Trait d'union

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Trait d'union (typographie))
Aller à : navigation, rechercher
Crystal Clear app fonts.svg Cette page contient des caractères spéciaux. Si certains caractères de cet article s’affichent mal (carrés vides, points d’interrogation, etc.), consultez la page d’aide Unicode.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Trait d'union (homonymie).

Le trait d’union « - » est un tiret court. Il se nomme aussi parfois tiret, signe moins ou selon les typographes division[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

En grec ancien, l’énotikon ou hyphen est utilisé dans certains textes pour marquer l’union de deux lettres ou de deux mots, celui-ci a la forme d’un arc renversé comme le tirant souscrit : ‿[2]. En latin, ce signe iphen sera défini par le grammairien Priscien dans De arte grammatica comme signe marquant l’union de deux mots.

En hébreu, le macaph ou maqqeph est utilisé pour relier plusieurs mots brefs entre eux et a la forme d’un trait horizontal : ־, selon Nina Catach c’est à lui que nous devons la forme actuelle du trait d’union[2],[3].

Le trait d’union est déjà présent dans certains manuscrits français du XIIIe siècle, sous la forme d’une double barre oblique : ⸗[4]. À l’époque, certains scribes utilisent encore la barre oblique simple pour indiquer la demi-pause (celle-ci a été remplacée par la virgule)[4]. Il est utilisé par Johannes Gutenberg vers 1455, toujours sous la forme d’une double barre oblique, dans sa Bible à quarante-deux lignes[4], pour indiquer la division, c’est-à-dire la coupure de mot en fin de ligne.

En français, dans la troisième édition de la Briefve Doctrine par Pierre de Sainte-Lucie de 1538, on peut voir le trait d’union, à la place de l’accent enclitique (l’apostrophe) des versions précédentes, entre le verbe et le pronom personnel sujet[5]. Cet usage se répand durant la seconde partie du xvie siècle[5]. Le premier dictionnaire utilisant le trait d’union comme moyen de former des mots composés est le Thresor de la langue françoyse tant ancienne que moderne de Jean Nicot, alors que ce trait d’union était absent du dictionnaire français-latin de Robert Estienne.

Dans sa première édition de 1694, le Dictionnaire de l’Académie française sépare beaucoup de mots, composés jusque-là en un seul mot, par des traits d’union, parfois sans cohérence (certains mots soudés sont conservés comme arrieremain tandis que d’autres non comme chauve-souris ou passe-port, ou encore les mots composés avec entre- sont écrits avec l’apostrophe tandis que les mots composés avec contre- ou passe- sont écrits avec le trait d’union). Selon Catach, en dehors des marques des pluriels qui ont changé au cours des siècles, la première édition établit l’usage (et l’absence de cohérence) du trait d’union concernant les mots composés[6].

Utilisation dans la langue française[modifier | modifier le code]

Il sert à unir deux mots liés formant un mot composé, comme dans « brise-roche », « demi-sœur », « belle-mère », « chassé-croisé », etc. Il apparaît ainsi notamment dans les noms de fusion de genres musicaux : pop-rock, jazz-funketc.

Il est en outre utilisé pour marquer la présence d’une ancienne enclise pour les pronoms sous leur forme conjointe ; c’est le cas dans des syntagmes comme « dis-tu », « dis-moi », « dis-le-moi », « vas-y », etc. Quand apparaît le phonème éphelcystique (« phonème de liaison ») /t/ après un verbe et un pronom conjoint, ce phonème est représenté par un « t » séparé par des traits d’union : « donne-t-il », « y a-t-il » et non par une apostrophe comme on peut souvent le lire (« * donne-t’il », « y-a-t’il » ; dans ce dernier syntagme, il ne peut y avoir ni apostrophe ni trait d’union entre y et « a », qui sont naturellement liés dans la prononciation).

Enfin, c’est la marque de la coupure de mot ou césure en fin de ligne.

Après un préfixe[modifier | modifier le code]

En français, il y a parfois un trait d’union après un préfixe[7]. C’est le préfixe qui détermine s’il faut un trait d’union ou pas.

Les préfixes suivants réclament toujours un trait d’union : après-, mi-, non- (sauf dans nonchalance, nonobstant, nonpareil, et dans le cas où non est suivi d’un adjectif : non linéaire)[8], quasi- [9], sous-.

Le trait d'union est conservé si le mot qui suit le préfixe est un nom propre (post-Renaissance, pro-Suisse), un sigle (pro-ONU), un nombre (pré-500e), un mot déjà composé (mini-sous-marin).

Il ne faut pas de trait d’union après les préfixes suivants : anti- (sauf lorsque le deuxième élément commence par i, dans des mots composés comportant d’autres traits d’union et dans les noms géographiques), archi-, auto- (sauf lorsque le deuxième élément commence par i ou u), bi-, bio-, brachy-, ferro- (sauf lorsque le deuxième élément commence par i ou u), co- (sauf devant u : co-usufruitier. Mais devant un i, cet i prend un tréma : coïnculpé, coïncidence), inter-, intra- (sauf lorsque le deuxième élément commence par i ou u), macro-, méta-, micro- (sauf lorsque le deuxième élément commence par i ou u), mono-, multi-, pré-, tri-.

Mots composés avec « grand »[modifier | modifier le code]

La forme « grand’ » est désuète : elle a disparu de la huitième édition du Dictionnaire de l’Académie française publiée entre 1932 (A-G) et 1935 (H-Z) pour être remplacée par « grand- ». La forme « grand’ » était invariable ; on trouvait donc écrit dans la septième édition du Dictionnaire (1877-1878) « grands-pères » et « grand’mères ». On reprochait à l’Académie le caractère trompeur de ce groupe d’ qui pouvait faire croire que le d était à prononcer (comme dans aujourd’hui). Et puis l’apostrophe sert à noter l’élision en français : or en ancien français grand était la forme commune au masculin et au féminin (forme épicène donc) qui continuait le latin grandis (ou plus exactement son accusatif grandem) forme commune au masculin et au féminin ; le féminin grande est analogique et plus récent dans la langue française.

L’Académie a aussi été critiquée pour n’avoir pas précisé la graphie des pluriels qui avaient troqué leur apostrophe pour un trait d’union dans cette huitième édition de 1932-1935.

