Traité de paix et d'amitié entre les États-Unis d'Amérique et la régence d'Alger

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Le traité de paix et d'amitié est un traité signé entre les États-Unis et la régence d'Alger le 5 septembre 1795.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le capitaine William Bainbridge paie tribut au dey d'Alger, au nom des États-Unis ; vers 1800.

Suite à l'indépendance des États-Unis en 1776, les navires de commerce américains ne bénéficient plus de la protection des navires de la Royal Navy ce qui leur pose un problème en Méditerranée. Les navires américains se retrouvent à partir de 1785 alors attaqués par les corsaires de ce que l'Occident appelle alors la Barbarie, correspondant au provinces ottomanes du Maghreb, (actuelle Algérie, Tunisie, Libye). Le Sénat des États-Unis décide de proposer un « traité de paix et d'amitié avec les États de Barbarie » dont un avenant sera paraphé le 5 septembre 1795 à Alger puis de nouveau le 3 janvier 1797. Un traité similaire sera signé avec le bey de Tunis.

Le traité est ratifié a l'unanimité par le Sénat des États-Unis début juin puis signé par John Adams, second président américain et parait dans ce qui est le journal officiel américain de l'époque, le Philadelphia Gazette le 17 juin 1797.

L'article 11 de ce traité indique que :« Considérant que le gouvernement des États-Unis n'est en aucun sens fondé sur la religion chrétienne, qu'il n'a aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou à la tranquillité des musulmans et que lesdits États-Unis n'ont jamais participé à aucune guerre ni à aucun acte d'hostilité contre quelque nation mahométane que ce soit, les contractants déclarent qu'aucun prétexte relevant d'opinions religieuses ne devra jamais causer une rupture de l'harmonie régnant entre les deux nations ». Cet article 11 fera l'objet de controverses car il n'aurait pas figuré dans l'acte original du traité et la version arabe aurait été différente de la version anglaise. Il a été rédigé par John Barlows, consul général des États-Unis à Alger et adepte des Lumières. Néanmoins, la rédaction de ce traité n'a jamais été remise en cause par le gouvernement américain et sera toujours imprimé par la suite avec cet article 11.

Tribut[modifier | modifier le code]

Le gouvernement fédéral des États-Unis devait prélever sur son budget annuellement l'équivalent de 12 000 sequins algérien[1] (soit 21 600 dollars américain, 64 800 francs-or) pour protéger son commerce de la piraterie. Ce tribut-ci fut servi sans interruption jusqu’en 1810, puis le paiement est suspendu en 1811[2], il doit également fournir une frégate de 32 canons et de trois autres navires[3] :

  • frégate Crescent (renommé à Alger El Merikana pour L'Américaine) de 32 canons, concepteur Josiah Fox, lancée 29/06/1797 à Portsmouth, 122 pieds x 32 pieds x 10 pieds 2 pouces[4];
  • brick Hassan Bashaw/Hassan Pacha de 22 canons , concepteur Samuel Humphreys, lancé en 1798 à Philadelphie, 275 long ton, 97 pieds ou 93 pieds 2 pouces x 27 pieds x 11 pieds 6 pouces[5];
  • goélette Skjoldebrand de 20 canons, concepteur Benjamin Hutton, construit à Philadelphie, 77 pieds 6 pouces x 23 pieds x 10 pieds 6 pouces;
  • goélette Lelah Eisha de 18 canons, concepteur Samuel Bowers.

Le traité a été acheté par les États-Unis à un coût estimé à 992 463,25 dollars par le Département du Trésor des États-Unis[6].

Suites[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Tripoli.

En 1801, Yusuf Karamanli, le pacha de Tripoli exigea des États-Unis une augmentation du tribut que versait les États-Unis. Cette exigence fut repoussée et le dey avec ses alliés de la côte Barbaresque déclarèrent la guerre aux États-Unis le 14 mai 1801[7].

Le président américain Thomas Jefferson envoie alors des navires de l'United States Navy qui bombardent entre autres les villes de Tripoli et d'Alger et renégocie le traité en 1805.

En avril 2006, la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice offre à Washington, D.C. une copie de l'original du traité au ministre des Affaires étrangères algérien Mohammed Bedjaoui.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The Barbary Treaties 1786-1816 Treaty of Peace and Amity, Signed at Algiers September 5, 1795 », sur Yale Law School,‎ 2008 (consulté le 31 octobre 2013)
  2. Albert Devoulx, Le Raïs Hamidou : Notice biographique sur le plus célèbre Corsaire algérien du XIIIe siècle de l’hégire d'après des documents authentiques et pour la plupart inédits, Typographie Adolphe Jourdan, Alger,‎ 1859 (lire en ligne), p. XIII. — La mort du Raïs Hamidou.
  3. (en) Paul H. Silverstone, The Sailing Navy 1775-1854,‎ 2006, 99 p. (ISBN N0‑415‑97872‑6, lire en ligne), p. 30
  4. (en) Michael J. Crawford et Christine F. Hughes, The Reestablishment of the Navy, 1787-1801 : éditeur=Naval Historical Center,‎ 1995 (lire en ligne)
  5. (en) Gail E. Farr et Brett F. Bostwick, John Lenthall Naval Architect : A Guide to Plans and Drawings of American Naval and Merchant Vessels 1790-1874, Philadelphia Maritime Museum,‎ 1991, 52 p. (ISBN 0-913346-19-5, lire en ligne), p. 14
  6. (en) « The Barbary Treaties 1786-1816 Treaty with Algeria September 5, 1795 : Hunter Miller's Notes », sur Yale Law School,‎ 2008 (consulté le 31 octobre 2013)
  7. (en) The Tripolitan War, 1801 - 1805

Source[modifier | modifier le code]

  • Slimane Zeghidour, « Quand l'Amérique aimait l'islam... », Géo Histoire, mai 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]