Trial fils

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Trial (homonymie).

Trial fils

Nom de naissance Armand-Emmanuel Trial
Naissance 1er mars 1771
Paris (France)
Décès 9 septembre 1803 (à 32 ans)
Paris (France)
Activité principale Compositeur
Style Opéra-comique
Activités annexes Pianiste
Lieux d'activité Salle Favart
Années d'activité 1788 - 1792
Ascendants Antoine Trial (père)
Famille Jean-Claude Trial (oncle)

Armand-Emmanuel Trial dit Trial fils est un pianiste et un compositeur d’opéras-comiques français, né le 1er mars 1771 à Paris où il est mort le 9 septembre 1803.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils unique du chanteur-acteur Antoine Trial et de Marie-Jeanne née Milon, également actrice, il se fait remarquer à l’âge de dix-sept ans par la composition de la musique d'une pièce en un acte, Julien et Colette. Il est alors élève de Louis-Joseph Saint Amans, professeur à l'École royale de chant et de déclamation[1].

Le 17 septembre 1791, il signe avec des aînés la Pétition adressée à l'Assemblée nationale par les auteurs dramatiques sur la représentation, en France, des pièces françaises traduites en langue étrangère[2].

En février 1794, il est l’un des douze coauteurs de la musique du Congrès des rois, opéra-comique régulièrement pris en exemple comme pièce de circonstance médiocre créée sous la Révolution : « Voilà bien des noms célèbres associés pour la confection d'une œuvre misérable[3]. ». Dans sa séance du 8 messidor an II, « le Comité de salut public arrête que le citoyen Armand-Emmanuel Trial […] demeure requis pour être placé dans l’Institut national de musique[4]. ».

En octobre 1794, son union avec Jeanne Rigoney-Méon, actrice de l'Opéra-Comique, est celée par son père, également officier d’état civil[5]. Après son mariage, il mène une vie considérée comme dissolue. Son épouse se joint à une troupe qui se produit aux colonies et meurt en Guadeloupe[6].

Pianiste apprécié[7], il obtient « en 1797 la place d'accompagnateur et de répétiteur au piano du Théâtre-Lyrique[6]. ».

Trial fils meurt à 32 ans laissant peu d'ouvrages, dont aucun ne lui a survécu[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Opéras-comiques[modifier | modifier le code]

  • Julien et Colette ou la Milice, comédie en un acte et en prose mêlée d'ariettes de Pierre-Germain Parisau, créée le 3 mars 1788 à l'Opéra-Comique (salle Favart).
    Cette première œuvre est dédiée à sa mère « Mme Trial pensionnaire du Roi et ordinaire de sa musique[1] ». Elle est bien accueillie par le public et la critique qui mentionne : « Cette composition qui est au-dessus de son âge a été fort bien reçue. Outre la sa grande jeunesse, son nom, cher au public, sollicitait l‘indulgence : on n’a eu besoin que de justice pour l’applaudir ; son âge n’a fait qu’ajouter à l’intérêt de la représentation[9]. ». Un poème est même dédié à l’auteur de la musique[10].
  • Adélaïde et Mirval, comédie en trois actes et en vers mêlée d’ariettes, livret de Joseph Patrat, créée 6 juin 1791 à l'Opéra-Comique (salle Favart).
    « C’est le sujet du Déserteur drame de M. Mercier […] La musique qui est le second ouvrage de M. Trial fils, annonce des dispositions sans doute, mais elle est vide de chant, d’effets et d’orchestre. Néanmoins ce très jeune compositeur peut faire mieux par la suite, attendu qu’il prouve au moins une très grande connaissance de la scène, connaissance que l’habitude des coulisses et les talents de ses parents ont dû lui donner[11]. ». Cet ouvrage est remis en un acte à partir du 18 février 1792 et devient La Vengeance paternelle[12].
  • Les Deux Petits Aveugles, comédie en un acte et en prose mêlée d'ariettes, livret de Noel, créée le 28 juillet 1792 à l'Opéra-Comique (salle Favart).
    « Quant à la musique, elle est simple, chantante et très-bien adaptée au sujet[13]. ».