Concernant les mots masculins composés avec « grand- », leur pluriel s’accorde. Exemple : « des grands-pères ».

Pour les mots féminins, selon l’Académie française[10], « dans les noms féminins composés, grand ne s’accordant pas en genre, ne s’accorde pas non plus en nombre. ». On écrira donc, par exemple, « des grand-mères » pour suivre l’Académie. Mais cette recommandation ne datant que de 2005, il reste difficile d’établir si elle a eu le moindre impact sur la doctrine ou sur l’usage qui jusque-là accordait également les pluriels féminins. Exemples : « les grands-pères et les grands-mères », « la fête des grands-mères », « les mères-grands », « les grands-papas et les grands-mamans », « les grands-messes », « les grands-tantes », « les grands-voiles », etc.

Un piège « académique » : le mot « grand-croix », féminin lorsqu’il désigne la décoration, s’écrit « grand-croix » au pluriel (en suivant l’Académie). Mais il devient traditionnellement masculin lorsqu’il désigne le récipiendaire et s’écrit alors « grands-croix » au pluriel ; exemple : « la liste des grands-croix de l'ordre national du Mérite ».

Conformément au sens, « grand- » reste toujours invariable dans les adjectifs : « grand-ducal » (voir l’article Grand-duc), « grand-maternel », « grand-paternel ».

Écriture des nombres[modifier | modifier le code]

Orthographe en usage avant les rectifications orthographiques de 1990[modifier | modifier le code]

Pour les nombres composés inférieurs à 100, les différents éléments sont reliés entre eux par des traits d’union, sauf quand ils sont liés par la conjonction et[11].

  • 28 = vingt-huit
  • 31 = trente et un
  • 71 = soixante et onze ou septante et un
  • 92 = quatre-vingt-douze ou nonante-deux
  • 124 = cent vingt-quatre
  • 777 = sept cent soixante-dix-sept ou sept cent septante-sept
  • 851 = huit cent cinquante et un

En France, ces anciennes règles ne devraient plus être utilisées dans les nouveaux documents. Voir le paragraphe ci-dessous, et les rectifications orthographiques de 1990.

Rectifications orthographiques de 1990[modifier | modifier le code]

La nouvelle orthographe est obtenue en appliquant les rectifications orthographiques de 1990. Celle-ci est enseignée en Belgique, en France, en Suisse, et aussi au Canada où elle est enseignée en Alberta, au Québec et en Saskatchewan et acceptée dans d’autres provinces.

On écrit les numéros composés avec des traits d’union entre deux éléments (exemple  : trente-et-un, huit-cent-cinquante-et-un, vingt-et-un-mille-trois-cent-deux).

La nouvelle orthographe est non ambigüe ; ainsi distingue-t-on  :

  • mille-cent-vingt-septième (1127e)
  • de mille-cent-vingt septièmes (1120/7)
  • de mille-cent vingt-septièmes (1100/27)
  • de mille cent-vingt-septièmes (1000/127)

Ou encore :

  • vingt et un tiers (20 + 1/3)
  • de vingt-et-un tiers (21/3)

Noms de personnes[modifier | modifier le code]

Contexte francophone[modifier | modifier le code]

Le trait d’union est utilisé entre les noms de famille français ou francisés composés de deux noms de famille comme Strauss-Kahn ou composés en l’honneur d’une personne avec son prénom et son nom de famille comme Firmin-Didot ou Louis-Dreyfus (porté par Robert Louis-Dreyfus entre autres).

Anciennement, les différents prénoms d’une personne étaient joints par des traits d’union[12], par exemple Louis-Charles-Alfred de Musset dans le Larousse du xxe siècle. Cette tradition n’est plus dans l’usage, spécialement dans les actes d’état civil et dans les textes officiels[12], et les prénoms sont actuellement séparés par des espaces. Le trait d’union est mis entre les éléments d’un prénom double usuel : Jean-Jacques Rousseau, Jean-Pierre Dupont. Il n’est pas utilisé dans les noms propres et les surnoms précédés d’un article : Alexandre le Grand, Charles le Téméraire, Napoléon le Petit[12],[13]. Cet usage permettait d’identifier les noms de famille contenant un prénom, par exemple Bertrand de Beauvoir.

L’ancienne tradition typographique, encore recommandée par le Lexique de l’Imprimerie nationale, imposait l’usage des traits d’union entre prénoms, l’italique servant à distinguer l’appellation usuelle, par exemple « Louis-Charles-Alfred de Musset »[14].

Jean-Pierre Lacroux (1947-2002) déconseille de la respecter, au motif qu’elle génèrerait des ambiguïtés[15]. Dans les cas où deux vocables sont usuels, forment-ils un prénom composé ou sont-ils deux prénoms, par exemple Jean-Pierre Lacroux a-t-il un prénom composé ou deux prénoms ? Pour Aurel Ramat et Romain Muller, le trait d’union est utilisé dans les prénoms composés mais pas entre les prénoms distincts[16].

Extrait d’acte de naissance d’Arielle, Laure, Maxime Sonnery (plus connue sous le nom d’Arielle Dombasle) établi en 2009, où les prénoms sont séparés par des virgules.

L’état civil a été créé en 1792 en France. En 1911, le Formulaire général des actes de l’État civil indique qu’« il ne devra y avoir de trait d’union entre deux prénoms que s’ils forment par leur réunion un prénom unique » selon « la volonté formelle du déclarant »[17]. L’instruction ministérielle relative à l’état civil du 12 avril 1966 établit l’usage officiel du trait d’union dans les prénoms composés limités à deux vocables[18],[19]. L’instruction générale relative à l’état civil dispose que « [l]es prénoms simples sont séparés par une virgule, les prénoms composés comportent un trait d’union. »[20]. Exemple : Jacques, Jean-Paul, François Dupont. Cet usage est apparu après la Seconde Guerre mondiale.[réf. nécessaire] Depuis la circulaire du 28 octobre 2011, les prénoms composés peuvent aussi comporter une espace, seule la virgule sépare les prénoms[21].

