Trêve des confiseurs

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Trêve.

La trêve des confiseurs est, en France, une appellation plaisante de la période entre Noël et le jour de l'an, période généralement passée au repos.

Trêve des confiseurs[modifier | modifier le code]

L'expression est apparue en France vers 1875, à l'occasion des vifs débats, à la Chambre, entre monarchistes, bonapartistes et républicains, sur la future constitution de la Troisième République. En décembre 1874, « d'un commun accord, tous les groupes de la Chambre jugèrent que l'époque du renouvellement de l'année était peu propice à des débats passionnés. À cette occasion la presse satirique imagine le mot de « trêve des confiseurs » »[1] (Jules Lermina, Fondation de la République française, 1882).

« Aux approches de Noël, par une sorte d'accord entre les parlementaires, on ne soulève pas de questions irritantes, qui, troublant l'esprit public, nuiraient aux affaires. Et même, afin de mieux vivre en paix, on se sépare, on se donne des vacances. Donc, point d'aigres propos et pendant cette accalmie, les marchands de sucreries, de gâteaux, de friandises, font, tout doucement, leur petit commerce. Les confiseurs jubilent, profitant de la suspension des hostilités à la Chambre, et cette tranquillité dont ils bénéficient s'est appelée la trêve des confiseurs[2]. »

— T. Pavot, L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, questions et réponses, communications diverses à l'usage de tous, littérateurs et gens du monde, artistes, bibliophiles, archéologues, généalogistes, etc. Volume 38, 20 septembre 1898


En 1892, on trouve l'expression sous la plume de Paul Verlaine dans une correspondance :

« Mon cher Vanier, maintenant que voici passée « la trêve des confiseurs », recausons un peu... pas d'argent. Ah, c'est bien, çà, hein ? mais patience ! Attendez. En attendant me voilà bon prince, et parlons littérature. »

— Paul Verlaine, Correspondance de Paul Verlaine, publiée sur les manuscrits originaux. Volume 2, Adolphe van Bever, A. Messein éditeur, 1923

Usage[modifier | modifier le code]

L'expression est utilisée pour décrire la trêve hivernale, en politique, traditionnellement suivie en France, depuis 1875, par l'Assemblée nationale et le Sénat). L'expression « trêve des confiseurs » est également utilisée pour désigner l'accalmie traditionnelle de fin d'année sur les marchés boursiers, ainsi que la pause sur les terrains de football (essentiellement pour des raisons météorologiques).

Origine plus lointaine[modifier | modifier le code]

L'expression se souvient peut-être de la trêve de Dieu, confirmée en France par le roi Saint Louis vers 1245[3] : l'Église catholique romaine ordonnait que les combats guerriers soient arrêtés pendant la période de l'Avent à Noël[4].

Parfois cette trêve était appelée la trêve de Noël comme lors de la période de Noël 1914 de la Première Guerre mondiale, lorsque les soldats britanniques qui tenaient les tranchées autour de la ville belge d'Ypres fraternisèrent, pour une nuit, avec les soldats allemands.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Voir aussi[modifier | modifier le code]