Trèfle souterrain

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Trifolium subterraneum

Le trèfle souterrain (Trifolium subterraneum L.), encore appelé trèfle enterreur ou trèfle semeur, est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Fabacées.

C'est une plante herbacée annuelle cultivée comme plante fourragère.

Description[modifier | modifier le code]

Le trèfle souterrain est une plante herbacée annuelle de 5-15 cm de haut, dotée d’une tige poilue, généralement couchée.

Les feuilles sont formées de trois folioles obcordées (en cœur renversé), émarginées, denticulées. Elles sont toutes longuement pétiolées.

Les inflorescences sont de petites têtes blanchâtres formées de 2 à 6 fleurs blanches, fertiles et de nombreuses fleurs stériles réduites au calice. Le calice est sans nervures apparentes, à tube glabre et avec des dents ciliées, subégales.

Lors de la fructification le pédoncule s’arque vers le sol où il s’ancre par l’intermédiaire des fleurs stériles. Le fruit est une petite gousse souterraine, incluse, subglobuleuse, monosperme.

Synonyme[modifier | modifier le code]

Selon Catalogue of Life (21 octobre 2014)[2] :

  • Calycomorphum subterraneum (L.) C.Presl

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

L'aire de répartition naturelle de Trifolium subterraneum correspond au bassin méditerranéen et aux régions périphériques. Cette aire comprend les pays suivant : Albanie, Algérie, Azerbaïdjan, Belgique, Bulgarie, Chypre, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Irak, Irlande, Italie, Liban, Malte, Maroc, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Tunisie, Ukraine. On la trouve presque partout en France métropolitaine (sauf dans l’Est).

L'espèce a été naturalisée dans la plupart des régions tempérées du monde, notamment en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande, en Inde, en Afrique australe (Afrique du Sud), en Afrique orientale (Kenya, Éthiopie)[3],[4].

C'est une espèce classée dans la liste rouge de l'UICN sous le statut « préoccupation mineure » (LC)[4].

Le trèfle souterrain prospère dans les pelouses, bois clair, lisières, cultures, prairies, de préférence sur silice.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le trèfle souterrain est une plante fourragère[5] d’importance dans certains pays (comme l'Australie[6]) mais il n’est pas cultivé en tant que tel en France.

En Australie, le trèfle souterrain est devenue la plus importante légumineuse fourragère semée annuellement. Elle a été introduite en Australie dans les années 1830 probablement par des importations de paille, de foin ou de graines fourragères, et s'y est naturalisée rapidement. C'est un agriculteur de Mount Barker (Australie-Méridionale), Amos William Howard qui reconnut le premier le potentiel de cette plante pour l'alimentation du bétail et pour l'amélioration des sols, et qui contribua grandement à sa diffusion. Largement adoptée par les agriculteurs dès les années 1950, la plante est cultivée au début du xxie siècle sur 7,7 millions d'hectares dans les Nouvelles-Galles du Sud, dans des zones où la pluviométrie moyenne annuelle atteint au moins 375 mm d'eau au sud jusqu'à plus de 1000 mm au nord. Sa productivité est toutefois entravée par des maladies (pourriture de la racine due à Phytophthora clandestina), des ravageurs comme le puceron bleu-vert du pois (Acyrthosiphon kondoi) ou un acarien (Halotydeus destructor), ou par une fertilisation insuffisante en superphosphate[7].

Toxicité[modifier | modifier le code]

Lorsque ce trèfle est consommé en grande quantité par des ruminants, il peut provoquer des troubles de la reproduction et des intoxications[8]. Le principe actif responsable est une isoflavone, la génistéine, un phytoestrogène.

Le trèfle souterrain, comme d'autres espèces de trèfle, synthétise des isoflavones, telles que la biochanine A, la daidzéine, la formononétine et la génistéine, à partir de la phénylalanine. Ces molécules sont connues pour êtres des phytoestrogènes[9]. La concentration de formonétine et de génistéine dans les feuilles augmente sensiblement en cas de carence en phosphate[10].

La formononétine est la moins active, mais semble la principale responsable des effets oestrogéniques négatifs chez le mouton. Chez les brebis exposées à une dose élevée de formononétine, il se produit des changements morphologiques du col de l'utérus, réduisant fortement la capacité des spermatozoïdes à pénétrer dans l'oviducte. Il en résulte un infertilité temporaire, qui peut devenir permanente si la consommation de ces fourrages perdure[9].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

Selon Catalogue of Life (21 octobre 2014)[2] :

  • sous-espèce Trifolium subterraneum subsp. brachycalycinum Katzn. & F.H.W.Morley
  • sous-espèce Trifolium subterraneum subsp. subterraneum
  • sous-espèce Trifolium subterraneum subsp. yanninicum Katzn. & F.H.W.Morley

Liste des sous-espèces et variétés[modifier | modifier le code]

Selon Tropicos (21 octobre 2014)[11] (Attention liste brute contenant possiblement des synonymes) :

  • sous-espèce Trifolium subterraneum subsp. brachycalycinum Katzn. & Morley
  • sous-espèce Trifolium subterraneum subsp. yanninicum Katzn. & Morley
  • variété Trifolium subterraneum var. brachycalycinum
  • variété Trifolium subterraneum var. brachycladum Gibelli & Belli
  • variété Trifolium subterraneum var. flagelliforme Guss.
  • variété Trifolium subterraneum var. graecum Katzn. & Morley
  • variété Trifolium subterraneum var. majurculum Adamovic, in sheddae emend. Katzn.
  • variété Trifolium subterraneum var. oxaloides Bge., in Nym.
  • variété Trifolium subterraneum var. subterraneum
  • variété Trifolium subterraneum var. telavivense Eig.
  • variété Trifolium subterraneum var. vulgare Guss.
  • variété Trifolium subterraneum var. yanninicum (Katzn. & Morley) Zohary

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Plant List, consulté le 21 octobre 2014
  2. a et b Catalogue of Life, consulté le 21 octobre 2014
  3. (en) « Trifolium subterraneum - Subterranean Clover », Garry Oak Ecosystems Recovery Team (GOERT) (consulté le 21 octobre 2014).
  4. a et b (en) « Trifolium subterraneum », IUCN (consulté le 21 octobre 2014).
  5. FAO
  6. Cover Crop Database
  7. (en) « Part A - Subterranean clover in NSW - identification and use », Department of Primary Industries (Nouvelles-Galles du Sud) (consulté le 21 octobre 2014).
  8. Vegetox
  9. a et b (en) « Phytoestrogens (Coumestans and Isoflavones) », sur Plants Poisonous to Livestock and other Animals, College of Agriculture and Live Science, Université Cornell (consulté le 21 octobre 2014).
  10. (en) RC Rossiter et AB Beck, « Physiological and ecological studies on the oestrogenic isoflavones in subterranean clover (T. subterraneum L.). II. Effects of phosphate supply », Australian Journal of Agricultural Research, vol. 17, no 4,‎ 1966, p. 447 - 456 (lire en ligne).
  11. Tropicos, consulté le 21 octobre 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]

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