Traduction technique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La traduction technique ou traduction spécialisée est un domaine de la traduction concernant les textes propres à un art, une science, une activité, un savoir-faire ou au fonctionnement d'une machine. La traduction technique nécessite des connaissances linguistiques et traductologiques, mais aussi une bonne connaissance du domaine technique concerné.

Selon les définitions, la traduction technique se limite au domaine technique (notices, fiches-produits, cahiers de charges...) ou inclue la traduction juridique, informatique, commerciale...

Domaines[modifier | modifier le code]

Voici les principaux domaines de traduction technique parmi les 25 domaines recensés par la SFT (Société Française des Traducteurs)[réf. incomplète] :

Domaine médical[modifier | modifier le code]

Domaine très complexe et très technique, qui n'admet aucune erreur. Le traducteur a tout intérêt[non neutre] à faire appel à un expert pour consolider ses connaissances.

Types de documents :

  • rapports médicaux
  • textes réglementaires, études de toxicité, documents de pharmacovigilance
  • notices médicales
  • essais cliniques
  • comptes rendus de conférences
  • publications d'experts
  • revues de presse

Domaine juridique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Traduction juridique.

La traduction juridique est la traduction technique ou spécialisée du domaine du droit et des sciences juridiques. Le droit est écrit de manière très différente selon les époques et les pays[1].

Types de documents :

  • statuts d'entreprises, actes de sociétés, pactes d'actionnaires, PV d'assemblées, rapports de gestion, accords de confidentialité
  • actes notariés, actes de procédures, actes d'huissiers
  • diplômes, brevets, pièces administratives
  • actes de mariage, naissance, décès

Domaine informatique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Localisation (informatique).

Dans ce domaine on parle de localisation plus que de traduction, en raison d'un travail d'adaptation interculturelle accru.

Types de documents :

  • site web ;
  • logiciel en lui-même et sa documentation, aide en ligne ;
  • communiqué de presse IT.

Domaine économique et financier[modifier | modifier le code]

Dans ce domaine, le jargon utilisé est bien spécifique et un traducteur doit en avoir une certaine expérience car ce sont des documents décisionnaires.

Types de documents :

  • communiqués financiers
  • bilans, comptes de résultats, business plans, états de trésorerie
  • notes d'opérations, émission d'actions
  • produits financiers, documentation et fiches de produits financiers
  • comptes rendus de réunions, assemblées générales, rapports de gestion

Domaine technique[modifier | modifier le code]

La terminologie est primordiale dans ce domaine et le traducteur doit être capable de se renseigner auprès de sources fiables.

Types de documents :

  • documentation technique, schémas, procédés
  • brevets
  • fiches produit
  • rapports d'experts
  • modes d'emploi de machines, systèmes
  • manuels de procédure, normes et protocoles
  • cahiers des charges

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le traducteur ne doit pas seulement avoir une parfaite maîtrise de ses langues de travail, il doit aussi connaître parfaitement la terminologie du domaine dans lequel il traduit. Un traducteur doit donc avoir des compétences en recherches documentaires et s'informer en permanence via Internet ou dans des ouvrages spécialisés. Un bon traducteur dispose aussi d'un réseau d'experts auxquels il peut s'adresser en cas de doute. Dans ce métier, l'erreur est proscrite. Une mauvaise interprétation d'un manuel d'utilisation d'un équipement médical, par exemple, peut avoir des conséquences graves. Lorsqu'un traducteur commet ce type d'impair, sa réputation s'en voit ébranlée et il se peut qu'il perde de nombreux clients.

Processus de traduction[modifier | modifier le code]

Le processus de traduction suit une méthodologie rigoureuse :

  1. Réception du projet.
  2. Établissement du devis et des délais, validation par le client.
  3. Constitution d'un glossaire terminologique multilingue, validation par le client (lors de cette étape le client fournit parfois son propre glossaire terminologique et parfois même un guide de style à respecter dans un souci de cohérence).
  4. Phase de traduction, éventuelles questions à poser au client.
  5. Première révision par un traducteur-réviseur. Il s'agit ici de faire un premier contrôle orthographique et de vérifier la cohérence entre le texte source et le texte cible.
  6. Relecture technique, réalisée si possible par un expert. On ne regarde plus que le texte cible.
  7. Contrôle qualité "Linguistic Sign-off" : dernier contrôle qualité qui inclut la vérification de la mise en page.
  8. Livraison au client.

