ÈŠ.ÈŠ), la fête A.KI.TI (akitu(m) en akkadien) dédiée au dieu Nanna, qui avait lieu lors des équinoxes, différents rituels de voyages divins comme celui qui voyait la statue de la déesse Ninlil voyager sur sa barque sacrée de Nippur à Tummal, très important sous le règne de Shulgi, la grande fête d'Inanna de Nippur qui avait lieu lors du sixième mois de l'année, etc.[90] Le thème littéraire du « mariage sacré », commémorant l'union de la déesse Inanna et du Dumuzi auquel se substituait le roi, semble lié à un rituel d'Uruk dont les modalités exactes sont difficiles à établir[91].

Belles-lettres[modifier | modifier le code]

Article connexe : Littérature mésopotamienne.

« Époux, laisse-moi te caresser :
Ma caresse amoureuse est plus suave que le miel.
Dans la chambre, remplie de miel,
Laisse-nous jouir de ton éclatante beauté.
Lion, laisse-moi te caresser :
Ma caresse amoureuse est plus suave que le miel.

Ton âme, je sais comment égayer ton âme :
Époux, dors dans notre maison jusqu'à l'aube.
Ton cœur, je sais comment réjouir ton cœur :
Lion, dormons dans notre maison jusqu'à l'aube.

Toi, puisque tu m'aimes,
Donne-moi, je t'en prie, tes caresses.
Mon seigneur dieu, mon seigneur protecteur,
Mon Shu-Sîn qui réjouit le cœur d'Enlil,

Donne-moi, je t'en prie, tes caresses. »

Extraits d'un chant d'amour au roi Shu-Sîn[92].

La période d'Ur III a vu la mise par écrit de nombreux textes littéraires en sumérien, la langue littéraire et administrative dominante, même si elle est alors en déclin en tant que langue vernaculaire. Les inscriptions royales et textes relevant des « belles-lettres » ou les rituels ont donc été quasi-exclusivement rédigés en sumérien[93]. Cet épanouissement fut grandement impulsé par le pouvoir royal, notamment Shulgi qui patronna la création d'une institution scolaire (l'É.DUB.BA, souvent traduit par « maison des tablettes ») et donc la réforme de la formation des scribes[62]. Cela explique la forte coloration politique des œuvres littéraires. Les hymnes à la gloire de ce roi le présentent comme un brillant lettré et proclament sa volonté que le genre hymnique soit très répandu dans les temples. Cependant, les versions que l'on connaît des œuvres datables du temps des rois d'Ur sont des copies du XVIIIe siècle provenant en majorité de Nippur (centre culturel majeur et vraisemblablement le lieu d'origine de nombre de ces pièces littéraires), et il est donc difficile de reconstituer avec précision l'histoire littéraire de cette période[94]. Il n'empêche qu'on peut dégager quelques tendances marquantes[95],[96].

Le genre qui paraît le plus en vogue à cette époque est donc celui des hymnes, dédiés à des divinités, des rois ou bien des temples et des villes[97]. Les hymnes royaux sont les plus importants, mettant en avant les qualités remarquables du roi glorifié, commémorant ses réalisations religieuses et ses exploits militaires, ainsi que son intelligence et son charisme. Un groupe d'hymnes d'amour à connotation érotique, notamment dédiés à Shu-Sîn et au couple divin Dumuzi-Inanna, est lié au thème du mariage sacré. Le genre hymnique se divise en plusieurs sous-genres, par exemple les BALBALE qui ont la forme de dialogues.

La littérature à caractère historiographique a également pour sujet majeur la royauté. Plusieurs récits sont rédigés pour expliquer la gloire et la chute des prédécesseurs des rois d'Ur, les rois d'Akkad[98]. La Malédiction d'Akkad met ainsi en scène Naram-Sîn, présenté comme le dernier roi de cette dynastie alors qu'il a eu plusieurs successeurs, et attribue sa chute à son impiété envers le roi des dieux Enlil, qui fait et défait les dynasties suivant sa volonté. Cette vision historiographique classique de la civilisation mésopotamienne ressort également de la Liste royale sumérienne, dont le plus ancien exemplaire connu date de cette période. Elle propose une reconstruction semi-légendaire des dynasties passées ayant eu la royauté grâce aux faveurs divines avant de les perdre à la suite du report de la bienveillance divine vers une autre lignée[99].

La littérature épique a connu une floraison avec la mise par écrit de plusieurs récits une nouvelle fois liés à la dynastie royale, les mythes relatifs aux exploits de trois rois semi-légendaires d'Uruk : Enmerkar, Lugalbanda et Gilgamesh. Les rois d'Ur III, dont la dynastie était originaire d'Uruk, se présentaient en effet comme les descendants de ces héros passés. Ur-Nammu et Shulgi se disaient même « frères » de Gilgamesh dans certaines inscriptions, puisqu'ils se voulaient descendants des parents de ce dernier dont la déesse Ninsun[100]. D'autres textes pouvant dater de cette période relèvent du genre des « sagesses », qui se placent au niveau des simples mortels, comme la Lettre de Lu-dingirra à sa mère, dans laquelle un homme exprime son amour filial à sa mère dont il est éloigné, ou Un homme et son dieu, plainte d'un homme envers son dieu personnel pour avoir été accablé de malheur injustement, première variation connue sur le thème du « juste souffrant » qui culmine dans le Livre de Job.

