Transport à Saint-Pierre-et-Miquelon

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Vue en perspective de Saint-Pierre-et-Miquelon

L'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon possède des liaisons maritimes et aériennes le reliant au Canada. Bien que territoire français, il ne dispose pas, pour des raisons économiques, de liaison directe régulière, ni maritime, ni aérienne avec la métropole distante de 4 000 km.

Le gros des infrastructures de transport est concentré sur l'île de Saint-Pierre. Bien qu'étant la plus petites des trois îles principales de l'archipel – aux côtés de Miquelon et Langlade, reliées entre elles par un isthme de sable –, Saint-Pierre, en raison de son port naturel, a concentré l'activité de pêche et, par conséquent, la très grande majorité de la population. Saint-Pierre dispose ainsi d'un port pouvant accueillir cargos et gros chalutiers et d'un aéroport avec des liaisons maritimes et aériennes régulières avec le Canada voisin. Toutefois, l'extension par le Canada de sa zone exclusive à 200 miles marins et son moratoire sur la pêche du cabillaud notamment, ont poussé les chalutiers à déserter l'archipel, réduisant aussitôt la fréquentation portuaire à très peu, depuis le début des années 1990.

Liaisons maritimes[modifier | modifier le code]

Une liaison pour passagers par une navette rapide catamaran est assurée entre le port de Saint-Pierre et celui de Miquelon. En saison, cette navette assure également, plusieurs fois par semaine, la liaison avec Fortune, port de la côte sud de Terre-Neuve, le plus proche de l'archipel, situé à une vingtaine de kilomètres.

Une liaison de fret régulière est assurée entre le port de Saint-Pierre et celui de Halifax en Nouvelle-Écosse. Le port canadien sert de hub pour toutes les marchandises acheminées vers l'archipel. Une très grande partie de ce qui est consommé sur l'archipel vient du port de Halifax. En effet, il n'existe à Saint-Pierre-et Miquelon qu'une petite production agricole et un peu de pêche côtière en été.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1967, la France a racheté à une compagnie britannique le cargo Sandpiper, construit 10 ans plus tôt, pour assurer la liaison entre Saint-Pierre et le Canada et permettre son ravitaillement[1]. Ce navire avait été choisi à cause de son étrave renforcée pour affronter la glace. Renommé Île-de-Saint-Pierre, il assurera la liaison entre Saint-Pierre et le Canada assurant le ravitaillement mais également le transport de passagers. Il restera en service jusqu'en 1980 (revendu à une compagnie grecque, il finira ensuite à la casse au Pakistan en 1989[1]). Il fut remplacé par le navire roulier Langlade

En 2000, un petit navire cargo roulier de 37 mètres le Cap Blanc est mis en service pour assurer le transport de fret entre Saint-Pierre et Miquelon ainsi qu'entre Saint-Pierre et Terre-Neuve.

Le 1er décembre 2008, alors qu'il revenait du port d'Argentia à Terre-Neuve, chargé du sel destiné au déneigement des routes, le Cap Blanc chavire et coule plusieurs heures plus tard au large de la péninsule de Burin, à 16 km des côtes de Terre-Neuve. Les 4 membres d'équipage sont portés disparus.

Liaisons aériennes[modifier | modifier le code]

L'île de Saint-Pierre dispose d'un nouvel aéroport, Saint-Pierre - Pointe-Blanche, mis en service en septembre 1999 et qui remplace l'ancien aéroport situé non loin de là, à la piste plus courte. La nouvelle piste de 1 800 mètres pourrait ainsi accueillir des Airbus A320 et des Boeing 737, avions dont l'autonomie leur permet, théoriquement, de relier directement l'archipel à la métropole. Son coût a été de 384 millions de francs (58,6 millions d'euros). La construction de ce nouvel aéroport a commencé en 1992. C'était le premier des trois volets du plan destiné à organiser un tourisme moderne dans l'archipel. Il était élaboré par le ministère central, en accord avec le Conseil général à Saint-Pierre, « et parce que la faiblesse de la desserte aérienne apparaissait comme un obstacle au développement[2]. »

La compagnie Air Saint-Pierre est la seule compagnie régulière qui opère sur l'archipel. Basée sur l'aéroport de Saint-Pierre, elle assure ainsi, dans le cadre d'une délégation de service public, les liaisons suivantes :

Les correspondances avec la métropole sont assurées à partir de ces escales, principalement depuis Montréal.

Air Saint-Pierre assure également une desserte quotidienne (sauf le dimanche) de Miquelon dans le cadre d'une convention avec le Conseil général de l'archipel. Mais cette desserte est soumise aux aléas météo, fréquents sur l'archipel, l'aérodrome de Miquelon n'étant pas équipé d'un système d'atterrissage tous temps.

Les liaisons d'Air Saint-Pierre sont actuellement (janvier 2008) assurées par un ATR 42 et un Cessna F406. Selon un rapport du Sénat, l'investissement de la nouvelle piste ne peut se justifier par la rotation de ces deux seuls avions qui pouvaient atterrir sur l'ancienne.

Le nombre total de passagers est d'environ 26 000 par an, dont près de 10 000 pour la seule liaison Saint-Pierre/Saint-Jean de Terre-Neuve. La ville de Saint-Jean (ou St John's), peuplée de 100 000 habitants, sert un peu de « centre urbain » pour les habitants de l'archipel. Il s'y rendent pour l'achat de produits de consommation, dont les prix sont beaucoup plus bas, mais également pour des raisons de santé. L'hôpital de Saint-Pierre ne pouvant couvrir tous les besoins et les spécialités, un accord a été conclu entre la Caisse de prévoyance sociale de Saint-Pierre-et-Miquelon et des hôpitaux canadiens, celui de Saint-Jean de Terre-Neuve recevant le plus de patients de l'archipel.

Transports terrestres[modifier | modifier le code]

Les dimensions réduites de l'archipel et le fait que 90 % des 6 500 habitants vivent sur la plus petite île, Saint-Pierre, font que le réseau routier est peu développé. Cependant le parc automobile est d'une importance considérable.

Saint-Pierre et Miquelon dispose de 14,3 km de routes nationales (10,5 km à Saint-Pierre et 3,8 km à Miquelon) et 103 km de routes de la collectivité territoriale (40 km à Saint-Pierre et 63 km à Miquelon).

L'archipel ne dispose pas de voie ferrée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Navires et Marine marchande, hors-série de janvier 2008, "La marine marchande : les années France"
  2. Rapport du Sénat : "La réforme de l'État au Canada - L'avenir de Saint-Pierre-et-Miquelon"