Traités de Londres (2010)

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Les Traités de Londres ou Accords de Lancaster House sont les deux traités militaires signés lors du sommet franco-britannique de Londres, à Lancaster House, par le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre du Royaume-Uni David Cameron le 2 novembre 2010.

Signature des traités[modifier | modifier le code]

La France (en bleu) et le Royaume-Uni (en rouge).

Les traités du 2 novembre 2010 visent à renforcer la coopération franco-britannique dans le domaine de la défense et succède à celui conclu en 1947 entre les deux pays.

Le premier est « relatif à des installations radiographiques et hydrodynamiques communes ». Il concerne le développement et l'emploi des armes nucléaires.

Le deuxième est une « coopération en matière de défense et de sécurité ». Il concerne « le déploiement et l’emploi des forces armées », les « transferts de technologies » entre les deux industries de l'armement, les programmes d'achats d'armements, les échanges d'informations.

Dans un communiqué publié à l'issue du sommet de Lancaster House, les gouvernements français et britannique déclarent : « Nous [France et Royaume-Uni] sommes déterminés à jouer un rôle leader en matière de sécurité et de défense. La sécurité et la prospérité sont indissociables. » Il souligne « un niveau de confiance mutuelle sans précédent dans notre histoire », la nécessité de « faire face ensemble à de nouveaux défis tels que la prolifération des armes de destruction massive et des missiles balistiques, le terrorisme, les cyberattaques... » d'avoir « des capacités de défense robustes, qui puissent être déployées rapidement et puissent agir ensemble et avec un grand nombre d'alliés »[1].

La construction d'une installation pour tester les bombes nucléaires dans un centre du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) en France est prévue pour 2016-2017[1].

Rapprochement franco-britannique[modifier | modifier le code]

Le Royaume-Uni et la France renforcent leur coopération militaire sur la base de ces traités.

Force expéditionnaire commune interarmées / État-major de force commun déployable[modifier | modifier le code]

Les deux gouvernements ont décidé de créer une force expéditionnaire commune interarmées (en anglais, Combined Joint Expeditionary Force - CJEF). Le but de cette force est de permettre, d’ici 2016, de disposer d’une capacité conjointe pouvant être engagée dans des opérations bilatérales, mais également dans le cadre d’une coalition internationale (OTAN, UE ou ONU). Il y a aussi un objectif, à terme, de créer un état-major de force commun déployable (en anglais, Combined Joint Force Headquarter – CJFHQ)[2].

Guerre de Libye[modifier | modifier le code]

L'intervention militaire de 2011 en Libye est la démonstration de ce rapprochement. Les deux pays mènent conjointement 80 % des raids aériens contre l'armée de Mouammar Kadhafi. C'est leur première opération militaire commune en Afrique du Nord depuis la crise du canal de Suez de 1956[1]. Les deux pays se félicitent du « succès » de l'opération qui a « consolidé [leur] partenariat »[3]. A contrario, la distance diplomatique avec l'Allemagne s'amplifie lors de la crise libyenne. L'Allemagne s'abstient au conseil de sécurité de l'ONU lors du vote de la Résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies autorisant le recours à la force en Libye. L'Allemagne ne participe pas aux hostilités. Selon l'expert militaire Dimitry Queloz, cette guerre a surtout révélé « à quel degré de faiblesse les différentes armées européennes en sont arrivés »[1].

Tensions avec l'Iran[modifier | modifier le code]

Un « Groupe de haut niveau franco-britannique » est créé suivant les traités de Londres, afin de coordonner les actions des deux pays. Le 9 novembre 2011, le groupe de travail demande de nouvelles sanctions contre l'Iran s'il continue de développer des armes de destruction massive. Le communiqué conjoint affirme : « Notre objectif demeure que l'Iran se conforme pleinement à ses obligations internationales. »[3]

Fabrication d'un drone commun[modifier | modifier le code]

Une lettre d'intention portant sur l'étude en commun de drones militaires est signée lors du sommet franco-britannique du 16 février 2012 à Paris. Ces projets seraient pilotés par le groupe français Dassault Aviation et le britannique BAE Systems.

Arsenaux nucléaires[modifier | modifier le code]

Français et Britanniques, les seuls puissances nucléaires Ouest-Européennes, prévoient une installation commune à Valduc (France) où sera « modélisée la performance des têtes nucléaire et des équipements associés, afin d’en assurer la viabilité, la sécurité et la sûreté à long terme ». Un centre de développement technologique commun à Aldermaston (Royaume-Uni) soutiendra ce projet[4].

Europe de la défense[modifier | modifier le code]

La politique étrangère et de sécurité commune fait les frais de ce rapprochement entre Londres et Paris. Le bilatéralisme des traités de Lancaster House freine les projets d'Europe de la défense traditionnellement soutenus par la politique étrangère française. Ainsi, la France a abandonné son projet de quartier général autonome européen, auquel la Grande-Bretagne est opposé. Alastair Cameron du Royal United Services Institute, explique les traités :

« Le fait que l'approche bilatérale ait primé sur le multilatéral a été essentiel. La majorité des Britanniques considèrent en effet que l'Europe de la Défense est une distraction stratégique qui n'a pas fait ses preuves sur le terrain. Le traité de Lancaster permettait de faire de l'européen sans Union européenne[5]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « La coopération militaire franco-britannique progresse à petits pas », Le Monde, 2 décembre 2011.
  2. CEMA: participation au senior level group, [1], 24 juin 2013.
  3. a et b « Paris et Londres souhaitent des "sanctions nouvelles et fortes" contre l'Iran », Le Point, 9 novembre 2011.
  4. Nicolas Gros-Verheyde, « Les 13 points de l’accord franco-britannique sur la défense », sur Bruxelles2,‎ 2 novembre 2010 (consulté le 10 septembre 2012)
  5. Londres et Paris relancent leur coopération militaire, Isabelle Lasserre, Le Figaro, 16 février 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Londres et Paris relancent leur coopération militaire, Isabelle Lasserre, Le Figaro, 16 février 2012