Art[modifier | modifier le code]

Empreinte de sceau-cylindre représentant une scène de présentation : Harshamer, gouverneur d'Ishkun-Sîn, est présenté au roi Ur-Nammu divinisé assis sur son trône[101].

La période de la troisième dynastie d'Ur est considérée comme assez peu marquante sur le plan artistique[102]. Peu d'œuvres de premier plan nous sont parvenues de cette époque, comparé à la floraison artistique de Lagash sous le patronage de Gudea qui précéda de peu l'avènement des rois d'Ur (ou en est contemporaine). L'art restait fortement inspiré par la tradition des périodes précédentes, et on n'y retrouve pas l'originalité des œuvres littéraires contemporaines.

Le règne d'Ur-Nammu est le mieux documenté. C'est sans doute de cette période qu'il faut dater la Stèle d'Ur-Nammu en calcaire brun-rose, retrouvée dans le sanctuaire d'Ur en état très fragmentaire, rendant sa reconstitution problématique. Les bas-reliefs restant témoignent néanmoins d'une grande finesse d'exécution. Les deux faces de la stèle étaient chacune divisées en cinq registres horizontaux présentant une vision classique du rôle cultuel du roi et ses rapports aux dieux : hommage à des divinités assises sur des trônes, scènes de festivités et construction d'un temple pour ce qui est lisible[103]. Une autre stèle, retrouvée à Suse (où elle a été amenée en butin) représente aussi Ur-Nammu dans un contexte cultuel. Ce règne a vu l'élaboration de cônes de fondation originaux car anthropomorphes, représentant le roi en train de soulever au-dessus de sa tête une corbeille à briques, symbolisant sa fonction de roi-bâtisseur. Ce type d'objet est courant sous le règne de Shulgi. On dispose aussi de statues datées de la période néo-sumérienne qui ont sans doute été réalisées à la troisième dynastie d'Ur. Une statue en diorite, elle aussi retrouvée à Suse et originaire d'Eshnunna, représente un roi barbu assis sur un trône. Le style des statues de cette époque est très proche de celui de celles retrouvées à Girsu datant du règne de Gudea.

La glyptique de l'époque d'Ur III est caractérisée par des scènes dites « de présentation » : le détenteur du sceau-cylindre, généralement un fonctionnaire important, est représenté en train de lever la main en signe de prière alors qu'il est guidé par une divinité vêtue d'une robe à franges en direction d'un grand dieu ou d'un roi divinisé assis sur un trône, tenant souvent une petite coupe. Un symbole astral surmonte la scène. Ce thème, déjà populaire sous l'empire d'Akkad, devient alors très courant, standardisé, et se banalise durant les siècles suivants. Il semble lié à l'existence d'une haute classe de grands fonctionnaires de l'État proches du souverain et à l'affirmation de l'aspect sacré de la fonction de celui-ci[104].

Architecture[modifier | modifier le code]

Ruines de la ziggurat d'Ur.

Les rois d'Ur III ont été des bâtisseurs très actifs. La majorité des inscriptions officielles (ainsi que quelques noms d'années) de cette période commémorent les constructions et restaurations qu'ils ont patronnées, ainsi que celles que plusieurs de leurs gouverneurs ont fait entreprendre. Ces travaux ont concerné les métropoles du pays de Sumer mais aussi les principaux centres des provinces centrales et périphériques. Peu de ces édifices ont été mis au jour par les archéologues, car ils ont bien souvent été remaniés par les souverains des périodes suivantes ou bien supplantés par d'autres édifices. Même le complexe cultuel du centre d'Ur qui est généralement considéré comme exemplaire de l'architecture de cette période est en fait surtout connu pour la période d'Isin-Larsa (début du IIe millénaire), même s'il est vrai que son plan et son organisation n'ont pas fait l'objet de remaniements substantiels. L'autre site pour lequel plusieurs constructions de la période d'Ur III ont pu être mises au jour est Tell Asmar, l'antique Eshnunna (un palais et un temple dédié à Shu-Sîn[105]).