Au Québec, le Directeur de l’état civil recommande de limiter à quatre le nombre des prénoms et indique que « si l’un des prénoms est composé, il est préférable de lier les deux parties par un trait d’union » cependant celui-ci n’est pas obligatoire et les prénoms sont chacun séparés par une virgule sur la déclaration de naissance[22].

En Belgique, les prénoms composés doivent avoir un trait d’union entre les différentes parties, sinon ils sont considérés comme des prénoms différents à l’état civil[23].

Certains francophones n’emploient pas de traits d’union pour lier les deux parties de leurs prénoms composés, tels les Français Jean-Michel Jarre (son nom à l’état civil) qui signe ses disques Jean Michel Jarre, ou Jean-Paul Gaultier connu comme Jean Paul Gaultier.

Le Who’s Who in France[24] sépare lui aussi les prénoms par des virgules (le prénom usuel est mis en gras[25]), sans doute dans un souci d’exactitude.

On est donc confronté au choix entre trois possibilités :

  1. Arielle-Laure-Maxime Sonnery
  2. Arielle, Laure, Maxime Sonnery
  3. Arielle Laure Maxime Sonnery

Le nom de famille est parfois écrit en lettres capitales pour le distinguer des autres noms, ou même parfois en petites capitales avec la majuscule initiales plus grande que les autres lettres[26].

Le trait d’union peut aussi être ajouté pour former les pseudonymes comme Alain-Fournier.

Transcription du chinois et coréen[modifier | modifier le code]

Dans certaines transcriptions de noms chinois ou coréens[27], le nom personnel (postnom ou prénom) peut avoir ces deux syllabes séparées par le trait d’union, souvent utilisé bien que optionnel : Sun Yat-sen, Li Myung-bak. D’autres transcriptions utilisent le trait d’union et la majuscule, ou encore l’espace et la majuscule pour la deuxième syllabe.

Transcription de l’arabe[modifier | modifier le code]

Le trait d’union est aussi utilisé dans certaines transcriptions de noms arabes entre l’article et le nom propre : Mubarak al-Shamikh. Même si le trait d’union et la minuscule sont utilisés avec l’article al dans certaines transcriptions, celles-ci font parfois la différence avec la particule nobiliaire āl sans trait d’union et avec majuscule comme dans Al Saud.

Noms de voies et d’organismes[modifier | modifier le code]

Règles typographiques traditionnelles françaises[modifier | modifier le code]

Le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale[28] et le Dictionnaire des règles typographiques de Louis Guéry[29] indiquent que dans une dénomination composée, « tous les éléments, à l’exception de l’article initial, sont liés par des traits d’union ». Le Code typographique de la CGC indique[30] que « dans une dénomination formée de plusieurs mots, ceux-ci prennent la capitale et sont réunis par un trait d’union ». Les noms de voies s’écrivent donc sous la forme :

Et aussi les ouvrages d’art situés en ville ou non :

Prennent une capitale les substantifs, les adjectifs et les verbes.

Fronton du lycée Louis-le-Grand de Paris : LOUIS est graphié LOVIS à la façon des inscriptions antiques.

Ceci s’applique également à tout organisme, bâtiment ou monument public portant le nom d’une personne notamment :

La localité où se trouve un lieu de culte ne fait pas partie du nom du lieu de culte :

Pour les ordres, trait d’union uniquement au nom de saint, on écrit donc « l’ordre de l’Aigle noir », « l’ordre de l’Étoile rouge » mais :

On supprime « et » pour les paroisses et les églises :

Ces appellations sont parfois abrégées : Roland-Garros (le stade Roland-Garros et plus souvent encore les Internationaux de France de tennis) ne se confondant pas graphiquement avec Roland Garros (l’aviateur). Aurel Ramat fournit les exemples suivants[31] : « J’aime Louis le Grand (lui-même) » et « J’aime Louis-le-Grand (le lycée) » et « Il a parlé à Jean Bouin (lui-même) et « Il a parlé à Jean-Bouin (le stade) ».

Usages et acceptation des règles typographiques traditionnelles[modifier | modifier le code]

Les opinions sont partagées sur cet usage du trait d’union entre les éléments de dénominations préconisé dans certains guides typographiques, à une époque par l’administration des Postes[32],[33],[34],[35], par certains grammairiens dont Adolphe Thomas dans le Dictionnaire des difficultés de la langue française[35],[36] (position reprise par Chantal Lambrechts dans le Grand Dictionnaire des difficultés & pièges du français[37]) et Jean-Paul Colin dans Dictionnaire des difficultés du français[38], et utilisé dans des ouvrages de référence comme le Petit Larousse – avec son entrée « Charles-de-Gaulle (place) »[39] – ou les encyclopédies Larousse, Robert ou Universalis. Pour Jean-Pierre Clément, la majorité des grammairiens sont contre cet usage[35]. Dans la pratique celui-ci peut varier selon les pays ou selon les décisions des autorités toponymiques. Clément, parlant des opinions partagées sur cette pratique, dit « On agira donc selon son goût »[35].

L’auteur belge Joseph Hanse (1902-1992) indique, dans le Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne[40], que pour les « Noms de rues, de places, etc. On ne met pas de devant les noms propres de personnes rue Victor Hugo (plutôt que rue Victor-Hugo, préféré par un certain usage français non habituel), rue du Vingt-Neuf-Juillet, rue du Bois-Le-Vent, mais rue La Boétie. » Hanse et Blampain indiquent qu’en France, mais avec des exceptions, on écrit rue Victor-Hugo, rue Charles-Nodier, rue de l’Hôtel-de-Ville, l’allée du Champ-de-Mars, la gare Anatole-France, le lycée Louis-le-Grand, et ils ajoutent que « Cet usage a été critiqué, mais est bien installé et conservé dans certains guides. On n’est pas tenu de le suivre cependant. On peut comme en Belgique, écrire : rue Victor Hugo et classer cette rue à Hugo, et avenue du Bois de la Cambre »[41].

