Travelling compensé

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Au-dessus: Vue d'appareil-photo de Travelling compensé, Dessous : Vue de plan de Travelling compensé
Un travelling compensé généré en images de synthèse

Le travelling compensé est un effet cinématographique consistant à combiner un zoom arrière avec un travelling avant ou un zoom avant avec un travelling arrière de telle sorte que le sujet principal reste cadré de la même manière, seul le décor changeant de perspective.

Ce procédé a été inventé par Serge HUSUM en 1965. Un exemple est donné ici. Il a utilisé ce procédé dans plusieurs courts métrages comme "Biographie" en 1966 , "Metropoéme" en 1970, "Anatomie d'un couple" en 1970 et dans des longs métrages comme "Dimanche à six heures" en tant que directeur de la photographie (dans lequel il a utilisé dans la séquence du bal une autre de ses inventions à savoir la lumière froide au mercure).

Par exemple si la caméra s'éloigne, on rétrécit simultanément le champ (on grossit) de façon à ce que le sujet ne change pas de taille apparente. Mais tout l'arrière-plan rétrécira derrière lui, ce qui peut créer un sentiment de malaise ou de vertige. En effet, notre système de vision utilise à la fois la perspective et la taille pour construire ses repères. Cette distorsion entre une taille inchangée et une perspective évoluant est déstabilisante.

Cet effet est également appelé zoom compensé, contra-zoom, trans-trav, zoom d'Hitchcock ou effet Vertigo. En effet, il a été utilisé pour la première fois par Alfred Hitchcock dans le film Sueurs froides (Vertigo en anglais), quand Scottie (James Stewart), qui est sujet au vertige, regarde la rue en contrebas (à 4 minutes du début du film) puis quand le même Scottie regarde le bas d'une cage d'escalier (deux plans vers la 73e minute et deux autres plans vers la 118e minute). Hitchcock l'utilise aussi dans Psychose. Le procédé se démocratisa véritablement grâce aux Dents de la mer avec un plan resté célèbre dans l'histoire du cinéma (quand le chef de la police (Roy Scheider) aperçoit une attaque de requin depuis la plage, à la 16e minute). On le retrouve depuis notamment dans Les Affranchis, La Communauté de l'anneau (quand Frodon (Elijah Wood) sent pour la première fois l'approche des Cavaliers Noirs dans la forêt de la Comté), Oui, mais... (quand Églantine (Émilie Dequenne) réalise soudain ce que lui a transmis sa mère, 86e minute), La Haine, Les Rivières Pourpres ou encore Le Roi lion (quand Simba regarde les gnous descendre de la falaise vers lui).

Le même procédé est utilisé au début d'E.T. par Steven Spielberg, quand les hommes qui cherchent l'extra-terrestre regardent les pavillons de la banlieue où il se cache. François Truffaut utilise la même technique dans Jules et Jim quand les deux amis découvrent la statue de la femme de leurs rêves, dans Fahrenheit 451 ainsi que dans le film Paris, lorsque le personnage de Romain Duris, enfermé chez lui pour des raisons de santé se rend sur son balcon et nous offre un panorama de Paris.

Cet effet peut être combiné avec des animations sur ordinateur, un exemple en est la scène où Neo vole dans Matrix Reloaded.

Cet effet peut être effectué numériquement ou au banc-titre en effectuant zoom-avant et zoom-arrière dans un travelling arrière ou avant, un exemple est visible dans le film Irréversible de Gaspar Noé. Cet effet numérique devient très courant dans les vidéos clips.

Voir aussi [modifier]