Les inscriptions indiquent que les attentions des rois se sont surtout portées vers des édifices cultuels, et de toute façon ils n'avaient pas l'habitude de commémorer la construction d'édifices profanes en dehors des canaux et des ouvrages militaires. Parmi ces derniers, il y a plusieurs mentions de constructions défensives : les murailles d'Ur par Ur-Nammu, ainsi que les murs érigés par Shulgi et Shu-Sîn dans le Nord de la région centrale pour repousser les incursions des peuples du nord. Les seuls édifices à finalité profanes connus pour cette période sont le palais de Shu-iliya d'Eshnunna et l'Ehursag d'Ur si on l'interprète comme un palais. Ils étaient organisés autour d'une cour centrale desservant plusieurs unités, dont une pièce pouvant être identifiée comme une salle du trône et plusieurs espaces de réception. Ils peuvent donc être considérés comme un lien entre les palais des Dynasties archaïques et ceux des premiers siècles du IIe millénaire[106].

Pour ce qui concerne les édifices religieux, les rois d'Ur sont surtout connus pour les travaux qu'ils ont fait exécuter dans les grands complexes religieux sumériens : Ur, Eridu, Uruk et Nippur. Celui de leur capitale est le mieux connu : le grand temple du dieu Nanna était organisé autour de deux grandes cours, la plus vaste, construite sur une terrasse comprenant les salles principales du culte et la ziggurat É.TEMEN.NI.GUR (« Maison au fondement imposant »). Au sud se trouvaient d'autres édifices majeurs : le Giparu, divisé entre la partie servant de résidence de la grande prêtresse de Nanna et le temple de la déesse Ningal, le Ganunmah qui servait probablement d'entrepôt, l'Ehursag déjà évoqué qui était peut-être un palais royal. Plus au sud encore se trouvait un bâtiment cultuel avec des tombes souterraines souvent identifié comme le mausolée de Shulgi et d'Amar-Sîn même si cette fonction est loin d'être acquise[107].

