Traité de l'Élysée
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Traité de l'Élysée
Signature du traité de l'Élysée.
| Type de traité | Traité d'amitié |
|---|---|
| Langues | Français, allemand |
| Signé | 22 janvier 1963 (Palais de l'Élysée, Paris, France) |
| Partie 1 | Partie 2 | |
|---|---|---|
| Parties | République française | République fédérale d'Allemagne |
| Signataires | Charles de Gaulle Georges Pompidou Maurice Couve de Murville |
Konrad Adenauer Gerhard Schröder |
Le traité d'amitié franco-allemand, dit traité de l'Élysée, est un traité bilatéral entre la République fédérale d'Allemagne et la République française signé au palais de l'Élysée le 22 janvier 1963 par le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle.
Sommaire |
Contexte et objectifs [modifier]
Le traité de l'Élysée fixe les objectifs d'une coopération accrue entre l'Allemagne et la France dans les domaines des relations internationales, de la défense et de l’éducation. Sur le plan politique, il établit un programme pour l'organisation de sommets militaires ou inter-gouvernementaux, afin de soutenir une coopération dans de nombreux domaines, au nombre desquels les Affaires Étrangères et la Défense.
Ce traité entérine la relation de confiance et d'amitié qui s'est instaurée entre les anciens « ennemis héréditaires », à peine dix ans après le début de la réconciliation, amorcée par la déclaration Schuman de 1950 et jalonnée par la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (1951) et de la Communauté économique européenne (1957). Elle enterre ainsi définitivement une période sombre qui aura coûté la vie à beaucoup de soldats français et allemands (guerre franco-allemande de 1870, Première Guerre mondiale et Seconde Guerre mondiale). Ce traité reprend les principales dispositions du Plan Fouchet de 1961 qui avait échoué mais en les limitant à deux pays[1].
Un point particulier repose sur le rapprochement des peuples des deux pays. Il était important pour les deux signataires que ce ne soit pas un traité décidé par les chefs d'États, mais que les citoyens se rapprochent les uns des autres. Les jeunesses allemande et française sont particulièrement visées sur le long terme, l'accent étant mis sur l'apprentissage des langues ainsi que sur l'équivalence des diplômes. La fondation de l'Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ, ou Deutsch-Französisches Jugendwerk (DFJW) en allemand), de lycées franco-allemands, les échanges internationaux entre les deux pays sont des conséquences directes du traité. Depuis, beaucoup de villes, d'écoles, de régions françaises et allemandes se sont jumelées.
Le lien personnel entre les deux hommes d'État a joué un rôle décisif dans la formation de l'amitié franco-allemande. La première rencontre s'est faite au domicile privé de Charles de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne) en septembre 1958. Depuis, les bonnes relations entretenues par le Chancelier fédéral allemand Adenauer et le président de la République française de Gaulle ont été le moteur d'une coopération bilatérale. Plus tard, le rapprochement des deux pays est devenu un exemple pour la création d'une Europe unie.
Ratification par l'Allemagne [modifier]
Le 15 juin 1963, le Bundestag de la République fédérale d'Allemagne ratifie le traité de l'Élysée après avoir voté un préambule[2].
Préambule à la loi portant ratification du traité franco-allemand, voté par le Bundestag (Bonn, 15 juin 1963)[3] [modifier]
Convaincu que le traité du 22 janvier 1963 entre la république fédérale d'Allemagne et la République française renforcera et rendra effective la réconciliation et l'amitié entre le peuple allemand et le peuple français.
Constatant que les droits et les obligations découlant pour la République fédérale des traités multilatéraux auxquels elle est partie ne seront pas modifiés par ce traité.
Manifestant la volonté de diriger l'application de ce traité vers les principaux buts que la république fédérale d'Allemagne poursuit depuis des années en union avec ses autres alliés et qui déterminent sa politique, à savoir:
- le maintien et le renforcement de l'Alliance des peuples libres et, en particulier, une étroite association entre l'Europe et les Etats-Unis d'Amérique,
- l'obtention du droit d'autodétermination pour le peuple allemand et le rétablissement de l'unité allemande,
- la défense commune dans le cadre de l'Alliance de l'Atlantique nord et l'intégration des forces armées des Etats membres du pacte,
- l'unification de l'Europe selon la voie tracée par la création des Communautés européennes, en y admettant la Grande-Bretagne et les autres Etats désirant s'y joindre et le renforcement des Communautés existantes,
- l'abaissement des barrières douanières par des négociations entre la Communauté économique européenne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis d'Amérique, ainsi que d'autres Etats, dans le cadre du GATT.
Conscient qu'une coopération franco-allemande conduite selon ces buts sera bénéfique pour tous les peuples, servira au maintien de la paix dans le monde et contribuera par là simultanément au bien des peuples français et allemand,
Le Bundestag ratifie la loi suivante.