Selon Le Bon Usage de Maurice Grevisse (1895-1980) et André Goosse (1926- ), le linguiste français Albert Dauzat (1877-1955) a lui aussi jugé fautif les traits d’union dans les noms de rues[42],[32]. Grevisse et Goose précisent qu’« En France (mais non en Belgique), l’administration des Postes met le trait d’union, dans les noms de rues, entre le prénom ou le titre et le nom de famille »[32]. Nina Catach note que cet usage du trait d’union se trouve dans « les noms de rue dans l’annuaire des Postes (rue Paul-Bert) »[33]. Selon l’Encyclopédie du bon français de Paul Dupré, citant Le Figaro Littéraire du 17 novembre 1962, l’administration des Postes et Télégraphes est à l’origine de cette initiative, et l’Office de la langue française (à ne pas confondre avec l’Office québécois de la langue française) s’est élevé contre cet usage en le déclarant inutile[34],[43]. Cet office reconnait l’utilité de cette pratique pour les facteurs, facilitant et dans certains cas permettant le tri des lettres, mais considère qu’elle peut être ignorée par l’administration municipale et qu'elle est inutile pour les « usagers »[43].

Comme le notent plusieurs de ces auteurs, l’usage belge est de ne pas lier titre, prénom et nom par un trait d’union, par exemple, la place Eugène Flagey et non la place Eugène-Flagey, l’Institut Lucien Cooremans et non l’Institut Lucien-Cooremans[44] ou encore boulevard du Général Jacques (aussi boulevard Général Jacques à l’oral ou à l’écrit)[41] et non boulevard du Général-Jacques[45], ni non plus de lier les éléments d’autres noms propres, par exemple avenue du Bois de la Cambre et non avenue du Bois-de-la-Cambre[41].

L’exception (qui n’en est pas une selon l’usage réputé « français ») concerne les saints, on met toujours une majuscule et un trait d’union :

Cet usage n’est celui préconisé par le typographe belge Jean Dumont (1853-1927) qui pour l’essentiel suit les règles traditionnelles pour les odonymes[46] : cet auteur omet le trait d’union dans les odonymes uniquement après un prénom ou un titre, suivi du nom de famille.

Aujourd’hui, l’usage belge est différent de celui préconisé par Jean Dumont, et suit en général l’avis des grammairiens belges, l’usage dans la presse ou quelques marches typographiques propres à certains éditeurs tel que Brepols[47].

Le français canadien utilise aussi le trait d’union entre le titre, le qualificatif, le prénom, les initiales et le nom de famille, mais contrairement à la norme française, la norme québécoise ne l’utilise jamais après la particule nobiliaire[48],[49]. Par exemple, il existe à Montréal une place Jacques-Cartier et un pont Jacques-Cartier portant tous deux le nom de Jacques Cartier, avec trait d’union, mais il existe une rue Sieur-De Beaucours à Québec portant le nom de Josué Boisberthelot de Beaucours[50] ou une rue Charles-De Gaulle à Sainte-Julie portant le nom de Charles de Gaulle[51], avec trait d’union sauf après la particule nobiliaire (qui prend la majuscule, indiquant qu’elle fait partie du nom) ou simplement en guise de séparateur entre le prénom et le groupe nominal[52] ; cet usage est aussi appliqué pour les toponymies de manière générale par exemple la municipalité régionale de comté Pierre-De Saurel portant le nom de Pierre de Saurel. Cette norme est recommandée par la Commission de toponymie du Québec[49],[53] et le Bureau de la traduction du Canada[54].

En français en Suisse, cet usage des traits d’union entre les divers éléments des noms propres est recommandé par l’Office fédéral de topographie, par exemple, Rue Henri-Dunant ou rue du Général-Dufour. Mais contrairement aux autres usages, la particule nobiliaire est aussi liées par un trait d’union, par exemple, avenue de-Gallatin et non avenue de Gallatin[55].

En France, les codes typographiques s’en tiennent à ces règles d’emploi du trait d’union (graphie « place Charles-de-Gaulle ») : le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale[28] (LRTUIN), Louis Guéry[29], Serge Aslanoff[56], Jean-Pierre Lacroux[57]etc. Mais il est vrai que Jean-Pierre Clément[35] tolère des divergences dans l’usage ; quant à Aurel Ramat et Romain Muller[58], ils rappellent que l’usage n’est pas constant et qu’il est conseillé de se renseigner sur l’orthographe officielle en particulier pour les documents officiels ; Charles Gouriou reprend la règle[59] mais rappelle que certains usages officiels français n’utilisent pas les traits d’union, se tenant à l’orthographe de l’état civil, et admet qu’un auteur peut légitimement préférer cet usage administratif[60].

En France, les codes typographiques ont connu une large diffusion avec le développement de l’informatique mais aucune autorité n’indique les ouvrages qui peuvent se qualifier de codes typographiques.

Les recommandations d’insertion du trait d’union des codes typographiques ne sont pas utilisées systématiquement[41] et auraient même tendance à disparaître dans les noms propres devenus noms de rue[61]. L’Institut national de l'information géographique et forestière (Institut géographique national jusqu’en 2011) n’utilise pas non plus cet usage dans sa Charte de toponymie, notamment dans les exemples Place du 8 Mai 1945 ou Parc Henri IV[62]. La Poste française proscrit d’ailleurs et paradoxalement l’usage du tiret (ou trait d’union), en plus de toute ponctuation comme le point, la virgule ou même l’apostrophe, dans les adresses postale pour faciliter les traitements automatiques[63],[64].

Article connexe : Adresse postale#France.

Globalement les autres langues n’utilisent pas ou moins souvent le trait d’union dans les dénominations. Par exemple, en anglais, « St. John St. » à lire « Saint John Street » correspondant au français « rue Saint-Jean ».

Noms des entités politiques et administratives[modifier | modifier le code]

Les mêmes règles que pour les noms de rues s’appliquent aux unités administratives et politiques françaises ou dont le nom a été, partiellement ou totalement, francisé (on écrit New York par exemple, en l’absence de francisation). La règle s’applique également à nombre de noms du domaine de la géographie physique.

L’« unionisation » entraîne l’apparition d’une majuscule dans tous les noms et adjectifs unis dans l’expression. Trait d’union et majuscule sont donc les outils d’élaboration des noms composés des unités administratives et politiques.

Exemples : la Loire-Atlantique, Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin, la Basse-Normandie, les Côtes-d’Armor, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la Virginie-Occidentale, Chanteloup-les-Vignes, le Cap-Vert, la Bohême-du-Sud, les États-Unisetc.

