Toyohiko Kagawa

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Toyohiko Kagawa
賀川 豊彦

alt=Description de l'image KAGAWA Toyohiko young.JPG.
Naissance 10 juillet 1888
Drapeau du Japon Kōbe, Japon
Décès 23 avril 1960 (à 71 ans)
Nationalité Drapeau du Japon Japonaise
Profession
Réformateur, militant pour la paix, activiste du travail, évangéliste, écrivain
Formation
Famille
Haru (femme)
Toyohiko et sa femme Haru.
Au séminaire de théologie de Princeton (vers la droite en bas).
Après le grand séisme de Kantō de 1923.
Aux États-Unis en 1935.

Toyohiko Kagawa (賀川 豊彦?), né le 10 juillet 1888 à Kōbe (Japon) et décédé à l'âge de 71 ans le 23 avril 1960, est un pacifiste, réformateur et écrivain chrétien japonais. Son œuvre écrite s'intéresse aux différentes façons d'employer les principes chrétiens dans la société et le monde des entreprises. Sa vocation à aider les pauvres le mena à vivre parmi eux. Il est également le fondateur d'hôpitaux, d'écoles et d'églises.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Né à Kōbe, Kagawa est le fils d'un homme d'affaires coureur de jupons et d'une concubine qui meurent pendant son enfance. Il est renvoyé de l'école où il suivait les enseignements de deux missionnaires chrétiens américains, Harry W. Myers et Charles A. Logan, qui l'accueillent dans leurs maisons.

Ayant appris l'anglais auprès de ces missionnaires, il se convertit au Christianisme après s'être inscrit dans un cours de catéchisme, ce qui le conduit à être rejeté par sa famille. Kagawa étudie au collège presbytérien de Tokyo avant d'entrer au séminaire théologique de Kobé. Alors qu'il poursuit ses études dans cet établissement, il est surpris du souci qu'ont les séminaristes de l'aspect technique de la religion. Il est persuadé que le Christianisme actif est la vérité à toutes les doctrines chrétiennes. Ne pouvant plus attendre, il s'oriente vers la parabole du Bon Samaritain[1]. De 1914 à 1916, il étudie au séminaire théologique de Princeton (en). En plus de la théologie, il y étudie, grâce à un programme d'échange universitaire, l'embryologie, la génétique, l'anatomie comparée et la paléontologie[2].

Activisme[modifier | modifier le code]

En 1909, Kagawa s'installe de lui-même dans un quartier pauvre de Kōbe avec l'intention d'y mener des activités de missionnaire, de travailleur social et de sociologue. En 1914, il se rend aux États-Unis pour étudier les façons de combattre la pauvreté[3]. En 1916 il publie Recherches sur la psychologie des pauvres, livre fondé sur son expérience et dans lequel il décrit différents aspects de la pauvreté dans la société qui sont alors inconnus de la classe moyenne japonaise. Parmi ceux-ci peuvent être cités la pratique illégale de la prostitution (en dehors de la prostitution légale au Japon), les mariages entre membres d'une même famille (qui vont souvent de pair avec le premier) et même la pratique d'accepter des aides financières de l'État pour s'occuper de ses enfants puis de les tuer.

Kagawa est arrêté au Japon en 1921 puis de nouveau l'année suivante pour sa participation au mouvement ouvrier durant les grèves. Pendant son incarcération, il écrit les romans Au-delà de l'ultime limite et Meurtre au soleil. Le premier est une représentation semi-autobiographique de son époque parmi les déshérités de Kobé. Après sa libération, Kagawa participe aux travaux de reconstruction de Tokyo suite au grand séisme de Kantō de 1923 et aide à établir le suffrage universel masculin en 1925.

Il fonde la fédération japonaise du Travail (Syndicats au Japon (en)), ainsi que la ligue nationale contre la guerre en 1928. Pendant cette période, il poursuit son travail d'évangélisation des pauvres du Japon et prône le droit de vote pour les femmes et une politique étrangère pacifiste. Entre 1926 et 1934, il se concentre sur son travail d'évangélisation au sein du mouvement du royaume de Dieu.

En 1940, il exprime ses excuses à la république de Chine pour l'occupation japonaise et est de nouveau arrêté pour cela. Après sa libération, il se rend aux États-Unis dans une vaine tentative d'empêcher la guerre avec le Japon. Il retourne ensuite dans son pays pour continuer la lutte pour le droit de vote des femmes. Après la défaite de 1945, il devient conseiller auprès du gouvernement de transition japonais.

