Bataille d'Al-Anbar

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Bataille d'Al-Anbar
Carte de la zone des combats
Carte de la zone des combats
Informations générales
Date 30 décembre 2013 – en cours
Lieu Falloujah et Ramadi
Issue en cours
Belligérants
Drapeau de l'Irak Irak Flag of the Revolutionary Tribal Council.svg Révolutionnaires tribaux d'Al-Anbar
ShababFlag.svg État islamique en Irak et au Levant
Commandants
Drapeau de l'Irak Ali Ghaidan Majeed
Drapeau de l'Irak Ahmed Abou-Risha
Flag of the Revolutionary Tribal Council.svg Ali Hatem al-Suleiman
ShababFlag.svg Abou Abderrahmane al-Baghdadi
Forces en présence
20 000 hommes[1] 1 000+ hommes[2]
Pertes
119+ morts
5 à 22+ prisonniers
691+ morts
Civils :
136+ morts
Guerre d'Irak
Batailles
Invasion de l'Irak (2003)

Opération Southern Focus · Umm Qasr · Al Faw · Bassorah · Nassiriya · Nadjaf · Opération Northern Delay · Opération Viking Hammer · Samawa · Kerbala · Bagdad

Coalition militaire en Irak (2003-2011)
(Guérilla irakienne et Attentats de la guerre d'Irak)

Vol DHL à Bagdad · Sadr City · Opération Cajun Mousetrap II · Nadjaf · 1re Falloujah · 2e Falloujah · 1re Al-Qaim · 1er Tall Afar · Opération Steel Curtain · Massacre de Haditha · Fusillade d'Ishaqui · Ramadi · Offensive du Ramadan · Campagne de Diyala · Siège des bases britanniques à Bassorah · Raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad · Attentat de Qahtaniya · Opération Black Eagle · Opération Restore Peace III · Bassorah · Opération Bashaer al-Kheir · Opération New Dawn

Guerre civile irakienne (2011-en cours)

Opération al-Shabah · Al-Anbar · Youssoufiya · Mahallabiyah · Samarra · Mossoul · Massacre de Tikrit · Baïji · 2e Tall Afar · 2e Al-Qaim · Massacre de Hilla · Tikrit · Jourf al-Sakhr · Zoumar · Sinjâr · Massacres de Sinjâr · Barrage de Mossoul

La bataille d'Al-Anbar a lieu lors de la guerre d'Irak. Les combats commencent le 30 décembre 2013 par une insurrection de tribus sunnites contre le gouvernement. Les forces de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) interviennent également. Le 4 janvier 2014, Falloujah tombe aux mains des rebelles qui s'emparent également et de plusieurs zones de Ramadi.

Prélude[modifier | modifier le code]

Les premiers troubles éclatent en décembre 2012, après l'arrestation de 120 gardes du corps de Rafa Al-Issaoui, ministre sunnite des finances. Ce dernier trouve refuge à Falloujah. Des milliers de sunnites manifestent alors et se rassemblent sur un axe du carrefour routier reliant Falloujah à Bagdad. Un camp est établi, surnommé « place de la Dignité » par les manifestants qui réclament la libération des plusieurs milliers de prisonniers sunnites, l'égalité des droits et l'emploi. Le mouvement reçoit le soutien de chefs de tribus et de religieux chiites, et notamment de Moqtada al-Sadr. Cependant lorsque le premier ministre Nouri al-Maliki tente d'engager des réformes, celles-ci sont bloquées par d'autres députés chiites[3].

Les protestataires rassemblés dans le camp viennent cependant de différents mouvements politiques, les témoins observent la présence de drapeaux irakiens de l'époque de Saddam Hussein, d'autres d'après l'invasion, le drapeau syrien de l'Armée syrienne libre, mais aussi le drapeau noir des Salafistes sont également relevés[3].

Malgré des heurts avec la police, les manifestations restent globalement pacifiques[3]. La violence surgit en décembre. Le 21 décembre 2013 quatre policiers sont tués par des insurgés à Falloujah[4]. Le 28, le député sunnite Ahmed al Alouani, est arrêté à Ramadi. Son frère et six de ses gardes du corps sont tués au cours de l'arrestation[3].

Insurrection des tribus[modifier | modifier le code]

Les affrontements éclatent le 30 décembre 2013, lors du démantèlement du camp des protestataires que le gouvernement accuse d'être des partisans d'Al Qaida. Les protestataires, sunnites, reprochent de leur côté au premier ministre Nouri al-Maliki, chiite, la mise à l'écart de leur communauté. Les combats débutent à Ramadi et se portent rapidement jusqu'à Falloujah[5],[6],[7].