Les quatre lieux de culte majeurs ont été dotés de tels complexes, tous dominés par les imposantes ziggurats qui sont généralement considérées comme des innovations de cette période, même si elles semblent prendre la place de plus anciens temples sur terrasse qu'elles ont recouverts (au moins à Uruk et Ur). Il s'agissait de vastes édifices de base rectangulaire (62,50 × 43 mètres à Ur), constitués de trois terrasses superposées sans doute surplombées par un temple haut. Leur fonction religieuse reste débattue, mais leur aspect monumental est évident. Elles sont la meilleure illustration par l'architecture des capacités du royaume d'Ur à mobiliser d'importantes ressources et planifier des travaux de grande ampleur grâce à son appareil administratif. Pour les réaliser, les maîtres d'œuvre reprennent et perfectionnent les techniques architecturales développées par leurs prédécesseurs : mise au point de briques standardisées, d'un appareil ingénieux alternant briques posées de chant et briques posées à plat, massif en briques crues recouvert d'un revêtement en briques cuites plus solides, chaînage de lits de roseaux et ancrage avec des cordes en roseau tressé[108].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon la « chronologie moyenne », 2047 à 1940 av. J.-C. selon la « chronologie basse »
  2. a et b Les termes en sumérien sont ici notés par des petites capitales, ceux en akkadien sont écrits en italique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 116-118 ; (en) A. Westenholz, « The Old Akkadian Period: History and Culture », dans W. Sallaberger et A. Westenholz, Mesopotamien, Akkade-Zeit und Ur III-Zeit, Fribourg, 1999, p. 57-59 ; Potts 1999, p. 122-125
  2. a et b « (en) Liste des noms des années de règne des rois d'Ur III (commémorant les événements majeurs de celles-ci) - CDLI. »
  3. Traductions d'inscriptions royales des rois d'Ur en français dans E. Sollberger et J.-R. Kupper, Inscriptions royales sumériennes et akkadiennes, Paris, 1971, p. 135-161 ; traductions de plus d'inscriptions en anglais dans Frayne 1993, p. 5-425.
  4. F. Huber, « La correspondance royale d'Ur, un corpus apocryphe », dans Zeitschrift für Assyriologie 91, 2001, p. 169-206 en livre une approche sceptique les considérant comme apocryphes, ce que conteste (en) W. W. Hallo, « A Sumerian Apocryphon? The Royal Correspondance of Ur Reconsidered », dans P. Michalovski et N. Veldhuis (dir.), Approaches to Sumerian Literature, Studies in Honour of Stip (H. L. J. Vantisphout), Leyde et Boston, 2006, p. 85-104. (en) « Translittération et traduction (en anglais) sur ETCSL. ». Voir désormais (en) P. Michalowski, The Correspondence of the Kings of Ur: An Epistolary History of an Ancient Mesopotamian Kingdom, Winona Lake, 2011.
  5. Frayne 1993, p. 9-90. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 118-119 ; Sallaberger 1999, p. 132-140 ; B. Lafont, « Ur-Nammu », dans Joannès (dir.) 2001, p. 885-887
  6. Frayne 1993, p. 91-234. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 119-121 ; Sallaberger 1999, p. 140-163 ; B. Lafont, « Shulgi », dans Joannès (dir.) 2001, p. 822-824
  7. Sur les relations des rois d'Ur avec les royaumes élamites, voir Potts 1999, p. 130-139
  8. Frayne 1993, p. 235-284. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 121 ; Sallaberger 1999, p. 163-167
  9. Frayne 1993, p. 285-360. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 121 ; Sallaberger 1999, p. 168-171
  10. Frayne 1993, p. 361-392. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 121 ; Sallaberger 1999, p. 172-175
  11. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 122
  12. (en) J. Kinnier Wilson, « On the Ud-ŠU-BALA at Ur Towards the End of the Third Millennium BC », dans Iraq 67/2, 2005), p. 47-60
  13. Frayne 1993, p. 366-368
  14. J. van Dijk, « Išbi'erra, Kindattu, l'homme d'Élam, et la chute de la ville d'Ur : fragments d'un hymne d'Išbi'erra », dans Journal of Cuneiform Studies 30/4, 1978, p. 189-208 ; Potts 1999, p. 142-145
  15. J. Cooper dans Sumer 1999-2002, col. 242-243. (en) S. N. Kramer, Lamentation over the Destruction of Ur, Chicago, 1940 ; (en) P. Michalowski, The Lamentation over the Destruction of Sumer and Ur, Winona Lake, 1989 ; (de) W. H. P. Römer, Die Klage Über die Zerstörung von Ur, Münster, 2004. « (en) Transcriptions et traductions disponibles sur le site ETCSL. »
  16. « (en) R. McC. Adams, « An Interdisciplinary Overview of a Mesopotamian City and its Hinterlands », dans Cuneiform Digital Library Journal 2008:1 »
  17. M. Sigrist, Drehem, Bethesda, 1992.
  18. a et b (en) R. Zettler, The Ur III Temple of Inanna at Nippur, The Operation and Organization of Urban Religious Institutions in Mesopotamia in the Late Third Millennium B.C., Berlin, 1992.
  19. (en) M. Widell, The Administrative and Economic Ur III Texts from the City of Ur, Copenhague, 2004.
  20. « (en) Page de présentation du projet Database of Neo-Sumerian Texts (BDTNS), visant à constituer une base de données des textes de la période néo-sumérienne publiés. » Voir aussi (en) M. Molina, « The Corpus of Neo-Sumerian Tablets: An Overview », dans S. J. Garfinkle et J. C. Johnson (dir.), The growth of an Early State in Mesopotamia:studies in Ur III administration: proceedings of the First and Second Ur III Workshops at the 49th and 51st Rencontre assyriologique internationale, Madrid, 2008, p. 19-54 pour une présentation détaillée du corpus.
  21. Frayne 1993, p. 10-12
  22. Sur la titulature des rois de cette période : Sallaberger 1999, p. 179-180
  23. a et b Voir par exemple Sallaberger 1999, p. 152-154. On trouvera couramment mention d'une « divinisation » des rois, même si ce terme peut sembler excessif : J.-J. Glassner dans Sumer 1999-2002, col. 321-322 parle d'une « pseudo-divinisation ».