Pièces de circonstance[modifier | modifier le code]

  • Le Siège de Lille, ou Cécile et Julien, comédie en trois actes et en prose mêlée d'ariettes, livret de Joigny, créée le 1er frimaire an I, à l'Opéra-Comique (salle Favart).
    « [La pièce] réussit à cause de jolis airs, et surtout de trois couplets qui, chantés d’une manière originale et piquante par Elleviou contribuèrent à établir la réputation naissante de cet acteur[14]. ». Ainsi « on dut la représenter neuf fois de suite, […], ce qui est extraordinaire si l’on songe que ce Théâtre […] était parfois obligé de fermer ses portes à l’heure du spectacle, faute de voir un seul spectateur s’y présenter[15] ».
  • La Cause et les Effets, ou le Réveil du peuple en 1789, comédie en cinq actes et mêlée d'ariettes, livret de Joigny, créé le 30 thermidor an I, à l'Opéra-Comique (salle Favart).
    Initialement en cinq actes cet ouvrage est réduit à quatre actes dès la troisième représentation[16]. « Le succès de cet ouvrage a été longtemps incertain, […]. La musique de Trial fils, alors fort jeune encore manquait principalement d'originalité ; on n'y rencontre pas de ces motifs heureux qui font vivre les compositions musicales[17]. ».
  • Le Congrès des rois, comédie en trois actes et en prose mêlée d’ariettes, livret d'Ève Demaillot, créée le 8 ventôse an II à l'Opéra-Comique (salle Favart), en collaboration avec onze autres auteurs[N 1].
    Mis en musique en deux jours sur ordre du Comité de salut public[18], toutes les analyses d’époque et ultérieures convergent : cette œuvre de circonstance ne présente que des fadaises et le public fait entendre ses sifflets. La Commune de Paris, prétexte que la pièce développe des idées réactionnaires et l'interdit après deux représentations[19].

Arrangements[modifier | modifier le code]

