Trait italien

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Trait italien
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Trait italien attelé à la Fieracavalli 2014.
Trait italien attelé à la Fieracavalli 2014.

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Vénétie, Drapeau de l'Italie Italie
Caractéristiques
Morphologie Cheval de trait
Taille 1,50 m à 1,60 m en moyenne
Poids 700 kg à 900 kg
Robe Généralement alezan, plus rarement rouan et bai
Caractère Bon tempérament
Autre
Utilisation Trait, attelage, boucherie

Le trait italien est l'unique race de cheval de trait élevée en Italie. Son nom complet est Cavallo Agricolo Italiano da Tiro Pesante Rapido, se traduisant en français par « Cheval Agricole Italien de Trait Lourd Rapide », mais il est plus couramment appelé CAITPR ou tout simplement TPR. Très influencée par le cheval breton, la race a vu le jour en 1927 et connaît un bel essor jusque dans les années 1950. Une période de désintérêt pour la traction animale s'ensuit, le trait italien en ressort appauvri et alourdi puis vit un renouveau dans les années 1980.

Compact et musclé, c'est un cheval particulièrement adapté aux travaux agricoles et à l'attelage, même si son premier déboucher reste encore la production de viande.

L'ANACAITPR (Associazione Nazionale Allevatori del Cavallo Agricolo Italiano da Tiro Pesante Rapido) est chargée du contrôle et de l'amélioration de la race.

Histoire[modifier | modifier le code]

Deux chevaux à la tête massive et avec beaucoup de crins passent la tête à travers les barreaux de leur boxe.
Deux traits italiens dans leur boxe.

L'histoire de la race ne commence officiellement qu'en 1927 mais ses origines remontent à la réunification italienne[1]. En 1860, les premiers croisements dans le but d'obtenir un cheval de trait sont réalisés au Deposito Cavalli Stalloni de Ferrare[2],[3]. À cette époque, les besoins de traction en termes d'agriculture, de transport et d'artillerie ont poussé au croisement des races locales avec des races plus lourdes importées. Les premiers essais sont réalisés avec le trait belge mais les résultats sont décevants, car jugés trop lourds et lents. Des croisements sont ensuite réalisés avec des boulonnais et des percherons, mais le produit n'est toujours pas considéré comme totalement satisafisant. Il faut attendre le XIXe siècle et le croisement avec le postier breton sans fanons et au trot preste, pour obtenir un cheval à la conformation et aux allures attendues, fixant ainsi les caractéristiques de la race[4]. Au début du XXe siècle on voit ainsi apparaître des sujets robustes, de masse moyen-lourde et au déplacement élégant. En 1926, le stud-book officiel de la race est créé sur une base de type sélectif[2]. C'est en 1927 que naît la première génération contrôlée. Le bassin géographique de production est représenté par la plaine de la Vénétie, la province de Ferrare et des plaines de Frioul[1].

Dans les années 1930, la race prend progressivement de l'importance avec l'adhésion de plus en plus de fermiers. Des concours sont organisés et de jeunes étalons sont soigneusement choisis pour perpétuer le trait italien. Si la Seconde Guerre mondiale impose une pause dans la croissance de la race, elle repart dès la fin de la guerre, notamment avec le croisement de chevaux ardennais, percherons et bretons[3]. À la fin des années 1950, la création d'un livre généalogique remplace le contrôle sélectif instauré en 1927[1]. Vers cette période, la race prend définitivement le nom de « Cheval Agricole Italien de Trait Lourd Rapide »; le qualificatif de « Trait Lourd Rapide » (Tiro Pesante Rapido) faisant référence à l'action preste de son trot[5]. Les années 1960-1970 marquent une période de crise pour la race. Le désintérêt total pour la traction animale limite l'expansion des élevages qui se tournent pour la plupart vers la production de viande. Il faut attendre les années 1980 pour un renouveau d'intérêt pour la race passablement appauvrie et alourdie, ce qui conduit à un élargissement de la base sélective sur laquelle se fonde l'élevage[1],[2],[6].