Le 30, selon la police irakienne, des hommes armés ouvrent le feu sur les forces spéciales lorsqu'elles tentent de pénétrer dans le nord de la ville de Ramadi. Au moins trois policiers sont tués et quatre véhicules sont détruits. Selon les hôpitaux, 10 autres corps sont conduits à la morgue ce jour-là. Pour protester contre ce violences, le cheikh Abdoul Malik al Saadi et plus de 40 députés sunnites du parlement irakien présentent leur démission[8].

Des milliers de sunnites se soulèvent, plusieurs tribus se fédèrent en un groupe et prennent le nom de « Révolutionnaires tribaux ». Cependant le gouvernement irakien souligne surtout la présence de l'EIIL et les Révolutionnaires tribaux d'Anbar sont amalgamés à des « terroristes » et à des « djihadistes »[9].

Le 1er janvier, des djihadistes de l'EIIL profitent de la situation pour attaquer des postes de police. Les islamistes s'emparent de plusieurs dépôts d'armes et libèrent 101 détenus dans le commissariat de Falloujah. Des commissariats et véhicules militaires sont incendiés. Les combats ont alors fait au moins 13 morts[6],[5],[10].

HRW rapporte des propos faisant état du manque de confiance des Habitants de Falouhja envers le gouvernement centrale irakien "« Nous ne savons pas qui nous devons craindre le plus, al-Qaïda ou SWAT», a déclaré un habitant de Fallujah, faisant allusion à une unité des forces spéciales qui est chargée d'effectuer des opérations antiterroristes. « Pourquoi devrions-nous les aider à combattre al-Qaïda, sachant qu'ils s'en prendront à nous dès qu'ils en auront fini avec eux?» . De meme Dans une autre video analysés par l'ONG , un homme se présentant comme un dirigeant d'al-Qaïda demande à une foule de badauds à Ramadi: « Que sommes-nous censés faire quand l'armée viole nos femmes? Que sommes-nous censés faire quand ils emprisonnent nos femmes et nos enfants?»Des protestataires pacifiques ont posé les mêmes questions aux autorités irakiennes lors de manifestations de masse qui ont commencé il y a plus d'un an, mais la promesse de Maliki de s'occuper de ce problème est restée lettre morte.[11]

Intervention de l'armée irakienne[modifier | modifier le code]

Il est un temps envisagé par le gouvernement irakien de retirer l'armée pour apaiser la situation, mais finalement sur ordre du premier ministre, les forces armées irakiennes reçoivent des renforts et interviennent pour tenter de reprendre le contrôle de la situation. Cependant, la progression des soldats est freinée par des tireurs embusqués postés sur les toits et les minarets[6],[5],[12].

Le 2 janvier, les Révolutionnaires tribaux et les hommes de l'EIIL prennent le contrôle de plusieurs secteurs de Ramadi et Falloujah[5].

Le 3 janvier, les combats se poursuivent entre les djihadistes et les forces de sécurité irakiennes alliées à des tribus locales. À Ramadi, contrairement à Falloujah, la plupart des milices tribales prennent le parti des forces gouvernementales[13]. Selon le ministère de l'Intérieur, au moins 71 djihadistes et 32 civils sont tués[5]. Des combats opposent également les djihadistes aux milices Sahwa. Selon un officier Sahwa, 62 insurgés ont été tués, dont 46 à Ramadi et 16 à Khaldiya, située au sud de cette ville. Il affirme également que parmi les morts figure l'émir d'Al-Anbar Abou Abderrahmane al-Baghdadi[14].

Falloujah est bombardée dans la nuit du 3 au 4 et des combats y font au moins 8 morts et une trentaine de blessés[13]. Le matin du 4 janvier, les services de sécurité irakiens annoncent que la ville de Falloujah est passée sous le contrôle total des djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant. L'armée affirme cependant toujours tenir les abords de la ville[5]. Environ 1 000 combattants insurgés y seraient présents[2].

Dans la journée du 4 janvier, l'armée irakienne lance deux opérations contre les rebelles. La première près de Ramadi, la seconde à Garma, non loin de Falloujah. À la fin de la journée les forces de sécurité irakiennes et le général Ali Ghaidan Majeed, commandant des forces terrestres irakiennes, déclarent que 55 insurgés, 8 soldats et au moins 2 miliciens ont été tués lors des combats. La ville de Ramadi reste tenue par les forces gouvernementales mais les djihadistes restent présents dans les quartiers de Malab, Adel et Bakr[15],[16],[17],[18].