Trial fils laisse environ quatre-vingt arrangements essentiellement pour le piano et le piano-forte plus rarement pour la harpe, la guitare et le chant qui proviennent soit de ses opéras-comiques soit d'ouvrages de ses contemporains[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Joann Élart, Catalogue des fonds musicaux conservés en Haute-Normandie, vol. 1, t. 1 : Fonds du Théâtre des arts (XVIIIe et XIXe siècles), Rouen, Publications de l'Université de Rouen, coll. « Patrimoine musical régional. Publications de l'Université de Rouen » (no 323),‎ 2004, 1 vol. ; 30 cm, LXXII-465 p. (ISBN 2-87775-333-6, notice BnF no FRBNF39262845), « J », p. 181.
  2. Pétition adressée à l'Assemblée nationale par les auteurs dramatiques sur la représentation, en France, des pièces françaises traduites en langue étrangère, Paris, Imprimerie de Du Pont,‎ 1791, in-8°, 11 p. (lire en ligne).
  3. Félix Clément et Pierre Larousse, Dictionnaire des opéras (dictionnaire lyrique) : contenant l'analyse et la nomenclature de tous les opéras et opéras-comiques représentés en France et à l'étranger, depuis l'origine de ce genre d'ouvrages jusqu'à nos jours, Paris, Administration du Grand dictionnaire universel,‎ 1881, 1 vol. en 2 tomes ; in-8°, XV-955 p. (lire en ligne), « C », p. 173.
  4. Comité de salut public et François-Alphonse Aulard, Recueil des actes du Comité de salut public : avec la correspondance officielle des représentants en mission, et le registre Conseil exécutif provisoire, vol. 14 : 29 mai 1794-7 juillet 1794 (10 prairial an II-19 messidor an II), Paris, Imprimerie nationale,‎ 1901, 29 vol. ; 28 cm, 831 p. (lire en ligne), « Comité du salut public : séance du 8 messidor an II-26 juin 1794 », p. 539.
  5. « Anecdote », Journal de Paris, Paris, Quillau, no 13,‎ 4 octobre 1794, p. 52 col. 2 (lire en ligne [in-4°]).
  6. a et b François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique : Deuxième édition, vol. 8 : S-Z, Paris, Librairie de Firmin Didot frères, fils et Cie,‎ 1867, 10 vol. ; in-4°, 527 p. (lire en ligne), « Trial (Armand-Emanuel) », p. 256 col. 1.
  7. Michel Brenet, Les Concerts en France sous l’ancien régime, Paris, Fischbacher,‎ 1900, in-16, 407 p. (lire en ligne), partie 2, « Les concerts en France pendant le XVIIIe siècle », p. 346
  8. Gustave Chouquet, Histoire de la musique dramatique en France depuis ses origines jusqu'à nos jours, Paris, Firmin Didot frères, fils et cie,‎ 1873, 1 vol. ; 25 cm, XV-449 p. (lire en ligne), chap. VIII, p. 198
  9. « Spectacles : Théâtre-Italien », Journal de Paris, Paris, Quillau, no 64,‎ 4 mars 1788, p. 287 (lire en ligne [in-4°]).
  10. Louis Bonnefoy de Bouyon, Un peu de tout : Vers à M.  Trial fils, Paris, chez Bailly et chez Petit,‎ 1788, In-8° (21 cm), 128 p. (lire en ligne), p. 112-113.
  11. « Spectacles : Théâtre-Italien », Journal général de France, Paris, Quillau, no 165,‎ 14 juin 1791, p. 666 (lire en ligne [in-4°]).
  12. Nicole Wild et David Charlton, Théâtre de l'Opéra-Comique - Paris : Répertoire 1762-1972, Sprimont, Mardaga, coll. « Musique – Musicologie »,‎ 2005, 552 p. (ISBN 2870098987), partie 1, « Table chronologique », p. 55.
  13. Une société de gens de lettre, Annales dramatiques, ou Dictionnaire général des théâtres, vol. 3 : Tome troisième C-D-E, Paris, Babault,‎ 1809, 9 vol. ; in-8°, 476 p. (lire en ligne), « Les Deux Petits Aveugles », p. 168.
  14. H. Audiffret, Biographie universelle ancienne et moderne : ou histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, vol. 46 : Ti-Try, Paris, Louis-Gabriel Michaud,‎ 1826, 52 vol. ; 21 cm, 608 p. (lire en ligne), « Trial (Armand-Emmanuel) », p. 506.
  15. Georges Boyer, « Courrier des théâtres », Le Figaro, Paris, Figaro, série 3e, no 284,‎ 10 octobre 1892, p. 4 col. 2 (ISSN 01825852, lire en ligne).
  16. Arthur Pougin, L'Opéra-Comique pendant la Révolution de 1788 à 180, Paris, Albert Savine,‎ 1891, in-18°, 337 p. (lire en ligne), partie 1793, chap. 2, p. 81.
  17. Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XiXe siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique, littéraire, artistique, scientifique, etc., etc., vol. 3 : C-CHEM, Paris, Administration du grand Dictionnaire universel,‎ 1867, 17 vol. ; in-fol., 1164 p. (lire en ligne), « Causes (Les) », p. 625 col. 2.
  18. Nicole Wild et David Charlton, Théâtre de l'Opéra-Comique - Paris : Répertoire 1762-1972, op. cit., partie 2, « Répertoire alphabétique des œuvres », p. 200.
  19. Arthur Pougin, L'Opéra-Comique pendant la Révolution de 1788 à 1801, op. cit. , (lire en ligne), partie 1794, chap. 2 (« Une pièce révolutionnaire inepte, le Congrès des Rois, interdite par la Commune de Paris »), p. 107-109.
  20. « Résultats de recherche pour Trial, Armand », sur worldcat.org, Online Computer Library Center,‎ 2013 (consulté le 13 août 2013).

Liens externes[modifier | modifier le code]