Trachelospermum asiaticum

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Trachelospermum asiaticum
Trachelospermum asiaticum ‘Hatuyukikazura’

Trachelospermum asiaticum est une liane de la famille des Apocynaceae, originaire d'Asie. Il est parfois appelé jasmin étoilé jaune[1] ou faux jasmin jaune[2]. Cette liane originaire d'Asie est cultivée dans les jardins des régions méditerranéennes ou océaniques[n 1].

Étymologie et histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie : Trachelospermum est composé des étymons grecs trachelos τραχελος « col », et sperma σπερμα « semence, graine », allusion à la forme des graines, allongé-rétrécies au sommet et terminées par une aigrette. L'épithète spécifique asiaticum indique « d'Asie ».

Il a été décrit une première fois par Siebold et Zuccarini, en 1846. Le médecin et naturaliste bavarois Siebold, put mettre un pied au Japon entre 1823 et 1829, à une époque où la Chine et le Japon étaient fermés aux Occidentaux[n 2], hormis l'île de Deshima, près de Nagasaki. De retour en Allemagne avec ses collections, il se fit assister par Zuccarini, professeur de botanique à l'université de Munich pour le décrire[3] sous le nom de Malouetia asiatica (1846). Takenoshin Nakai le reclassa dans les Trachelospermum en 1922[4].

Description[modifier | modifier le code]

Trachelospermum asiaticum est une liane ligneuse, dont les tiges peuvent atteindre 10 mètres[5]. Elles exsudent un latex blanc laiteux.

Les feuilles simples et opposées, persistantes, portées par un pétiole de 2-10 mm, ont un limbe elliptique, étroitement ovales, de 2-10 x 1-5 cm, membraneuse. Les feuilles vert brillant prennent une teinte brun-orangé tachée de rougeâtre durant l'hiver.

Les fleurs blanches ou crème ont un cœur jaune et exhalent un parfum de jasmin. Elles sont rassemblées en cymes terminales ou axillaires. Les 5 sépales sont accolées au tube de la corolle et portent 10 glandes basales. La corolle hypocratériforme est constituée d'un tube de 6-10 mm de long, avec une gorge dilatée, et 5 lobes obovales, aussi long que le tube. Les 5 étamines sont insérées dans la gorge du tube de la corolle. Les anthères sont exserts (font saillie à l'extérieur du tube, à la différence de T. jasminoides). L'ovaire glabre est formé de 2 carpelles, d'un style et comporte à sa base 5 glandes. La floraison a lieu d'avril à juillet.

Le fruit est constitué de deux follicules linéaires, de 10-30 x 0,3-0,5 cm. Les graines sont oblongues avec à une extrémité une aigrette de 3,5 cm.

Comparaison de T. jasminoides et T. asiaticum (spécimens du Jardins des Plantes de Paris)

Synonymes[modifier | modifier le code]

D'après GRIN[6], les synonymes sont :

  • Malouetia asiatica Siebold & Zuccarini, Abh. Math. Phys. Cl. Königl. Bayer. Akad. Wiss. 4: 163. 1846 (basionyme)
  • Trachelospermum asiaticum var. oblanceolatum Nakai

Distribution[modifier | modifier le code]

Trachelospermum asiaticum est originaire de Chine, Inde, Japon, Corée, Indo-Chine et Malaisie[6]. Il croît dans les forêts de montagne et les broussailles, souvent fixé aux arbres.

Culture[modifier | modifier le code]

Assez proche du faux jasmin Trachelospermum jasminoides, T. asiaticum produit des fleurs de couleur blanc (ou crème) au cœur jaune un peu plus petites. Il possède une croissance plus rapide les premières années et il est un peu plus rustique.

Trachelospermum asiaticum fournit une liane ornementale, à faire grimper sur un treillis le long d'un mur, en exposition mi-ombre ou ensoleillée, et donnant une floraison très parfumée. Il peut résister à des gels brefs de -15 °C. Il se cultive en bac ou en pleine terre dans les climats doux.

Il possède de nombreux hybrides.

Composition chimique[modifier | modifier le code]

De nombreux flavonoïdes ont été extraits des feuilles de Trachelospermum asiaticum var. intermedium[7] : apigenine 7-Oglucoside, lutéoline 7-O-glucoside, lutéoline 4-O-glucoside, rhoifoline, lonicérine, kaempférol 3-O-rhamnoside, quercitrin, et des composés phénoliques comme : lignane (tracheloside), acide chlorogénique.

Des triterpènes de type oléanolique ont aussi été détectés : l’acide 2α,3β,19α,23,24-pentahydroxyoléan-12-èn-28-oïque ou trachélospérogénine E[8].

La plante est utilisée en Corée, en médecine traditionnelle, pour traiter les rhumatisme, les abcès et les ulcères[9].

Toute la plante est toxique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. jusqu'à -12 °C
  2. voir les liens Fermeture de la Chine et Sakoku

Références[modifier | modifier le code]

  1. gardenbreizh
  2. pepiniere
  3. tropicos
  4. dans Mori Tamezô, An Enumeration of Plants Hitherto Known From Corea 293. 1922
  5. Référence EFloras : Trachelospermum asiaticum (en)
  6. a et b Référence GRIN : espèce Trachelospermum asiaticum (en)
  7. Eri Shimizu Shinzo Hosoi, « Main phenolic compounds from the flower of Trachelospermum asiaticum var. intermedium (Apocynaceae). », Journal of natural medicines, vol. 62, no 3,‎ 2008, p. 354–5 (ISSN 1861-0293, DOI 10.1007/s11418-008-0232-5)
  8. Fumiko A et Tatsuo Y, « Glycosides of 19α-Hydroxyoleanane-type triterpenoids from Trachelospermum asiaticum (Trachelospermum. IV) », Chem Pharm Bull, vol. 35, no 5,‎ 1987
  9. (en) Christophe Wiart, Ethnopharmacology of medicinal plants Asia and the Pacific, Totowa, N.J., Humana Press,‎ 2006 (ISBN 1588297489, 9781588297488, 9781597451604 et 1597451606)

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