Dans la nuit du 4 au 5 janvier, l'aviation irakienne effectue plusieurs bombardements sur Ramadi, 25 djihadistes de l'EIIL sont tués selon les autorités. Le 5 janvier, le gouvernement irakien annonce l'imminence d'une contre-offensive pour reprendre Falloujah et Ramadi[19]. Le même jour, selon les déclarations anonymes de membres du gouvernement de la province d'Al-Anbar à l'Associated Press, 22 soldats, 12 civils et nombre inconnu d'insurgés ont été tués à Ramadi, on compte également 58 blessés[20]. 11 combattants venus d'Afghanistan et de plusieurs pays arabes sont également tués sur l'autoroute entre Bagdad et Falloujah selon le général Ali Ghaidan Majeed[21].

Les forces irakiennes encerclent Falloujah, à la date du 10 janvier, elles sont fortes de 20 000 hommes[1]. Cependant le gouvernement hésite à lancer une offensive qui risque d'être très meurtrière, tant pour les militaires que pour les civils, et d'accroître irrémédiablement les tensions entre Chiites et Sunnites[22]. Aussi le 6 janvier, le premier ministre Nouri al-Maliki demande aux habitants de Falloujah de chasser de la ville les combattants djihadistes de l'EIIL[23].

Dans la nuit du 6 au 7 janvier, l'armée irakienne lance un assaut pour reprendre l'ouest de Ramadi. Les combats durent de 23 heures à 6 heures du matin, mais les insurgés repoussent finalement les assaillants. Au moins 4 civils sont tués et 14 blessés[24]. Le 7, 25 insurgés sont tués par une frappe aérienne à Ramadi selon le ministre de la Défense[25].

Dans la matinée du 8 janvier, des combats ont lieu pendant une heure à Falloujah dans les quartiers d'Al-Askari à l'est et d'Al-Chouhada à l'ouest. L'aviation effectue également quelques bombardements. À cette date, 13 000 familles ont quitté Falloujah. Cependant les insurgés autorisent la police de circulation à revenir en ville. Selon le cheikh Ali al-Hammad, la ville est entièrement contrôlée par les Révolutionnaires tribaux et les forces de l'EIIL ne sont plus présentes à Falloujah[26],[27],[28].

Le même jour, l'armée attaque également les rebelles à Khaldiyah, près de Ramadi[26]. À Ramadi, deux miliciens sont tués et quatre autres blessés par un kamikaze[27].

Le 9 janvier, les militaires irakiens, soutenus par des chars et des hélicoptères lancent une offensive à Al-Boulali, située entre Falloujah et Ramadi[29]. Dans la soirée, à Ramadi, trois policiers sont tués et six blessés par un attentat kamikaze à la voiture piégée[30].

Le 10 janvier, les combattants des tribus loyalistes et la police reprennent le contrôle des quartiers de Malaab et de Fursan, à Ramadi. Selon Ahmed Abou-Risha, chef des milices Sahwa, les djihadistes ne contrôlent plus que 10 % de la ville. D'après un médecin, au moins deux civils ont été tués, quatre civils et huit insurgés sont également blessés[31],[32].

Le même jour, le gouvernement et les rebelles engagent des pourparlers. L'armée s'engage à ne pas lancer d'assaut sur Falloujah tant que dureront les négociations[33].

Le 14, près de Falloujah, un kamikaze conduisant un camion-citerne rempli d'explosifs se fait sauter sous un pont autoroutier sur lequel se trouvaient deux blindés. Un des blindés est détruit par l'effondrement du pont, le second est assailli par des rebelles, puis également détruit. Le même jour, le poste de police de Saklaouya est attaqué par plusieurs dizaines d'hommes, les policiers se rendent. Par la suite, des hélicoptères interviennent pour tenter de repousser les insurgés. À Garma, selon des médecins, quatre personnes sont tuées et six blessés par des tirs de mortiers[34].

Le même jour à Ramadi, les djihadistes regagnent du terrain, les deux quartiers conquis les jours précédents par les loyalistes sont repris par rebelles. Ces derniers poursuivent leur avance et contrôlent six quartiers du sud et du centre de la ville. Selon un médecin du principal hôpital de Ramadi, au moins deux policiers sont tués et cinq blessés[35].

