Triade Macdonald

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir MacDonald.

La triade Macdonald (également connue sous le terme de triade de sociopathie) est un mélange de trois caractéristiques comportementales habituellement associées, si présentes en même temps, à des prémices de violence. Cette triade a été pour la première fois intronisée par J.M. Macdonald dans son extrait intitulé The Threat to Kill, diffusé dans l'American Journal of Psychiatry en 1963[1].

La triade associe cruauté envers les animaux, obsession dans les déclenchements du feu et énurésies nocturnes persistantes après l'âge de cinq ans, ainsi que des comportements violents particulièrement homicidaires[2]. Cependant, d'autres études ne trouvent aucun lien significatif entre la triade et les individus violents. Néanmoins, certains tueurs en série montrent au moins l'un de ces symptômes durant l'enfance. Par exemple, des individus tels que Richard Kuklinski, Jeffrey Dahmer, Dennis Rader et Gary Ridgway se sont engagés dans des actes de cruautés envers des animaux[3],[4].

Dans une étude menée sur des patients hospitalisés, Macdonald s'attentionne sur les patients qui menacaient de tuer plutôt que sur les patients qui ont auparavant tué, bien que certains de ces patients ont plus tard commis un homicide. Son étude a été menée sur quarante-huit patients psychotiques et cinquante-deux patients non psychotiques. Il découvre que les patients qui ont le plus menacé exposaient trois caractéristiques qui remontent à leur enfance. Ces facteurs impliquent l'énurésie nocturne, le déclenchement du feu et la torture de petits animaux. Macdonald rapporte que la triade, même si tous les symptômes étaient présents, ne conduiraient pas à l'homicide. Cependant, deux autres psychiatres, Hellman et Blackman, affirment le contraire et théorisent que l'énurésie est une forme de sadisme ou d'hostilité[5].

D'autres études découvrent que ces comportements sont souvent le résultat de négligence, cruauté ou traumatisme parentales et que de tels événements pourraient conduire à l'homicide[6].

Déclenchement du feu[modifier | modifier le code]

Pour Singer et Hensley (2004), le déclenchement du feu n'est pas une cause ou prémisse sérieuse d'agression. De nombreux tueurs en série auraient auparavant souffert de périodes prolongées d'humiliation durant leur enfance. Ces épisodes répétitifs d'humiliation peuvent conduire à des sentiments de frustration et de colère qui ont besoin d'être libérées pour retourner à un état normal d'estime de soi[2].

Cruauté envers les animaux[modifier | modifier le code]

L'agent du FBI Alan Brantly considère que certains individus tuent des animaux dans le but de tuer des humains plus tard[7]. La cruauté envers les animaux est principalement utilisée pour calmer la frustration et la colère ; pareil en ce qui concerne le déclenchement du feu. Des périodes prolongées d'humiliation ont été dénombrées chez les enfants qui se sont engagés dans des actes de cruauté envers des animaux. Durant leur enfance, les tueurs en série ne peuvent retourner l'humiliation à leurs oppresseurs, ils choisissent alors de les rendre aux animaux car ils les perçoivent comme faibles et vulnérables. La sélection d'une future victime est déclenchée dès le jeune âge. Des études ont montré que les tueurs en série engagés dans une cruauté envers les animaux utilisent la même méthode concernant leurs victimes humaines, comme ils l'ont fait pour leurs victimes animales[8].

Wright et Hensley (2003) nomment trois thèmes récurrents de cinq cas dans leur étude : durant l'enfance, l'individu cache sa frustration car la personne qui l'a humilié était trop forte pour être mise à terre ; il regagne du contrôle et du pouvoir en torturant et tuant des animaux ; il gagne de l'estime et le pouvoir nécessaire pour faire souffrir un animal faible ou vulnérable – la même chose peut se faire mais cette fois-ci chez les humains[9].

Énurésie[modifier | modifier le code]

L'énurésie est une « miction involontaire durant le sommeil, persistante après l'âge de cinq ans[10]. » Plus loin, elle se manifeste consécutivement deux fois par semaine durant au moins trois mois.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Macdonald = JM, The threat to kill, vol. 120,‎ 1963, 125–130 p. (lien DOI?)
  2. a et b (en) Singer = S.D. et Hensley C., Learning theory to childhood and adolescent firesetting: Can it lead to serial murder, vol. 48,‎ 2004, 461–476 p. (liens PubMed? et DOI?)
  3. (en) Montaldo C (récent). Profile of Richard Kuklinski: The Iceman. About.com. Consulté le 14 novembre 2009.
  4. (en) Biography.com staff (récent). Dennis Rader biography. Biography.com. Consulté le 14 novembre 2009.
  5. (en) Heide KM; Merz-Perez L (2003). Animal Cruelty: Pathway to Violence Against People. Lanham, Maryland: AltaMira Press (ISBN 9780759103047), at pp 6-7.
  6. (en) Dicanio Margaret, Encyclopedia of Violence, iUniverse,‎ 2004 (ISBN 0595316522)
  7. (en) Barnard, N.D & Hogan, A.R. (6 juin 1999). Moving up the chain of abuse pattern shows cruelty to animals is one predictor of violent behavior in adults. Seattle Post-Intelligencer, p. C.1.
  8. (en) Wright J. et Hensley = C., From animal cruelty to serial murder: Applying the graduation hypothesis, vol. 47,‎ 2003, 71–88 p. (liens PubMed? et DOI?)
  9. (en) Wright Jeremy, Hensley, Christopher, From Animal Cruelty to Serial Murder: Applying the Graduation Hypothesis, vol. 47,‎ 1 er février 2003, 71–88 p. (lien DOI?)
  10. (en) Serial Murderers and Their Victims. (E W Hickey). Belmont, CA: Wadsworth Cengage Learning (2009) (page 101).