Trafic d'enfants

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Le trafic d'enfants est une forme de trafic d'êtres humains. Il s'agit d'une activité criminelle qui porte atteinte aux droits de l'enfant.

Définition[modifier | modifier le code]

On parle de trafic d'enfants dès que ceux-ci sont déplacés à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières par la force, la coercition ou la ruse et placés dans des situations où ils sont exploités économiquement ou sexuellement [4]. Les enfants victimes du trafic des enfants peuvent être exploités comme enfants soldats, travailleurs agricoles, domestiques, etc. En Haïti, on parle d'enfants restaveks.

On peut aussi exploiter les enfants victimes de trafic à des fins de prostitution ou encore pour les faire travailler dans des ateliers de misère (« sweatshops » en anglais). Pour les fins de la Convention 182 de l'Organisation internationale du travail de 1999 (Convention concernant l'interdiction des pires formes de travail des enfants et l'action immédiate en vue de leur élimination), un enfant est une personne âgée de moins de 18 ans. Un dépliant de l'Organisation internationale du travail précise que le terme trafic des enfants englobe «toute pratique en vertu de laquelle une personne de moins de 18 ans est remise, soit par ses parents, soit par son tuteur à un tiers, contre paiement ou non, en vue de l’exploitation de ladite personne ou de son travail ainsi que tout acte de commerce ou de transport dont ladite personne ferait l’objet» [5].

Les trafiquants exploitent souvent l'extrême pauvreté des parents, tout en leur faisant croire qu'il s'agit d'une occasion par laquelle leur enfant aura la possibilité d'acquérir une formation professionnelle et une source de revenu. Dans de nombreux cas, les enfants faisant l'objet de trafic ont perdu l'un ou l'autre de leurs parents sinon les deux (voir le rapport de l'organisation Human Rights Watch, Aux frontières de l'esclavage: Traite des enfants au Togo, 2003).

Dans le monde[modifier | modifier le code]

En 2003, l'Organisation internationale du travail estimait à 1,2 million le nombre d’enfants victimes de trafic. Voir le dépliant Le Point sur le travail des enfants.


Moyen-Orient et Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Le trafic sert ici un marché du travail nécessitant une main d'œuvre peu qualifié surtout pour servir de domestique et la prostitution[1].


Amériques et les Caraïbes[modifier | modifier le code]

Ce trafic dans cette zone commence à apparaître. Le trafic est lié pour partie au tourisme et de l'autre aux activités criminelles traditionnelles comme la drogue et la contrebande. Les enfants victimes de trafic travaillent comme saisonniers dans le secteur des services, la domesticité, le trafic de drogue et l’exploitation sexuelle[1].


Europe orientale[modifier | modifier le code]

L’effondrement de la société, la progression constante de la pauvreté et du chômage, les conflits et l’espoir d’un avenir meilleur précipitent les enfants, les adolescents et les adultes dans les mailles du trafic aux mains de réseaux mafieux. Cela est permis par l'ouverture des frontières permettant d’emprunter les mêmes itinéraires que les mouvements migratoires traditionnels. Les enfants victimes de trafic servent comme source de main-d’œuvre non qualifiée,l’industrie du spectacle et la prostitution. Un nombre restreint d’enfants tombent dans la petite criminalité[1].

Asie centrale et CEI[modifier | modifier le code]

Les pays de l'Asie centrale et de la CEI sont des zones pourvoyeuses et transitaires du trafic qui est favorisé par l’effondrement de la société consécutif à la dépression économique et par l’apparition de la petite délinquance. Les enfants et surtout les adolescents victimes de trafic alimentent le secteur des services, l’industrie du spectacle, la prostitution et la pornographie et sont souvent recrutés par le système des “fiancées par correspondance”[1].

Asie du Sud-Est[modifier | modifier le code]

En Asie du Sud-Est, le trafic se fait des régions rurales vers les villes, des zones pauvres vers les zones riches. Les enfants alimentent l’industrie du sexe, le secteur des services, le secteur industriel et l’agriculture et ils sont également exploités dans la mendicité et le petit commerce de rues. Les jeunes femmes sont également victimes du système des “fiancées par correspondance” et elles sont souvent recrutées à des fins de domesticité[1].