La partie du nom qui sera « unionisée » est ce qu’on appelle le spécifique (le nom « propre »), par opposition au générique (nom « commun »).

Ainsi, dans « département du Pas-de-Calais », « département » est générique, « Pas-de-Calais » est spécifique. Dans « pas de Calais », « pas » est un générique (synonyme de détroit), « Calais » est spécifique. Le cas du « département du Puy-de-Dôme » et du « puy de Dôme » est analogue ainsi que celui du « département des Alpes-Maritimes » et des « Alpes maritimes ».

De même, on fera la différence entre :

Les rectifications orthographiques du Rapport de 1990 entraînent des différences inattendues, notées par Aurel Ramat : ce Rapport ne concernant pas les noms propres, il faut écrire « la province de l’Île-du-Prince-Édouard » (avec un accent circonflexe conservé) et « l’ile du Prince-Édouard » (sans accent circonflexe) pour s’y conformer[65].

Cette règle simple n’est pas toujours respectée. On ne fait pas la différence entre l’Afrique du Sud comme synonyme d’« Afrique australe » et l’Afrique-du-Sud, l’État (tout comme « Timor oriental » et « Timor-Oriental », « îles Salomon » et « Îles-Salomon »). On ne rencontre guère plus « Irlande-du-Nord ». De même, les formes régulières Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale ou Frioul-Vénétie-Julienne ne sont pas les plus courantes.

L’usage ne différencie pas le pays Basque (ou Pays basque), région humaine et historique, et le Pays-Basque, l’unité administrative qu’est la Communauté autonome basque. En France, la volonté de conseils régionaux comme ceux des Pays-de-la-Loire ou du Nord-Pas-de-Calais, qui graphient leurs noms respectifs Pays de la Loire et Nord-Pas de Calais, ajoutent de la confusion.

Sur la mutilation de cette règle, voir les notes de Jean-Pierre Lacroux : Pays et territoires administrativement organisés [PDF] (à partir de la page 156 du PDF, à partir de la page 132 dans la numérotation des feuillets de l’auteur).

Échappent parfois au trait d’union du fait d’un usage persistant : la Corée du Nord (la Corée-du-Nord pour le Petit Robert), la Corée du Sud (la Corée-du-Sud pour le Petit Robert), la Côte d’Ivoire (volonté politique du pays africain qui refuse également toute forme de traduction, alors que la forme « Côte-d’Ivoire » est la bonne pour le ministère des Affaires étrangères français ou le quotidien parisien Libération : la portion de la côte concernée est la « côte d’Ivoire », le pays est parvenu à l’indépendance sous le nom de « Côte-d’Ivoire », selon Louis Guéry la graphie « Côte d’Ivoire » ramène ce toponyme politique au rang de simple « sobriquet » touristique[66]. tel que « Côte d’Azur »), la Guinée équatoriale (la Guinée-Équatoriale pour le Petit Robert) et le Saint-Empire romain germanique (pour le Petit Robert, le Dictionnaire Hachette et le Petit Larousse).

Jacques-Cartier (portant le nom de Jacques Cartier) et René-Lévesque (portant le nom de René Lévesque) sont des circonscriptions électorales situées au Québec.

Trait d'union avec pronom personnel ou démonstratif[modifier | modifier le code]

  • Les tournures interrogatives demandent des traits d'union avec les pronoms personnels (ou le pronom démonstratif ce) : est-on fatigué ? viendrez-vous avec nous ? comment allez-vous ? habite-t-il près d'ici ? est-ce qu'il s'en ira bientôt ?
  • L'impératif non négatif nécessite l'usage d'un trait d'union entre le verbe et le pronom personnel complément (direct ou non) qui le suit : donne-lui tout de même à boire ! ; prends-la ! ; rendez-les ! ; excusez-moi ! ; laisse-moi, laisse-moi donc tranquille ! Il en est de même avec l'impératif des verbes pronominaux qui nécessite l'usage d'un trait d'union entre le verbe et le pronom personnel qui le suit : lève-toi ! ; dépêchons-nous ! ; asseyez-vous !

Il existe des tournures analogues avec les pronoms en et y : prends-en un peu et allons-y ! va-t'en d'ici ! laisses-en un peu ou retournes-y (avec dans ce dernier exemple un s euphonique avant chacun des traits d'union). Toutefois, si en ou y sont suivis d'un infinitif, ils s'écrivent sans s euphonique et sans trait d'union : va y mettre bon ordre !

Dans le cas de forme négative, on ne met pas de trait d'union devant le pronom car celui-ci précède le verbe au lieu de le suivre : ne vous fatiguez surtout pas ! ; ne me dérangez pas ! n'en prenez plus !

  • Double trait d'union :

L'impératif non négatif permet aussi des tournures avec deux pronoms personnels successifs précédés chacun d'un trait d'union : donne-la-lui ! ; redis-le-moi ! ; rappelle-le-toi ! ; chantez-la-nous ! ; tiens-le-toi pour dit ! ; tenons-nous-le pour dit ; ce livre, laisse-le-moi lire ! ; parlez-nous-en ! laisse-nous-en parler ! ; menez-nous-y ! ; mènes-y-moi ! . Mais on écrit aussi avec un seul trait d'union : laisse-moi le lire ! ; souviens-t'en ! ; garde-t'en bien ! ; laisse-nous en parler ; laisse-m'en parler ! ; mène-m'y !

Confusion avec le tiret[modifier | modifier le code]

En raison de son accessibilité sur les dispositions de clavier (sur le pavé numérique et en accès direct sous la touche « 6 » sur l’azerty français), le trait d’union, qui sert aussi de signe moins, est fautivement utilisé de plus en plus fréquemment à la place du tiret (moins accessible) ; or, autant leur œil que leur fonction diffèrent voire sont opposés : le trait d’union unit, le tiret divise. Ainsi, les énoncés suivants sont mal écrits :

- Bonjour, dit-il.
- Au revoir, répondit-elle.

Une chose - ou plutôt un machin - en forme de poire.

On attendrait en effet un tiret cadratin pour le dialogue et demi-cadratin pour l’incise :

— Bonjour, dit-il.
— Au revoir, répondit-elle.