Outils d’aide à la traduction[modifier | modifier le code]

Avec l'avènement de l'Internet et l'ère de l'informatique, le métier de traducteur technique a évolué considérablement. Sur le marché, on trouve désormais de nombreux "outils d'aide à la traduction" comme SDL Trados Studio 2009, Similis, Wordfast, OmegaT, Déjà vu, Transit, SDLX, etc.

Ces logiciels fonctionnent sur le principe des mémoires de traduction. Une mémoire de traduction est une base de données linguistique qui enregistre au fur et à mesure le travail du traducteur pour une réutilisation ultérieure. Toutes les traductions y sont ainsi stockées (sous forme de paires langue source-langue cible appelées « unités de traduction ») et réutilisées. Plus une mémoire est alimentée, plus la traduction des documents ultérieurs est accélérée, ce qui permet au traducteur d'accepter davantage de missions et d'augmenter son chiffre d'affaires. Des outils de terminologie sont généralement utilisés en conjonction avec les mémoires de traduction.

Les mémoires de traduction sont un atout lorsqu'une entreprise désire recycler tous ses manuels traduits au préalable. Il n'en reste pas moins que lorsqu'une jeune entreprise en haute-technologie désire entamer un processus de traduction pour la première fois, l'élaboration de fiches terminologiques peut s'avérer ardue et fastidieuse. Cette étape est d'autant plus difficile lorsque les traducteurs et réviseurs, mandatés d'accomplir ce travail, sont disséminés à travers le globe terrestre.

La situation peut se compliquer davantage si l'entreprise veut élaborer un lexique particulier qui lui est propre. Dans ce cas-là :

  • Une validation par un ingénieur, employé de l'entreprise, est plus que nécessaire [réf. nécessaire].
  • Une collaboration ininterrompue est de mise entre les différents intervenants.
  • Les questions/réponses doivent être acheminées rapidement malgré les décalages horaires.
  • Une gestion de projets réduite au minimum est nécessaire afin de cerner les coûts.

Attention à ne pas confondre traduction assistée par ordinateur (la machine facilite le travail de l'homme) et traduction automatique (l'homme utilise et révise le travail de la machine).

Le traducteur technique[modifier | modifier le code]

Statut[modifier | modifier le code]

Le traducteur technique peut avoir différents statuts.

  • Traducteur indépendant, ou « freelance » (terme anglais)
  • Traducteur interne, ou « in-house » (terme anglais)
    • dans une agence de traduction,
    • au sein d’une entreprise appartenant à un secteur d’activité impliquant des traductions.

Quelques rares opportunités existent dans la fonction publique (ministères, Nations unies, Union européenne, etc.), mais celles-ci sont accessibles sur concours.

Rémunération[modifier | modifier le code]

La rémunération du traducteur peut se faire sur différentes bases : au mot, à la page, au contrat, etc. Selon une étude de la SFT, près de 94 % des missions de traductions sont facturées au mot [réf. souhaitée]. Viennent ensuite la facturation à la page, au temps passé ou bien encore au feuillet de 1 500 caractères. Il peut y avoir d'importants écarts de prix en fonction de la technicité d'un texte mais aussi de la rareté de la langue.

Formation[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ? (décembre 2013)
  • Parcours universitaires : Master professionnel spécialisé dans la traduction (bac+5). Il en existe plusieurs en France dont 5 appartenant au réseau EMT "European Master's in Translation" qui est un label de qualité accordé par l'Europe lorsque la formation répond à tous les critères en matière de bonnes pratiques et de professionnalisation.

Il est aussi possible d'opter pour une double formation : un diplôme dans un domaine de spécialité (le droit, l'économie, etc.) ajouté à un master en traduction spécialisée.

Certains professionnels du métier n'ont jamais fait d'études spécialisées dans la traduction mais sont devenus traducteurs après une reconversion. En effet, un expert dans un domaine spécifique et qui aurait toutes les compétences linguistiques et rédactionnelles requises, a toutes les chances de réussir sa reconversion.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. David, R., Jauffret-Spinosi, C. (1992), Les grands systèmes de droit contemporain ; 10e éd., Dalloz, Paris