Célébrations [modifier]
40e anniversaire (2003) [modifier]
À l'occasion des célébrations des quarante ans de la signature du traité, en janvier 2003, des formes nouvelles de coordination bilatérale entre la France et l'Allemagne ont été créées (par exemple le Conseil des ministres franco-allemands se réunissant à un rythme bi-annuel, remplaçant les sommets franco-allemands qui avaient été institués par le traité).
50e anniversaire (2013) [modifier]
Pour le cinquantième anniversaire du traité[4], plusieurs rencontres entre les institutions françaises et allemandes ont lieu. Un conseil des ministres binational présidé par François Hollande, président de la République française, et Angela Merkel, chancelière de la République fédérale d’Allemagne, se tient au Bundestag le 22 janvier 2013, suite auquel s'est tenue une déclaration fixant un certain nombre de grands axes politiques de leur action commune[5]. À cette occasion, une conférence de presse conjointe des deux dirigeants a lieu[6], et une déclaration, dite « déclaration de Berlin », est présentée[7].
Sources [modifier]
Références [modifier]
- Anne-Cécile Robert, « Un anniversaire morose pour le couple franco-allemand », sur Le Monde diplomatique, 22 janvier 2013
- Préambule à la loi portant ratification au traité de l'Élysée (Bonn, 15 juin 1963), sur Centre virtuel de la connaissance sur l'Europe, 18 mai 2013
- Texte du Préambule à la loi portant ratification au traité de l'Élysée (Bonn, 15 juin 1963), sur Centre virtuel de la connaissance sur l'Europe, 18 mai 2013
- « Déplacement du Président de la République à Berlin pour le cinquantième anniversaire du traité de l’Élysée », site de l'Élysée, publié le 17 janvier 2013, consulté le 22 janvier 2013.
- « Déclaration du Conseil des ministres franco-allemand à l’occasion du cinquantième anniversaire du Traité de l’Élysée », site de l'Élysée, publié le 22 janvier 2013, consulté le 22 janvier 2013.
- [1]
- « Déclaration de Berlin à l'occasion du cinquantième anniversaire du traité de l’Élysée », site de l'Élysée, publié le 22 janvier 2013, consulté le 22 janvier 2013.
Bibliographie [modifier]
- Hans Manfred Bock, Corine Defrance, Gilbert Krebs et Ulrich Pfeil (éd.), Les jeunes dans les relations transnationales. L’Office franco-allemand pour la jeunesse 1963–2008, Paris, PSN, 2008.
- Corine Defrance, Ulrich Pfeil (éd.), Le traité de l’Élysée et les relations franco-allemandes 1945 – 1963 – 2003, Paris, CNRS-Éditions, 2005.
- Corine Defrance, Ulrich Pfeil (éd.), Der Elysée-Vertrag und die deutsch-französischen Beziehungen 1945 – 1963 – 2003, Munich, Oldenbourg, 2005. (online)
- Corine Defrance, Ulrich Pfeil, Histoire franco-allemande, vol. 10: Entre guerre froide et intégration européenne. Reconstruction et rapprochement 1945–1963, Villeneuve d’Ascq, Septentrion, 2012.
- Corine Defrance, Ulrich Pfeil (éd), La construction d'un espace scientifique commun ? La France, la RFA et l'Europe après le « choc du Spoutnik », Brüssel, Peter Lang, 2012.
- Corine Defrance, Ulrich Pfeil (Hg.), La France, l’Allemagne et le traité de l’Élysée, 1963–2013, Paris, CNRS Éditions, 2012.
- Ansbert Baumann, Begegnung der Völker? Der Elysée-Vertrag und die Bundesrepublik Deutschland. Deutsch-französische Kulturpolitik von 1963 bis 1969, Francfort-sur-le-Main, Lang, 2003.
- Ansbert Baumann, Die organisierte Zusammenarbeit. Die deutsch-französischen Beziehungen am Vorabend des Elysée-Vertrags (1958–1962), Ludwigsbourg, dfi, 2002.
- Ulrich Lappenküper, Die deutsch-französischen Beziehungen 1949–1963. Von der Erbfeindschaft zur Entente élémentaire, Munich, Oldenbourg, 2001.
Compléments [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Relations entre l'Allemagne et la France
- Politique étrangère de l'Allemagne
- Politique étrangère de la France
Liens externes [modifier]
- Site officiel du cinquantième anniversaire du Traité de l'Élysée
- Dossier du Ministère des Affaires étrangères français consacré au Traité de l'Élysée
- Le traité de l'Élysée sur le site du portail franco-allemand
- Dossier du CNDP sur « Le 50e Anniversaire du traité de l’Élysée et les relations franco-allemandes »