Une chose – ou plutôt un machin – en forme de poire.

Le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale indique[67] les formes Nord – Pas-de-Calais et Provence – Alpes – Côte d’Azur alors que l’Insee écrit Nord-Pas-de-Calais et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Codage informatique[modifier | modifier le code]

nom glyphe code HTML code ASCII codePage 1252 MacRoman ISO 8859-1 Unicode
trait d’union-signe moins
c'est-à-dire tiret, trait d’union, signe moins,
également appelé « division » par les typographes
Oo - Oo
- 45 (0x2d) 45 (0x2d) 45 (0x2d) 45 (0x2d) U+002d
trait d’union conditionnel
c'est-à-dire trait d’union virtuel
Oo - Oo
­ ou
­
— impossible — 135 (0xad) — impossible — 135 (0xad) U+00ad
trait d’union
Oo  Oo
‐ — impossible — — impossible — — impossible — — impossible — U+2010
trait d’union insécable
Oo  Oo
‑ — impossible — — impossible — — impossible — — impossible — U+2011
tiret numérique
Oo  Oo
‒ — impossible — — impossible — — impossible — — impossible — U+2012
tiret demi-cadratin
Oo  Oo
– ou
–
— impossible — 150 (0x96) 208 (0xd0) — impossible — U+2013
tiret cadratin
Oo  Oo
— ou
—
— impossible — 151 (0x97) 209 (0xd1) — impossible — U+2014
barre horizontale
Oo  Oo
― — impossible — — impossible — — impossible — — impossible — U+2015
puce trait d’union
Oo  Oo
⁃ — impossible — — impossible — — impossible — — impossible — U+2043
signe moins
Oo  Oo
− ou
−
— impossible — — impossible — — impossible — — impossible — U+2212
note : 0x • •  indique un code hexadécimal ; les codes Unicode sont toujours indiqués en hexadécimal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commande C0 et latin de base selon Unicode.
  2. a et b Mathieu-Colas 1994, p. 16-18, s.v. Les origines du trait d’union (extrait en ligne).
  3. Catach 1981.
  4. a, b et c Holmes et Schutz 1938, p. 78.
  5. a et b Catach 2001, p. 133.
  6. Catach 2001, p. 204.
  7. Le trait d’union dans les termes médicaux.
  8. Non peut aussi être adverbe, il ne prend alors pas de trait d’union.
  9. Quasi peut aussi être adverbe, il ne prend alors pas de trait d’union.
  10. Article « Grand » de la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française, Tome 2 (Éoc - Map), éd. Imprimerie nationale/Fayard, Paris, 2005, (ISBN 2-21362-143-8).
  11. LRTUIN 2002, p. 127, s. v. Nombres en lettres.
  12. a, b et c Grevisse 1998, p. 121.
  13. Clément 2005, p. 242, § 892, s. v. Trait d’union C. 2.
  14. LRTUIN 2002, p. 151, s. v. Prénoms.
  15. Lacroux 2008, s.v. Prénom :

    « La tradition typographique, qui impose le trait d’union entre tous les prénoms composés français ou francisés, engendre des ambiguïtés : il est déconseillé de la respecter. »

  16. Ramat et Muller 2009, p. 102, s. v. Trait d’union dans les prénoms :

    « On met le trait d’union s’il s’agit d’un prénom composé. S’il s’agit de deux prénoms, distincts, on ne met pas de trait d’union. »

  17. L’Intermédiaire volume LXIX, 1914, no 1395, colonne 399
  18. Journal officiel de la République française, 3 mai 1966
  19. Castex 2010
  20. Ministère de la Justice de la République française 1999
    Dans cette révision intégrale de 1999 (il y a eu des révisions ultérieures, en raison de modification législatives sur d'autres points), on se reportera au paragraphe 111 (page 68 dans le document PDF), qui contient notamment cette phrase : « Les prénoms simples sont séparés par une virgule, les prénoms composés comportent un trait d’union. »
  21. Ministère de la justice de la République française 2011
  22. Directeur de l’état civil du Québec, 2013, Naissance, s.v. Prénoms de l’enfant
  23. La Chambre des représentants du Royaume de Belgique 2004
  24. Who’s Who in France : Dictionnaire biographique de personnalités françaises vivant en France et à l’étranger, et de personnalités étrangères résidant en France, 45e édition pour 2014 éditée en 2013, édition des 60 ans, 2419 p., 31 cm (ISBN 978-2-85784-055-8) : cette édiion a été consultée.
  25. http://www.whoswho.fr/decede/biographie-rene-etiemble_3521 : notice du Who’s Who in France en ligne (accès gratuit s’agissant d’une personne décédée) de René Étiemble : « ETIEMBLE (René, Ernest, Joseph, Eugène) ».
  26. Lacroux 2008, s.v. Petite capitale lire en ligne.
  27. Isabelle Fournier, NomPersonne 1.0, Description des Noms de personnes 12/12/2002.
  28. a et b LRTUIN 2002, p. 155, s. v. Rue (noms de).
  29. a et b Guéry 2000, p. 229-229, s. v. Voie publique.
  30. Code typographique 1993, p. 56, 40 (1e)
  31. Ramat 1994, p. 63.
  32. a, b et c Grevisse et Goose 2008, § 109, b, 6°.
  33. a et b Catach 1994, p. 91.
  34. a et b Dupré 1972, tome 3, p. 2312, s. v. rue. noms de rues. :

    « Cette initiative vient des P. et T. et des plaques officielles qui indiquent les noms des rues. L’Office de la Langue française s’est élevé contre cet usage en le déclarant inutile. Cependant l’autorité qu’il a prise provient du fait qu’il simplifie la recherche des noms propres qu’il soude dans les nombreuses listes alphabétiques où ils figurent.
    Aristide (Le Figaro Littéraire, 17 novembre 1962) »

  35. a, b, c, d et e Clément 2005, p. 251, § 940, s. v. Voies (Noms de) 4. Trait d’union.
  36. Thomas 2007.
  37. Lambrechts 2004, p. 546, s. v. rue.
  38. Colin 2006, p. 616 et 621, s.v. Guide typographique 4-11 et 6-32.
  39. Le Petit Larousse illustré 2012.
  40. Hanse 1994, page 591, s. v. Noms.
  41. a, b, c et d Hanse et Blampain 2000, p. 578, s. v. Trait d’union, 3. Noms de rues, de bâtiments, etc.
  42. Dauzat 1947, p. 43