Le 16 janvier, 3 000 soldats irakien appuyés par des chars lancent un assaut sur un camp rebelle à Al-Boubali, située entre Falloujah et Ramadi. Les pertes ne sont pas connues, mais l'armée affirme vouloir récupérer les corps de huit soldats, tués les jours précédents. Des combats ont également lieu pendant la nuit à Falloujah, au moins deux personnes sont tuées par des tirs de mortiers. À Ramadi, dans la soirée, trois miliciens loyalistes sont tués par un kamikaze. Quelques heures plus tard, des bombardements font trois morts dans cette même ville[36],[37].

Le 19 janvier, Abou Bakr al-Baghdadi appelle les insurgés à progresser vers Bagdad[38]. Le 21, l'aviation irakienne bombarde les positions insurgées, 50 rebelles sont tués selon le ministère de la Défense[39], 13 autres sont tués les même jour lors d'échanges de tirs selon l'armée irakienne. Au moins huit autres personnes sont tuées le 22 selon des médecins[40].*

Le 24 janvier, le gouvernement irakien déclare que 140 000 habitants ont fui les combats, dont 65 000 dans la dernière semaine[41]. Ce jour-la, des bombardements dans le quartier de Nazal, au sud de Falloujah, font huit morts, dont un enfant, et sept blessés. Le 25, l'armée irakienne affirme avoir tué 20 insurgés à Albou Faraj, près de Ramadi[42]. Le 26, une femme et ses trois enfants sont tués par une explosion[43]. Le même jour, près de Falloujah, les combattants de l'EIIL attaquent un poste de l'armée irakienne et capturent 5 à 22 soldats irakiens selon les témoignages, ils s'emparent également de 6 véhicules Humvee, dont trois sont incendiés. Le même jour, la police irakienne abandonne les commissariats de Al-Boubali et Albou-Obeid, situés entre Falloujah et Ramadi, qui sont pris par les insurgés[44].

Le 1er février, l'armée irakienne lance une offensive à Ramadi et au nord de Falloujah, selon Ahmed Abou-Risha, elle a tué 35 rebelles dans la première ville et au moins 15 le sont près de la seconde, selon le Ministère de la Défense[45]. Le 3, l'armée irakienne affirme avoir repris plusieurs quartiers de Ramadi et selon elle, 57 rebelles ont été tués à Al-Anbar, la plupart dans la banlieue de Ramadi. Falloujah de son côté, est la cible de raids aériens[46],[47],[48].

Le 8 février, des rebelles attaquent un avant-poste de l'armée au nord de Falloujah, mais ils sont repoussés à la suite de l'intervention d'hélicoptères de combats qui tuent neuf insurgés[49].

Le même jour, Ahmed al-Dulaimi gouverneur de la province d'Al-Anbar lance un ultimatum et donne une semaine aux insurgés pour mettre bas les armes. En échange il leur propose une amnistie, il excepte cependant les djihadistes de l'EIIL. De son côté, le colonel de police Hamid Shandukh déclare à l'AFP que 400 bombes ont été désamorcés à Ramadi, dont plusieurs dizaines cachées dans des maisons[50].

Le 11 février, le Haut commissariat des réfugiés des Nations unies déclare que 300 000 personnes ont été déplacés en raison des combats autour de Ramadi et Falloujah[51].

Le 16 février, en visite à Ramadi, le premier ministre Nouri al-Maliki déclare que la stratégie des forces de l'ordre est d'isoler Falloujah et d'attendre que les insurgés n'aient plus de munitions[52].

Selon le gouvernement irakien, 52 insurgés sont tués à Ramadi lors de combats livrés le 3 et le 4 mars. Le 4, selon un médecin, une femme et deux enfants sont tués par un obus de mortier à Falloujah[53]. Au cours du mois de mars, la ville de Ramadi est presque compètement reprise par les forces gouvernementales.

Des affrontements éclatent à Falloujah, dans la nuit du 18 au 19 mars. Les combats ont lieu dans les quartiers du nord, de l'est et du sud de la ville, faisant 15 morts et 40 blessés, selon un médecin de la ville[54].

Le 20 mars, à Ramadi, une vingtaine de soldats d'élite des forces de sécurités irakiennes pénètrent dans un bâtiment piégé par des charges explosives. L'explosion fait 14 morts dans les rangs des militaires[55].

Le 23 mars, à al-Sijar, au nord de Falloujah, un affrontement oppose un commando de l'armée irakienne aux insurgés. Le même jour, la zone industrielle de Falloujah est visée par des tirs d'artillerie. Selon un membre de la police provinciale, 33 rebelles sont tués par le commando tandis que les pilonnages ont fait trois morts et deux blessés chez les insurgés[56].

