Trafic d'animaux

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Aileron de requin en vente à Honk Kong.

Le trafic d'animaux est le commerce illégal d'animaux et pose notamment un problème pour la conservation des espèces. Si la déforestation, l'urbanisation et la pollution sont les causes premières de la disparition des espèces animales et végétales, le trafic d'animaux a lui aussi un impact non négligeable sur certaines espèces et sur l'équilibre qui en dépend.

Description[modifier | modifier le code]

Le commerce d'une espèce, de spécimens morts ou vivants, entier ou certains organes, entraine la plupart du temps sa chasse dans la nature, et ont souvent provoqué une décroissance des populations jusqu'à un seuil critique où la survie de l'espèce est menacée, voire sa disparition comme le Rhytine de Steller.

Plusieurs associations et organisations intergouvernementales considèrent qu'il s'agit du troisième[1] plus gros négoce illégal mondial, derrière le trafic de drogue (400 milliards de dollars par an en 1995) et le trafic d'armes (estimation difficile) ou le quatrième après le trafic de stupéfiants, la contrefaçon et le trafic d'êtres humains[2]. L'association écologiste internationale World Wild Fund (Fonds Mondial pour la Nature - WWF) estime le marché à 15 milliards d'euros par an et selon son rapport en 2006, ce trafic concerne 50 000 singes, 640 000 reptiles, 1,5 million d’oiseaux, 3 millions de tortues et 350 millions de poissons d’aquarium, en plus de « produits dérivés » (1,6 million de peaux de lézards, 1,1 million de fourrures, 1,1 million de peaux de reptiles, 1 million de morceaux de coraux, 300 000 peaux de crocodiles, 21 000 trophées de chasse et 300 tonnes de caviar, soit un quart du trafic légal)[3]. Le trafic d'espèces protégées est estimé de 5 à 20 milliards de dollars par an selon le Congrès des États-Unis, l'Organisation mondiale des douanes situe ce trafic en 2002 à six milliards d’euros, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage évoque un chiffre de 160 milliards d'euros par an pour l'ensemble des animaux : ces chiffres disparates révèlent la difficulté d'estimer cette activité et de distinguer le commerce légal du commerce illégal qui concerne plus des parties d'animaux (peaux de reptiles, cornes de rhinocéros, ivoire, ailerons de requin, ormeaux) que des animaux vivants utilisés comme animaux de compagnie[4].

Le trafic d'animaux met en péril la diversité biologique de la planète, notamment par son impact sur les grands mammifères. Les espèces d'animaux dont le risque d'extinction est élevé sont protégées par la convention de Washington (ou CITES). Celle-ci surveille, régule ou interdit le commerce international des animaux dont la situation est problématique ou peut le devenir si rien n'est fait.

Lutte contre le trafic[modifier | modifier le code]

Des moyens coercitifs peuvent être opposés au trafic d'animaux, comme la formation de brigades anti-braconnage (comme c'est le cas dans plusieurs parcs nationaux et réserves d'Afrique et d'Asie), le contrôle douanier (dans les aéroports et les ports surtout), voire l'inspection des commerces de vente d'animaux et élevages.

Toutefois, certaines difficultés doivent être surmontées:

  • les brigades anti-braconnage doivent suffisamment être équipées et rémunérées; des agents mal payés travaillent souvent mal, et peuvent même prêter main-forte aux braconniers;
  • il est parfois difficile d'éviter les abus (par exemple, tirs sans sommation sur des braconniers et règlements de comptes) chez ces brigades, qui doivent être suffisamment formées;
  • les douaniers et agents de police qui contrôlent l'importation et la vente d'animaux doivent être suffisamment aptes à reconnaître les espèces pour lesquelles le commerce est règlementé.

Il existe aussi des moyens de lutte contre le braconnage "à la source", en améliorant le niveau de vie des communautés locales (vivant généralement dans des pays pauvres), par différents moyens:

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trafics d'animaux sauvages
  2. « Un rapport inédit dénonce l’impact du trafic d’espèces sauvages sur la sécurité internationale », sur International Fund for Animal Welfare,‎ 12 septembre 2013
  3. « Le prix de la peau de l’ours », sur lenouveleconomiste.fr,‎ 4 juin 2012
  4. Stéphane Quere, Sylvain Auffret, La peau de l'ours. Le livre noir du trafic d'animaux, Éditions Nouveau Monde, 251 p. (ISBN 978-2-84736-673-0)