    « On lie aussi par le trait d’union les prénoms doubles (Jean-Claude) et les noms de lieux composés (Pont-l’Evêque), les noms de familles doubles (Durand-Chauvin). Pour le prénom et nom dans les noms de rues (rue François-Coppée) l’usage administratif du trait d’union est fautif. »

    .
  43. a et b Le Figaro du 2 juillet 1938, p. 5 lire en ligne.
  44. André Goose, Commission royale de dialectologie et de toponymie.
  45. Lacroux 2008, s. v. Grade. lire en ligne.
  46. Dumont 1915, p. 88 :

    « Il faut mettre un trait d’union
    1° Entre les mots composés qui servent à désigner une rue, une place, une commune, un département, un pays, une église ou un établissement d’enseignement :
    Rue Remparts-aux-Moines
    Rue Montagne-aux-Herbes-potagères
    Rue de l’Hôtel-de-Ville
    Rue Godefroid-de-Bouillon
    Rue des Lavandières-Sainte-Opportune
    [...]
    Église des Saints-Michel-et-Gudule
    Église Saint-François-de-Salles
    [...]
    Dans les cas suivants, le trait d’union n’a pas de raison d’être :
    Boulevard du Nord
    Rue de l’Abbé Grégoire
    Avenue Paul Janson
    Rue Paul Devaux
    Rue Charles Buls
    Avenue de la Brabançonne »

  47. Directives pour les auteurs des publications en langue française.
  48. texte Gazette officielle du Québec, 31 mars 1982.
  49. a et b texte Dugas, Commission de toponymie du Québec.
  50. Commission de toponymie, Gouvernement du Québec, Fiche descriptive : Rue Sieur-De Beaucours, version du 5 juillet 2012.
  51. Commission de toponymie, Gouvernement du Québec, Fiche descriptive : Rue Charles-De Gaulle, version du 5 juillet 2012.
  52. Dans l'exemple « Charles de Gaulle », qui donne « rue Charles-De Gaulle », « de » n'est pas une particule nobiliaire, malgré les apparences.
  53. Commission de toponymie, « Adresses... ou maladresses? ».
  54. Bureau de la traduction du Canada, Le guide du rédacteur s. v. 3.3.7 Noms géographiques lire en ligne.
  55. Office fédéral de topographie, Recommandations.
  56. Aslanoff 1986, p. 208-209, § 557.13.
  57. Lacroux 2008, p. 347 et 348, s. v. Voie et espace public. lire en ligne.
  58. Ramat et Muller 2009, p. 26, s. v. Spécifique des toponymes :

    « On met généralement un trait d’union entre les éléments du spécifique. [...] Toutefois, en ce qui concerne l’emploi du trait d’union, l’usage n’est pas constant. [...] En cas de doute, en particulier dans les documents officiels, il est conseillé de se renseigner sur l’orthographe officielle du toponyme. »

  59. Gouriou 2006, p. 41, § 105.
  60. Gouriou 2006, p. 20, § 57, note 1 :

    « Les usages administratifs diffèrent de la typographie en ce que les arrêtés fixant la dénomination d’une rue, d’une avenue, etc. se réfèrent à l’état civil, lequel n’accepte les traits d’union que dans les noms composés réels. C’est toujours vrai pour les rues de Paris, où l’officielle Nomenclature des voies publiques et privées s’abstient de tous traits d’union, sauf pour les composés réels. Un auteur peut légitimement préférer la coutume administrative aux habitudes typographiques. C’est, d’ailleurs, la tendance actuelle : « avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny ». »

  61. Guide pédagogique pour l’écriture et la disposition des textes, version no 5, janvier 1998, tableau 6.
  62. Institut géographique national, Charte de toponymie : Toponymie du territoire français, février 2003.
  63. Service national de l’Adresse, Bien gérer les adresses de vos fichiers.
  64. Les avantages d’avoir une bonne adresse, Postéo Auvergne, numéro 25, été 2010.
  65. Ramat 2008, : voir plusieurs exemples choisis au Canada à la page 79.
  66. Guéry 2000, p. 60, s.v. « côte » :

    « lorsqu’il s’agit d’un surnom identifiant une région ou une ville, le mot ainsi que son complément prennent la capitale : la Côte d’Azur, la Côte Vermeille, la Côte de Jade, la Côte d’Émeraude...... » Le mot « surnom » n’est pas souligné dans l’original. »

