Tremblement de terre de Bâle

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Tremblement de terre de Bâle
Image illustrative de l'article Tremblement de terre de Bâle
Le tremblement de terre de Bâle illustré par Karl Jauslin (1842–1904)

Date 18 octobre 1356 vers 22h00, heure locale
Magnitude env. 6,5
Épicentre 47° 30′ N 7° 36′ E / 47.5, 7.6 ()47° 30′ Nord 7° 36′ Est / 47.5, 7.6 ()  
Régions affectées Bâle, Suisse
Victimes env. 300 morts à Bâle

Le tremblement de terre de Bâle de 1356 est l'événement sismologique historique le plus important de l'Europe centrale.

Historique[modifier | modifier le code]

Il détruisit la ville de Bâle (Suisse) le 18 octobre 1356 et fit de nombreuses destructions dans une vaste région s'étendant à la France et à l'Allemagne. Il fut ressenti à une très grande distance (Zurich, Constance et même jusqu'en Île-de-France). L'intensité sismique maximale sur l'échelle MSK a été de IX-X. La carte macrosismique fut notamment établie sur la base des dommages reportés, dans des documents anciens, par les châteaux de la région (30 à 40 châteaux)[1],[2]. À partir de ces données la magnitude Mw du séisme a été estimée autour de 6,2[2] en France, alors que les experts suisses et allemands l'évaluent plutôt entre 6,7 et 6,9 (cf. version allemande de cet article). Pour mémoire, une augmentation de magnitude de 0,6 (entre les valeurs 6,2 et 6,8) correspond à une libération d'énergie près de 8 fois plus importante.

Le séisme commença vers 16 heures (heure locale), ce qui permit aux gens de sortir de la ville. De nombreuses répliques ont suivi durant la nuit du 18 au 19 octobre[3]. La ville subit un second choc, très violent, au milieu de la nuit. La cité à l'intérieur des remparts fut détruite par un incendie qui dura trois jours. La crise sismique dura pendant un an. Le nombre de morts est estimé à 300 personnes dans la seule ville de Bâle.

La modélisation des données macrosismiques[2] suggère que le séisme aurait une source orientée E-W, direction correspondant aux failles chevauchantes du front du Jura[4]. Par contre, les dernières études de paléosismologie attribuent plutôt la cause de ce séisme à une faille normale orientée NNE-SSW au sud de la ville[5]. La magnitude importante de cet événement fait penser à un possible prolongement de cette faille sous la ville même.

Ce tremblement de terre est aussi connu sous le nom de séisme de la Saint-Luc s'étant déroulé le jour de la saint Luc.

Tremblement de terre « de référence »[modifier | modifier le code]

Ce séisme a été évoqué par plusieurs médias français en mars 2011 à la suite à la catastrophe de Fukushima au Japon puisque les autorités nucléaires françaises ont indiqué que dans la prise en compte des risques sismiques pour la construction des centrales nucléaires en France, outre des études géologiques, la centrale construite devait être capable de résister à un tremblement de terre aussi fort que le plus important tremblement de terre historique connu dans la région. Pour la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace, la plus ancienne et la plus exposée des centrales nucléaires françaises à un risque sismique, c'était le séisme de Bâle qui avait été pris comme référence[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) A review of the 1356 Basel earthquake: basic data, D. Mayer-Rosa et B. Cadiot, Tectonophysics n° 53, p. 325 - 333, 1979.
  2. a, b et c (en) New hypotheses on the maximum damage area of the 1356 Basel earthquake (Switzerland), J. Lambert, T. Winter, T. J. B. Dewez et P. Sabourault , Quaternary Science Reviews n° 24, p. 383 - 401, 2005.
  3. (la) Alphabetum Narrationum, K. von Waltenkofen, 1357.
  4. (en) The Basel 1356 earthquake: which fault produced it?, B. Meyer, R. Lacassin, J. Brulhet, B. Mouroux, Terra Nova n° 6, p. 54 – 63, 1994.
  5. (en) Active Normal Faulting in the Upper Rhine Graben and Paleoseismic Identification of the 1356 Basel Earthquake, M. Meghraoui, B. Delouis, M. Ferry, D. Giardini, P. Huggenberger, I. Spottke et M. Granet, Science n° 293, p. 2 070 - 2 073, 2001.
  6. « Comment le nucléaire français prend en compte le risque sismique », [[www.lepoint.fr|Le Point]],‎ mars 2011 (lire en ligne)