  24. Lafont et Westbrook 2003, p. 186
  25. a et b Sallaberger 1999, p. 182-186
  26. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 120
  27. Sallaberger 1999, p. 186-190
  28. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 122 ; Lafont et Westbrook 2003, p. 189.
  29. (en) P. Steinkeller, « The Administrative and Economic Organization of the Ur III State: The Core and the Periphery », dans McGuire Gibson et R. D. Biggs (dir.), The Organization of Power: Aspects of Bureaucracy in the ancient Near East, Chicago, 1987, p. 19-41
  30. Sur ces questions : (en) P. R. S. Moorey, « Where Did They Bury the Kings of the IIIrd Dynasty of Ur? », dans Iraq 46/1, 1984, p. 1-18 ; M. Sigrist, « Le deuil pour Šu-Sîn », dans H. Behrens et al. (dir.), Dumu-é-dub-ba-a, Studies in Honor of Ake W. Sjöberg, Philadelphie, 1989, p. 499-505 ; D. Charpin, « L'enterrement du roi d'Ur Šu-Sîn à Uruk », dans NABU 1992/106.
  31. Lafont et Westbrook 2003, p. 189
  32. a et b M.-J. Seux, « VI. Sumériens et les Sémites », dans Sumer 1999-2002, col. 351-352.
  33. (en) A. Goetze, « Šakkanakkus of the Ur III Empire », dans Journal of Cuneiform Studies 17, 1963, p. 1-31.
  34. Dans le cas d'Umma, (en) J. Dahl, The ruling family of Ur III Umma: A Prosopographical Analysis of an Elite Family in Southern Iraq 4000 Years Ago, Leyde, 2007.
  35. Lafont et Westbrook 2003, p. 189-190
  36. Lafont et Westbrook 2003, p. 190-191
  37. a et b Postgate 1992, p. 109-136
  38. Sallaberger 1999, p. 190-196
  39. Par exemple il n'y a pas de trace de domination de Ninive par les rois d'Ur : (en) J. Goodnick Westenholz, « The Old Akkadian Presence in Nineveh: Fact or Fiction », dans Nineveh. Papers of the XLIXe Rencontre assyriologique internationale: London, 7-11 July 2003, Iraq 66, Londres, 2004, p. 10-11.
  40. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 173
  41. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 175-176 ; Sallaberger 1999, p. 196-199 ; Potts 1999, p. 132 et 135.
  42. B. Lafont, « L'armée des rois d'Ur : ce qu'en disent les textes », dans P. Abrahami et L. Battini (dir.), Les armées du Proche-Orient ancien, Oxford, 2008, p. 23-48
  43. Potts 1999, p. 137-140 ; (en) T. M. Sharlach, « Diplomacy and the Rituals of Politics at the Ur III Court », dans Journal of Cuneiform Studies 57, 2005, p. 17-29
  44. M.-J. Seux, Lois de l'Ancien Orient, Paris, 1986, p.  16-17 et 19 ; (en) M. Roth, Law Collections from Mesopotamia and Asia Minor, Atlanta, 1995, p. 17-18 et 21.
  45. (en) M. Roth, Law Collections from Mesopotamia and Asia Minor, Atlanta, 1995, p. 13-22 ; (de) C. Wilcke, « Der Kodex Urnamma (CU): Versuch einer Rekonstruktion », dans T. Abusch (dir.), Riches Hidden in Secret Places: Ancient Near Eastern Studies in Memory of Thorkild Jacobsen, Winona Lake, 2002, p. 291-333.
  46. (de) A. Falkenstein, Die Neusumerischen Gerichtsurkunden, Munich, 1956 ; B. Lafont, « Les textes judiciaires sumériens », dans F. Joannès (dir.), Rendre la Justice en Mésopotamie, Saint-Denis, 2000, p. 35-68.
  47. Lafont et Westbrook 2003, p. 183-185
  48. Lafont et Westbrook 2003, p. 193
  49. Lafont et Westbrook 2003, p. 194-195
  50. En plus des références citées, voir aussi R. Westbrook dans Sumer 1999-2002, col. 204-215 pour une synthèse sur la justice à cette période.
  51. B. Lafont, « Questions autour des premiers empires : Akkad et Ur III », dans P. Charvát, B. Lafont, J. Mynářová et L. Pecha (dir.), L'État, le pouvoir, les prestations et leurs formes en Mésopotamie ancienne, Prague, 2006, p. 70
  52. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 160-162 et 178.
  53. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 174
  54. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 187-188.
  55. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 189-190. Sur le système des rations, voir aussi l'étude pionnière de (en) I. Gelb, « The Ancient Mesopotamian Ration System », dans Journal of Near Eastern Studies 24, 1965, p. 230-243
  56. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 192-193 ; Lafont et Westbrook 2003, p. 198-200.
  57. a et b B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 185-187. De l'abondante bibliographie sur ce sujet, on peut relever, entre autres : (en) D. C. Snell, Ledgers and prices: Early Mesopotamian merchant accounts, New Haven, 1982 ; (en) M. van de Mieroop, « Turam-ili: An Ur III merchant », dans Journal of Cuneiform Studies 38, 1986, p. 1-80 ; (en) S. J. Garfinkel, « SI.A-a and his family: The archive of a 21st century (BC) entrepreneur », dans Zeitschrift für Assyriologie 93, 2003, p. 161-198 ; (en) G. van Driel, Elusive Silver: In Search of a Role for a Market in an Agrarian Environment, Leyde, 2002.
  58. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 192
  59. a et b (en) P. Steinkeller, « The Foresters of Umma: Toward a Definition of Ur III Labor », dans AOS 68, 1987, p. 73-115
  60. S. Lafont, « Fief et féodalité dans le Proche-Orient ancien », dans J.-P. Poly et E. Bournazel (dir.), Les féodalités, Paris, 1998, p. 534-536
  61. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 189-190. Id., « Questions autour des premiers empires : Akkad et Ur III », dans P. Charvát, B. Lafont, J. Mynářová et L. Pecha (dir.), L'État, le pouvoir, les prestations et leurs formes en Mésopotamie ancienne, Prague, 2006, p. 68-70, relève d'ailleurs que le siècle d'Ur III est, « d'un point de vue purement quantitatif, (le) siècle le plus abondamment documenté de toute l'Antiquité »
  62. a et b D. Charpin dans Sumer 1999-2002, col. 217
