Triangle d'incompatibilité

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Le triangle d’incompatibilité ou triangle de Mundell, est un principe économique développé par Robert Mundell et Marcus Fleming dans les années 1960, selon lequel, dans un contexte international, une économie nationale ne peut pas atteindre simultanément les trois objectifs suivants :

En revanche, si l’un de ces objectifs est abandonné, les deux autres deviennent réalisables.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le raisonnement sous-jacent au triangle d'incompatibilité est le suivant : imaginons un pays ayant une monnaie avec un régime de change fixe et où les capitaux sont libres de circuler. Si le gouvernement baisse les taux d’intérêt alors la rémunération du capital national baisse. Les investisseurs, à la recherche d'un profit maximal, seront donc incités à placer leurs capitaux dans des devises étrangères où leur rémunération est meilleure. Sur le marché des changes, il en résulterait une vente de la devise nationale et donc sa dépréciation, dépréciation incompatible avec le régime de change fixe. Il faut renoncer ou bien à fixer le taux d'intérêt, ou bien à laisser fuir les capitaux, ou bien au régime de change fixe.

De manière plus précise, l'ensemble des situations se représente graphiquement sous la forme d'un triangle équilatéral dont chaque sommet correspond à un cas extrême :

  • Les changes flottants : si les changes sont flottants, alors il peut y avoir indépendance de la politique monétaire et mobilité des capitaux ;
  • L’union monétaire : si le gouvernement abandonne son indépendance monétaire, alors il peut y avoir des changes fixes et une mobilité parfaite des capitaux ;
  • Le contrôle des capitaux : s'il y a un contrôle du mouvement international de capitaux, alors il est possible de concilier des changes fixes et une liberté sur les taux d'intérêts.

Certaines situations monétaires sont des compromis entre deux des trois objectifs pour assurer le troisième. C'est par exemple le cas de la Chine qui limite partiellement les mouvements de capitaux et maitrise l'appréciation du yuan via ses réserves monétaires ce qui lui autorise de fixer librement ses taux d'intérêts.

Exemples historiques[modifier | modifier le code]

Le Système de Bretton Woods de 1944 à 1971 était basé sur un régime de change fixe basé sur l'Étalon-or. Il n'y avait par contre aucune circulation de capitaux. À partir de 1973, naît le système des changes flottants et les marchés financiers modernes.

La volonté de concilier les trois objectifs aboutit logiquement à une crise monétaire et financière comme le confirme par exemple la crise économique asiatique en 1997 ou mexicaine en 1995.

  • Les pays émergents en Asie du sud-est ont voulu conserver un régime de change fixe par rapport au dollar tout en libéralisant les mouvements de capitaux ;
  • Au contraire, la Chine qui a limité ses mouvements de capitaux, a ainsi pu préserver son autonomie monétaire malgré l’ancrage de sa monnaie sur le dollar.
  • Le triangle a été amendé par Dani Rodrik ( trilemme de Rodrik[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Mundell, « The Monetary Dynamics of International Adjustement under Fixed and Flexible Exchange Rates », Quarterly Journal of Economics, vol 74, 1960.
  • Robert Mundell, « A Theory of Optimum Currency Area », American Economic Review, 1961.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]