Triptyque Portinari

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Triptyque Portinari
Image illustrative de l'article Triptyque Portinari
Vue du triptyque
Artiste Hugo van der Goes
Date vers 1475
Type huile sur bois
Dimensions (H × L) 253 × 586 cm
Localisation Galerie des Offices, Florence (Italie)

Le triptyque Portinari, une huile sur bois de grand format, dont le panneau central représente l’Adoration des bergers est peint, vers 1475, par le peintre primitif flamand Hugo van der Goes. Il est conservé à la Galerie des Offices à Florence.

Historique[modifier | modifier le code]

L’œuvre a été commandée pour l'église Sant'Egidio de l'hôpital Santa Maria Nuova à Florence par le banquier italien Tommaso Portinari, un descendant de Folco Portinari, le fondateur de cet établissement en 1288. Tommaso Portinari a vécu plus de quarante ans à Bruges ; dans la cité des Flandres, il est entré au service de la famille Médicis à l'âge de 17 ans et il dirigea leur filiale bancaire et, parallèlement, fut un conseiller ducal à la cour de Bourgogne de Charles le Téméraire.

La datation du triptyque est déterminée par l'âge des trois premiers enfants du couple, Margherita, Antonio et Pigello, nés entre 1471 et 1474, représentés sur les deux panneaux latéraux et par l'absence du quatrième, né en 1476.

Exécutés à Gand, les trois panneaux sont acheminés à Pise sur un bateau de commerce, via la Sicile ; ils sont ensuite transportés en barque, sur l'Arno, dans la capitale toscane puis ils sont portés par 16 hommes, le 28 mai 1483, dans l'église San Egidio où ils sont placés au-dessus du maître-autel.

Description[modifier | modifier le code]

Le panneau central est une représentation de l'Adoration des bergers. Dans une étable en plein air, l’enfant Jésus n’est pas couché dans un berceau mais il repose à même le sol, sur un faisceau de rayons dorés, thème iconographique qui vient du succès d’un ouvrage de dévotion de la fin du XIVe siècle, intitulé Revelationes coelestes (« Célestes révélations »), qui raconte le récit de sa naissance vue en vision par Brigitte de Suède, lors d’une prière dans la grotte de la nativité, au mois de juin 1372. Autour de l’enfant, neuf anges agenouillés, Joseph, la Vierge et 3 bergers participent à cette adoration. Hugo van der Goes a peint ces derniers de façon très réaliste et l’expression des visages, la gestuelle de leurs mains s'opposent à l’austérité et au hiératisme des autres personnages[1].

Le peintre dispose au premier plan une nature morte, d’une facture très soignée, composée d’une gerbe d’épis de blé et de deux vases, l’un contenant des lys rouges, des iris blancs et bleus, l’autre des œillets et des ancolies, tandis que le sol est jonché de violettes.

À l’arrière-plan et dans le coin supérieur droit, Hugo van der Goes a inséré la scène relative à l’annonce faite aux bergers.

La famille Portinari est représentée sur les panneaux latéraux. Le panneau de gauche est consacré aux hommes. Tommaso Portinari, agenouillé et ses deux fils, dans la même position derrière leur père, y figurent et sont, à l’exception de Pigello, le plus jeune des fils, sous la protection de leur saint patron respectif. De taille beaucoup plus grande par rapport aux donateurs, saint Thomas tient la lance, l’instrument de sa mise à mort, et saint Antoine une clochette et un rosaire. À l’arrière-plan de ce panneau, sur un sentier rocheux, Joseph et Marie, enceinte, se rendent à Bethléem, pour le recensement.

Le panneau de droite est consacré aux femmes avec la représentation de l’épouse de Tommaso, Maria di Francesco Baroncelli et de leur fille Margherita. Comme pour le panneau de gauche, elles sont agenouillées et sous la protection de leur sainte patronne, Marie-Madeleine avec le pot d’onguent et Marguerite d'Antioche, avec le livre ouvert et dont le pied est posé sur le dragon qui veut la dévorer. À l’arrière-plan, sur leur monture et somptueusement vêtus, les trois rois mages viennent adorer le nouveau-né.

Symboles et références bibliques[modifier | modifier le code]

Dans ce triptyque, Hugo van der Goes a introduit de nombreux symboles et références bibliques :

  • la sandale aux pieds de Joseph est une allusion au chapitre 3.5 de l’Exode quand Dieu dit à Moïse :

« N'approche pas d'ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. »

« Et lorsque l’esprit de Dieu était sur Saül, David prenait la harpe et jouait de sa main ; Saül respirait alors plus à l’aise et se trouvait soulagé, et le mauvais esprit se retirait de lui. »

  • la gerbe d’épis de blé évoque Bethléem, la « maison du pain » en hébreu et plus probablement l’Eucharistie.
  • les lis et œillets rouges sont une allusion, respectivement, au sang du Christ et à sa passion.
  • les iris blancs symbolisent la pureté, la virginité de la Vierge et les bleus sa douleur.
  • les ancolies sont le symbole du Saint-Esprit et les violettes représentent l’humilité.

Galerie[modifier | modifier le code]

Source bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Rose-Marie & Rainer Hagen : Les dessous des chefs-d’œuvre : un regard neuf sur les maîtres anciens, traduction de l'allemand par Thérèse Chatelain-Südkamp, Michèle Schreyer, Jean Bertrand, Köln : Taschen, 2000, (ISBN 3-8228-6335-1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-France Morel, « Le corps du petit enfant et ses représentations dans l’histoire et dans l’art », in Bébés et cultures sous la direction de Michel Bugnat, Éditions Érès, 2008, p. 23

Liens externes[modifier | modifier le code]

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