  63. (en) S. J. Garfinkle, « Was the Ur III State Bureaucratic? Patrimonialism and Bureaucracy in the Ur III Period », dans S. J. Garfinkle et J. C. Johnson (dir.), The growth of an Early State in Mesopotamia: studies in Ur III administration: proceedings of the First and Second Ur III Workshops at the 49th and 51st Rencontre assyriologique internationale, Madrid, 2008, p. 55-62 ; (en) S. Rost, « Irrigation Management in the Ur III Period: A Reconstruction Based on A Case Study of the Maintenance of the Íd-NINA-Šè-DU Canal of the Province Lagaš », dans G. J. Selz (dir.), The Empirical Dimension of Ancient Near Eastern Studies / Die empirische Dimension altorientalischer Forschungen, Vienne et Berlin, 2011, p. 211-269.
  64. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 179-180 ; Id., « Questions autour des premiers empires : Akkad et Ur III », op. cit., p. 70-71
  65. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, respectivement col. 182, 176 et 189
  66. (en) R. Englund, « Hard work - Where will it get you? Labor management in Ur III Mesopotamia », dans Journal of Near Eastern Studies 50/4, 1991, p. 255-280
  67. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 177
  68. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 175-176 ; Lafont et Westbrook 2003, p. 191-192. (en) P. Steinkeller, « The Administrative and Economic Organization of the Ur III State: The Core and the Periphery », dans McGuire Gibson et R. D. Biggs (dir.), The Organization of Power: Aspects of Bureaucracy in the ancient Near East, Chicago, 1987, p. 19-41 ; M. Sigrist, Drehem, Bethesda, 1992 ; (en) T. Sharlach, Provincial Taxation and the Ur III State, Leyde, 2004. Avant cela, (en) W. W. Hallo, « A Sumerian Amphictyony », dans Journal of Cuneiform Studies 14, 1960, p. 88-114, a proposé de voir dans ce système une amphictyonie, une organisation destinée à financer le culte de Nippur.
  69. Très bonne mise au point sur ce sujet dans Postgate 1992, p. 167-169 et 173-183
  70. (en) G. van Driel, « The Size of Institutional Umma », dans Archiv für Orientforschung 46-47, 1999-2000, p. 80-91 ; (it) M. Liverani, « Il rendimiento dei cereali durante la III dinastia di Ur : Contributo ad un approccio realistico », dans Origini 15, 1990-1991, p. 359-368. B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 183.
  71. Résumé du débat sur ce point dans J.-L. Huot, Les Sumériens, entre le Tigre et l'Euphrate, Paris, 1996, p. 91-98.
  72. Postgate 1992, p. 183-187 ; B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 180-182 et Lafont et Westbrook 2003, p. 205-206. La bibliographie sur l'agriculture au temps de la dynastie d'Ur III est particulièrement fournie. Les textes issus des domaines des temples de Lagash ont été étudiés par (en) K. Maekawa, « The Agricultural Texts of Ur III Lagash of the British Museum », I dans Acta Sumerologica 3, 1981, p. 37-61, II dans Acta Sumerologica 4, 1982, p. 85-127, III dans Acta Sumerologica 8, 1986, p. 85-120, etc. Voir aussi (en) K. Maekawa, « Collective Labor System in Girsu-Lagash: The Pre-Sargonic and Ur III Periods », dans American Oriental Series 68, 1987, p. 49-71 ; (en) Id. « The “Temples” and “Temple Personnel” of Ur III Girsu-Lagash », dans K. Watanabe (dir.), Priest and Officials in the Ancient Near East, Heidelberg, 1999, p. 61-101. Sur Umma : (en) G. van Driel, op. cit. et (en) J. Dahl, « Land Allotments During the Third Dynasty of Ur, Some Observations », dans Altorientalische Forschungen 29/2, 2002, p. 330-338
  73. Postgate 1992, p. 158-159 et 170-172
  74. (de) R. K. Englund, Organisation und Verwaltung der Ur III-Fischerei, Berlin, 1990.
  75. Postgate 1992, p. 159-166. (en) M. Stepien, Animal Husbandry in the Ancient Neat East: A Prosopographic Study of Third-Millenium Umma, Bethesda, 1996.
  76. Postgate 1992, p. 225-240. Études plus spécialisées : (de) H. Neumann, Handwerk in Mesopotamien, Untersuchungen zu seiner Organisation in der Zeit der III. Dynastie von Ur, Berlin, 1987 ; (de) H. Waetzoldt, Untersuchungen zur neusumerischen Textilindustrie, Rome, 1972 ; (en) K. Maekawa, « Female Weavers and Their Children in Lagash, Pre-sargonic and Ur III », dans Acta Sumerologica 2, 1980, p. 81-125 ; H. Limet, Le Travail du métal au pays de Sumer au temps de la IIIe dynastie d'Ur, Paris, 1960. Pour des études sur des métiers artisanaux secondaires dans la documentation disponible, voir par exemple M. Sigrist, « Le travail des cuirs et des peaux à Umma sous la dynastie d'Ur III », dans Journal of Cuneiform Studies 33, 1981, p. 141-190 et (en), P. Steinkeller, « The Organization of Crafts in the Third Millenium Babylonia: the Case of Potters », dans Altorientalische Forschungen 23, 1996, p. 232-253.
  77. Postgate 1992, p. 202-203 et 219-221 ; B. Lafont dans Sumer 1999-2002, col. 184 ; C. Michel, « Commerce des grands organismes », dans Joannès (dir.) 2001, p. 195.
  78. Sur cette pratique et ses implications économiques, voir (en) P. Steinkeller, « Money-Lending Practices in Ur III Babylonia: The Issue of Economic Motivation », dans M. Hudson et M. Van De Mieroop (dir.), Debt and Economic Renewal in the Ancient Near East, Bethesda, 2002, p. 109-138. Cf. aussi Lafont et Westbrook 2003, p. 212-217
  79. (en) A. L. Oppenheim, « The Seafaring Merchants of Ur », dans Journal of the American Oriental Society 74/1, 1954, p. 6-17 ; Postgate 1992, p. 216-219.
  80. Postgate 1992, p. 218
  81. C. Michel, « Commerce international », dans Joannès (dir.) 2001, p. 197
  82. (de) A. Becker, « Neusumerische Renaissance? », dans Baghdader Mitteilungen 16, 1985, p. 229-316