Le 26 mars, quatre civils sont tués et sept autres sont blessés par des tirs d'artillerie à Falloujah[57].

Le 1er avril, un commando irakien tue 12 insurgés dans la ville d'al-Garma, à l'est de Falloujah, selon une source policière anonyme de l'agence Xinhua[58].

Le 5 avril, à Garma, près de Falloujah, une bombe explose dans une maison que des soldats étaient en train de fouiller, puis d'autres soldats envoyés en renfort sont pris sous le feu des insurgés. Selon les autorités irakienne, l'explosion et l'affrontement qui a suivi ont fait 15 morts et 24 blessés dans les rangs des militaires[59].

Le 7 avril, selon le général Saad Maan, porte-parole du ministère de l'Intérieur, 19 insurgés sont tués par l'armée et la police au sud de Bagdad et dans les environs de Ramadi et Falloujah[60].

Le 11 avril, 6 civils sont tués et 24 blessés par des frappes aériennes sur Falloujah. Le même jour à Ramadi, six hommes appartenant probablement à l'EIIL sont tués par des soldats d'après une source de la police provinciale[61].

Le 16 avril, 16 civils sont tués par des tirs de mortiers à Falloujah. Le même jour, deux kamikazes se font exploser à deux entrées de bâtiments officiels de Ramadi, tuant trois soldats, un policier et un civil et faisant environ 12 blessés[62],[63].

Le 18 avril, l'armée irakienne prend d'assaut la localité d'al-Hamira, au sud de Ramadi. D'après des responsables de l'armée et de la police, deux soldats et 21 insurgés sont tués lors de l'affrontement[64].

Le 21 avril, un affrontements dans la province d'al-Anbar fait neuf mort et sept blessés du côté des rebelles selon les déclarations d'un policier à l'agence Xinhua[65].

Le 25, quatre hommes de l'EIIL sont tués à l'ouest de Ramadi selon un officier de la police irakienne[66]. Le 26, selon un médecin de l'hôpital de Falloujah, deux personnes sont tuées et 20 blessées par des tirs d'artillerie dans plusieurs quartiers de la ville[67].

Les 3 et 4 mai, des bombardements sur Falloujah font 11 morts et 4 blessés selon un médecin de la ville[68]. Le 4, à l'est de la ville, un poste de l'armée irakienne est attaqué par des rebelles suspectés d'être liés à l'EIIL. L'attaque est repoussée et sept rebelles sont tués selon une source policière de l'agence Xinhua[69].

Le matin du 6 mai, un barrage de l'armée est attaqué à Al-Amriyah, au sud de Falloujah. D'après un médecin, trois enfants et une femme ont été tués et 15 personnes blessées lors des combats[70].

Sept personnes sont tuées et 45 blessées par des bombardements sur Falloujah la nuit du 6 au 7 mai selon Ahmed Shami, médecin en chef du principal hôpital de Falloujah[71].

Le 10 mai, huit personnes, dont deux enfants, sont tuées à Falloujah à la suite de bombardements et de combats[72].

Le 16 mai, le ministère irakien de la Défense affirme qu'au moins 80 insurgés sont tués lors d'opérations dans la province d'Al-Anbar[73].

Le 27 mai, Human Rights Watch affirme que les forces gouvernementales irakiennes ont « tiré des des obus de mortier et mené d’autres attaques contre l'Hôpital général de Falloujah » et depuis le début du mois de mai, elles ont également « largué des barils d’explosifs sur des quartiers résidentiels de Falloujah et des zones voisines [...] ces attaques aveugles ont fait de nombreuses victimes civiles et forcé des milliers d'habitants à fuir leurs foyers ». HRW indique également que des militaires irakiens ont été exécutés après avoir été capturés par les rebelles, dont ceux de l'EIIL[74].

Le 1er juin, des combats et des bombardements au nord et au sud de Falloujah font au moins 22 morts et 36 blessés selon Ahmed Shami, médecin du principal hôpital de la ville[75].

Le 7 juin, un commando de 30 à 40 djihadistes de l'EIIL s'empare de l'université de Ramadi après avoir tué des gardes et fait sauter un pont. Plusieurs centaines d'étudiants et de membres du personnel sont pris en otages par les assaillants. Peu après les forces spéciales irakiennes lancent l'assaut. À la fin de la journée, le ministère de l’Intérieur annonce que « tous les étudiants pris en otages ont été libérés »[76],[77],[78].

