Trémaouézan

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Trémaouézan
L'église Notre-Dame.
L'église Notre-Dame.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Brest
Canton Landerneau
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Landerneau-Daoulas
Maire
Mandat
Jean-René Le Guen
2014-2020
Code postal 29800
Code commune 29295
Démographie
Population
municipale
523 hab. (2011)
Densité 63 hab./km2
Population
aire urbaine
44 395 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 30′ 15″ N 4° 15′ 14″ O / 48.504167, -4.253889 ()48° 30′ 15″ Nord 4° 15′ 14″ Ouest / 48.504167, -4.253889 ()  
Altitude Min. 77 m – Max. 102 m
Superficie 8,30 km2
Localisation

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Trémaouézan

Trémaouézan [tʁemawezɑ̃] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

La tourbière de Lann Gazel (marais de Langazel)[modifier | modifier le code]

La tourbière de Lann Gazel (marais de Langazel)[1], d'une superficie d'environ 500 ha, est située à cheval sur les communes de Ploudaniel, Trémaouézan et Plouédern ; elle est drainée par des ruisseaux tributaires de l'Aber-Wrac'h s'écoulant vers le nord-ouest en deux branches principales entre lesquelles se situe le bourg de Ploudaniel[2]. D'anciennes tourbières y ont été exploitées et c'est désormais un espace naturel protégé, faisant partie des sites Natura 2000[3], dont la gestion naturaliste a commencé en 1992[4].

« La tourbière de Langazel abrite des espèces et des habitats ou milieux naturels d’intérêt européen en proportion importante. Ces habitats et ces espèces sont répertoriés dans deux directives européennes pour la conservation des milieux naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages : la directive "Oiseaux" de 1979 et la directive "Habitats-faune-flore" de 1992[1]. »

Un circuit de randonnée d'une longueur de 8 km et un sentier d'interprétation d'une durée de 30 minutes ont été aménagés pour en permettre la visite.

Histoire[modifier | modifier le code]

Trémaouézan était une trève de Ploudaniel, faisant partie de l'archidiaconé de Kemenet-Ily relevant de l'évêché de Léon.

Du XVIe siècle au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La trève de Trémaouézan pratiquait l'activité toilière liée au lin et au chanvre : 64,7 % des inventaires après décès qui ont été conservés pour cette trève à l'époque signalent la présence de métiers à tisser ; même le curé, Pierre Thépaut, faisait travailler plusieurs de ses paroissiens. Six kanndi ont été recensés à Trémaouézan[5].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Un triste fait divers[modifier | modifier le code]

Un autre fait divers illustre bien la misère qui sévissait alors : le 25 septembre 1885, poussé par la misère, un homme de 34 ans demeurant à Trémaouézan, avec sa femme et ses trois petits enfants, prirent le train à Brest jusqu'à la gare du Rody, puis dans la crique de Fonteunaon en Guipavas (section de Kerhuon), s'avancèrent dans la mer afin de se noyer, ce qui survint. Seul l'homme au dernier moment n'eut pas le courage de mourir et ramena les cadavres des siens sur la plage. L'homme fut arrêté[6] et condamné aux travaux forcés à perpétuité[7].

L'épidémie de choléra de janvier 1886[modifier | modifier le code]

Clocher, calvaire et porche de l'église Notre-Dame-de-Trémaouézan vers 1930 (carte postale d'Émile Hamonic)

Henri Monod, dans "Le choléra : histoire d'une épidémie, Finistère 1885-1886"[8] écrit que l'épidémie de choléra frappe le bourg et le hameau de Kersalamon, n'atteignant toutefois que trois personnes et ne provoquant qu'un seul décès, celui d'une enfant de 5 ans le 5 janvier 1886. Cette épidémie provoqua un rapport de l'agent voyer cantonal qui fournit d'intéressantes précisons sur les conditions sanitaires de l'époque :

« La commune de Trémaouézan se trouve située sur un plateau dont le sous-sol se compose, en majeure partie, de granite et de sable. La couche de terre recouvrant ce sol granitique est assez uniforme et présente peu d'épaisseur (0,60 m à 1 m en moyenne). (...) Cette commune ne comporte aucune agglomération de vingt feux. le bourg lui-même n'en contient actuellement que dix-huit. La nature de l'eau est en général excellente au goût, très limpide et abondante ; elle provient, en grande partie, des sources jaillissant en dehors des agglomérations. Les puits sont généralement établis à proximité des habitations et sont tous en contre-bas de celles-ci. Malgré ces conditions, les eaux sont rarement souillées à cause sans doute de la nature du sol éminemment favorable à la clarification de celles pouvant y pénétrer par infiltration. (...) L'eau n'a jamais manqué dans la commune. »

Le même agent voyer communal poursuit ainsi son rapport :