Durant sa vie, Kagawa a écrit plus de 150 livres. Il est en nomination pour le prix Nobel de littérature en 1947 et 1948 et pour le prix Nobel de la paix en 1954 et 1955[4]. Après sa mort, Kagawa est décoré de l'ordre du Trésor sacré à titre posthume. Il est honoré par l'église évangélique luthérienne en Amérique comme un réformateur de la société le 23 avril de chaque année.

Économies fraternelles[modifier | modifier le code]

Les théories économiques de Kagawa, détaillées dans son livre Économies fraternelles, préconise l'unité de l'église chrétienne, de l'économie sociale et du mouvement pacifiste en une « puissante synthèse de travail » pour fournir une alternative viable au capitalisme, au socialisme d'État et au fascisme[5].

Système en trois dimensions[modifier | modifier le code]

Pendant ses études à l'université de Princeton, Kagawa découvre le livre La culture des arbres : Une agriculture permanente de J. Russell Smith. Inspiré par cela, il réussit durant les années 1930 à convaincre des fermiers japonais situés dans les hauteurs que la solution à leur problème d'érosion des sols est de planter de nombreux arbres. Kagawa leur apprend également que cela leur permet en plus de les aider dans leur travail car en plantant par exemple des noisetiers à maturation rapide, ils obtiennent de la nourriture pour leurs cochons[6].

La plantation d'arbres fruitiers ou à coques permet de protéger le sol et de procurer de la nourriture aux hommes et du fourrage aux animaux, les trois « dimensions » de son système. Kagawa est un précurseur de l'agroforesterie et aurait inspiré l'horticulteur britannique Robert Hart, un pionnier des jardin-forêts en climat tempéré[6].

Hommage[modifier | modifier le code]

Kagawa est honoré par un jour férié dans le calendrier des Saints de l'église épiscopale des États-Unis d'Amérique (en) et l'Église luthérienne le 23 avril.

Citations célèbres[modifier | modifier le code]

  • Un matin de 1946, au palais impérial de Tokyo, devant l'empereur Hirohito, il déclara : « Quiconque est grand parmi nous… doit être le serviteur de tous. Un souverain régnant, Votre Majesté, est dans le cœur du peuple. Seul le service envers d'autres personnes peut rendre un homme, ou une nation, divin ».
  • « Le seul pouvoir du communisme est de diagnostiquer certains maux d'une société désorganisée. Il n'a aucun remède. Il crée seulement une paralysie infantile de l'ordre social ».
  • « J'ai lu dans un livre qu'un homme appelé Christ avait fait de bonnes choses. C'est si déconcertant pour moi que je suis très facilement satisfait rien qu'en faisant le même genre d'actions ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Générale
  • Kagawa Toyohiko. 2005. Encyclopædia Britannica. Consulté le 15 décembre 2005, from Encyclopædia Britannica Online
  • BookRags Biography on Kagawa Toyohiko. BookRags. Consulté le 15 décembre 2005, from the World Wide Web.
  • Toyohiko Kagawa, Japanese Original. 2001. Christian History Institute. Consulté le 15 décembre 2005.
  • Unconquerable Kagawa. 1951. Reader's Digest. p. 29-31
  • Richard H. Drummond, A History of Christianity in Japan. Grand Rapids: Eerdmans, 1971. Drummond devotes a section of his history to Kagawa's work and influence.
Spécifique

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. William Axling.Kagawa.Harper and Brothers Publishers. New York and London. 1946.Chapter 3. p. 28-41
  2. Anri Morimoto, "The Forgotten Prophet: Rediscovering Toyohiko Kagawa, " The Princeton Seminary Bulletin, Vol. 28, No. 3 (2007), 303.
  3. tp://www.tv-naruto.ne.jp/kagawa-kan/kagawa21.html
  4. Nobel Peace Prize Nomination Database
  5. Kagawa, Toyohiko, “Brotherhood Economics”, New York and London: Harper & Brothers, 1936.
  6. a et b (en) Robert Hart, Forest Gardening,‎ 1996 (lire en ligne), p. 41

Source de la traduction[modifier | modifier le code]