Le 22 juin, les funérailles du général de brigade Abdul-Majid al-Fahdawi, tué la veille à la bataille d'Al-Qaim, ont lieu près de Ramadi. Mais un kamikaze se fait exploser dans le hall où se déroule la cérémonie, peu après une voiture piégée explose au milieu de la foule fuyant la première attaque. Huit personnes sont tuées et 13 blessées dans ces deux explosions[79].

Le 29 juin, des combats ont lieu dans les provinces d'Al-Anbar et de Babil, 9 soldats, 11 policier et 53 insurgés sont tués selon une source militaire de l'AFP. 22 militaires et policiers sont également blessés[80],[81].

Le 11 juillet, les rebelles sunnites lancent une offensive sur Ramadi. Des combats ont lieu à l'ouest de la ville, les insurgés s'emparent d'un poste de police et en font exploser un autre. 11 policiers sont tués et 24 blessés selon les déclarations à l'AFP, d'un officier et d'un médecin[82].

Le 15 août, après la démission de Nouri al-Maliki, les chefs des tribus sunnites rebelles de la province d'Anbar se déclarent prêts à coopérer sous conditions avec son successeur Haïder al-Abadi[83]. Le même jour, une alliance de 20 tribus sunnites se forme et entre en guerre contre l'État islamique[84],[85].

Le 17 septembre, les forces irakiennes, soutenus par des combattants tribaux, lancent des opérations contre l'EI à Ramadi, Falloujah et Haditha. À Falloujah, le quartier al-Soudjour est bombardé et au moins 12 civils sont tués, tandis qu'à Barouana, au sud de Haditha, l'armée repousse une attaque des djihadistes[86].

Aides étrangères au gouvernement irakien[modifier | modifier le code]

Tous deux alliés de l'Irak, les États-Unis et l'Iran réagissent également. Les Américains affirment suivre de très près l'évolution de la situation à Falloujah, mais le secrétaire d'Etat John Kerry déclare que l'armée américaine n'interviendra pas[19]. Cependant le Pentagone décide d'accélérer la livraison à l'Irak d'une centaine de missiles AGM-114 Hellfire et d'une dizaine de drones d'observation Scan Eagle[23]. De son côté, l'Iran propose son aide à l'Irak, le général Hedjazi déclare que « si les Irakiens en font la demande, nous leur fournirons des équipements et des conseils[19]. »

Le 3 janvier, l'Irak reçoit 13 hélicoptères Mi-28NE « Chasseurs de la Nuit » achetés à la Russie. Selon l'accord commercial, une trentaine d'autres hélicoptères doivent être livrés par la suite, dont des Mil Mi-35[87].

Le 24 janvier, le Pentagone notifie le Congrès américain d'un projet de vente à l'Irak de 24 hélicoptères AH-64 Apache et de 480 missiles AGM-114 Hellfire[88].

Les pertes[modifier | modifier le code]

Le 31 janvier, un communiqué des ministères de la santé, de la défense et de l'intérieur déclare que les affrontements de janvier dans l'ensemble de l'Irak ont fait 795 morts et 1 633 blessés pour les civils, 122 morts et 238 blessés du côté des militaires et 96 policiers tués et 153 blessés[89].

Selon les hôpitaux et les centres médicaux de la province d'al-Anbar, 125 corps et 541 blessés ont été comptabilisés entre le 30 décembre 2013 et le 25 janvier 2014, tant civils que militaires, dont 72 morts et 305 blessés pour l'hôpital de Falloujah[90].

Le 1er février, selon un rapport de la mission des Nations unies en Irak, il est impossible d'établir une comptabilité des victimes dans la province d'al-Anbâr. Selon ce rapport, 618 civils et 115 soldats et policiers irakiens ont été tués en janvier dans le reste de l'Irak, 1 229 personnes ont également été blessées[91].

Iraq Body Count affirme de son côté avoir recensé 1 076 civils tués en janvier dans l'ensemble de l'Irak[92].

Selon les chiffres de l'AFP, basés sur des sources médicales et de sécurité, les attentats et les combats ont fait au moins 744 morts en Irak pour le mois de février. Pour le gouvernement irakien, le bilan est de 790 civils et membres des forces de l'ordre tués[93].

Début mai 2014, Ali Hatem al-Doulaimi, un des chefs de tribus rebelles, déclare que les combats ont faits 2 000 morts et beaucoup de blessés. Selon la journaliste Angélique Ferat, l'armée irakienne aurait perdu 1 000 hommes lors des affrontements[94].

