Traité d'Andelot

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Gaule au traité d'Andelot (587). Paul Vidal de La Blache, Atlas général d'histoire et de géographie (1894).

Le Traité d'Andelot, signé en 587 entre Gontran Ier roi de Burgondie et son neveu Childebert II roi d'Austrasie, devait assurer une paix perpétuelle entre les 2 royaumes.

Historique[modifier | modifier le code]

En novembre 587, le roi Childebert II d'Austrasie, accompagné de sa mère la reine Brunehaut et de sa sœur Chlodoswinthe ainsi que de son épouse Faileuba et le conseiller Magneric de Trèves, alla à la rencontre de Gontran roi des Francs de Burgondie à Andelot (aujourd'hui Andelot-Blancheville), près de Chaumont en Haute-Marne[1], afin de réconcilier les royaumes d'Austrasie et de Burgondie.
Les parties s'échangèrent des prisonniers, les Austrasiens livrèrent le duc Gontran Boson aux burgondes, que le roi Gontran fit juger immédiatement et condamner à mort, et les burgondes livrèrent aux austrasiens le recteur Dynamius de Provence et le duc Loup que Childebert II accepta de reprendre sous sa domination[2]. Les deux rois négocièrent un pacte, qui déboucha sur le Traité d'Andelot daté du vendredi 28 novembre 587[3], en présence de nombreux évêques et Grands laïcs des deux royaumes[4].

Ce traité assura la paix perpétuelle entre Austrasie et Burgondie et reconnut à Gontran les possessions de Châteaudun, Vendôme et les fortifications de la région de Chartres et d'Étampes.
Childebert II se vit reconnaître, à l'exception du duché de Dentelin (Paris), les possessions de son père Sigebert Ier : Meaux, Tours, Poitiers, Avranches, Aire-sur-Adour, Couserans, Labourd et Albi.
De plus, il reçut les deux tiers de Senlis avec une option d'achat sur le troisième tiers, propriété de Gontran, en échange de domaines situés à Ressons, près de l'Oise.
Le traité d'Andelot stipula que le dernier vivant recevra le domaine de l'autre. Gontran considérait son neveu comme son héritier.
En échange, Childebert s'engagea à protéger la princesse Clotilde, la fille du roi Gontran après la mort de celui-ci.
Si Childebert venait à mourir en premier, le roi Gontran s'engageait à protéger les princes Thibert II et Thierry II, les faisant héritiers des deux royaumes, la reine mère Brunehaut, la sœur du roi, la princesse Clodoswinthe et la reine Faileuba.

Le texte reconnut officiellement à Brunehaut son pouvoir de reine, par la présence de son nom sur la suscription du traité[5]. Brunehaut réclama le morgengabe que Chilpéric Ier avait constitué pour Galswinthe en Aquitaine, Gontran lui restitua Cahors mais, bien que Brunehaut s'en vit confirmer la propriété, il décida d'administrer en usufruit sa vie durant Bordeaux, Limoges, Béarn et Bigorre.
Chlodoswinthe, Faileuba et Clotilde, nièce de Brunehaut, furent assurées de leurs rentes et biens en dépit de la mort des souverains mérovingiens.
Les anciens leudes de Sigebert Ier durent jurer fidélité à Childebert II et l'accueil de fuyards fut interdit.
Néanmoins, le texte assurait la libre circulation des voyageurs et marchands entre les deux royaumes.
Le pacte stipula également que les dons accordés par les souverains restaient valides malgré les partages de territoire.
Les deux rois et la reine jurèrent de respecter le pacte, s'échangèrent des cadeaux et s'embrassèrent en signe de paix[6].

Timbre[modifier | modifier le code]

  • En 1987, la poste a émis un timbre pour célébrer le 1400e anniversaire du traité d'Andelot. Ce timbre est illustré par Ève Luquet.

Notes sources et références[modifier | modifier le code]

  • Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Livre IX, Chapitre XX - Comment nous fûmes envoyés auprès du roi Gontran en ambassade pour maintenir la paix.
  • Roger-Xavier Lantéri, Brunehilde, la première reine de France, Chapitre 44 - Le pacte d'Andelot.
  1. Bruno Dumézil, La reine Brunehaut, Paris, Éditions Fayard, 2008, page 240.
  2. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IX, 11.
  3. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IX, 20.
  4. Bruno Dumézil, La reine Brunehaut, Paris, Éditions Fayard, 2008, page 241.
  5. Bruno Dumézil, La reine Brunehaut, Paris, Éditions Fayard, 2008, page 242.
  6. Bruno Dumézil, La reine Brunehaut, Paris, Editions Fayard, 2008, page 243.