Trio pour piano et cordes nº 2 de Schubert

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Partition autographe.

Le Trio en mi bémol Majeur pour piano et cordes no 2, D. 929 (op. 100) est une œuvre de musique de chambre composée par Franz Schubert, l'une de ses dernières compositions, datée de .

Structure[modifier | modifier le code]

Ce trio pour piano et cordes est composé de quatre mouvements.

Allegro[modifier | modifier le code]

Ce mouvement est de forme sonate. Il débute immédiatement avec un premier thème forte, déclamé par les trois instruments à l’unisson :


\relative c'' {
\time 3/4
\key ees \major
ees2.\f | bes2 g4 | aes( c) bes8-. g-. | ees4 r r |
ees4\p( g) ees8-. c-. | g'4-. g-. r | f( aes) f8-. d-. | bes'4-. bes-. r |
b-.\f b r | c-. c-. r | f,8-.\< g-. aes-. bes-. c-. d-.\! | ees2.\ff
}

S'en suit un second thème de caractère tout à fait différent, orchestré en choral :


\relative c'' {
\time 3/4
\key ees \major
d4-.\pp d8-.[ d-. d-. d-.] | b4-. b8-.[ b-. b-. b-.] | cis4-. cis8 [( fis) fis-. ees-.] | d2.
d,4-. d8-.[ d-. e-. fis-.] | g4 \appoggiatura g16 e'8-.[ d-. c-. b-.] | a2\trill \grace { g16[ a8] } b-.[ a-.] | g4-.
}

Le second thème est en si mineur, ton éloigné qui démontre la complexité du plan tonal de l'œuvre. En effet, celui-ci neutralise la tension dominante-tonique, moteur du plan « dialectique » beethovénien, au profit d'un tissu de relations harmoniques délicates, généralement en tierces[1].

C'est d'ailleurs les relations de tierces qui construisent tout le (très long) développement.

Andante con moto[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un mouvement lent (malgré l'indication "con moto"). Son thème principal, très long, débute comme suit :


\relative c'' {
\time 2/4
\key ees \major
g4\p(-. g)-. | \grace { aes16[( bes] } c4.)( bes16 aes) | 
g8( ees') b8.\trill( a32 b) | c2 | c4. c8 |
\grace {c16(} bes4)( g) | g8( ees') b8.\trill( a32 b) | c2 |
ees4\<( d\!) | \grace {d16(} g,4.\>) g8\! | g4\dim( a8. g16\!) | g2\pp |
}

Il est plus que probable que de nombreux motifs de ce thème soient basés sur une chanson suédoise se solen sjunker (litt. « le soleil se couche »).

Scherzando. allegro moderato - Trio[modifier | modifier le code]


\relative c'' {
\time 3/4
\key ees \major
\partial 4
ees,8\p( g)
bes4-. bes-. bes-.
bes( c8 d ees f)
g4( ees) c-.
bes2 ees4-.
d( f8 ees d c)
bes4( g) aes-.
g( bes8 aes g f)
ees2
}

Allegro moderato[modifier | modifier le code]

Culture populaire[modifier | modifier le code]

L’œuvre a été réutilisée dans de nombreux films (faisant office de seule, ou extrait, de la bande originale), comme :

Il a été réutilisé par un certain nombre d'artistes comme :

  • Busta Flex qui l'a samplé pour le morceau Hip Hop forever.
  • Marilyn Manson qui l'a utilisé comme une première partie des concerts du groupe lors de la tournée Rape of the World en 2007.
  • Les réalisateurs du clip Change can happen qui fait office de présentation du site « Attentats - Still alive and having fun ».
  • Le duo français de musique électronique "SomethingAlamode" a largement utilisé des samples du second mouvement pour leur titre "Schubert à la mode"
  • Mylène Farmer en utilise une courte partie adaptée lors d'une interlude de son spectacle Timeless en 2013 pour une chorégraphie avec des robots [2].
  • Fauve, dans sa chanson Voyou (2013)
  • Masomenos dans Coco Classico issue de l'album Balloons

Et enfin pour la télévision :

  • Dans la bande son de la série d'anime Princesse Nine réalisée par Kensei Date.
  • En 2007, les premières notes de piano du deuxième mouvement sont utilisées dans une publicité télévisée vantant les parfums de la marque italienne Diesel.

Propos sur l’œuvre[modifier | modifier le code]

« Le trio de Schubert que nous avons entendu dans une de ces matinées, est un ouvrage bien froid dans son ensemble, et long outre mesure ; c’est une pâle copie de l’école allemande … le finale long et diffus est un morceau peu estimable, le travail de plume n’étant à nos yeux qu’une condition nécessaire et non pas source de vrai mérite. »

— Chroniques : Matinées Colbert, dirigées par les frères Tilmant, Le Pianiste 3 (1834), p.41-2[3]

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Die Sonatenform im Spätwerk Franz Schuberts, Archiv für Musikwissenschaft, 1988 pp.16-49.
  2. Mylène Farmer offre une scène à la robotique artistique, Raphaële Karayan, publié le 13 septembre 2013 sur lexpansion.lexpress.fr.
  3. Hascher 2007, p. 12

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]