Le 7 mai, Ahmed Shami, médecin en chef du principal hôpital de Falloujah, déclare que son établissement a comptabilisé 295 morts et 1 296 blessés entre le 30 décembre 2013 et le 7 mai 2014[71]. Au début du mois de juin, il évoque plus de 350 morts[75].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b RFI : En Irak, Fallouja au centre de toutes les attentions
  2. a et b Le Nouvel Observateur : IRAK. La bataille de Falloujah aura-t-elle lieu ?
  3. a, b, c et d Orient XXI : Al-Qaida contrôle-t-il Fallouja ?
  4. AFP : Irak: 15 militaires tués dans des heurts à l'ouest de Bagdad
  5. a, b, c, d, e et f AFP : Irak: la ville de Fallouja est tombée dans les mains d'Al-Qaeda
  6. a, b et c RFI : Irak: les violences se propagent autour de Fallouja
  7. RFI : Violences meurtrières en Irak après la destruction d’un camp de protestataires
  8. Reuters : Démantèlement d'un camp sunnite en Irak, 13 morts
  9. RFI : Irak: avec l'assaut sur Fallouja, le risque de l'amalgame
  10. Ouest-France : Irak. Les forces spéciales combattent les insurgés à Fallouja
  11. « Irak : Les forces de sécurité font subir des exactions aux femmes en détention », sur Human Right Watch,‎ 6 FÉVRIER 2014
  12. RFI : Irak : les heurts se poursuivent à Ramadi, dans l’ouest du pays
  13. a et b Reuters : Offensive de l'armée irakienne dans la province d'Anbar
  14. Le Nouvel Observateur : Irak: 62 combattants d'Al-Qaïda tués dans la région de Ramadi
  15. L'Express : Irak: 55 "combattants d'Al-Qaïda" tués
  16. Le Soir : Irak: 8 soldats tués dans les combats dans la province d’Al-Anbar
  17. Le Nouvelliste : La ville de Falloujah aux mains d'Al-Qaïda
  18. Le Figaro : Irak : la ville de Faloudja tombe aux mains d'al-Qaida
  19. a, b et c RFI : Irak: le pouvoir prêt à en découdre avec les «terroristes» à Fallouja
  20. The Daily Star : Fighting between Iraqi troops, al-Qaida kills 34
  21. AFP : Irak: le gouvernement veut reprendre Fallouja à Al-Qaïda, l'Iran prêt à l'aider
  22. RFI : Irak : l'assaut contre Fallouja retardé
  23. a et b RFI : Irak: les habitants de Fallouja appelés à chasser les combattants liés à al-Qaïda
  24. AFP : Irak: des jihadistes repoussent une attaque à Ramadi
  25. AFP : Irak: l'armée attend avant d'attaquer les jihadistes à Fallouja
  26. a et b AFP : Irak: la ville de Fallouja toujours contrôlée par des hommes armés
  27. a et b AFP : Irak: 13.000 familles ont fui Fallouja, sous le contrôle de jihadistes
  28. RFI : Irak: contrôler Fallouja, une tâche ardue
  29. AFP : Irak: intenses combats dans l'ouest, inquiétudes sur le plan humanitaire
  30. Xinhua : Trois policiers tués dans un attentat suicide à Anbar en Irak
  31. Le Monde : Irak : tribus et police reprennent des quartiers de Ramadi des mains d'Al-Qaida
  32. LaPresse.Ca : Irak: deux quartiers de Ramadi repris à Al-Qaïda
  33. Reuters : Négociations pour éviter un assaut contre Falloudja en Irak
  34. Reuters : Les violences font au moins 24 morts en Irak
  35. Arcinfo : Irak: plus de 40 morts en 24 heures
  36. AFP : Irak: assaut de l'armée contre un camp d'insurgés à Al-Anbar
  37. AFP : Irak: assaut des forces de sécurité contre les insurgés à Al-Anbar
  38. Le Point : Irak : les djihadistes appelés à se diriger vers Bagdad
  39. Le Figaro : Irak: 50 insurgés tués dans des frappes
  40. AFP : Irak: Maliki appelle les habitants d’Anbar à s’opposer aux insurgés
  41. Le Monde : En Irak, exode massif de réfugiés fuyant les combats
  42. APS : Irak - vingt-huit personnes tuées dans des bombardements
  43. Le Soir : Au moins 26 morts dimanche dans des violences en Irak
  44. AFP : Irak: des soldats capturés à Fallouja, 13 morts à travers le pays