  67. LRTUIN 2002, p. 155, s. v. Régions administratives.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [LRTUIN 2002] Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, Imprimerie nationale,‎ 2002 (réimpr. 2007) (ISBN 978-2-7433-0482-9)
  • Code typographique : Choix de règles à l’usage des auteurs et professionnels du livre, Paris, Fédération CGC de la communication,‎ 1993, 120 p. (ISBN 2-9507157-0-2)
  • Serge Aslanoff, Manuel typographique du russiste, Paris, Institut d’études slaves,‎ 1986, 255 p. (ISBN 2-7204-0225-7)
  • Bureau de la traduction, Canada, « Le guide du rédacteur »
  • Lucien Castex, « uB, droit de la famille - nom et prénom »
  • Nina Catach, Orthographe et lexicographie : les mots composés, Paris, Nathan,‎ 1981 (ISBN 978-2-7433-0482-9)
  • Nina Catach, La ponctuation : histoire et système, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? »,‎ 1994 (ISBN 213046050X)
  • Nina Catach, Histoire de l’orthographe française : édition posthume, réalisée par Renée Honvault avec la collaboration de Irène Rosier-Catach, Paris, Honoré Champion, coll. « Lexica, Mots et Dictionnaires »,‎ 2001
  • « Bulletin n° : B022 - Question et réponse écrite n° : 0149 - Législature : 51 », sur La Chambre des représentants du Royaume de Belgique,‎ 1er mars 2004
  • Jean-Pierre Clément, Dictionnaire typographique : petit guide du tapeur : à l'usage de ceux qui tapent, saisissent ou composent textes, thèses ou mémoires à l'aide d'un micro-ordinateur, Paris, Ellipses,‎ 2005 (ISBN 2729819983)
  • Jean-Paul Colin, Dictionnaire des difficultés du français, Paris, Dictionnaires Le Robert,‎ 2006 (ISBN 284902354X)
  • Commission de toponymie du Québec, « Adresses... ou maladresses? Quelques conseils de la Commission de toponymie »,‎ 2012
  • Albert Dauzat, Grammaire raisonnée de la langue française, vol. 1, Lyon, éditions I.A.C., coll. « Les Langues du monde », série « grammaire, philologie, Littérature » »,‎ 1947, 466 p. (notice BnF no FRBNF31998017)
  • Directeur de l’état civil du Québec, « Naissance »,‎ 2013 (consulté le 22 février 2014)
  • Jean-Yves Dugas et Commission de toponymie du Québec, Le choix et l’écriture des noms de votes de communication du Québec : pour une politique cohérente,‎ 1984 (lire en ligne), présentation à la Quatrième conférence des Nations Unies sur la normalisation des noms géographiques, Genève, 24 août-14 septembre 1982.
  • Jean Dumont, Vade-mecum du typographe, Bruxelles, A. Lesigne,‎ 1915, 4e éd. (1re éd. 1891), 164. p. (lire en ligne)
  • Paul Dupré, Encyclopédie du bon français, dans l’usage contemporain, t. 3, Paris, édition de Trévise,‎ 1972
  • André Goosse, « Rapport concernant la dénomination des voies publiques en région de langue française », dans Bulletin de la Commission royale de toponymie & dialectologie (Bruxelles), tome LV, 1981, pages 29-38
  • Charles Gouriou, Mémento typographique, Paris, éditions du Cercle de la Librairie (Librairie Hachette, 1961),‎ 2006 (1re éd. 1961) (ISBN 2-7654-0447-X)
  • Maurice Grevisse et André Goose, Le Bon Usage, 14,‎ 2008 (1re éd. 1936) (ISBN 2-8011-1404-9)
  • Maurice Grevisse et Michèle Lenoble-Pinson, Le français correct : Guide pratique, 5,‎ 1998 (1re éd. 1973 ISBN=2801111988)
  • Louis Guéry, Dictionnaire des règles typographiques, Les Guides du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes,‎ 2000, 282 p. (ISBN 2-908056-27-5)
  • Joseph Hanse, Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne, Louvain-la-Neuve, Duculot,‎ 1994 (1re éd. 1983) (ISBN 2-8011-1089-2)
  • Joseph Hanse et Daniel Blampain, Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne, Louvain-la-Neuve, Duculot,‎ 2000 (1re éd. 1983), 649 p. + 1 CD-ROM (ISBN 2801112674)
  • (en) Urban Tigner Holmes et Alexander Herman Schutz, A History of the French Language, Biblo and Tannen,‎ 1938 (ISBN 0-8196-0191-8)
  • U. R., « L’écriture des prénoms », L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, vol. 69, no 1395,‎ 1914 (lire en ligne)
  • Jean-Pierre Lacroux, Orthotypo: orthographe & typografie françaises. Dictionnaire raisonné, Paris, Quintette,‎ 2008 (ISBN 9782868501479, lire en ligne)
  • Le Petit Larousse illustré 2012,‎ 2011, XXXII pages + 1972 p. (ISBN 978-2-03-584097-4)
  • Chantal Lambrechts (dir.), Grand Dictionnaire des difficultés & pièges du français, Paris, Larousse,‎ 2004 (ISBN 2035320844)
  • Michel Mathieu-Colas, Les mots à trait d’union, Paris, CNRS-INaLF, Didier Érudition, coll. « Études de sémantique lexicale »,‎ 1994, 351 p.
  • Michel Mathieu-Colas, « Un dictionnaire électronique des mots à trait d'union », Langue française, Larousse, no 108,‎ 1995, p. 76-85 (lire en ligne)
  • Michel Mathieu-Colas, « Flexion des noms à trait d'union »
  • Michel Mathieu-Colas, « Syntaxe du trait d'union », Lingvisticae Investigationes, John Benjamins, vol. 19, no 1,‎ 1995, p. 153-171 (lire en ligne [PDF])
  • Ministère de la Justice de la République française, « Instruction générale relative à l’état civil », sur Insee.fr,‎ 11 mai 1999 (consulté le 19 janvier 2014)
  • Ministère de la Justice de la République française, « Circulaire du 28 octobre 2011 relative aux règles particulières à divers actes de l’état civil relatifs à la naissance et à la filiation », Bulletin officiel du Ministère de la Justice et des Libertés, no 2011-11,‎ 30 novembre 2011 (lire en ligne)
  • Office fédéral de topographie, direction fédérale des mensurations cadastrales, Recommandation « Adressage des bâtiments et orthographe des noms de rues », version 1.6,‎ mai 2005 (lire en ligne [PDF])
  • Gouvernement du Québec, « Choix des noms de lieux et règles d’écriture en matière de toponymie », Gazette officielle du Québec, no 15, partie 2,‎ 31 mars 1982, p. 1249 (lire en ligne [PDF]), présentation du Canada à la Quatrième conférence des Nationes Unies sur la normalisation des noms géographiques, Genève, 24 août-14 septembre 1982
  • Aurel Ramat, Le Ramat typographique, éditions Charles Corlet,‎ 1994, 127 p. (ISBN 978-2854804683)
  • Aurel Ramat, Le Ramat de la typographie, Aurel Ramat éditeur,‎ 2008, 224 p. (ISBN 978-2-922366-04-4)
  • Aurel Ramat et Romain Muller, Le Ramat européen de la typographie, De Champlain,‎ 2009, 224 p. (ISBN 978-2-9534965-0-5)
  • République française, « Instruction du 12 avril 1966 modifiant l’instruction générale relative à l’état civil », Journal officiel,‎ 3 mai 1966, p. 3516-3531 (lire en ligne)
  • Adolphe Thomas, Dictionnaire des difficultés de la langue française, Larousse,‎ 2007, 435 p. (ISBN 9782035837110).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]