Travaux d'Héraclès

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Héraclès combattant l'Hydre de Lerne, amphore attique à figures noires, 540-530 av. J.-C., musée du Louvre (CA 7318).

On appelle Travaux d'Héraclès (ou d'Hercule chez les Romains) ou Douze Travaux (en grec ancien Δωδεκαθλος / dôdekathlos) les exploits exécutés par le héros Héraclès sur l'ordre d'Eurysthée. Ils constituent l'un des épisodes les plus célèbres de la mythologie grecque ainsi qu'une source iconographique majeure de l'art occidental.

Mythe[modifier | modifier le code]

L’Iliade et l’Odyssée évoquent déjà des « travaux » accomplis par Héraclès sur l'ordre d'Eurysthée, dont la descente aux Enfers pour aller capturer Cerbère[1]. La Théogonie d'Hésiode cite également la victoire contre le lion de Némée et l'Hydre de Lerne, ainsi que le vol des bœufs de Géryon[2]. Pisandre ajoute à la liste la biche de Cérynie et les oiseaux du lac Stymphale. Outre les travaux déjà cités, la peinture sur vases à figures noires représente les épisodes du sanglier d'Érymanthe, du taureau de Crète, des juments de Diomède, du combat contre les Amazones et de la quête des pommes d'or du jardin des Hespérides[3].

À ce stade, la liste des travaux n'en compte donc que onze. Sur ce nombre, seuls deux – la descente aux Enfers et le sanglier d'Érymanthe — sont explicitement rattachés à Eurysthée[3]. Il est possible qu'à cette étape de la constitution du mythe, Héraclès ait entrepris les autres travaux de lui-même[3]. Héraclès est, depuis sa naissance, poursuivi par la haine d'Héra : dans un moment de folie inspirée par cette dernière, il tua sa femme Mégara et ses fils. Revenu à la raison, il alla consulter la Pythie pour savoir comment expier sa faute : celle-ci lui conseilla de changer son nom Alcide en Héraclès (gloire à Héra) et lui ordonna de se mettre au service d'Eurysthée, son plus vieil ennemi, et d'accomplir les tâches qu'il lui ordonnerait : ce seront les douze travaux. Au départ il aurait dû n'y avoir que dix travaux, mais Eurysthée estima que le combat contre l'hydre de Lerne n'était pas valide car Héraclès avait été aidé par Iolaos ; de même pour le nettoyage des écuries d'Augias car il avait demandé à être payé par Augias pour accomplir cette tâche.

Les travaux d'Héraclès sont tous cités et résumés dans la Bibliothèque du Pseudo-Apollodore[4].

Dans la version de Diodore de Sicile, ces travaux doivent être accomplis pour qu'Héraclès atteigne l'immortalité ; en effet, promis par Zeus à posséder le royaume des Persides, Hera empêche sa naissance le jour prévu (alors que Zeus avait destiné le royaume des Persides à l'enfant qui naîtrait un jour précis, Hera hâte la naissance d'Eurysthée et retarde celle d'Héraclès) et Eurysthée se trouve en possession du royaume. Sans s'estimer parjure (sic), Zeus demande à Héraclès d'accomplir les douze travaux qui lui ont été prophétisés par l'oracle de Delphes, et lui promet en échange l'immortalité[5].

La liste canonique des douze travaux est fixée à l'époque hellénistique, en se référant à la liste des travaux représentés sur les douze métopes sculptés du temple de Zeus à Olympie, datant de la première moitié du Ve siècle av. J.-C.. Elle comprend deux séries : les travaux effectués dans le Péloponnèse, et ceux qui prennent place dans le reste du monde[6].

  1. Étouffer le lion de Némée à la peau impénétrable, et rapporter sa dépouille.
  2. Tuer l'hydre de Lerne, dont les têtes tranchées repoussaient sans cesse.
  3. Battre à la course la biche de Cérynie aux sabots d'airain et aux bois d'or, créature sacrée d'Artémis.
  4. Ramener vivant l'énorme sanglier d'Érymanthe.
  5. Nettoyer les écuries d'Augias, qui ne l'avaient jamais été.
  6. Tuer les oiseaux du lac Stymphale aux plumes d'airain.
  7. Dompter le taureau crétois de Minos, que celui-ci n'avait pas voulu rendre à Poséidon.
  8. Capturer les juments mangeuses d'hommes de Diomède.
  9. Rapporter la ceinture d'Hippolyte, fille d'Arès et reine des Amazones.
  10. Vaincre le géant aux trois corps Géryon, et voler son troupeau de bœufs.
  11. Rapporter les pommes d'or du jardin des Hespérides, que gardait Ladon.
  12. Descendre aux Enfers et enchaîner Cerbère, le chien aux trois têtes.

Les travaux mineurs[modifier | modifier le code]

Héraclès et Omphale, détail de la mosaïque des Travaux d'Héraclès de Liria (Espagne), première moitié du IIIe siècle.

Il fallut dix années à Héraclès pour terminer ces douze travaux. Il connut cependant de nombreuses autres aventures, tant lors de leur accomplissement qu'après — notamment lors de son séjour près d'Omphale : certaines d'entre elles sont désignées sous le nom de travaux mineurs.

Héraclès est également cité dans la liste des Argonautes. Il se serait embarqué avec son éromène, Hylas, qu'il perdit au cours de l'aventure. Un jour que les Argonautes faisaient escale près de la ville de Cios, en Bithynie près des côtes de Mysie, Héra fit tomber les nymphes des lieux amoureuses du bel Hylas alors de corvée d'eau, en leur soufflant l'idée de l'entraîner avec elles dans les tréfonds de leur demeure aquatique, le noyant du même coup, et ce afin de faire souffrir davantage son beau-fils. Héraclès toujours à sa recherche, ne revenant pas de la chasse pour laquelle il avait quitté l'Argos, fut laissé en arrière par les Argonautes, incapables de le retrouver et désireux de poursuivre leur route vers la Colchide tandis que le fils de Zeus gémissait dans la forêt sur la disparition de son ami qui restait introuvable.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], VIII, 362-369 et XV, 639-640 ; Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], XI, 620.
  2. Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne] (326-332, 313-318, 289-194).
  3. a, b et c Gantz, p. 381.
  4. « Les Travaux d'Héraclès », sur http://ugo.bratelli.free.fr/Apollodore/DetailsLivres.htm
  5. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], IV, IX.
  6. Grimal, p. 190.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Timothy Gantz, Early Greek Myth, Johns Hopkins University Press,‎ 1993 [détail de l’édition], p. 381-416
  • Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Grands dictionnaires »,‎ 1999 (1re éd. 1951) (ISBN 2-13-050359-4), p. 190-197