Tranchée des Baïonnettes

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Tranchée des Baïonnettes
Monument de la tranchée
Monument de la tranchée
Présentation
Propriétaire État
Protection Logo monument historique Classé MH (1922)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meuse
Commune Douaumont
Localisation
Coordonnées 49° 12′ 50″ N 5° 25′ 31″ E / 49.21389, 5.4252849° 12′ 50″ Nord 5° 25′ 31″ Est / 49.21389, 5.42528  

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Tranchée des Baïonnettes

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Tranchée des Baïonnettes

La tranchée des baïonnettes est un des deux mythes modernes datant de la Première Guerre mondiale, avec le « Debout les morts ! » de Péricard. Le monument commémoratif est situé sur le territoire de la commune de Douaumont, (Meuse).

Découverte et monument[modifier | modifier le code]

Plaque : A LA MÉMOIRE DES SOLDATS FRANÇAIS QUI DORMENT DEBOUT LE FUSIL EN MAIN DANS CETTE TRANCHÉE LEURS FRÉRES D'AMÉRIQUE (sic)
Entrée du monument

L’histoire est présentée comme suit :

Le 11 juin 1916, 57 hommes du 137e régiment d'infanterie — en majorité Vendéens — qui se préparaient à un assaut sont enterrés vivants par l'explosion d'un obus.
Entre les 10 et 12 juin 1916, a eu lieu à cet endroit un effroyable bombardement (notamment de canons lourds de 280 mm et obusiers de 305 mm). Les fusils émergeant du sol marquaient l'endroit où certains soldats avaient été enterrés vivants dans leur tranchée, et on baptisa le lieu « la tranchée des fusils ». On la renomma par la suite « tranchée des Baïonnettes », un nom plus tristement évocateur. Très impressionné par ces images, un banquier américain du nom de Georges T. Rand fit don de 500 000 FRF pour la construction du mémorial qui abrite toujours le site. En juin 1920, le secteur fut fouillé par des équipes de travailleurs immigrés indochinois et italiens, un travail particulièrement pénible, parmi les rats et les moustiques qui infestaient l'ancien champ de bataille. Quarante-sept corps furent mis au jour, dont quatorze purent être identifiés.

Le monument fut construit par l'architecte André Ventre en 1920.

Explication[modifier | modifier le code]

Croix de la tranchée
Fusil émergeant du sol

En fait, il est impossible que la terre soulevée par les obus qui tombent irrégulièrement parvienne à combler une tranchée. De plus, on n’en retrouve nulle trace sous cette forme dans les récits des combattants ; par contre, ces alignements de fusils ou de baïonnettes le long d’une tranchée, ou de corps, sont très fréquents. Il s’agit d’un usage qui s’est établi durant la guerre : après une offensive, il était nécessaire d’enterrer au plus vite les corps, y compris ceux des ennemis. La solution la plus pratique pour ceux-ci était de combler un boyau inutilisé avec leurs corps. La tombe collective était ensuite marquée de fusils baïonnettes en l’air.

Cette explication est fournie dès la fin de la guerre par des soldats anciens combattants (cf Le témoignage de l'abbé Lucien Polimann).

Le mystère de la tranchée des baïonnettes[modifier | modifier le code]

Stèle en hommage au 137e RI

Le mystère de la tranchée des baïonnettes a provoqué des controverses extrêmement violentes, avec deux écoles totalement opposées : la première, dont la figure dominante est Jacques Péricard, pense que des soldats ont été enterrés vivants dans une tranchée située non loin de la côte de Thiaumont (vers le haut du ravin de la Dame), l'autre, avec Jean Norton Cru comme chef de file, n'y voit qu'une invention absurde d'« embusqués ».

Cru, ancien combattant lui-même, qui a lu et étudié tous les récits de soldats de la Grande Guerre pour en faire une étude bibliographique conséquente, s'en prend à tous les faiseurs de légendes et notamment au commandant breveté Henri Bouvard « qui croit pouvoir parler de Verdun en témoin parce qu'il était à l'état-major de la 2e armée (région de Verdun) [et qui] donne dans un livre à prétentions historiques un récit de cet événement conforme à la légende qu'il accepte. Mais nous conjurons nos camarades poilus de ne jamais s'écarter des leçons si claires de leur expérience et de démentir tout ce qui la contredit, en particulier les légendes héroïques. »

Henri Bouvard, dans la seconde édition de son livre, La Gloire de Verdun, fait amende honorable :

« Notre récit, dans la première édition de La Gloire de Verdun, a été particulièrement critiqué par N. Cru. On pourra remarquer que nous avons supprimé dans cette édition le récit de Dubrulle - que nous citions de deuxième main - dont l'auteur de Témoins a contesté la vraisemblance. »

Dans la deuxième édition, il cite le témoignage du commandant Dreux, qui commandait le bataillon voisin de celui enseveli. Il ne s'agit donc pas à proprement parler d'un témoignage de première main, mais Dreux a combattu à quelques dizaines de mètres de la tranchée des baïonnettes, le même jour, soit le 12 juin 1916.

Péricard, dans son livre Verdun apprécie très peu les remarques de Cru sur les faiseurs de légendes, notamment parce que ce dernier le critique sérieusement comme auteur.

Et Péricard cite le long témoignage de l'abbé Polimann, lieutenant au 137e RI et qui s'est battu et a été capturé à la tranchée des baïonnettes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Denizot, Verdun 1914-1918, NEL, 1996, p. 132-133

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]