Asie du Sud[modifier | modifier le code]

L’exploitation des enfants profitent de la pauvreté, de la situation familiale et de l’ignorance qui déterminent également la nature du trafic basé sur la tromperie, l'esclavage pour dettes et les disparités économiques. Les enfants victimes de trafic servent la prostitution, l’industrie du tapis et de l’habillement, la mendicité et le petit commerce de rues, la construction, les plantations de thé, l’industrie manufacturière et les briqueteries. Dans certains pays, les enfants finissent comme serviteurs ou combattants de milices armées[1].

Afrique[modifier | modifier le code]

Plusieurs pays côtiers d'Afrique de l'Ouest sont accusés par des ONG de pratiquer l'esclavage des enfants.

Des enquêtes ont eu lieu pour mettre en lumière un trafic d'enfants achetés au Bénin et revendus au Congo-Brazzaville pour travailler sur des bateaux de pêche à Pointe-Noire[2].

Dans plusieurs pays, des enfants continuent d'être victimes de l'esclavagisme. Des initiatives ponctuelles font découvrir ce phénomène[3].

En Afrique, le trafic des enfants provient d'une coutume permettant de placer les enfants auprès de membres de la famille ou auprès de tuteurs lorsque les parents sont en difficulté notamment la kafala. Également l'enlevement d'enfants par des milices alimentent ces trafics suite aux nombreux conflits émaillant cette partie du monde.Les enfants victimes de trafic constituent une main-d’oeuvre bon marché alimentant divers secteurs : domesticité, travail dans des entreprises familiales, plantations et mines, exploitation sexuelle. Ils sont également utilisés par les milices dans les zones de conflit[1]

Australasie, Extrême-Orient et Pacifique[modifier | modifier le code]

Il y a une grande disparité de revenus entre pays de cette zone. Les enfants servent le marché du travail comme main d'œuvre peu qualifié et alimentent l’industrie du sexe. Les enfants sont recrutés par le biais du système des fiancées ou des "fils" par correspondance[1].

Asie[modifier | modifier le code]

En Chine, le chef adjoint des services d'enquêtes sur les crimes indique qu'entre 30 000 et 60 000 enfants disparaissent chaque année en Chine sans pouvoir indiquer toutefois le pourcentage attribué au trafic humain. En août 2009, le ministère chinois de la Sécurité publique a mis en place un programme pilote destiné à informer les populations migrantes de ce trafic[4].

Europe de l'ouest et Pays baltes[modifier | modifier le code]

Ce trafic à destination de l’Europe occidentale provient du rapport une demande de main-d’oeuvre bon marché émanant des employeurs et de l’autre part de familles dans le besoin. Le secteur de la prostitution par la promesse de revenus meilleurs et d'indépendance économique crée un vaste marché pour les enfants et les adolescents. En Europe du Nord, le trafic part des pays baltes vers des grandes agglomérations riches de la Scandinavie. Le trafic des enfants alimente la mendicité, le petit commerce de rues, la main-d’oeuvre non qualifiée et la prostitution[1].

Actions et mesures de lutte contre le phénomène[modifier | modifier le code]

Le principal programme international et intergouvernemental visant l'élimination du trafic d'enfants est le Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC) de l'Organisation internationale du travail (OIT). Des mesures volontaires ont été prises (sous la pression des médias et des instances politiques) sous forme de chartes et de codes de conduite d'entreprises, notamment par la signature en 2001 du Protocole sur la culture et le traitement des fèves de cacao et la création en 2002 de l'International Cocoa Initiative. La généralisation du commerce équitable des produits qui sont souvent actuellement le fruit du travail d'enfants victimes de trafic est proposée comme constituant une partie de la solution au problème, mais ne ferait rien pour les enfants-soldats ni pour les enfants voués au travail domestique, à la prostitution, etc.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i "[1] Combattre le trafic d'enfant, OIT
  2. [2], mais aussi des articles dans la presse écrite, comme La Semaine Africaine (2005)
  3. Au Soudan, un Suisse vient de racheter, pour 100 dollars chaque, 132 enfants sudistes esclaves[3]
  4. Chine informations; Chine : nouveau programme pour lutter contre le trafic humain
  • Le trafic d'êtres humains rapporte 9,2 milliards d'euros par an, lexpansion.com, 16 février 2005 [6]
  • ORGANISATION INTERNATIONALE DU TRAVAIL. «Combattre le trafic des enfants». Document («prospectus») de format pdf (6 pages) donnant une brève description du phénomène du trafic des enfants, le cadre politique proposé par le Bureau international du travail, ainsi que les programmes régionaux du Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC). Genève: BIT-IPEC, 2003 [7]