« Les vidanges des maisons, en y comprenant les matières fécales, se font ordinairement sur les tas de fumier, et ces derniers sont transportés deux fois l'an en moyenne dans les champs pour y être employés comme engrais. Avant leur emploi, elles ne peuvent contaminer les eaux, étant absorbées par les fumiers mis en tas, le plus loin possible des puits et des sources. Le lavage du linge se fait avec le savon ordinaire dans des lavoirs établis en contre-bas des sources ; les eaux ayant servi à ce lavage s'écoulent par des rigoles ou des saignées et sont employées à l'arrosage des prairies. Le nettoyage de la place du bourg et des chemins y aboutissant se fait par le cantonnier du service vicinal. il n'y a pas de maison comprenant de cour où les résidus de la vie soient accumulés. En résumé, le bourg de Trémaouézan, ainsi que les petits villages dépendant de cette commune, se trouvent dans une situation relativement bonne du point de vue de l'hygiène, si on la compare aux autres localités. (..). »

L'agent voyer communal avait une vision quelque peu idyllique de la situation sanitaire de Trémaouézan à l'époque. Henri Monod fait d'ailleurs remarquer qu'entre 1882 et 1885, Trémaouézan connaît un excédent des décès par rapport aux naissances.

La voie ferrée desservant Trémaouézan[modifier | modifier le code]

Le tracé de la voie ferrée allant de Landerneau à Brignogan via Trémaouézan

Une loi du 14 février 1891 déclare d'utilité publique la construction d'un réseau de chemin de fer d'intérêt local, à voie d'un mètre de largeur et comprenant entre autres lignes celle allant de Landerneau à Lesneven et à Plounéour-Trez par ou près Plouédern, Trémaouézan, Ploudaniel, Lesneven, Plouider et Goulven[9]. Des stations pour les voyageurs sont prévues à Landerneau, Trémaouézan, Ploudaniel, Lesneven, Plouider, Goulven et Plounéour-Trez et des simples haltes à Plouédern et Le Folgoët[10]. Cette voie ferrée des Chemins de fer départementaux du Finistère est mise en service en 1894 jusqu'à Plounéour-Trez et prolongée en 1901 jusqu'à Brignogan ; elle a été fermée en 1946.

Charles Le Goffic décrit ainsi le paysage vu du train entre Trémaouézan et Ploudaniel en 1905 :

« De grandes friches rases, des tourbières et des landes, que ferme, à l'horizon, la lisière vaporeuse d'un chêne centenaire, [nous] séparaient du reste du monde. Entre Trémaouézan et Ploudaniel, le train file droit au milieu d'un paysage d'une mélancolie oppressante, plat et nu jusqu'aux confins du cercle visuel, sans une maison, sans un arbre, hanté par les échassiers et les corbeaux. On se croirait dans le Born. Mais brusquement, au détour de la voie, un clocher s'élance à l'horizon, un de ces clochers à jour(..) qui semble un défi aux lois de la pesanteur et de l'équilibre[11]. »

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
510 412 423 468 464 501 514 506 512
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
489 501 552 483 519 523 512 485 514
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
473 545 522 528 504 511 468 466 426
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
323 283 265 345 370 431 418 410 516
2011 - - - - - - - -
523 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Monuments[modifier | modifier le code]

Événements[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.pays-landerneau-daoulas.fr/upload/La%20zone%20humide%20de%20Langazel.pdf
  2. Paul Joanne, " Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies. 4, L-M", 1890-1905, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k73392f/f58.image.r=Ploudaniel.langFR
  3. http://inpn.mnhn.fr/site/natura2000/FR5300067
  4. http://www.langazel.asso.fr/
  5. Andrée Le Gall-Sanquer, Jean-Luc Richard, Marie-Louise Richard, "L'or bleu (An aour glaz) : le lin au pays de Landerneau-Daoulas", Association Dourdon, Cloître Imprimeurs, 2005, [ISBN 2-9505493-1-4]
  6. Journal des débats politiques et littéraires n° du 11 octobre 1885, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k463349s/f3.zoom.r=Guipavas.langFR
  7. Journal Le Petit Parisien n° 3370 du 19 janvier 1886, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4734644/f3.image.r=Guipavas.langFR
  8. Henri Monod, "Le choléra : histoire d'une épidémie, Finistère 1885-1886", 1892, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5578605r/f551.image.r=Tr%C3%A9maouezan.langFR
  9. Bulletin des lois de la République française, 1891, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2147845/f253.image.r=Ploudaniel.langFR
  10. Bulletin des lois de la République française, 1891, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2147845/f261.image.r=Ploudaniel.langFR
  11. Charles Le Goffic, La Bretagne (compte-rendu du livre de Gustave Geffroy), Revue universelle, 1905, n° 125, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5758826j/f54.image.r=Ploudaniel.langFR
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  14. Compte-rendu de cet ouvrage dans le "Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie", 1924, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5729760q/f403.image.r=Ploudaniel.langFR

Liens externes[modifier | modifier le code]

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