Traité de Pereïaslav

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite du traité de 1654, à ne pas confondre avec le Traité de Pereïaslav (1630) et le Traité de Pereïaslav (1659).

Le Traité de Pereïaslav est conclu en 1654 dans la ville ukrainienne de Pereïaslav, renommée actuellement Pereïaslav-Khmelnytskyï, entre la Zaporoguie, représenté par leur hetman Bogdan Khmelnitski, et la Russie du tsar Alexis Ier de Russie, représenté par une importante délégation avec ses traducteurs.

Les copies originales du traité ayant été perdues, les clauses exactes du traité sont soumises à controverse. Le traité entérinait l'établissement de l'Hetmanat cosaque sur l'Ukraine de la rive gauche sous domination russe.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Territoire de la Pologne-Lituanie avant 1667. En vert clair: les territoires annexés après la guerre russo-polonaise.

Les cosaques étaient une force militaire difficilement contrôlable, mais que la République des Deux Nations (Pologne et Lituanie) avait su utiliser dans ses frontières sud. Dans les années 1620, les craintes de la constitution d'un État proprement cosaque se font plus fortes ; en 1638, la Pologne s'appuie sur les Cosaques enregistrés (reestrovye) pour démanteler l'institution de la Cosaquerie, provoquant la fuite d'un grand nombre de cosaques zaporogues sur la rive gauche du Dniepr.

En 1654, le soulèvement de Khmelnytsky consomme la rupture entre la Pologne et les cosaques zaporogues, qui font vaciller l’État polonais. C'est dans ce contexte que la Russie propose son appui et sa protection aux Cosaques, ouvrant la voie à la guerre russo-polonaise (1654-1667) qui mènera à l'affaiblissement irréversible de la République des Deux Nations.

Conséquences historiques[modifier | modifier le code]

Monument commémoratif des 325 ans du traité à Kiev, Ukraine.

Le traité eut un résultat très différent de ce que prévoyait Bogdan Khmelnitski : à l'origine destiné à s'assurer l'appui militaire tactique de la puissance russe, il signa dans les faits la séparation de l'Ukraine de la Pologne et son rattachement à la puissance russe et au renforcement de l'orthodoxie dans cette région.

À long terme, la colonisation polonaise et la polonisation des classes supérieures céda la place à une russification de la société, qui culmina dans l'Oukase d'Ems (1878) qui interdit l'impression de livres en langue ukrainienne. D'autre part il signe le déclin de la Zaporoguie et le retour du servage sur le territoire ukrainien.

Pour la Russie, l'acquisition de l'Ukraine marquait le renforcement de sa puissance et justifiait son appellation d'empire et le titre du tsar comme « Empereur de tous les Rus' ».

En 1954, à l'occasion du tricentenaire du traité, Nikita Khrouchtchev transféra la Crimée de la RSFS de Russie à la RSS d'Ukraine, dans le cadre de l'Union soviétique.

Ce traité est fêté par les Ukrainiens pro-russes comme l'union des peuples slaves russes, ukrainiens et biélorusses. Pour les patriotes et nationalistes ukrainiens, il marque le début du joug russe sur l'Ukraine.

Références[modifier | modifier le code]