Depuis 1974, sur mandat du ministère pour les politiques agricoles, et en collaboration avec les bureaux provinciaux de livre généalogique, L'ANACAITPR (Associazione Nazionale Allevatori del Cavallo Agricolo Italiano da Tiro Pesante Rapido) est l'association chargée du contrôle et de l'amélioration de la race[1].

Description[modifier | modifier le code]

Morphologie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Morphologie du cheval.
Dans la cour d'un hall d'exposition, un cheval massif alezan à l’impressionnante encolure est tenu en licol.
Jeune étalon trait italien.

Le TPR est un cheval de trait dont la conformation d'ensemble revèle l'influence déterminante du cheval breton[5],[7]. Sa taille moyenne est de 1,48 m à 1,58 m pour les femelles et 1,52 m à 1,60 m pour les mâles. Son poids se situe entre 700 kg et 900 kg[8]. Il est d'ordinaire compact, avec des aplombs corrects, une tête étonnamment déliée et un poitrail profond, les coudes étant très ouverts[5].

Sa tête est plutôt petite et fine, son front large et son chanfrein droit. Les naseaux sont larges et le bout du nez net. Les oreilles sont petites et droites; les yeux intelligents et sages[9]. L'encolure est musclée et légèrement arrondie. Les épaules sont bien obliques. Le dos, court et robuste mène à une croupe large et légèrement inclinée. Les membres sont courts, solides et bien musclés avec des articulations assez grosses. Le sabot est bien formé[7].

Robes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Robe du cheval.

Sa robe est très généralement alezan avec et sans crins lavés. Il peut également présenter une robe rouan, bai ou bai foncé[2],[7].

Tempérament et entretien[modifier | modifier le code]

C'est un cheval amical au tempérament agréable. Il existe cependant une grande variété de caractères chez la race, certains sujets pouvant être vifs et fougueux tandis que d'autres sont calmes et dociles[9]. C'est un cheval rustique qui s'adapte à tous types d'environnement. Son élevage dans les différentes zones d'Italie où le climat varie du climat continental au climat méditerranéen montre ainsi sa grande capacité d'adaptation[2].

Sélection[modifier | modifier le code]

Les chevaux de la race sont encore marqués au fer. Cette marque représente un escalier à cinq piques enfermés dans un bouclier. Les sujets inscrits au livre de la race sont évalués une première fois sous la mère, en général entre deux et sept mois, puis une seconde fois à deux ans et demi. Les poulains qui réussissent la première évaluation sont marqués à la cuisse gauche, et s'ils passent la seconde évaluation, ils sont marqués aussi au cou du côté gauche[1].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Dans une carrière entourée de barrières métalliques, un attelage présenté de dos s'éloigne au trot tiré par un cheval alezan.
Attelage en simple d'un trait italien à Montebuono en 2008.

Le trait italien a été à l'origine élevé pour être un cheval polyvalent utilisé dans l'agriculture, en milieu urbain, pour ses capacités militaires, ainsi que pour la production de grandes mules pour l'armée[2]. La docilité de la race, sa taille, sa force et sa vitesse l'ont rendu également extrêmement utile pour les fermiers italiens avant l'introduction de la mécanisation[10]. Il est toujours utilisé pour l'agriculture dans quelques zones où la mécanisation est peu pratique. Les juments sont aussi toujours utilisées pour la production de mules, bien que la plupart des chevaux soient aujourd'hui élevés pour la viande[2]. L'Italie est en effet un important consommateur de viande de cheval; la consommation a augmenté de 31 % entre 2001 et 2006. Les poulains de onze à dix-huit mois sont préférés pour l'abattage[11]. L'association de la race tente néanmoins de réhabiliter le trait italien dans ses vocations premières, la traction et l'attelage[1].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Sous les feuilles d'un arbre, un imposant étalon alezan brulé se présente de dos entouré de plusieurs chevaux et poulains alezans dont on aperçoit que la croupe.
Étalon trait italien au milieu de juments et poulains à Pescasseroli.