  83. Pour une disparition durant la période d'Ur III : (en) J. S. Cooper, « Sumerian and Akkadian in Sumer and Akkad », dans Orientalia NS 42, 1973, p. 239-246, (en) P. Michalovski, « The Lives of the Sumerian Language », dans L. Sanders (dir.), Margins of Writing, Origins of Cultures, Chicago, 2005, p. 173-177 et (en) G. Rubio, « Šulgi and the Death of Sumerian », dans P. Michalovski et N. Veldhuis (dir.), Approaches to Sumerian Literature, Studies in Honour of Stip (H. L. J. Vantisphout), Leyde et Boston, 2006, p. 174-176. Pour un usage vernaculaire du sumérien pendant la période d'Ur III et sa disparition au début du IIe millénaire : Sallaberger 1999, p. 129, (de) W. Sallaberger, « Das Ende des Sumerischen: Tod und Nachleben einer altmesopotamischen Sprache », dans P. Schrijver and P.-A. Mumm (dir.), Sprachtod und Sprachgeburt, Brême, 2004, p. 108-140 et (en) C. Woods, « Bilingual, Scribal Learning and the Death of Sumerian », dans L. Sanders (dir.), op. cit., p. 91-120.
  84. C'est l'avis de (en) W. W. Hallo, « Sumerian Religion », dans Journal of the Institute of Archaeology of Tel Aviv University 1, 1993, p. 15–35, qui maintient une opposition entre traditions caractérisées comme sumériennes face à celles vues comme akkadiennes.
  85. (en) G. Rubio, « From Sumer to Babylonia: Topics in the History of Southern Mesopotamia », dans M. W. Chavalas (dir.), Current issues and the Study of the Ancient Near East, Claremont, 2007, p. 26-31
  86. (en) T. Sharlach, « Foreign Influences on the Religion of the Ur III Court », dans Studies on the Civilization and Culture of Nuzi and the Hurrians 12, 2002, p. 91-114
  87. Sallaberger 1999, p. 169-170
  88. (en) W. W. Hallo, « Texts, statues and the cult of the divine king », dans Supplements to Vetus Testamentum 40, 1988, p. 54–66
  89. Par exemple à Girsu : (en) K. Maekawa, « The Governor's Family and the “Temple Households” in Ur III Girsu », dans K. R. Veenhof (dir.), Houses and Households in Ancient Mesopotamia, Actes de la 40e Rencontre Assyriologique Internationale, Leyde, 1996, p. 171-179
  90. (de) W. Sallaberger, Der kultische Kalender der Ur III-Zeit, Berlin-New York, 1993
  91. S. N. Kramer, Le Mariage sacré, Paris, 1983 ; F. Joannès, « Mariage sacré », dans Joannès (dir.) 2001, p. 507-509 ; Sallaberger 1999, p. 155-156
  92. Traduction de S. N. Kramer, L'Histoire commence à Sumer, Paris, 1994 (1re éd. 1986), p. 187-188
  93. J. Cooper dans Sumer 1999-2002, col. 226-227 ; M.-J. Seux dans Sumer 1999-2002, col. 352.
  94. On trouvera une liste des textes littéraires connus par des tablettes de la période d'Ur III sur (en) « The Diachronic Corpus of Sumerian Literature » (consulté le 10 octobre 2013).
  95. (en) W. W. Hallo, « Sumerian Literature », dans D. N. Freedman (dir.), Anchor Bible Dictionary vol. 6, New York, 1992, p. 234-237
  96. On trouvera une présentation de plusieurs œuvres de la littérature sumérienne évoquées ici ainsi que des extraits traduits dans S. N. Kramer, L'histoire commence à Sumer, Paris, 1994 (1re éd. 1986)
  97. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 256-260. « (en) Traductions des hymnes aux rois d'Ur III sur le site ETCSL »
  98. J. Cooper dans Sumer 1999-2002, col. 240-242
  99. (en) P. Steinkeller, « An Ur III manuscript of the sumerian king list », dans W. Sallaberger, K. Volk et A. Zgoll (dir.), Literatur, Politik und Recht in Mesopotamien, Festschrift für Claus Wilcke, Wiesbaden, 2003. Cela ne signifie pas que ce texte n'ait pas eu une version encore plus ancienne, même s'il correspond bien au contexte littéraire de la période d'Ur III, cf. J. Cooper dans Sumer 1999-2002, col. 244.
  100. P. Michalowski dans Sumer 1999-2002, col. 251-252. R.-J. Tournay et A. Shaffer, L'épopée de Gilgamesh, Paris, 1994, p. 8 et 19. « (en) Traductions des mythes sur Enmerkar et Lugalbanda » et « (en) Traduction des mythes sur Gilgamesh sur ETCSL ».
  101. Frayne 1993, p. 88-89
  102. Synthèses utiles sur l'art de cette période : (en) J. Aruz (dir.), Art of the first cities: The Third millennium B.C. from the Mediterranean to the Indus, New Haven et Londres, 2003, p. 417-424 et 443-448 ; J.-L. Huot, Une archéologie des peuples du Proche-Orient, t. I, Des peuples villageois aux cités-États (Xe-IIIe millénaire av. J.-C.), Paris, 2004, p. 150-154.
  103. (en) J. Voris Canby, The “Ur-Nammu” Stela, Philadelphie, 2001.
  104. (en) J. A. Franke, « Presentation Seals of the Ur III / Isin-Larsa Period », dans McGuire Gibson et R. D. Biggs (dir.), Seals and Sealings in the Ancient Near East, Malibu, 1977, p. 61-66 ; (en) I. Winter, « Legitimation of Authority through Image and Legend: Seals Belonging to Officials in the Administrative Bureaucracy of the Ur III State », dans McGuire Gibson et R. D. Biggs (dir.), The Organization of Power: Aspects of Bureaucracy in the Ancient Near East, Chicago, 1987, p. 69-106 ; (en) C. Fischer, « Of Kings and Cups », dans S. J. Garfinkle et J. C. Johnson (dir.), The growth of an Early State in Mesopotamia: studies in Ur III administration : proceedings of the First and Second Ur III Worshops at the 49th and 51st Rencontre assyriologique internationale, Madrid, 2008, p. 63-78.
  105. M. Sauvage, « Diyala », dans Joannès (dir.) 2001, p. 243
  106. J.-C. Margueron, Recherches sur les palais mésopotamiens de l'âge du bronze, Paris, 1982, p. 156-167 et 170-183.
  107. F. Joannès et M. Sauvage, « Ur », dans Joannès (dir.) 2001, p. 875-876 ; B. Lafont, « Ur, capitale du monde au XXIe siècle avant notre ère », dans Religions & Histoire no 37, mars-avril 2011, p. 26-31. Sur l'aspect et les fonctions de ces différents édifices, voir l'article sur Ur et la bibliographie indiquée.
  108. C. Castel, « Ziggurat », dans Joannès (dir.) 2001, p. 918-919. M. Sauvage, « La construction des ziggurats sous la troisième dynastie d'Ur », dans Iraq 60, 1998, p. 45-63.

