Triptyque Stefaneschi

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Polittico Stefaneschi
Image illustrative de l'article Triptyque Stefaneschi
Artiste Giotto
Date entre 1315 et 1320
Technique peinture à tempera sur panneau de bois
Dimensions (H × L) 222,4 × 254 cm
Localisation Pinacothèque vaticane, Vatican

Le triptyque Stefaneschi est une peinture en triptyque de Giotto di Bondone et de son atelier, datant de 1320 environ et conservée à la pinacothèque vaticane après avoir été le retable du maître-autel de l'ancienne basilique Saint-Pierre de Rome.

L'endroit et l'envers du triptyque sont peints et ses parties centrales font 178 × 89 cm, les parties latérales 168 × 83 cm, la prédelle 45 × 83 cm.

Il est maintenant conservé à la pinacothèque vaticane sous la référence d'inventaire 40120.

Histoire[modifier | modifier le code]

le cardinal Giacomo Stefaneschi (à Rome alors que le pape est à Avignon) est le commanditaire de ce retable destiné au maître-autel de l'ancienne basilique Saint-Pierre de Rome, dans le but politique de ramener la papauté à Rome.

Le commanditaire est représenté priant à genoux sur les deux faces du retable dans les panneaux du centre.

Un document de 1603 du Liber benefactorum de la basilique vaticane, indique le don de cette peinture et son coût payé par le cardinal de 800 florins, un chiffre très élevé. Au XVIIe siècle on découvre la date de la date de 1320 sur la trame originale et confirmée par la présence de Célestin V qui fut canonisé en 1313 et représenté portant l'auréole.

Sujet[modifier | modifier le code]

Les deux faces

Suivant le principe iconographique des polyptyques, les sujets principaux de la sanctification et le commanditaire figurent aux centre des faces du triptyque, les panneaux latéraux exposant les figures terrestres (les hauts, les sujets célestes) :

Au recto 
Le Christ du panneau central est trônant, entouré d'anges et d'un orant et les panneaux latéraux exposent des épisodes bibliques du Nouveau Testament scènes de martyres des saints).
Au verso 
Saint Pierre trônant entouré d'anges et de deux orants et les panneaux latéraux exposent des saints debout avec leurs attributs.
les médaillons en tondo, les pinacles, les colonnettes  
ils comportent également des saints, des prophètes et des anges.

Composition[modifier | modifier le code]

Détail du crucifiement de saint Pierre.

Le triptyque est peint sur les deux côtés, afin d'être vu non seulement par les fidèles, mais aussi par les prélats. Les scènes choisies traitent essentiellement des apôtres Pierre et Paul. Sont aussi représentés saint Georges et le pape Célestin V, en habit monastique, par saint Sylvestre, saint Jacques le Majeur, saint André, saint Jean l'Évangéliste et saint Étienne. Au centre, trône le Christ entouré d'anges, le cardinal à ses pieds.

Face recto[modifier | modifier le code]

  • Au centre : le Christ en majesté sur un trône gothique au milieu des anges avec le cardinal Stefaneschi, agenouillé et penché pour lui baiser les pieds.
  • panneau de gauche  : le crucifiement de saint Pierre, entre une pyramide et la Meta Romuli (it), allégorie symbolique de Rome et du Vatican.
  • panneau de droite : le martyre par la décapitation de saint Paul, entre les pleureuses et les soldats, entouré plus haut du phare d'Ostie et d'une jeune fille jetant le tissu ayant servi à éponger son sang et gonflé par son âme montant au Paradis.
  • en prédelle : Vierge à l'Enfant trônant en majesté entre deux anges et les douze apôtres.

Face verso[modifier | modifier le code]

  • Au centre : saint Pierre trônant entouré de deux anges et de deux figures saintes avec, présenté par saint Georges, le cardinal Stefaneschi agenouillé portant, vers le Christ, le triptyque ; en face de lui agenouillé, le pape Célestin Ier (connu aussi sous le nom de saint Pierre de Morrone) ; saint Pierre est représenté bénissant de la main droite, tenant les clefs du royaume de l'autre main (ses attributs courants).
  • panneau de gauche : saint Jacques et saint Paul à gauche,
  • panneau de droite : saint André et saint Jean l'Évangéliste
  • en prédelle : ne subsistent que trois saints au centre (dont saint Étienne à gauche, les deux autres étant non identifiés).

Analyse[modifier | modifier le code]

Le cardinal Stefaneschi portant sa propre représentation sur le tableau.

La perspective à point de fuite central du pavement sous les pieds du saint Pierre du panneau central du verso est clairement explicite ; moins sous le trône du Christ du panneau central du recto accentuant sa position de figure divine (trônant, il est dans les cieux après sa résurrection).

La perspective signifiante (chère aux peintures gothique et byzantine) est également accentuée dans ce panneau du recto avec les figures accompagnatrices nettement plus petites que le Christ (comme sur les personnages des panneaux latéraux).

Les principes des peintures gothique et byzantine sont aussi présents par les nombreux fonds d'or remplissant les ciels, les auréoles circulaires...

Particularité inconographique[modifier | modifier le code]

Sur l'envers, le cardinal Stefaneschi est représenté à genoux portant le triptyque, exposant la face le représentant portant le triptyque, etc.

Un exemple de mise en abyme inhabituel pour ce temps.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • pour les dimensions, La Peinture gothique italienne et la Notice du Vatican.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marco Marinacci, Giotto. Il ciclo dell'anima. Il polittico Stefaneschi, Marietti, 1820, 2009 (ISBN 8821177688 et 9788821177682)
  • La Peinture gothique italienne, collectif, Editeur De Lodi, 2011 (ISBN 9782846903745) p. 64-65

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Liens externes[modifier | modifier le code]