  45. La Presse Ca : Irak: l'armée tue 50 rebelles dans des raids
  46. AFP : Les forces irakiennes progressent dans Ramadi, 7 morts dans des violences
  47. Reuters : L'armée irakienne tue 57 activistes dans la province d'Anbar
  48. AFP : Irak: intenses combats pour reprendre des quartiers de Ramadi
  49. Xinhua : Irak : 12 tués et 14 blessés dans des violences à travers le pays
  50. AFP : Irak: le gouverneur d'Al-Anbar lance un ultimatum aux insurgés
  51. AFP : Irak: près de 300.000 personnes ont fui les combats d'Al-Anbar (ONU)
  52. Direct Matin : IRAK: LE PREMIER MINISTRE MALIKI EN VISITE À RAMADI
  53. AFP : Irak: 52 jihadistes de Daech tués à Ramadi (contre-terrorisme)
  54. OLJ : Les violences font 37 morts, dont 15 à Falloujah
  55. TAP info : Quatorze-membres-des-forces-de-securite-irakiennes-tues-a-ramadi
  56. Xinhua : Irak : 66 tués dans des attaques violentes à travers le pays
  57. Xinhua : Dix tués et vingt blessés dans des attaques violentes en Irak
  58. Xinhua : Vingt-cinq personnes tuées dans des attaques en Irak
  59. Associated Press, Au moins 21 soldats abattus en Irak
  60. Belga : Irak: 19 insurgés tués par les forces de sécurité
  61. Xinhua : Irak : 25 morts dans plusieurs attaques violentes
  62. Belga : 18 morts dans des attaques dans l'ouest de l'Irak
  63. AFP et Le Figaro : Irak: attaque contre des bâtiments d'État
  64. AFP : Irak: 29 morts, dont 23 dans un assaut de l'armée contre des insurgés
  65. Xinhua : Irak : 33 personnes tuées dans des attaques violentes à travers le pays
  66. TP : 4 militants killed in Iraq's Ramadi
  67. Xinhua : 22 tués dans des attaques en Irak
  68. AFP et RTL : Irak : onze morts dans des bombardements sur Fallouja
  69. Xinhua : Seize morts dans des attaques violentes en Irak
  70. AFP, AP, Belga et Le Soir : Huit morts dans des violences en Irak
  71. a et b AFP : Irak: au moins 295 morts dans la région de Fallouja en 4 mois (médecin)
  72. France 24 : Irak : violents combats à Fallouja, occupée par l’EIIL depuis 4 mois
  73. AFP : L'Irak endeuillé par de nouvelles violences, 25 morts
  74. Human Rights Watch : Irak : Les forces gouvernementales ont attaqué un hôpital à Falloujah
  75. a et b AFP et Le Figaro : Irak: 22 morts dans des violences à Fallouja
  76. AFP : Assaut des forces irakiennes contre l’université de Ramadi, prise par des jihadistes
  77. AFP et Le Monde : Irak : des dizaines d'étudiants retenus en otages à Ramadi
  78. AFP : Offensive jihadiste en Irak, des étudiants pris en otages plusieurs heures
  79. AP : Irak: huit morts dans un attentat à Anbar
  80. AFP et Le Nouvel Observateur : IRAK. L'armée lance l'assaut pour reprendre Tikrit
  81. Ouest-France : Irak. Vingt membres des forces armées tués dans des combats
  82. AFP : Irak: 11 policiers tués dans des heurts près de Ramadi
  83. Reuters : Irak-Les sunnites d'Anbar prêts à coopérer avec Al Abadi
  84. RFI : Irak: la mobilisation des sunnites pourrait changer la donne contre EI
  85. RFI : Irak: les tribus sunnites renviendront-elles vers l’Etat irakien?
  86. RFI : Irak: l’armée lance l'assaut contre l’EI dans trois villes du centre
  87. Ria novosti : L'Irak reçoit 13 hélicoptères russes Mi-28NE
  88. AFP : Le Pentagone prêt à vendre 24 hélicoptères d'attaque à l'Irak
  89. Le Monde : Irak : plus de 1 000 morts dans des affrontements au mois de janvier
  90. Xinhua : Irak: 125 morts en un mois dans les combats en Anbar
  91. Metro : Au moins 733 morts en Irak en janvier, selon l'ONU
  92. Iraq Body Count
  93. Libération : Le bilan des violences en Irak reste élevé, 744 morts au seul mois de février
  94. RFI : Irak: un chef tribal interpelle la communauté internationale