Bibliographie générale[modifier | modifier le code]

  • « Sumer », dans Jacques Briend et Michel Quesnel (dir.), Supplément au Dictionnaire de la Bible fasc. 72-73, Letouzey & Ané,‎ 1999-2002, col. 77-359
  • (en) Douglas Frayne, The Royal inscriptions of Mesopotamia, Early periods, vol. 3/2, Ur III period (2112-2004 BC), Toronto, University of Toronto Press,‎ 1993
  • Francis Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 2001
  • (en) Bertrand Lafont et Raymond Westbrook, « Neo-Sumerian Period (Ur III) », dans Raymond Westbrook (dir.), A History of Ancient Near Eastern Law vol. 1, Leyde, Brill, coll. « Handbuch der Orientalistik »,‎ 2003, p. 183-226
  • (en) John Nicholas Postgate, Early Mesopotamia : Society and Economy at the Dawn of History, Londres et New York, Routledge,‎ 1992
  • (en) Daniel T. Potts, The Archaeology of Elam: Formation and Transformation of an Ancient Iranian State, Cambridge, Cambridge University Press, coll. « Cambridge World Archaeology »,‎ 1999
  • (de) Walther Sallaberger, « Ur III-Zeit », dans Walther Sallaberger et Aage Westenholz, Mesopotamien: Akkade-Zeit und Ur III-Zeit, Fribourg et Göttingen, Universitätsverlag Freiburg Schweiz et Vandenhoeck & Ruprecht, coll. « Orbis Biblicus et Orientalis »,‎ 1999, p. 121-390

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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