L'ANACAITPR (Associazione Nazionale Allevatori del Cavallo Agricolo Italiano da Tiro Pesante Rapido) est chargée de la tenue du livre généalogique, participe à la conservation et l'amélioration de la race et supporte les initiatives qui contribuent à en répandre l'élevage[1].

Les zones principales d'élevage du trait italien se situent dans les plaines et les collines autour de Vérone, Padoue, Vicence, Venise, Trévise et Udine[10]. En 2005, on a recensé près de 6 500 traits italiens, dont environ la moitié était des juments[12]. La population enregistrée à fin 2010 est de 6 304 sujets, avec une grande majorité de chevaux enregistrés dans le Latium et en Ombrie[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Italian Heavy Draft » (voir la liste des auteurs).

  1. a, b, c, d, e, f, g et h (it) « L’Associazione Nazionale Allevatori del Cavallo Agricolo Italiano da Tiro Pesante Rapido » (consulté le 3 janvier 2011)
  2. a, b, c, d, e, f et g Hendricks et Dent 2007, p. 238-239
  3. a et b Bongianni 1988, p. 108
  4. Edwards 1994, p. 258-259
  5. a, b et c Edwards 2005, p. 236-237
  6. (it) « Il cavallo agricolo italiano da tiro pesante rapido », sur Ministero Politiche Agricole Alimentari e Forestali (consulté le 29 décembre 2014)
  7. a, b et c Draper 2006, p. 87
  8. (it) « Cavallo Agricolo Italiano TPR », sur Agraria.org (consulté le 29 décembre 2014)
  9. a et b Fitzpatrick 2008, p. 272-273
  10. a et b Pickeral 2000
  11. (en) A. Tateo, P. De Palo, E. Ceci, P. Centoducati, « Physicochemical properties of meat of Italian Heavy Draft horses slaughtered at the age of eleven months », Journal of Animal Science, vol. 86,‎ , p. 1205–1214 (PMID 18245501, DOI 10.2527/jas.2007-0629, lire en ligne)
  12. (it) « Programma Di Sviluppo Rurale Per Il Veneto 2007–2013 » [PDF], Regione del Veneto (consulté le 29 décembre 2014)
  13. (it) « Consistenze 2010 » [PDF], ANACAITPR (consulté le 29 décembre 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Bongianni 1988] (en) Maurizio Bongianni, Simon & Schuster's Guide to Horses and Ponies, Simon & Schuster, Inc.,‎ (ISBN 0671660683), p. 108
  • [Edwards 1994] (en) Elwyn Hartley Edwards, The Encyclopedia of the Horse, New York, NY, Dorling Kindersley,‎ (ISBN 1564586146), p. 258-259
  • (en) Tamsin Pickeral, The Encyclopedia of Horses and Ponies, Parragon,‎ (ISBN 0752541587)
  • [Edwards 2005] Elwyn Hartley Edwards, « Trait lourd italien », dans L'œil nature - Chevaux, Nord Compo, Villeneuve-d'Ascq, Larousse,‎ , 255 p. (ISBN 9782035604088), p. 236-237
  • [Draper 2006] Judith Draper (trad. Sophie Smith, ill. Rodney Paull, photogr. Kit Houghton), « Le Trait italien », dans Le grand guide du cheval : les races, les aptitudes, les soins, Romagnat, Éditions de Borée,‎ , 256 p. (ISBN 2844944205 et 9782844944207, OCLC 470405910, notice BnF no FRBNF40173187, lire en ligne), p. 87
  • [Hendricks & Dent 2007] (en) Bonnie Lou Hendricks et Anthony A. Dent, « Italian Heavy Draft », dans International Encyclopedia of Horse Breeds, University of Oklahoma Press,‎ , 486 p. (ISBN 080613884X et 9780806138848), p. 238-239
  • [Fitzpatrick 2008] Andrea Fitzpatrick, Le Monde fascinant des chevaux, Paris, Nov'edit,‎ , 437 p. (ISBN 9782350332086), p. 272-273