Transformateur de tension

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Selon la définition donnée par la Commission électrotechnique internationale, un transformateur de tension est un « transformateur de mesure dans lequel la tension secondaire est, dans les conditions normales d'emploi, pratiquement proportionnelle à la tension primaire et déphasée par rapport à celle-ci d'un angle voisin de zéro, pour un sens approprié des connexions »[1].

Il s'agit donc d'un appareil utilisé pour la mesure de fortes tensions électriques. Il sert à faire l'adaptation entre la tension élevée d'un réseau électrique HTA ou HTB (jusqu'à quelques centaines de kilovolts) et l'appareil de mesure (voltmètre, ou wattmètre par exemple) ou le relais de protection, qui eux sont prévus pour mesurer des tensions de l'ordre de la centaine de volts.

La caractéristique la plus importante d'un "transformateur de tension" est donc son rapport de transformation entre le primaire et le secondaire, par exemple 400 000 V~/100 V~.

On utilise aussi le terme transformateur de potentiel.

transformateur de tension, de tension nominale 150 kV

Technologies[modifier | modifier le code]

Transformateur inductif de tension[modifier | modifier le code]

La technologie transformateur inductif de tension : il s'agit en fait d'un transformateur à induction classique, mais prévu pour ne délivrer qu'un très faible courant et donc une très faible puissance au secondaire ;

Transformateur capacitif de tension[modifier | modifier le code]

Schéma équivalent d'un transformateur capacitif de tension

Pour de hautes tensions la technologie précédente mène à des noyaux de fer de taille trop importante. Une solution est la technologie transformateur capacitif de tension, qui fonctionne sur le principe du pont capacitif diviseur de tension. La bobine L_1 est choisie de sorte à vérifier la formule [2]:

 f_0={1 \over 2\cdot\pi\cdot\sqrt{L_1\cdot(C_1+C_2)}}

Avec f_0 la fréquence du réseau, 50 hz en Europe. Le transformateur sert à faire paraître la résistance infinie (elle est multipliée par le rapport de conversion). Dans ces conditions, on obtient :

 \frac{U_2}{U_1}=\frac{C_1}{C_1+C_2}

Ce rapport est indépendant de la charge, ce qui était un avantage du temps où les protections sur le réseau étaient analogiques[2].

Ce dispositif peut être associé à un transformateur à induction. Un montage du même type permet le couplage d'un système de télécommunication par courants porteurs pour communiquer sur les lignes à haute tension.

Transformateur de tension ou diviseur de tension[modifier | modifier le code]

Article détaillé : diviseur de tension.

Un autre appareil électrique que le transformateur de tension remplit un rôle très similaire, à savoir permettre la mesure de tensions très élevées, il s'agit du diviseur de tension. Si le transformateur de tension peut être utilisé pour toutes les tensions, le diviseur apparaît dans les faits à partir de 72 kV. Un avantage du transformateur de tension est qu'il décharge la ligne si celle-ci est ouverte. Le diviseur a lui l'avantage de transmettre les composantes hautes-fréquences de la tension et d'être plus économique pour les hautes tensions. Son défaut est qu'il restitue mal les tensions transitoires[3].

Évolutions technologiques[modifier | modifier le code]

Transformateurs de tension électro-optiques[modifier | modifier le code]

Le développement de capteurs optiques utilisant l'effet Pockels est actuellement très actif [4]. Le fonctionnement consiste à utiliser la propriété de biréfringence qui se développe dans certains matériaux quand ils sont soumis à un champ électrique. On envoie un faisceau de lumière dans le matériau (un alliage de bismuth et de germanium[4]) et en mesurant son déphasage on est normalement capable d'en déduire la valeur du champ et donc de la tension. L'un des principaux avantages est que l'électronique est alors complément isolée des parties sous haute tension, le risque de surtension est ainsi éliminé et des économies sur l'isolation peuvent être réalisées. Les premiers prototypes ont été réalisés à la BTU Cottbus en 2002[5], ABB prépare leur sortie commerciale. En 2004, Harlow écrit que leurs coûts initiaux élevés limitent leur usage[6].

Transformateurs de tension piézo-optiques[modifier | modifier le code]

Les transformateurs de tension piézo-optiques utilisent un cristal aux propriétés piézoélectriques pour déterminer le champ électrique. Une fibre optique est enroulée autour d'un cristal piézoélectrique qui se déforme sous l'influence de la tension. Ces déformations influent sur l'interférence entre les modes LP01 et LP11. Le phénomène dépend de la température, une correction doit donc être faite. Les vibrations mécaniques peuvent également être une source d'erreur. Le capteur est isolé dans du SF6[7],[8].

Classe de précision[modifier | modifier le code]

Transformateurs pour mesures[modifier | modifier le code]

Classe Erreur de tension, rapport (%) Déphasage
(Minutes) (Centiradians)
0,1 0,1 5 0,15
0,2 0,2 10 0,3
0,5 0,5 20 0,6
1 1 40 1,2
3 3 non spécifié non spécifié

La définition de l'erreur de tension étant :

 erreur\quad de\quad tension\quad % = {K_n\cdot U_s - U_p \over U_p}\cdot 100

K_n est le rapport de transformation assigné

U_p est la tension primaire

U_s est la tension secondaire[10].

Transformateurs pour protection[modifier | modifier le code]

Classe Erreur de tension, rapport (%) Déphasage
(Minutes) (Centiradians)
3P 3,0 120 3,5
6P 6,0 240 7,0

Normes applicables[modifier | modifier le code]

  • Norme CEI 60044-2 : Transformateurs de mesure –Partie 2 : transformateurs de tension inductifs
  • Norme CEI 60044-5 : Transformateurs de mesure –Partie 5 : transformateurs de tension capacitifs
  • Norme CEI 60044-8 : Transformateurs de mesure –Partie 8 : transformateurs de tension électroniques

Combinés de mesure[modifier | modifier le code]

Il existe également en HTB des combinés de mesure, qui réunissent en un seul appareil transformateur de courant et transformateur de tension.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CEI 60044-2, clause 2.1.1, version 2003
  2. a et b Kuechler 2005, p. 365
  3. Cours de l'école polytechnique de Zurich, transparent 28
  4. a et b (de) « Thèse sur les transformateurs de tension optique » (consulté le 10 avril 2012)
  5. (de) « Transformateur de tension optique, compte-rendu sur les avancées techniques » (consulté le 10 avril 2012)
  6. Harlow 2004, p. 145
  7. (en) « Fiber-optic current and voltage sensors for High-Voltage Substations » (consulté le 10 avril 2012)
  8. Cours de l'école polytechnique de Zurich
  9. CEI 60044-2, tableau 11, version 2003
  10. CEI 60044-2, clause 2.1.12, version 2003
  11. CEI 60044-2, tableau 12, version 2003

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Aguet et Michel Ianoz, Haute tension, vol. XXII, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, coll. « Traité d'électricité »,‎ 2004 (ISBN 2-88074-482-2, lire en ligne), p. 232
  • (de) Andreas Kuechler, Hochspannungstechnik, Grundlagen, Technologie, Anwendungen, Berlin, Springer,‎ 2005 (ISBN 3-540-21411-9, lire en ligne), p. 365
  • (en) James H. Harlow, Electric power transformer engineering, CRC Press,‎ 2004, p. 128

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